maison blanche

La nouvelle donne

Des élections Midterm qui s’annoncent très difficiles

Les États-Unis sont toujours en campagne électorale dit-on couramment. Ce n’est pas faux, à peine Barack Obama vient être élu ainsi que l’on se prépare déjà aux élections Midterm qui verront l’élection de 34 sénateurs, la totalité de la Chambre des Représentants et 37 postes de gouverneurs en novembre prochain.

Généralement, ces élections intermédiaires sont difficiles pour le parti du président. Barack Obama ne fait pas exception, il se trouve même dans une situation plus difficile que ces prédécesseurs. Héritant d’une situation extraordinairement difficile à son arrivée, il a vu sa côte de popularité fondre comme neige au soleil pour atteindre le niveau plancher des 50 %.

Selon un dernier sondage réalisé par l’institut Gallup, le niveau de satisfaction des Américains à propos de la situation générale se situe au niveau historiquement bas de 23 %. Il faut reconnaître que la situation n’est pas des meilleures et qu’une mauvaise nouvelle n’est effacée que par une autre toute aussi mauvaise. Depuis le 15 septembre 2008 marqué par la faillite de Lehman Brothers, l’économie américaine est placée sous le signe de la grisaille. Sans compter que, même si elles ne font pas l’objet d’une couverture médiatique très intense et ne suscite pas beaucoup de réactions de la part des citoyens, les deux guerres, en Irak et en Afganisthan constituent toujours deux épineux problèmes.

Le niveau de satisfaction constitue un indicateur assez pertinent pour donner une indication sur ce que pourraient être les résultats des élections de novembre prochain. Ces 23 % constituent le niveau le plus bas depuis que l’institut Gallup mesure cet indicateur en 1979, le plus bas niveau était jusqu’ici de 24 % en 1982 à mi-mandat de Ronald Reagan, la moyenne se situant à 40 %. Les autres niveaux planchers étaient ceux de 33 % en 1994 et de 31 % en 2006. A chacune de ces années, les résultats des élections. En 1994 et en 2006, le Congrès qui était contrôle par le parti du président a changé de côté.

Liste des sénateurs dont le terme expire en janvier 2011

Démocrates Républicains
Bayh, Evan (D-IN)
Bennet, Michael F.
(D-CO)
Boxer, Barbara
(D-CA)
Burris, Roland W.
(D-IL)
Dodd, Christopher J.
(D-CT)
Dorgan, Byron L.
(D-ND)
Feingold, Russell D.
(D-WI)
Inouye, Daniel K.
(D-HI)
Leahy, Patrick J.
(D-VT)
Lincoln, Blanche L.
(D-AR)
Mikulski, Barbara A.
(D-MD)
Murray, Patty
(D-WA)
Reid, Harry
(D-NV)
Schumer, Charles E.
(D-NY)
Specter, Arlen
(D-PA)
Wyden, Ron
(D-OR)
Bennett, Robert F. (R-UT)
Bond, Christopher S.
(R-MO)
Brownback, Sam
(R-KS)
Bunning, Jim
(R-KY)
Burr, Richard
(R-NC)
Coburn, Tom
(R-OK)
Crapo, Mike
(R-ID)
DeMint, Jim
(R-SC)
Grassley, Chuck
(R-IA)
Gregg, Judd
(R-NH)
Isakson, Johnny
(R-GA)
LeMieux, George S.
(R-FL)
McCain, John
(R-AZ)
Murkowski, Lisa
(R-AK)
Shelby, Richard C.
(R-AL)
Thune, John
(R-SD)
Vitter, David
(R-LA)
Voinovich, George V.
(R-OH)

La probabilité qu’un tel événement arrive à nouveau est assez élevée. Au Sénat, rappelons que les démocrates possèdent 57 sièges, les républicains 41 et les indépendants 2. Sur les 34 sièges qui vont être soumis au vote de novembre prochain, 16 sont démocrates et 18 sont  républicains.

La Chambre des Représentants est renouvelée tous les deux ans, ce qui est très court. Tous les membres de la Chambre vont donc aller devant les urnes. Les démocrates y ont une majorité un peu plus large qu’au Sénat : 257 sièges contre 178 pour les républicains (en pourcentage cela donne 59 % / 41 %).

Ce seront donc les élections de tous les dangers pour Barack Obama qui malgré de réels succès politiques – la réforme de la santé, la réforme financière – semble être dans une situation assez fragile.

Quid pour les sénateurs ?

L’analyse de Gallup s’appuie sur une aproche dite generic ballot dont le principe est de demandé à chaque « Registered Voter » s’il voterait pour un candidat démocrate ou républicain plutôt que de leur demander pour qui ils allaient voter nommitavement. Une approche que l’on pourrrait qualifier de Top-down alors que d’autres analystes politiques comme par exemple Charles Cook qui lui analyse en détail la situation district par district que l’on pourrait qualifier de bottom-up.

Quelle serait la meilleure approche ? Selon Charles Cook, la première approche est la meilleure dans une situation très difficile où des gros changements sont à prévoir, la seconde serait plutôt la meilleure lorsqu’il s’agit d’une élection « normale ».

Et la prchaine élection midterm serait à classer dans la première catégorie et devrait être très difficile pour les démocrates. Ci-dessous la situation des 34 sénateurs qui se présentent enn novembre prochain.

Charles Cook classe chaque élection selon quatre catégories :

- Solid: These races are not considered competitive and are not likely to become closely contested.
- Likely: These seats are not considered competitive at this point but have the potential to become engaged.
- Lean: These are considered competitive races but one party has an advantage.
- Toss Up: These are the most competitive races; either party has a good chance of winning.

Pour en savoir plus

Gallup Event: Forecasting Midterm Elections, Part 1

Gallup and the National Journal explain how national metrics can help forecast outcomes of congressional midterm elections. In this segment, Gallup editors Frank Newport, Ph.D., Lydia Saad, and Jeffrey Jones, Ph.D., explain this year’s unprecedented Gallup Daily tracking of the congressional generic ballot and the benefits this national approach offers to forecasting House seats won and lost.

Gallup Event: Forecasting Midterm Elections, Part 2

Gallup and the National Journal explain how national metrics can help forecast outcomes of congressional midterm elections. In this segment, Christopher Wlezien, Ph.D., professor of political science, Temple University, shares his academic research on forecasting congressional elections.

Gallup Event: Forecasting Midterm Elections, Part 3

Gallup and the National Journal explain how national metrics can help forecast outcomes of congressional midterm elections. In this segment, Charlie Cook, editor and publisher of The Cook Political Report and National Journal political analyst, shares district-by-district approaches to forecasting congressional elections.

Gallup Event: Forecasting Midterm Elections, Part 4

Gallup and the National Journal explain how national metrics can help forecast outcomes of congressional midterm elections. In this segment, Ron Brownstein, Atlantic Media Company political director, discusses how election observers should use election forecasting data.


30 mai 2010 Publié par | Général | , , , , , , | Poster un commentaire

Le base-ball, un sport dangereux ?

Je ne suis pas un fan de base-ball dont, j’avoue, j’ai du mal à bien comprendre les règles et même à avoir envie de faire cet effort. C’est un sport lent où il ne se passe pas grand-chose et où l’on va en groupe pour parler, boire une bière – plutôt plusieurs – et éventuellement regarder le match dont les actions se déroulent tranquillement. Lors d’un match, il y a toujours deux ou trois actions qui attirent l’attention des spectateurs et font l’objet du résumé filmé pour les infos TV.

Ce samedi, l’équipe des Indians de Cleveland jouait à l’extérieur au Yankee Stadium et se faisait  logiquement distancer par l’équipe de New York. Lorsque tout à tout le joueur des Indians David Huff s’écroulait en recevant une balle dans la tête. Si vous avez déjà manipulé une balle de base-ball et si vous savez que le pitcher la lance à plus de 150 Km/h, vous comprenez aisément qu’il ne s’agit pas là de comédie. David Huff, qui quittait le terrain sous les applaudissements des spectateurs, s’en est sorti indemne.

30 mai 2010 Publié par | Général | , , , | Poster un commentaire

Barack Obama rend visite à une entreprise française dans l’Ohio

Ira-t-on jusqu’à pousser un cocorico ? Cette semaine Barack Obama a rendu visite à V&M Star Steel située au Nord de l’État de l’Ohio. Très bien, et alors ?

Cette visite est chargée de plusieurs marques symboliques. Le premier d’entre eux est que V&M Star Steel est française. En effet, c’est une filiale US de la société française Vallourec, spécialisée dans la fabrication des tubes en acier.

Ensuite parce que c’est une entreprise qui appartient au secteur industriel, en perte de vitesse aux États-Unis et qui a perdu des centaines de milliers d’emplois ces dernières années.

Également, parce que cette entreprise a bénéficié du plan de relance de l’économie américaine ARRA (American Recovery and Reinvestment Act of 2009) représentant une valeur globale de 787 miliards de dollars.  V&M Star Steel investit actuellement 650 M$ dans la mise sur pied d’une nouvelle usine qui fabriquera des tuyaux en acier à haute qualité sans couture (seamless) qui seront utilisés dans le transport de ce que l’on appelle les gaz non conventionnels.

Vallourec emploie 2500 salariés – sur un total de 18 000 – dans 18 unités de fabrication réparti sur l’ensemble du territoire américain.

Enfin, Youngtown est une des villes des États-Unis les plus touchées par la désindustrialisation, situé dans l’état lui-même le plus touché par le même phénomène.

Sur la décennie 90, Youngstown est en 99e position sur 100 pour le déclin de la population (1,9 %), juste devant Scranton, la capitale de la Pennsylvanie qui héberge Dunder Mifflin, l’entreprise de la désopilante série The Office. Accident de parcours ? Pas vraiment, car sur la dernière décennie, Youngstown était toujours en 99e position avec une perte de 6,5 % de sa population devant la Nouvelle Orléans dont cette dernière place est tout simplement la triste conséquence de l’ouragan Katrina.

Et l’Ohio est l’Etat le plus mal placé avec 4 villes (Cleveland, Toledo, Dayton et Youngstown) dans les 100 dernières de ce classement  sur la décennie 90 et 3 sur la décennie 2000 (Cleveland, Dayton et Youngstown). L’état de New-York est aussi très touché et des villes comme Albany, Syracuse, Buffalo, Rochester connaissent un déclin comparable.

Barack Obama était donc venu chez V&M Star Steel pour lancer un message d’espoir selon lequel le « stimulus » est une initiative qui marche et qui commence à donner des fruits. Lorsqu’il a pris ses fonctions en janvier 2009, l’économie a détruit en un seul près de 750 000 emplois. En avril, elle en a créé 250 000.

19 mai 2010 Publié par | Général | , , , , , | Poster un commentaire

Obama : “the most polarized in Gallup history”

Même s’il est élu plutôt par son camp, le président des États-Unis doit être le président de tous les Américains. Ce n’est d’ailleurs pas propre aux États-Unis. Obama devait certainement nourrir cette ambition. A de nombreuses reprises, il a d’ailleurs fait appel à un esprit non partisan ou transpartisan aux membres du Congrès pour analyser les problèmes et prendre les décisions.

On a évidemment en mémoire, le discours qu’il avait prononcer lors de l’investiture de John Kerry lors de la convention démocrate l :

« Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice – il y a les États-Unis d’Amérique, avait-il déclaré dans son discours à la convention nationale du parti démocrate en 2004. Il n’y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche et une Amérique latino-américaine et une Amérique asiatique ; il y a les États-Unis d’Amérique… Nous formons un seul peuple, nous tous prêtant allégeance au drapeau, nous tous œuvrant à la défense des États-Unis d’Amérique. »

De ce simple point de vue, c’est tout simplement raté et c’est là un échec total. Pour l’heure, les républicains sont pour l’instant pris en otage par les ultraconservateurs dont Sarah  Palin est un des porte-drapeaux avec le soutien de la Fox News. De son côté, Barack Obama est perçu comme étant positionné sur l’aile gauche du  parti et sa tentative de tendre la main aux républicains « raisonnables » n’a pas fonctionné. Sur la réforme de la santé par exemple, aucune sénateur républicain n’avait apporté sa voix. A l’inverse, du côté de la Chambre des représentants, plusieurs membres démocrates ont fait défaut. Une frange plus importante avait menacé de ne pas voté si elle n’avait pas certaine garantie, comme par exemple de ne pas prendre en charge le remboursement de l’avortement.

Les jeunes, les noirs et les démocrates

Selon les résultats d’un tout récent sondage de Gallup, les lignes de partage entre les pros et cons sont assez claires et très élevées.

Du côté des partis, alors que les démocrates soutiennent assez largement le travail de Barack Obama (82 %), les républicains sont très peu nombreux (14 %) avec une différence record de 68 %. Comme toujours, les indépendants, dont les rangs ont grossi des dernières semaines, se situent entre les deux.

Côté racial, l’écart est aussi très important : 89 % des noirs soutiennent le travail de leur président, 43 % des blancs seulement. L’institut Gallup ne donne pas d’indications sur les hispaniques alors que c’est désormais la minorité la plus importante devant la communauté noire.

Enfin, pour ce qui concerne l’âge, 58 % des jeunes sont favorables, une proportion qui diminue régulièrement avec l’âge pour atteindre le seuil de 43 % pour les 65 ans et plus. Ce dernier point est évidemment favorable à Barack Obama dans la perspective des élections de 2012. Les citoyens américains qui seront en âge pour voter d’ici là seront en plus grand nombre aux démocrates et à Barack Obama qu’au camp adverse.

13 mai 2010 Publié par | Général | , , , , , | Poster un commentaire

La démocratie américaine est-elle en danger ?

« Il y a tant de dysfonctionnements dans nos institutions et notre démocratie que je sais pas par où commencer ». La démocratie américaine serait-elle en danger comme le sous-titrait l’Ifri dans son séminaire sur le dysfonctionnement des institutions américaines ? (1) « Je crois que le danger actuel vient plus de l’Europe, notamment avec la crise grecque, poursuivait-il. »

C’est de cette manière paradoxale qu’Arthur Goldhammer, de l’université de Harvard, commençait son intervention. Néanmoins, le traducteur de l’édition de référence aux Etats-Unis de De la démocratie en Amérique brosse un tableau plutôt noir du fonctionnement des institutions américaines.

Peur de la tyrannie de la majorité et protection des minorités, système des checks and balances, les pères fondateurs avaient conçu une démocratie où tout a été pensé pour maintenir un certain équilibre et empêcher toute dérive totalitaire. Mais l’énumération des dysfonctionnements par Arthur Goldhammer est inquiétante.

- Sénat : protéger les petits Etats contre les grands, la règle de la représentation de deux sénateurs par Etat est écrit dans la constitution et ne peut être amendée. Et pourtant cette disposition a généré des blocages. Par exemple, dans la récente réforme de la santé qui vient d’être votée, on a vu une coalition de petits États tentés de bloquer la réforme alors qu’ils ne représentaient que 20 % de la population.

On ne parlera pas ici de la procédure du filibuster et de la supermajorité (Que représentent les républicains au Sénat ?) qui, elle aussi, n’est pas sans poser de sérieux problèmes.

- Chambre des représentants : les mandats à court terme font que les représentants sont en campagne permanente pour recueillir des financements.

Le Congrès est d’ailleurs le lieu d’un paradoxe. Il est détesté par les citoyens américains (14 % seulement de taux d’approbation) et pourtant le taux de réélection est très élevé (entre 85 et 94 % à la Chambre des représentants et entre 73 et 93 % au Sénat).

Ce discrédit du législatif s’inscrit selon Arthur Goldhammer dans un phénomène plus large selon lequel le nombre des Américains qui ne croient plus en leur démocratie va croissant. Et la crise économique ne fait qu’aggraver les choses.

Une liste qui n’est pas à la Prévert

Parallèlement, AG liste d’autres facteurs minent la vitalité de l’une des plus jeunes démocraties qui s’appuie pourtant sur la plus ancienne Constitution, à savoir :

- Le renforcement du populisme et la très faible participation aux consultations électorales ;

- Les inégalités croissantes entre les riches et les pauvres ;

- l’éloignement continu entre ce qu’il appelle les cosmopolites et les chauvins : les premiers sont à l’aise avec les changements du monde, les seconds en ont peur ;

- le renforcement des lobbies et des pouvoirs de l’argent qui altèrent le fonctionnement des institutions. Sur ce point, l’intervention de Lawrence Lessig est exemplaire (Le Congres, ressort cassé de la démocratie américaine ?).

- Une sophistication politique des militaires qui sortent de leur rôle et modifient la prise de décision. AG va même jusqu’à parler d’insubordination du général McCrystal à propos le conflit Afghan ;

- Un éloignement progressif des deux grands partis en voie de radicalisation. Du côté des Républicains, par exemple, il faut être très à droite pour être nommé candidat et rassembler au centre pour être élu président ;

- les questions raciales deviennent ou plutôt redeviennent un élément décisif du dialogue entre les communautés. Bien sûr avec un vocabulaire différent de ce que l’on a connu par le passé ;

- Un affaiblissement de la représentation syndicale qui ne réunit plus que 8 % de la population active ;

- Une classe ouvrière blanche qui change de camp et embrasse les thèses des conservateurs, motivée en partie par les effets de la mondialisation.

- la perception et la gestion du phénomène de l’immigration qui change assez largement de nature. Longtemps considérée comme une chance, l’immigration devient aujourd’hui un problème et engendre la peur. Les Irlandais et les Italiens qui firent partie des vagues précédentes d’immigration sont les plus actifs à vouloir stopper les nouveaux arrivants, voire les raccompagner de là où ils viennent. La loi sur l’immigration que vient de signer le gouverneur de l’Etat de l’Arizona est « une chose nouvelle et choquante », même si elle bénéficie du soutien de la majorité des Américains. Le changement de John McCain sur cette question est significatif de la tendance actuelle.

Face à ce déluge d’éléments de déstabilisation du fonctionnement des institutions, les deux autres intervenants à ce séminaire, Antoine Garapon, secrétaire général de l’Institut des Hautes Études sur la Justice et Nicole Bacharan, spécialiste des questions américaines, proposent quelques idées qui éclaircissent un peu ce tableau.

Force de rappel et contrepoids

Pour Antoine Garapon, certes on peut être inquiet sur le fonctionnement des institutions, mais la vitalité des mœurs qui constituent l’autre poumon de la démocratie américaine permettent de faire la faire respirer. Et les attaques de la société civile ,comme le mouvement des Tea Party, confortent l’idée même de la démocratie car plus le nombre des critiques est important et plus il conforte l’existence du premier amendement de la déclaration des droits (Bill of Rights) qui met au-dessus de tout « la liberté d’expression, la liberté de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d’adresser à l’État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis. »

Par ailleurs, la référence aux Pères fondateurs et à la Constitution, qui est partagée par tous quelle que soit leur opinion politique, joue comme une force de rappel ou un contrepoids à la violence qui peut s’exprimer çà et là et la canalise.

Le blocage que l’on ne peut que constater n’est-il pas l’état normal des institutions voulus par les pères fondateurs et force au compromis, vecteur conduisant vers la meilleure solution. Le fonctionnement du Congrès ne serait pas assez par rapide par rapport à l’avancement du monde qui ne cesse de s’accélérer sous la pression de différentes forces (mondialisation, diffusion des technologies…) ? En fait, pour Nicole Bacharan, c’est sans doute la condition permettant le développement d’une « démocratie lente et patiente ».

Mais tout n’est pas au beau fixe. Par exemple, l’idée d’une approche non partisane qui est un des rêves de Barack Obama à clairement tendance à se dissoudre : « Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice – il y a les États-Unis d’Amérique, avait-il déclaré dans son discours à la convention nationale du parti démocrate en 2004. Il n’y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche et une Amérique latino-américaine et une Amérique asiatique ; il y a les États-Unis d’Amérique… Nous formons un seul peuple, nous tous prêtant allégeance au drapeau, nous tous œuvrant à la défense des États-Unis d’Amérique. »

Cette utopie a volé en éclat et Barack Obama est, selon une dernière enquête de l’institut Gallup, le président « the most polarized in Gallup history ». Un président pour le dire à grands traits qui est largement soutenu par les jeunes, les noirs et les démocrates et combattu par les moins jeunes, les blancs et les républicains (Obama Approval Continues to Show Party, Age, Race Gaps).

____________________________
(1) Le programme Etats-Unis de l’Ifri et la French American Foundation-France organisent leur neuvième séminaire :

Le dysfonctionnement des institutions en Amérique : la démocratie américaine est-elle en danger ?

Les blocages systématiques entre des deux partis et le refus de dialoguer pour trouver des compromis suscitent un mécontentement croissant du peuple américain envers ses représentants et les institutions en place à Washington. Le modèle fédéral et les institutions conçus par la Constitution américaine il y a plus de 200 ans fonctionnent-ils toujours aujourd’hui ?

Avec la participation d’Arthur Goldhammer, du Minda de Gunzburg Center for European Studies à Harvard University, traducteur de l’édition de référence de Tocqueville en anglais ; Nicole Bacharan, chercheur associée, FNSP et Antoine Garapon, secrétaire général, Institut des Hautes Etudes sur la Justice.
Présidence : Jacques Mistral, directeur des Etudes économiques, Ifri.

12 mai 2010 Publié par | Général | , , , , | Poster un commentaire

Gastronomie Etats-Unis – France : mal nul, 12-12

L’attribution des très attendus prix S. Pellegrino 2010 des 50 meilleurs restaurants au monde (en fait le magazine publie une liste des 100 meilleurs restaurants) a eu lieu le lundi 26 avril, dans les murs de l’historique Guildhall de la City de Londres. C’est la neuvième édition.

Un prix de gastronomie distribué par un magazine anglais, c’est un peu comme on demandait à Sarah Palin de parler d’astrophysique, n’est-il pas ? En fait, le processus de sélection semble beaucoup plus sophitisqué. Le classement est établi par l’Académie des 50 meilleurs restaurants au monde, un influent groupe composé de plus de 800 leaders de l’industrie de la restauration. L’Académie comprend 27 régions distinctes du monde et chaque région dispose de son propre jury composé de 31 membres, dont un président pour le diriger. Le jury compte des critiques culinaires, des écrivains, des chefs et « gastronomes », chacun disposant de cinq votes. Les membres votent pour cinq restaurants et deux de ces votes, au moins, doivent servir à récompenser des restaurants situés en dehors de leur région.

Première mauvaise nouvelle pour nous les Frogs : le restaurant danois Norma, l’espagnol El Bulliet et l’américain The Fat Duck constitue le trio de tête. Pas de français ? Simplement, non.

Deuxième mauvaise nouvelle, la France ne possède aucun restaurant dans les 10 premiers : 4 pour l’Espagne, 3 pour les Etats-Unis, 1 pour l’Italie, 1 pour le Royaume-Uni et 1 pour le Danemark. N’est-ce pas là une insulte au pays de Brillat-Savarin et de Maurice Edmond Sailland, dit Curnonsky, alias le prince des gastronomes, au pays qui revendique haut et fort que la cuisine est française ou n’est pas, que seule la chinoise peut prétendre à un tel niveau de créativité et de sophistication. Lire la suite »

5 mai 2010 Publié par | Général | , , , , , , | Poster un commentaire

   

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