Brothers
Ce titre n’a rien à voir avec les Marx Brothers. C’est un film sérieux et très intense. Quand on entre dans l’histoire (si on y entre), on en sort seulement quand le générique de fin apparaît sur l’écran.
Une ville du Minnesota qui héberge une garnison de l’armée américaine, un marine qui a une femme magnifique, Grace, qu’il aime (ils sont deux high school sweet hearts) et deux adorables petites filles qu’il aime tout autant, un père qui a fait la guerre du Vietnam, remarié, un frère qui sort de prison, une maison dans une banlieue typique de l’Amérique profonde. Sam, le Marine incarne le bien et Tommy son frère le mal.
Le décor est planté et la capitaine Sam est appelé à partir faire la guerre en Afghanistan. L’hélicoptère qui doit l’amener sur les théâtres des opérations se crashe dans un lac. La scène suivante est connue : un soldat et un aumônier de son régiment qui viennent annoncer à sa femme qu’il est mort. La suite est seulement suggérée.
Et c’est là ou le film commence réellement car en fait il n’est pas mort et a été capturé par des Afghans avec un de ses soldats. Pendant un temps le film se déroule sur deux plans : une famille détruite aux Etats-Unis et un soldat américain en plein milieu des hostile vallées afghanes soumis à l’arbitraire de combattants locaux. Certaines scènes font penser au vieux film The Deer Hunter où les soldats sont capturés par des Vietcongs qui les forcent à jouer à la roulette l’un contre l’autre. Là, le supplice est moins ludique, plus brutal mais tout aussi efficace pour détruire les personnalités. Le Capitaine Sam est « obligé » à tuer son compagnon de geôle.
Lorsqu’il revient, c’est un homme détruit et inadapté à la vie civile, à la vie tout court. Pendant son absence, son frère est devenue Uncle Tommy et il s’occupe de sa propre famille et de ses filles.
Dès son retour, amaigri, le visage émacié, l’œil vague et le regard vide, Sam entre dans une spirale de destruction de lui-même car il ne peut supporter l’insupportable, ce qui est désormais un secret bien trop lourd pour un homme seul. Ses proches, ses propres filles, sa femme, lui deviennent étrangers. Il cherche donc des dérivatifs qu’il trouve en accusant sa femme et son frère d’avoir couché ensemble.
Ce film est plein de petits riens et il faudra sans doute le revoir plusieurs fois pour les découvrir tous. Par exemple, le père de Sam demande à sa belle-fille comment elle peut supporter d’avoir une cuisine dans un aussi mauvais état. Et la scène suivante se passe en plein milieu des montagnes afghanes où des moudjahidins préparent à manger dans une gamelle sur un simple feu de bois.
Avant de partir en Afghanistan, Sam donne son alliance à sa femme pour qu’elle la garde précieusement, mais il a un mal de chien à l’enlever. Quand elle vient le voir à la fin du film à l’hôpital militaire, il joue avec et la fait glisser sur son index sans problème. Mais il y a surtout la lettre. Avent de partir, il écrit une lettre destinée à sa femme qu’il confie à un autre soldat en lui demandant de la donner à sa femme au cas où il ne reviendrait pas. Grace la place dans le tiroir de sa table de nuit et n’arrive pas à l’ouvrir. Et elle ne le fait qu’au moment où Sam est hospitalisé. La lettre commence par l’inévitable « si tu lis cette lettre, c’est que je suis mort ». Il est certes vivant, mais l’homme qui était en lui n’existe plus.
Bien sûr, ce film ne s’intéresse qu’au côté américain. Que se passe du côté des Afghans ? Que pensent-ils ? Que croient-ils ? Ont-ils des sentiments ? Bien sûr ce n’est pas le sujet. Ce ne sont que des hommes dont la vie est de faire la guerre par tous les moyens possibles, sans état d’âme, sans sentiments, sans doutes. Un point c’est tout.
Que représentent les républicains au Sénat ?
Dans sa dernière chronique intitulée Médias, politique et institutions : le grippage de la démocratie américaine, Laurence Nardon, chercheur, Responsable du programme Etats-Unis à l’Ifri revient sur le problème du fonctionnement de la démocratie américaine et de l’un de ses hauts lieux : le Sénat.
Le Congrès américain est constitué de deux assemblées :
- La Chambre des représentants des Etats, élue sur la base de la population ;
- Le Sénat, avec deux membres pour chaque Etat, quelle que soit sa taille ou sa population.
C’est ce que l’on appelle le compromis du Connecticut. Les Etats très peuplés auraient un avantage dans la première assemblée tandis que les petits états auraient un avantage dans la seconde (1).
Actuellement la chambre des représentants possède 435 membres alors que le Sénat a été stabilisé à 100 membres depuis que Hawaï a rejoint l’Union le 21 août 1959. A chaque recensement effectué tous les 10 ans, le nombre de membres accordé à un état est sujet à modification. Préoccupés par l’idée que cette Assemble devienne trop nombreuses, une loi fut votée en 1929 pour limiter le nombre maximal de représentant à 435.
Les démocrates ont perdu ce qu’il est convenu d’appeler la « supermajorité » de 60 sénateurs qui permet d’empêcher des initiatives d’obstruction baptisées filibuster. Pratiquée depuis le début du 19e siècle, cette procédure a été largement dévoyée en permettant à une minorité de 41 sénateurs de bloquer quasi systématiquement le vote de lois. C’est depuis la réforme de 1975 que la majorité qualifiée nécessaire pour stopper un filibuster par un vote dit de « clôture » a été fixée à 60 sénateurs.
Et c’est là où le bât blesse : une minorité de 41 sénateurs peut donc bloquer le Sénat. C’est précisément le nombre de sénateurs que les républicains ont depuis l’élection de Scott Brown dans le Massachusetts au siège laissé vacant à la suite de la mort de Ted Kennedy.
« Il peut arriver que 41 sénateurs représentent encore bien moins que 41 % de l’électorat » écrit Laurence Nardon dans son article. C’est précisément le cas de la Chambre actuelle où les 41 sénateurs républicains représentent moins de 28 % de la population (au vu du recensement de 2000 : 78 millions sur 281 millions). Ce qui pose un problème de démocratie représentative même s’il faut répéter que le Sénat représente les Etats et non la population. Mais une telle distorsion n’est pas sans poser de sérieux problèmes. Ce n’est d’ailleurs pas le seul. L’élection de George W. Bush par décision de la Cour Suprême à la suite du ridicule épisode de la Floride et malgré une minorité des voix d’électeurs en est une autre.
(1) Source : La constitution américaine – Jean-Eric Branna – Ellipses.
| State | # | Population | Senateurs Républicains | Senateurs Républicains | |
| California | 1 | 33 871 648 | 0 | ||
| Texas | 2 | 20 851 820 | Hutchison, Kay Bailey (R-TX) | Cornyn, John (R-TX) | 0 |
| New York | 3 | 18 976 457 | |||
| Florida | 4 | 15 982 378 | LeMieux, George S. (R-FL) | 7 991 189 | |
| Illinois | 5 | 12 419 293 | 0 | ||
| Pennsylvania | 6 | 12 281 054 | 0 | ||
| Ohio | 7 | 11 353 140 | Voinovich, George V. (R-OH) | 5 676 570 | |
| Michigan | 8 | 9 938 444 | 0 | ||
| New Jersey | 9 | 8 414 350 | 0 | ||
| Georgia | 10 | 8 186 453 | Chambliss, Saxby (R-GA) | Isakson, Johnny (R-GA) | 8 186 453 |
| North Carolina | 11 | 8 049 313 | Burr, Richard (R-NC) | 4 024 657 | |
| Virginia | 12 | 7 078 515 | 0 | ||
| Massachusetts | 13 | 6 349 097 | Brown, Scott (R-MA) | 3 174 549 | |
| Indiana | 14 | 6 080 485 | Lugar, Richard G. (R-IN) | 3 040 243 | |
| Washington | 15 | 5 894 121 | 0 | ||
| Tennessee | 16 | 5 689 283 | Corker, Bob (R-TN) | Alexander, Lamar (R-TN) | 5 689 283 |
| Missouri | 17 | 5 595 211 | Bond, Christopher S. (R-MO) | 2 797 606 | |
| Wisconsin | 18 | 5 363 675 | 0 | ||
| Maryland | 19 | 5 296 486 | 0 | ||
| Arizona | 20 | 5 130 632 | Kyl, Jon (R-AZ) | McCain, John (R-AZ) | 5 130 632 |
| Minnesota | 21 | 4 919 479 | 0 | ||
| Louisiana | 22 | 4 468 976 | Vitter, David (R-LA) | 2 234 488 | |
| Alabama | 23 | 4 447 100 | Sessions, Jeff (R-AL) | Shelby, Richard C. (R-AL) | 4 447 100 |
| Colorado | 24 | 4 301 261 | 0 | ||
| Kentucky | 25 | 4 041 769 | McConnell, Mitch (R-KY) | Bunning, Jim (R-KY) | 4 041 769 |
| South Carolina | 26 | 4 012 012 | Graham, Lindsey (R-SC) | DeMint, Jim (R-SC) | 4 012 012 |
| Oklahoma | 27 | 3 450 654 | Inhofe, James M. (R-OK) | Coburn, Tom (R-OK) | 3 450 654 |
| Oregon | 28 | 3 421 399 | 0 | ||
| Connecticut | 29 | 3 405 565 | 0 | ||
| Iowa | 30 | 2 926 324 | Grassley, Chuck (R-IA) | 1 463 162 | |
| Mississippi | 31 | 2 844 658 | Wicker, Roger F. (R-MS) | Cochran, Thad (R-MS) | 1 422 329 |
| Kansas | 32 | 2 688 418 | Roberts, Pat (R-KS) | Brownback, Sam (R-KS) | 2 688 418 |
| Arkansas | 33 | 2 673 400 | Murkowski, Lisa (R-AK) | 1 336 700 | |
| Utah | 34 | 2 233 169 | Hatch, Orrin G. (R-UT) | Bennett, Robert F. (R-UT) | 2 233 169 |
| Nevada | 35 | 1 998 257 | Ensign, John (R-NV) | 999 129 | |
| New Mexico | 36 | 1 819 046 | 0 | ||
| West Virginia | 37 | 1 808 344 | 0 | ||
| Nebraska | 38 | 1 711 263 | Johanns, Mike (R-NE) | 855 632 | |
| Idaho | 39 | 1 293 953 | Risch, James E. (R-ID) | Crapo, Mike (R-ID) | 1 293 953 |
| Maine | 40 | 1 274 923 | Snowe, Olympia J. (R-ME) | Collins, Susan M. (R-ME) | 637 462 |
| New Hampshire | 41 | 1 235 786 | Gregg, Judd (R-NH) | 617 893 | |
| Hawaii | 42 | 1 211 537 | 0 | ||
| Rhode Island | 43 | 1 048 319 | 0 | ||
| Montana | 44 | 902 195 | 0 | ||
| Delaware | 45 | 783 600 | 0 | ||
| South Dakota | 46 | 754 844 | Thune, John (R-SD) | 377 422 | |
| North Dakota | 47 | 642 200 | 0 | ||
| Alaska | 48 | 626 932 | 0 | ||
| Vermont | 49 | 608 827 | 0 | ||
| District of Columbia | 50 | 572 059 | 0 | ||
| Wyoming | 51 | 493 782 | Barrasso, John (R-WY) | Enzi, Michael B. (R-WY) | 493 782 |
Les financiers sont-ils indécrottables (3e partie) ?
Plus jamais ça d’un côté ou plus c’est différent, plus c’est pareil de l’autre. Telles sont les deux types de commentaires qui l’on a entendu au fur et à mesure du déroulement de la crise financière. Malheureusement, les événements montreraient plutôt que l’on pencherait pour la seconde formule.
On a appris récemment dans un article publié par le New York Times que la banque Goldman Sachs avait aidé le gouvernement grec à maquiller un état d’endettement catastrophique.
Lehman Brothers a été rayé de la carte en un jour, le 15 septembre 2008, date qui est habituellement utilisée pour le début de la crise financière, George W. Bush ayant tout simplement décidé de ne pas la sauver faisant ainsi mentir l’adage selon lequel « Too big to fail ». A l’inverse, Goldman Sachs a fait partie des heureux élus ayant été soutenus par le plan TARP et reçu 10 milliards de dollars. La banque a voulu rembourser au plus vite ne souhaitant pas se voir dicter ce qu’elle devait faire par le président Obama.
L’histoire grecque est la combinaison de la turpitude d’un gouvernement corrompu et l’insatiable appétit des institutions financières. L’information a été révélée il y a quelques jours seulement alors que les pratiques remontent à 2001.
L’objectif de la Grèce était simple : pouvoir entrer dans la zone euro et donc être en mesure de satisfaire aux critères de stabilité, notamment :
- Déficit public annuel: le rapport entre le déficit public annuel et le produit intérieur brut (PIB) ne doit pas dépasser 3 % à la fin du précédent exercice budgétaire. Si ce n’est pas le cas, ce rapport doit avoir diminué de manière substantielle et constante, et avoir atteint un niveau proche de 3 % ou, alternativement, rester proche de 3 % tout en dépassant de manière exceptionnelle et temporaire;
- Dette publique: le rapport entre la dette publique brute et le PIB ne doit pas dépasser 60 % à la fin du précédent exercice budgétaire. Si ce n’est pas le cas, ce rapport doit avoir diminué suffisamment et s’approcher des 60 % à un rythme satisfaisant.
(Source : synthèse de la législation de l’UE)
A noter au passage que la France, elle aussi, est largement sortie des clous
Selon l’INSEE, La dette publique, « au sens de Maastricht » a été évaluée pour la fin du troisième trimestre 2009 à 1 457 milliards d’euros, soit environ 75,8 % du PIB. De son côté, le déficit public français a atteint 7,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009. (Mais tout va bien, dormez bonnes gens, nos dirigeants veillent au grain !). On peut se rassurer, car l’état de la Grèce est bien pire : Le déficit en 2009 était de 12,7 % du PIB tandis que la dette publique atteignait le sommet de 113,4 % du PIB. Aucun rapport avec la France !
Comment faire ? Faire appel aux techniques financières les plus sophistiquées qui ont été largement utilisées pour la crise financière.
Techniquement (sans rentrer dans le détail ce dont je serai bien incapable), il s’agissait de transformer cette dette en ventes et non en prêts, ce qui la faisait sortir des comptes. Mais cela revient tout simplement à transférer la dette présente vers le futur en espérant que les dieux (ce n’est pas ce qui manquent dans leur mythologie…) règlent les choses.
Pour satisfaire les critères de la zone euro, le gouvernement grec avait plusieurs solutions possibles : réduire son train de vie, augmenter les impôts ou s’attaquer à l’économie souterraine qui constitue un manque à gagner considérable dans la collecte fiscale. Ces trois actions n’étant pas exclusives. La technique bien connue des financiers est connue sous le nom de swap.
Pour ces opérations, le gouvernement grec à fait largement appel à sa mythologie en utilisant le nom de différents dieux pour les baptiser.
Créer en 2001, Eole a permis de réduire artificiellement la dette en cédant les revenus à venir des taxes d’aéroport contre du cash. Créée un an plus tôt, Ariane aurait autorisé une opération similaire sur les revenus de la loterie nationale. Ces transactions étaient comptabilisées comme des « ventes » et non comme des emprunts.
Certes Goldman Sachs n’a rien fait d’illégal, tout comme les banques américaines qui consentaient des prêts dits subprimes… Mais comment ne pas penser que de telles manipulations conduiraient le gouvernement grec dans le mur et du même coup secoueraient fortement la zone euro. Lorsque le gouvernement grec a pris la décision difficile d’arrêter ces combinaisons et donc de cesser d’utiliser les services de Goldman Sachs, la banque américaine avait touché 300 millions de dollars en honoraires. Et que dire des banques qui profitant de la situation pour spéculer et proposer des prêts usuriers au gouvernement grec déjà au bord du précipice.
I have seen America’s future, and it is Greece, écrivait récemment Anne Appelbaum, une chroniqueuse du Washington Post. Espérons qu’elle se trompe et que ce futur ne soit pas plus européen.
Combien de mandats pour Obama ?
Alors que les élections de novembre dites de mid-term pointent à l’horizon, certains parlent déjà de la réélection possible ou improbable de Barack Obama. Dick Cheney, qui avait été plutôt corrosif au début du mandat de Barack Obama, a réitéré ses déclarations à l’emporte pièce. Cette fois, c’est à l’occasion de la fameuse CPAC (Conservative Political Action Conference) que l’ancien VP de George W. Bush s’est fendu d’une prédiction plus hasardeuse : « Obama Is A One-Term President ».
Les Américains mécontents du Congrès
Un Congrès sous influence des lobbies, tel est le diagnostic effectué par Lawrence Lessig dans l’article publié par la revue The Nation (Le Congres, ressort cassé de la démocratie américaine ?). Quelle que soit la pertinence du propos, le résultat est là : selon le dernier sondage réalisé par l’institut Gallup, les Américains ne sont pas satisfaits du fonctionnement du Congrès : 78 % des Américains désapprouvent le travail fourni par la branche législative contre 18 % seulement qui l’approuvent.
Le Congres, ressort cassé de la démocratie américaine ?
Professeur de droit de renom, Lawrence Lessig vient de publier un article dans le magazine The Nation (How to Get Our Democracy Back If You Want Change, You Have to Change Congress) très pessimiste et plutôt déprimant pour ceux qui croient à réalité et à la profondeur de la démocratie américaine.
Sa thèse est relativement simple :
- Le Congrès est plus ou moins (plutôt plus) sous influence des lobbies en tous genres ; la préoccupation principale de ses membres est de collecter des fonds pour leur propre réélection (si ce n’est plus) ;
- Le Congrès, et surtout le Sénat, est devenu le maillon faible de la démocratie américaine ;
- Malgré les immenses espoirs qu’il a fait naître, Barack Obama est passé à côté de la mission qu’il semblait s’être lui-même donnée à savoir « changer le fonctionnement de Washington » : « Challenge the broken system in Washington » et « fundamentally change the way Washington works ».
Les institutions constituent un sujet de fierté des Américains et de leurs hommes politiques. La « jeune » démocratie ne fonctionne-t-elle pas sur la plus vieille constitution du monde en activité. Le rapport des responsables politiques américaines, le président en tête qui est le garant de la constitution, à leurs institutions est quasi religieux. 76 % des Américains font confiance à la Cour Suprême et 61 % dans la fonction présidentielle. Mais seulement 45 % ont confiance dans leur Congrès et 25 % seulement approuvent la manière avec laquelle il fonctionne. Un pourcentage à peine supérieure à celui des Américains qui, à l’époque, soutenaient la Couronne britannique au moment de la révolution.
Le fundraising Congress
Quelles sont les raisons de ce mauvais fonctionnement ? L’auteur mentionne plusieurs pour n’en retenir qu’une seule : un « fundraising Congress ».
Parmi les différentes raisons qui sont souvent mentionnées :
- La complexité des règles de fonctionnement du Congrès, surtout le Sénat, avec comme exemple bien connue la fameuse procédure filibuster qui peut bloquer à tout moment n’importe quel moment tout projet de loi lorsque le parti au pouvoir ne possède pas la majorité qualifiée des 60 sièges. Cette épée de Damoclès a bien pesé sur cette première année du mandat Obama qui ne possédait justement que 60 sièges. Argument balayé par Lawrence Lessig qui considère que des intérêts privés capables de faire en sorte que 40 sénateurs bloquent un projet de loi pourraient en influencer 51. Ce n’est là qu’une question de moyens.
- Les lobbies. Le problème n’est pas les lobbies, des institutions largement officialisées aux Etats-Unis, mais le rôle que les lobbies peuvent jouer. Et de citer John Ewards (si c’est encore possible !) : « il y a une différence entre argumenter devant u njury et faire miroiter un billet de 100 dollars aux membres qui le composent ».
- La politique partisane. Certains pensent que l’esprit partisan qui fait que l’on décide plus sur les problèmes eux-mêmes, mais en fonction de sa position sur le spectre tue le fonctionnement du Congrès. Mais en fait c’est qu’est que la partie émergée d’un problème beaucoup plus grave. Lawrence Lessig « s’émerveille » sur la manière de reformuler les questions posées et retient l’exemple des laboratoires pharmaceutiques qui, pour arrêter la mise sur le marché d’un nouveau médicament, lance un obscur débat sur les commissions de vie ou de mort (death panels) ou le droit du choix du médecin.
En fait, pour Lawrence Lessig, tous ces symptômes ont une cause commune : une dépendance « maladive » du Congrès avec des forces externes et totalement étrangère à la démocratie.
Circonstances atténuantes
Des preuves de cette dépendance ? Apparemment, il n’y aurait que l’embarras du choix et livre de Robert Kaiser intitulé So Damn Much Money: The Triumph of Lobbying and the Corrosion of American Government pour trouver des exemples justifiant cette thèse. Le sénateur Baucus qui a accepté 3,3 M$ de l’industrie de la santé et des assurances alors qu’i était la commission de la santé ; Le sénateur John Campbell, propriétaire californien qui a reçu entre 600 000 et 6 M$ en location de distributeurs automobiles qui a réussi à faire un amendement les exemptant de certaines règles financières ; Ou encore les sénateurs Lieberman, Bayh et Nelson qui ont récupéré des millions de dollars des compagnies d’assurance et qui se sont ensuite opposés à ce que l’on appelle l’option publique [pubic option) ; une entité gouvernementale pouvant assurer tous les citoyens et en concurrence les sociétés privées].
D’autres faits attestent de cette poussée des lobbies. Selon le dernier recensement, 14 des 100 plus riches comtés des Etats-Unis sont dans les environs de Washington. En 2007, 9 des 20 les plus étaient dans cette zone. Ces organes d’influence se sont installés en masse près du pouvoir pour mieux le faire plier.
Selon Lawrence Lessig, c’est dans cette remise sur les rails de la démocratie américaine que le message du candidat Obama était radicalement différent des autres candidats et notamment de sa concurrente directe Hillary Clinton. Ce message était la source d’un grand espoir. Et dit tout net, jusqu’ici il est passé à côté et n’a pas pris le taureau par les cornes, pas parce qu’il est trop conservateur, trop liberal, mais parce qu’il était a eu une approche « trop conventionnelle » de la présidence et de la politique.
Et c’est là où la charge de Lawrence Lessig (qui a côtoyé plusieurs années Obama en tant que professeur de droit à l’université de Chicago) est forte et accable Obama. Comme ses prédécesseurs et malgré son discours de candidat, le 44e président est, jusqu’ici, passé à côté de la mission qu’il s’était lui-même attribuée.
Dommage donc. A supposer que cette thèse soit juste – difficile de se faire une idée précise d’aussi loin, même si l’argumentation déployée par Lawrence Lessig semble construite et pas volontairement à charge (Il se décrit lui-même comme un supporter d’Obama), il faut dire qu’Obama a eu une montagne de problèmes, certains connus comme les guerres en Irak ou en Afghanistan, d’autres plutôt inattendus comme la crise qui, paradoxalement a été un facteur important de son élection. Et puis, de l’avis de tous les analystes, une grande partie de son emploi du temps de cette première année a été utilisée pour mener à bien ce projet de réforme de la couverture maladie. Alors qu’il est si près du but, ce projet risque d’être remis en question par l’élection d’un républicain à la succession de Ted Kennedy – un des artisans de cette réforme – qui casse la majorité qualifiée des 60 sénateurs.
Maintenant, après les critiques, les solutions. Deux idées, assez simples au demeurant – pourraient résoudre une partie du problème.
La première – proposée en son temps par Theodore Roosevelt – réside sous l’appellation citizen-funded election. Seuls les citoyens peuvent apporter leur contribuer au financement des campagnes électorales à concurrence de 100 dollars maximum par citoyen. Ce qu réduirait sérieusement les budgets, mais ce n’est pas trop grave dans la mesure où tous les candidats seraient à égalité
Le seconde consisterait à interdire à membre du Congrès de travailler pour un lobby, directement ou indirectement, pendant sept ans après la fin de son mandant.
Mais apparemment, le chemin sera long pour arriver à mettre en œuvre ces mesures. La récente décision de la Cour suprême dans le cas Citizes United v. FEC qu facilite les contributions des entreprises de va certainement pas dans la bonne direction. Fait rarissime, Barack Obama s’est payé le luxe de critiquer cette décision dans son récent discours sur l’état de l’Union :
« With all due deference to separation of powers, last week, the Supreme Court reversed a century of law that I believe will open the floodgates for special interests, including foreign corporations, to spend without limit in our elections. I don’t think American elections should be bankrolled by America’s most powerful interests, or worse, by foreign entities. They should be decided by the American people. And I’d urge Democrats and Republicans to pass a bill that helps correct some of these problems. »
Seuls les présidents Harding (1922), Coolidge (1923), Roosevelt (1937), Eisenhower (1953), Reagan (1988) s’était autorisé une telle liberté (Has Any President Ever Criticized the Supreme Court During an Oral State of the Union Address?).
Barack Obama ne promet plus la Lune
En 1962, dans la lutte acharnée avec l’URSS dans la conquête Spatiale, John Kennedy avait lancé un défi en affirmant que les Etats-Unis poseraient des hommes sur la Lune avant la fin de la décennie. Les Etats-Unis avaient connu quelques revers et, en pleine guerre froide, l’URSS avait remporté quelques points marquants. Le lancement de Sputnik en 1957 sonna comme un coup de tonnerre aux Etats-Unis dans la communauté scientifique. Le 12 avril 1961, l’URSS enfonce le clou en envoyant Youri Gagarine qui sera ainsi le premier homme dans l’espace. Moins d’un mois plus tard, le 5 mai 1961, Alan Shepard deviendra le premier Américain dans l’espace.
John Kennedy gagna son pari, même s’il ne pu pas en voir le résultat. Le 21 juillet 1969, il y a donc plus de 40 ans, Neil Amstrong posa le pied sur l’astre le plus proche de la Terre et déclara la formule restée dans l’histoire : « c’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’Humanité ».
En 1962, dans la lutte acharnée avec l’URSS dans la conquête Spatiale, John Kennedy avait lancé un défi en affirmant que les Etats-Unis poseraient des hommes sur la Lune avant la fin de la décennie. Les Etats-Unis avaient connu quelques revers et, en pleine guerre froide, l’URSS avait remporté quelques points marquants. Le lancement de Sputnik en 1957 sonna comme un coup de tonnerre aux Etats-Unis dans la communauté scientifique. Le 12 avril 1961, l’URSS enfonce le clou en envoyant Youri Gagarine qui sera ainsi le premier homme dans l’espace. Moins d’un mois plus tard, le 5 mai 1961, Alan Shepard deviendra le premier Américain dans l’espace.
John Kennedy gagna son pari, même s’il ne pu pas en voir le résultat. Le 21 juillet 1969, il y a donc plus de 40 ans, Neil Amstrong posa le pied sur l’astre le plus proche de la Terre et déclara la formule restée dans l’histoire : « c’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’Humanité ».
Aujourd’hui, dans le cadre de la préparation budgétaire et face aux déficits abyssaux auxquels le gouvernement américain est confronté, Barack Obama a supprimé différents programmes parmi lequel le très emblématique projet Constellation qui visait à renvoyer des hommes sur la Lune avant 2020. Sur le plan symbolique, la décision est assez forte. Sur le plan purement scientifique, elle l’est sans doute moins. Quel est le résultat des retombées scientifiques de l’envoi des 12 hommes sur la Lune avant 1972 ? Quelle est l’utilité dans envoyer à nouveau alors que mêmes les militaires font appel à des drones au lieu d’envoyer des hommes sur le front ?
Aujourd’hui, dans le cadre de la préparation budgétaire et face aux déficits abyssaux auxquels le gouvernement américain est confronté, Barack Obama a supprimé différents programmes parmi lequel le très emblématique projet Constellation qui visait à renvoyer des hommes sur la Lune avant 2020. Sur le plan symbolique, la décision est assez forte. Sur le plan purement scientifique, elle l’est sans doute moins. Quel est le résultat des retombées scientifiques de l’envoi des 12 hommes sur la Lune avant 1972 ? Quelle est l’utilité dans envoyer à nouveau alors que mêmes les militaires font appel à des drones au lieu d’envoyer des hommes sur le front ?






