Le créationisme toujours en vogue aux Etats-Unis
Les Etats-Unis sont le pays de la science dit-on couramment. Mais c’est aussi un pays où les gens sont très religieux et parfois même atteint de religiosité. Quatre Américains sur dix croient au créationisme, c’est-à-dire qu’ils adhèrent à l’idée que Dieu a créé l’Homme sous sa forme actuelle il y a environ 10 000 ans. 38 % d’entre eux pensent que Dieu a guidé un processus qui a permis à des formes vivantes sur des millions d’années d’évoluer et de prendre l’enveloppe humaine qui nous caractérise aujourd’hui. Et seulement 16 % pensent que ce même processus s’est développé par lui-même sans une quelconque intervention extérieure, autrement dit sans l’intervention de Dieu. C’est ce qu’indique l’institut Gallup dans une enquête sur cette question qu’il mène depuis longtemps. Lire la suite »
Les effets du recensement : le rédécoupage électoral
Le rédécoupage électoral : C’est l’une des conséquences les plus visbles du recensement 2010 dont les résultats viennent d’être publiés. Alors que le Sénat représente les états qui envoient chacun deux sénateurs au Congrès, la chambre des Représentants est organisée en fonction du nombre d’habitants par état. Ainsi, le Wyoming aura deux sénateurs qui représenteront ses 563 000 habitants tout comme la Californie qui en compte plus de 37 millions.
Du côté de la Chambre des représentants, l’idée est que les états soient représentés en fonction de la population. Ainsi, le Wyoming aura un seul représentant alors que la Californie en aura 53 dont chacun représentera un peu plus de 700 000 habitants, un nombre qui n’est donc pas très différent.
Depuis 2000, la population n’a augmenté que de 9,7 %, marquant ainsi le pas par rapport à la décennie précédente qui avait marqué une croissance de 13,2 %. La crise sur les deux dernières années apporte une partie de l’explication.
Bien sûr, tous les états n’ont pas évolué au même rythme. Globalement, la tendance est une augmentation très forte des zones de l’Ouest et du Sud et une augmentation beaucoup moins forte pour les régions du Nord-Est et du Midwest. De telle sorte qu’on assiste à un assez fort rééquilibrage entre ces deux grandes zones.
Les deux grands états gagnants sont le Texas (+ 4représentants) et la Floride (+2) et les deux grands perdants sont l’Ohio (-2) et l’état de New York (-2). Il y a 5 états qui gagnent un représentant et 4 états en perdent un. A priori, cette évolution serait favorable aux Républicains puisque les états gagnants sont assez largement orientés vers le parti de l’éléphant. Avec un phénomène inverse pour les démocrates.
Toutefois, on peut noter aussi une très forte augmentation de la représentation hispanique dans ces états ce qui corrige assez largement le phénomène. De telle sorte qu’il est encore assez difficile d’en connaître la résultante nette.
Une chose est sûre, le redécoupage des districts va faire l’objet d’âpres discussions et même d’actions en justice. Au dernier recensement en 2000, 34 actions judiciaires avaient été engagées. La maison blanche va observer attentivement toutes ces opérations pourraient avoir une incidence non négligeable sur les résultats des élections présidentielles de 2012.
Près de 309 millions d’Américains
Le premier chiffre du bureau (Census Bureau) du recensement 2010 est tombé : la population des États-Unis atteint près de 309 millions d’habitants. Rappelons que le recensement est une obligation prévue par la Constitution tous les dix ans et a des implications fortes, notamment sur la redistribution du nombre de Représentants alloué à chaque État dans la Chambre basse du Congrès.
Une des grandes différences des États-Unis par rapport à tous les pays développés est qu’il reste le seul pays à avoir une démographie dynamique, principalement due à l’immigration.
Des avalanches de statistiques vont tomber dans les prochains jours.
New Deal : Quand les Américains étaient socialistes
Bien sûr, ce titre est exagéré mais il traduit l’idée – mal perçue aujourd’hui – selon laquelle les Américains appelaient de leurs vœux les mesures mises en œuvre par le gouvernement fédéral d’alors emmené par un Franklin Roosevelt qui allait présider jusqu’à sa mort en 1945 pendant son quatrième mandat (un phénomène unique dans toute l’histoire des Etats-Unis). C’est ce que révèle un très intéressant document publié par la Pew Research Center qui établit la comparaison des idées et des sentiments exprimés par les Américains à l’époque de la Grande Dépression et aujourd’hui pendant la crise actuelle.
Les résultats d’enquêtes d’opinion réalisées par l’institut Gallup en 1936 et 1937 (En fait l’American Institute of Public Opinion a été fondée par George Gallup en 1935 et est le précurseur de The Gallup Organization créée en 1958) montrent clairement que, malgré la sévérité de la crise d’alors, les citoyens Américains étaient beaucoup plus optimistes que ceux d’aujourd’hui.
Rappelons d’abord que l’appellation Grande Dépression pointe une réalité que l’on a peut-être oubliée et qui nous ramène à une période où les gens – en moyenne – avaient la vie beaucoup moins facile qu’aujourd’hui. Cette période a été magnifiquement décrite par le roman de John Steinbeck et mise en scène dans le film avec Henri Fonda.
Ce passage nous ramène aux centaines de milliers de foreclosures (saisies) faites par les banques et par d’autres institutions qui se sont spécialisés dans cette activité de rapaces.
En 1933, année de la prise de fonction de FDR, le taux de chômage qui était à son maximum était évalué par l’économiste Stanley Lebugott à près de 25 % de la population active. Dit d’une autre manière plus parlante, un Américain sur quatre était donc sans emploi et donc la plupart du temps sans ressource. Trois ans plus tard, en 1936, il était encore à 17 %. En 1933, il restait à 14 %.
Aujourd’hui, au plus fort de la crise, le taux de chômage a atteint 10 %. Certains arguent qu’à ce chiffre il faudrait ajouter le chômage partiel, le cas des personnes qui sont au chômage mais ne cherchent plus d’emploi et ne sont plus comptabilisées dans les statistiques. Il y a aussi la population carcérale qui par définition est hors le circuit économique et qui représente environ 0,7 et 0,8 % de la population totale, un chiffre considérable qui lorsqu’il est rapporté à la population est 7 à 8 fois supérieure à la situation que l’on connaît en France.
Toutefois, les difficultés extrêmes ne semblaient pas avoir entamé l’optimiste qui caractérise tant les Américains. En 1933, au plus dur de la crise, 50 % des Américains pensaient que la situation s’améliorerait à horizon de 6 mois. Et près de 60 % d’entre eux considéraient qu’ils avaient plus d’opportunité que leurs parents. En gros, l’avenir serait plus radieux.
Aujourd’hui, la crise actuelle a largement écorné l’optimiste ambiant. 35 % (en gros 1 sur 3) seulement pensent que les conditions économiques seront meilleures en octobre 2011.
Ce que rappelle cet article est la différence de position des Américains sur le gouvernement fédéral et l’économie en général d’alors et d’aujourd’hui. Ces derniers temps, l’action énergétique de l’administration Obama pour faire face à la crise à susciter des réactions parfois excessives. Portées par les républicains et par les plus actifs d’entre eux, les Tea Parties, ces idées tournent autour de quelques thèmes simples : moins d’impôts, moins de gouvernement, moins d’intervention de l’Etat fédéral, moins d’aides sociales, plus de libertés individuelles dans tous les domaines y compris dans des domaines comme celui de la santé qui a conduit une proportion importante d’Américains a s’opposé à la réforme de l’assurance maladie, une réforme sur laquelle plusieurs présidents ont trébuché et que Barack Obama a mené à son terme.
Sur ce dernier point, 76 % des Américains interrogées à l’époque étaient favorables à fournir gratuitement des soins médicaux aux pauvres, un des objectifs majeurs poursuivis par la réforme d’Obama. Deux Américains sur trois sont favorables à la mise en œuvre de programme de sécurité sociale (au sens américain du terme).
Sur le plan économique, ils sont également favorables au contrôle public de la production et de la distribution électrique et de la fabrication d’armes de guerre. Et même concernant les banques, ils ne sont certes pas majoritaires mais quasiment aussi nombreux leurs opposants.
En revanche pour ce qui concerne les mouvements sociaux, ils restent très prudents, voire même hostile à certaines expressions comme l’occupation des lieux de travail (sit-down strikes) et qu’en cas de trouble, il faudrait faire appel à la police. Une courte majorité des Américains (51%) pensent déjà que les profits des grandes entreprises sont trop élevés. Que ne diraient-ils aujourd’hui s’ils voyaient que deux ans après la crise les banques recommencent à dégager des bénéfices considérables comme si rien ne s’était passé.
De même, sur le plan des libertés, ils présentent affirment des idées qui montrent le chemin parcouru concernant certaines idées : Limiter fortement les libérations conditionnelles des prisonniers, stériliser certains criminels… en revanche, concernant la peine de mort, ils étaient en grande majorité pour et ils le sont toujours. Les Etats-Unis sont le seul pays industrialisé où la peine de mort existe encore. Pour nuancer le propos, une quinzaine d’Etats ne pratiquent plus la sentence capitale.
La bataille du rail ou le protectionnisme de mauvaise foi
A l’occasion des élections présidentielles de 2008, la Californie avait entre autres décidé de se doter d’une infrasructure de train à grande vitesse (Le train, moyen de transport du 21e siècle). Elle relançait ainsi l’idée du train dans un pays où après des heures de gloire au 19e siècle et dans la première moitié du 20e siècle, ce mode de transport a été largement supplanté par l’avion et l’automobile. D’ailleurs, les lobbies de ces deux secteurs d’activité ne sont peut-être pas étrangés à la situation. C’est là une opportunité pour la France un des champions du TGV avec l’Allemagne, le Japon et depuis peu la Chine.
Deux ans plus tard, Guillaume Pepy, l’actuel président de la SNCF, se rend en Floride pour présenter les offres de la compagnie nationale. L’occasion pour les Américains de montrer ce dont ils sont parfois capables et ce n’est pas le meilleur. Le Sénat de Californie comme celui de la Floride ont pondu une loi ad hoc pour imposer à la compagne nationale de dévoiler le nom de toutes les victimes qu’elle a transportées vers les camps de la mort pendant la deuxième guerre mondiale. C’est en particulier le contenu de l’Holocaust Accountability and Corporate Responsability Act votée par la Chambre des Représentants à la fin du mois de septembre. La loi indique que les entreprises qui souhaitent soumissionner doivent partager les mêmes valeurs en matière de droit de l’homme que les Etats-Unis.
Entre mars 1942 et août 1944, 75 000 juifs et quelques milliers d’autres « indésirables » ont été transporté depuis vers les camps de la mort, explique le projet de loi, dans des trains opérés par certaines compagnies poursuit-elle de manière perfide et hypocrite sans mentionner les entreprises alors qu’il s’agit bien de la SNCF. Et parmi ces déportés, il y a des Américains parachutés sur le territoire français pour libérer le territoire national. Beacuoup de ces victimes qui résident aux Etats-Unis attendent des mesures de justice. Certes ces événements sont tragiques et épouvantables. Mais demander réparation de tels faits 70 ans plus tard est-il raisonnable où est-ce une manière détournée d’atteindre un autre but ? Par ailleurs, les Etats-Unis se préoccupent-ils de la politique des droits de l’homme menée en Chine lorsqu’ils commercent avec ce pays ?
A l’occasion de son voyage en Floride, Guillaume Pépy a été au-delà des demandes faites par les autorités américaines et a exprimé au nom de son entreprise « une profonde tristesse et un grand regret » pour les conséquences de ces actions. Faut-il condamner cette initiative qui n’arrive donc pas de manière spontanée mais est évidemment téléguidée par l’espoir de pouvoir répondre aux deux appels d’offres qui vont être publiés par les états de Californie et de Floride ? Il serait facile à répondre à cette question lorsque l’on n’est pas aux commandes de l’entreprise et responsable des milliers d’emplois que représenteraient ces futurs contrats. Guillaume Pépy a également précisé que ces actions ont été réalisé sous les fusils allemands et qu’il ne fallait pas oublier que 2 000 employés de la SNCF ont été fusillé par les Allemands.
Une chose est sûre, la démarche du Congrès américain peut, elle, être qualifiée de tordue. D’autant que dans le même temps on a eu la confirmation que les Etats-Unis, via la CIA, a protégé des anciens nazis. Le New York Times a exhumé un vieux rapport du département américain de la justice indiquant que les services secrets américains ont créé « un refuge » pour les nazis. Le parallèle entre les deux informations ne pouvait ne pas être fait et montre bien que les Etats-Unis se donne un peu trop de vertu et utilise des moyens pour le moins discutables pour disqualifier une entreprise dans une démarche commerciale à venir.
Weekly Address 4 décembre : Joe Biden prend le relais de Barack Obama
Ce n’est pas tant le contenu du discours qui marquera la weekly address de la semaine que celui qui l’a communiquée au peuple américain. En effet, pour cause de déplacement en Afghanistan, Barack Obama a cédé la place à son Vice President Joe Biden pour le message de la semaine.
Celui-ci se veut positif avec une économie qui repart et des emplois créés dans le secteur privé. Ce qui est vrai et qui correspond à une nette amélioration. Mais on est encore loin du compte car la croissance reste molle et ce ne sont pas le million d’emplois créés en un an qui suffiront à faire baisser le chômage de manière significative.
Joe Biden a annoncé le le compromis qui allait être trouvé ou imposé, selon le point de vue que l’on adopte, avec les républicains désormais majoritaires à la Chambre des représentants. Prolonger la réduction d’impôts (les fameuses tax cuts qui venaient échéance au 31 décembre 2010) mis en place par George Bush pendant deux ans pour tous – Barack Obama avait indiqué pendant la campagne qu’il supprimerait cette réduction pour les familles dont le revenu serait supérieure à 250 000 dollars par an – en échange d’une extension des aides financières pour les Américains ayant perdu leur emploi. La real politik est en marche et les mois qui viennent vont permettre de découvrir les talents de Barack Obama – et il lui en faudra – pour négocier avec les Républicains qui ne sont pas prêts à faire des concessions.
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