maison blanche

La nouvelle donne

Carly et Meg : de la high-tech à la politique

[Whitman, Fiorina lose: What’s Silicon Valley got to do with it?]

Carly Fiorina et Meg Whitman, sont deux femmes, républicaines, l’une pour le poste de sénateur face à Barbara Boxer, l’autre de gouverneur contre Jerry Brown, elles sont dans la cinquantaine (la première est née en 54 à 56 ans, la seconde, en 56 et a donc 54 ans), et surtout elles ont été CEO de sociétés de high tech de la Silicon Valley, nommées à peu près en même temps : HP en juillet 1999 pour Carly Fiotrina et eBay en 1998 pour Meg  Whitman.

Et autre point commun qui, a mon avis, les disqualifie toutes les deux, elles n’ont que très rarement voté et l’ont admis publiquement :

« Shame on me » a déclaré Carly Fiorina au Los Angeles Time

« I think the reason is, for many years, I wasn’s as engaged in the political process and should have been » a confessé la seconde au Sacramento Bee

Enfin, dernier point commun, elles n’ont que peu de chance d’être élues.

A  la tête d’HP (50 ans de Silicon Valley – HP : un des pionniers de la SV et numéro un de l’informatique), Carly Fiorina est devenue la première femme à diriger une entreprise dans le Fortune20 et a adopté une politique de communication très active. Elle eu à gérer la séparation de la filiale Agilent spécialisée dans l’instrument, l’activité historique d’HP et surtout a réalisé le rachat du champion des PC Compaq devenant ainsi le numéro du  secteur. Elle a en revance raté le rachat de l’activité conseil de PriceWaterHouseCoopers qui est revenue dans le giron d’IBM. Elle a également proposé le rachat de la société de conseil EDS, mais n’a pas mener le projet à son terme faute du soutien des actionnaires. Ironie de l’histoire, HP a racheté EDS en 2007 sous l’impulsion de son successeur Mark Hurd. Son départ d’HP a été plutôt mouvementé et  a notamment du affronter une fronde de Walter Hewlett, membre du conseil d’administration et surtout fils de l’un des deux fondateurs.

Le parcours de Meg Whitan dans la high tech est assez différent. Lorsqu’elle entrée chez eBay en 1998 (Pour eBay, il y a une vie après les moteurs de recherche sur Internet), l’entreprise ne comptait que 30 personnes et était une petite start up typique de la Silicon Valley. Lorsqu’elle quitte l’entreprise en novembre 2007, eBay est devenue l’une des stars de la Silicon Valley employant environ 15 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars. Cela lui a aussi  largement profité. Elle est présentée comme la quatrième fortune de l’état de Californie avec un patrimoine de 1,3 milliard de dollars. Cela lui a d’ailleurs permis d’investir massivement dans sa campagne, plus de 160 millions de dollars.

A la tête d’eBay, elle n’a pas que des réussites à son actif, le rachat de Skype pour 4,1 milliards de dollars en 2005 fut  l’un d’eux. L’entreprise dont on ne comprenait pas bien la synergie avec eBay a été revendue en septembre 2009 pour 2,75 milliards de dollars.

31 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , , , | Poster un commentaire

Weekly address : 29 octobre 2010 dépasser les politiques partisannes

Barack Obama ne doit pas céder au trouble de dédoublement de la personnalité. Ces derniers jours, il a bataillé ferme pour récupérer quelques voix égarées et limiter la casse des prochaines midterms. C’est là le rôle d’un président qui doit tomber la veste pour endosser celles de chef de parti et de candidat par interposition.

It’s the economy, stupid

Dans cette émission hebdomadaire avancée d’un jour, Barack Obama enfile sa veste de président et adresse un message qui se veut œcuménique et plaide pour une politique qui devrait être bipartisanne avec comme principal objectif pour les deux ans à venir : l’économie et l’emploi.

En lisant entre les lignes, ou plutôt en écoutant entre les mots, Barack Obama semble prendre acte du changement qui va s’opérer au Congrès. Et en appelle donc à la raison de ses adversaires politiques qui devraient, un temps, se transformé en partenaires, exigeants, mais partenaires. Il semble aussi ne pas se faire trop d’illusion en faisant écho aux déclarations de deux leaders du Congrès. Celui du Sénat : « this is not the time for compromise » et celui de la Chambre des représentants indiquant que « his main goal after this election is simply to win the next one ».

Et ce n’est pas comme ça que les Etats-Unis pourront lutter efficacement contre leur concurrent. C’est fois, seule la Chine a été rassurant.

Les deux années à venir risque d’être difficiles.

30 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , | Un commentaire

La biodiversité sans les Etats-Unis

Plus de 190 pays ont adopté le plan stratégique en 20 points pour 2020 à l’exception des États-Unis qui n’ont jamais ratifié la Convention sur la diversité biologique lancée en 1992 lors du sommet de la Terre à Rio.

On ne peut s’empêcher d’établir le rapprochement avec le protocole de Kyoto. Bill Clinton s’était engagé, mais le Congrès l’avait refusé. Et le 13 mars 2001, George W. Bush lançait une fin de non recevoir en annonçant qu’il refusait lui-aussi de règlementer les gaz à effet de Serre. Il avait alors expliqué que la remise en question du mode de vie des Américains n’était pas à l’ordre du jour.

Même si ce n’est pas dans les priorités de Barack Obama, espérons que les États-Unis se considéreront, aussi sur ce point, un pays comme les autres, membre de la communauté internationale.

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Nagoya : nouveau plan stratégique pour lutter contre la perte de biodiversité

Réunis à Nagoya, au Japon, les États parties à la Convention sur la diversité biologiques ont adopté un nouveau plan stratégique comportant des objectifs clairs pour lutter contre la perte de biodiversité d’ici à 2020.

Les gouvernements ont notamment convenu d’augmenter la superficie des terres protégées et des parcs nationaux à 17% de la surface terrestre de la Terre, contre près de 12,5% aujourd’hui, et d’étendre les zones marines protégées à 10% de la surface maritime de la planète, contre moins de 1% actuellement. Un autre défi du plan adopté prévoit de sauver d’ici à 2020 toutes les espèces connues et menacées à l’heure actuelle d’un risque d’extinction.

(Pour lire la suite du communiqué de presse publié par les Nations Unies)

30 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , | Poster un commentaire

Jon Stewart reçoit Barack Obama

Jon Stewart dont on sait les penchants démocrates a donc reçu Barack Obama dans une ambiance survoltée et face à un public (celui de l’émission) conquis. Le DailyShow est une émission politique satorico-comique et Jon Stewart joue à la fois le rôle de journaliste, comique, acteur et il peut-être à la fois drôle et sérieux. Il entend apporter une certaine opposition aux chaînes comme Fox News, CNBC, MSNBC qui sont ouvertement favorables aux Républicains et hébergent des animateurs comme Bill O’Reilly ou Glen Beck dont les propos ne sont en général pas modérés. Jon Stewart et son acolyte Stephen Colbert organisé le 30 octobre l’opération Rally to Restore Sanity qui doit apporter une réponse à la manifestation qu’avait organisé Glen Beck en août et qui avait réuni près de 90 000 personnes.Près de 230 000 personnes se sont enregistrées sur la page Facebook de l’événement.

Ce Rally doit se tenir sur le fameux Mall de Washington à quelques encablures de la Maison Blanche (là où c’était tenu la mémorable marche pour les droits civiques et où Martin Luther King avait prononcé son discours fameux I have a dream)

Bill O’Reilly a donné un commentaire sur l’interview, plutôt modéré.

Barack Obama Pt. 1

Barack Obama Pt. 2

Barack Obama Pt. 3

vvv

 

Glen Beck est beaucoup extreme. Avec des comparaisons limites comme les Allemands qui s’endorment alors qu’Hitler est en train de monter. Le discours est simple : le problème est le gouvernement qui empêche les Américains de se conduire en citoyens libres.

29 octobre 2010 Publié par | Général | , , , | Poster un commentaire

Faut-il avoir Ph.D pour voter aux midterm ?

A l’occasion des élections présidentielles ou des midterms, on doit voter pour les principaux candidats (président, sénateur, représentant ou gouverneur), mais aussi pour une kyrielle de fonctions électives (vice-gouverneur, ministre des finances ou de la justice de l’état, le controller, les juges, le sheriff… sans oublier des questions sur des sujets particuliers. En l’occurrence, en Californie, les électeurs devront voter sur 9 questions appelées Propositions dont la fameuse Proposition 19 sur la légalisation de la marijuana.

Bref, contrairement à la France où l’on doit choisir 1 bulletin parmi plusieurs correspondant à un candidat ou à une liste, le vote aux Etats-Unis nécessite (théoriquement) une connaissance certaine de tous ces candidats, de leur programme, des fonctions électives… Et pour y arriver, cela demande aussi  de comprendre comment les choisir sur le bulletin et enfin  le temps nécessaire pour le faire. Le mode d’emploi dans le comté d’Alameda en Californie est de document de 84 pages !

Sample ballot Alameda county

28 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , | Poster un commentaire

La financiarisation de la politique américaine

Malgré la crise, l’argent semble couler à flot pour les élections des midterms 2010. Les sommes collectées et englouties par les candidats aux fonctions de sénateurs et de représentants pour les échéances électorales de novembre devraient atteindre le chiffre pharaonique de 2 milliards de dollars. C’est ce que révèle un rapport que vient de publier le Public Campaign Action Fund, une organisation qui se présente non partisane et qui souhaite améliorer le financement  des partis politiques et des processus électoraux.

On sait qu’à partir d’un montant, les millions, les milliards ou encore plus si on parle par exemple du déficit américain ne signifie plus grand-chose. Présenté autrement, cela signifie que chaque candidat aura dépensé en moyenne l’ordre de 4 millions de dollars. Un chiffre que l’on arrive déjà un peu plus à saisir. La comparaison avec les élections antérieures est tout aussi parlante : les montants dépensés en 2010 seraient deux fois plus élevés qu’ils ne l’étaient il y a seulement dix ans.

On voit donc là une folie contre laquelle il semble urgent de prendre des mesures, mais pour l’instant les Républicains ne semblent pas trop pressés puisque la situation les arrange. Interviewé sur le sujet à l’émission dominicale Meet The Press, Michael Steele, le patron du parti républicain (RNC) ne balayait  pas d’une main la question, mais rappelait tout simplement que c’est la loi et qu’elle doit s’appliquer. Il faisait allusion à l’arrêt récent de la Cour Suprême dans l’affaire Citizen United v. Federal Election Commission (FEC) qui facilite les contributions des entreprises

A eux seuls, les candidats de la Chambre  des Représentants devraient dépenser plus de 1,4 milliard de dollars (alors qu’ils n’auront recueilli que 1,3 milliard) contre « seulement » 938 millions en 2008.

Il est urgent d’attendre

Que faire ? Dans un article publié dans le Magazine Liberal (au sens américain  du terme) par Lawrence Lessig, Professeur de droit de renom (How to Get Our Democracy Back – If You Want Change, You Have to Change Congress) propose deux idées, assez simples au demeurant, qui pourraient résoudre une partie du problème (Le Congres, ressort cassé de la démocratie américaine ?).

La première – proposée en son temps par Theodore Roosevelt – réside sous l’appellation citizen-funded election. Seuls les citoyens peuvent apporter leur contribuer au financement des campagnes électorales à concurrence de 100 dollars maximum par citoyen. Ce qui réduirait sérieusement les budgets, mais ce n’est pas trop grave dans la mesure où tous les candidats seraient à égalité.

La seconde consisterait à interdire à membre du Congrès de travailler pour un lobby, directement ou indirectement, pendant sept ans après la fin de son mandant.

Mais apparemment, le chemin sera long pour arriver à mettre en œuvre ces mesures. La décision de la Cour suprême dans le cas Citizen United v. FEC ne va certainement pas dans la bonne direction. Fait rarissime, Barack Obama s’est payé le luxe de critiquer cette décision dans son récent discours sur l’état de l’Union :

« With all due deference to separation of powers, last week, the Supreme Court reversed a century of law that I believe will open the floodgates for special interests, including foreign corporations, to spend without limit in our elections. I don’t think American elections should be bankrolled by America’s most powerful interests, or worse, by foreign entities. They should be decided by the American people. And I’d urge Democrats and Republicans to pass a bill that helps correct some of these problems. »

Seuls les présidents Harding (1922), Coolidge (1923), Roosevelt (1937), Eisenhower (1953), Reagan (1988) s’étaient autorisés une telle liberté (Has Any President Ever Criticized the Supreme Court During an Oral State of the Union Address?).

Dans son adresse hebdomadaire, Barack Obama a récemment présenté son projet de loi (Weekly address : 18 septembre 2010 projet de loi sur le financement des campagnes politiques) qui permettrait de connaître les groupes ou les entreprises qui financent les campagnes électorales et serait donc censé atténuer les effets de l’arrêt en donnant plus de visibilité aux citoyens. Mais en attendant, comme le disait Michael Steele, « c’est la loi actuelle qui s’applique pour les élections en cours » et pour l’heure elle bénéficie aux républicains.

27 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , , | Un commentaire

Elections midterm à haut risque

Barack Obama s’est impliqué tardivement dans les élections de novembre prochain mais cela suffira-t-il à apporter le correctif nécessaire pour que les démocrates ne subissent une déroute ?  En fait, on assiste à une sorte de dédoublement de la personnalité du corps électoral.

D’un côté, il exprime un mécontentement fort et vigoureux sur la situation en général, sur le pouvoir en place qu’il s’agisse du président, du Congrès, de la Cour Suprème, avec en tête des préoccupations l’économie et l’emploi… Rappelons que ces deux sujets viennent en tête pour plus de 60 % des Américains.

 

Concernant l’exécutif, la côté d’approbation de Barack Obama est au plus bas depuis le début son élection à 44,7%. Seuls Carter et Clinton ont fait moins bien. Depuis Eisenhower, Barack Obama partage avec ses deux prédécesseurs d’être en-deçà de la barre symbolique de 50 %. Rappelons néanmoins que ce n’est pas un facteur déterminant pour la suite des événements : Carter a été un one term president sorti sans gloire par Reagan alors Clinton a été triomphalement réélu et est aujourd’hui un des meilleurs soutiens des démocrates dans cette campagne. Du  côté du législatif, le taux d’approbation du Congrès est en dessous de 20% ou le taux de désapprobation culmine à 77 % (paradoxalement ce taux est très proche à ce qu’il était au début du mandat de Barack Obama).

De l’autre, lorsque l’échéance approche, le corps électoral semble laisser sa colère et leurs frustrations et pense que leur élu n’est peut être pas si mauvais que ça.  En tout, la proportion des électeurs qui pense que l’élu de leur district mérite d’être réélu est beaucoup plus élevé que les élus en général.

Clairement, les élections vont être très difficiles pour les démocrates, mais curieusement les projections de trois médias et d’un analyste politique renommé ne sont pas aussi alarmistes que ce qu’annoncent (et espèrent) les Républicains : Huffington Post, Washington Post, New York Times et The Cook Political Report.

Evidemment ce n’est pas l’avis des républicains qui voient déjà dans cette élection une vague rouge sans précédent et un changement en profondeur. C’est le message qu’a voulu faire passer Michael Steele, le président du DNC, le patron des républicains, l’émission hebdomaine Meet The Press. Et qui pense déjà aux échéances de 2012. Est-ce que Barack Obama sera un One Term President ? « Je ne sais pas, mais c’est mon travail de faire en sorte qu’il le soit ». Pas tout à fait car en fait Michael Steele n’est élu que jusqu’en janvier 2011.

 

25 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , , | Poster un commentaire

Weekly address 23 octobre : défendre la loi de régulation financière

Barack Obama a tenté de défendre sa loi sur les marchés financiers, rappelant les difficultés pour arriver à son vote, et notamment la création d’une nouvelle agence baptisée Consumer Financial Protection Agency (CFPA en court) qui est censé défendre les intérêts des consommateurs face aux institutions financières.

A dix jours des élections, il fallait bien que l’hôte de la Maison Blanche rappelle le rôle des Républicains avant et depuis le vote de la loi. Avant, les spécial Interest les lobies, l’industrie de la finance a évidemment vu d’un mauvais œil la mise en place d’une loi visant à une plus régulation à la fois plus forte et plus juste (du point de ses promoteurs). Depuis le vote de la loi, les républicains entendent revenir sur cette loi. D’ailleurs, nombre d’entre eux s’engagent à revenir aussi sur la loi de la santé. Le changement possible de majorité à la Chambre des Représentants et peut-être au Sénat laisse envisager une seconde partie de mandat bien difficile.

C’est Elizabeth Warren, professeur de droit à l’université de Harvard qui a été récemment nommé à la tête de cette nouvelle agence. Une des premières critiques sur cette nomination est qu’elle n’est pas soumise à l’approbation du Sénat, comme c’est le cas pour nombre de hauts fonctionnaires.

Bien sûr, la création de cette nouvelle agence a été présentée par les libéraux (au sens français) comme une nouvelle étape vers un Etat de plus en plus présent, une idée qu’ils ne peuvent supporter. Avec une présentation caricaturale du projet et de l’Agence. Lire la suite »

24 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , , | Poster un commentaire

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