Barack Obama publie son acte de naissance
Barack Obama est mulsulman, Barack Obama n’est pas né aux Etats-Unis et plus récemment, selon Donald Trump, Barack Obama était un mauvais étudiant… Autant de fausses informations distillées régulièrement depuis son élection par les opposants extrémistes emmenés par des Rush Limbaugh et autres Glenn Beck. De telles sortes qu’une proportion non négligeable d’Américains avaient fini par les croire. Par exemple, près d’un Américain sur cinq pense que Barack Obama est de confession mulsulmane.
Dans la perspective de sa candidature pour un deuxième mandat et pour couper court à des futilités bien inutiles, le président a publié son acte de naissance qui confirme bien évidemment qu’il est né aux Etats-Unis (à Hawaï) et que donc il était légitime à se présenter à cette fonction. L’affaire est-elle close pour autant ? Rien n’est moins sûr car on imagine assez bien Donald Trump se demander haut et fort pourquoi le président a attendu aussi longtemps pour produire un tel document. Est-ce là une attaque détournée pour des motifs raciaux inavoués et qui nous ramène bien des années en arrière ? Peut-être.
Semer le doute, il est restera quelque chose
Après avoir relancé la question sur la naissance de Barack Obama, Donald Trump qui n’en est pas à une énormité près, affirme aujourd’hui que le président n’était pas un étudiant moyen, mais qu’il était un mauvais étudiant. Comment dans ces conditions a-t-il pu entrer à Columbia, puis à Harvard ? questionne le possible candidat aux prochaines élections présidentielles. Il y a là une allusion à ce que les origines raciales de Barack Obama lui auraient permis d’entrer dans ces universités prestigieuses grâce à la politique d’Affirmative Action.
La guerre de Sécession un événement pertinent pour expliquer la politique américaine actuelle
Alors que l’on vient de commémorer le 150e anniversaire du début de la guerre de Sécession, l’institut Pew Research Center for The People & the Press a demandé aux Américains l’importance que joue cet événement encore aujourd’hui. Plus de la moitié des Américains (56 %) considère que cette guerre civile est encore pertinente pour comprendre la vie politique américaine actuelle contre 39 % qui estime le contraire, même s’ils pensent que la guerre de Sécession reste un événement important.
« Les pertes humaines sont proportionnelles aux dimensions du drame », explique André Kaspi dans son livre Les Américains. Au total, on dénombre 630 000 morts alors que la population des Etats-Unis était alors de 31 millions d’habitants, soit 3 % de la population. C’est presqu’autant que les pertes humaines dans toutes les autres autres guerres qu’ont menées les Etats-Unis. A la date où son livre a été publié (1986), André Kaspi fait état de 680 000 morts. Dans ces statistiques macabres, rappelons par exemple que la guerre du Viet-Nam a occasionné 55 000 morts.
Les raisons de la guerre de la Sécession telles qu’elles sont perçues aujourd’hui ? Un Américain sur deux (48 %) pense le droits des Etats est la principale raison alors que 38 % considère que l’esclavage était la principale cause. Sachant que 9 % estiment que les deux raisons s’ajoutent.
Alors que le problème est au cœur de la société américaine, « les institutions du pays ont été fondées sur l’occultation du problème racial pour ne pas avoir à l’affronter », explique Jacques Portes [Etats-Unis, une histoire à deux visages (Editions Complexe)]. « Les Etats du Nord ont aboli l’esclavage lors de la révolution au nom des principes, mais surtout parce qu’il n’était pas nécessaire économiquement ».
Rappelons aussi l’épisode pendant lequel est créé l’état du Liberia en Afrique en 1947 avec comme capitale Monrovia et dans le but de renvoyer les Noirs sur leur continent d’origine. Inutile de dire que cette solution était d’un seul point de vue pratique et économique irréalisable. Les Etats-Unis comptent à cette époque 4 millions de Noirs.
S’il est opposé, même hostile à l’esclavage, Lincoln est convaincu du « fossé biologique et culturel qui existe Blancs et Noirs, poursuit Jacques Portes (…) De plus le président des Etats-Unis n’a aucun pouvoir légal de déclarer l’abolition de l’esclavage, ni le Congrès de voter une loi à ce sujet, puisque la Constitution, fondée sur des principes universels, ne mentionne jamais comme discriminatoire la race ou le statut infamant (…). Les premiers de la guerre de Sécession ne sont donc pas menés officiellement pour la disparition de l’esclavage, mais pour le maintien d’une Union qui tolériat celui celui-ci ».
25 % des Américains se considèrent comme un Sudistes avec une proportion supérieure chez les Noirs (43 % contre 24 % chez les Blancs). Le sondage ne mentionne évidemment pas les hispaniques qui sont totalement étrangers à cette classification. Bien sûr, la proportion est bien plus élevée chez les habitants des états Conférédés (64 % contre 9%). Selon le Bureau de recensement des Etats-Unis (Source Wikipédia), le Sud contient 16 États (dont la population est de 109 millions d’habitants en 2006): Alabama, Arkansas, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Delaware, Floride, Géorgie, Kentucky, Louisiane, Maryland, Mississippi, Oklahoma, Tennessee, Texas, Virginie, Virginie-Occidentale.
Votre patron vous explique pour qui voter
Imaginons trente secondes que Bouygues ou Veolia envoie un courrier à tous ses employés pour leur donner des conseils sur les candidats à considérer fortement pour les prochaines élections. Impensable. Et pourtant c’est ce qui s’est passé avec Koch Industries, une entreprise de 50 000 dont les dirigeants sont connus pour les positions « plutôt » conservatrices. A noter que Koch Industries est une entreprise privée – au sens américain – et donc non soumises à l’obligation des publications financières drastiques imposées aux entreprises cotées. C’est une des plus grandes entreprises non cotée au monde. Koch Industries est connue pour être un généreux donateur du parti républicain.
Le magazine liberal The Nation a réussi à se procurer le document que l’entreprise a envoyé à ses salariés lors des élections de mid-terms de novembre dernier. Le document inclut une lettre du patron David Robertson, dans lequel celui-ci ne se gène pas pour indiquer les candidats soutenus par son entreprise et pour développer ses thèses épousant de près celles des ténors du Tea Party ainsi qu’une newsletter baptisée Discovery dans laquelle la société répand sa propagande ultra-droitière.
Une telle pratique est facilitée par l’arrêt Citizen United v. FEC rendu par la Cour suprême en janvier 2010 et permettant aux entreprises de participer financièrement des campagnes électorales. Résultat d’un vote serré (5 contre 4), cet arrêt qui a été pris au nom du free speech ne va certainement pas dans le sens de plus de démocratie (Le Congres, ressort cassé de la démocratie américaine ?).Jusqu’ici les directions des entreprises pouvait communiquer auprès des cadres dirigeants et des actionnaires, mais pas aux salariés. L’arrêt Citizen United v. FEC a incontestablement « libéré la parole ».
Il faut préciser le déséquilibre que met en lumière cette situation puisque les syndicats n’ont tout simplement pas le droit de distribuer des tracts exprimant leur préférence politique, en tout sur le lieu de travail.
Dans un communiqué, l’entreprise a souhaité apporter une réponse « fausses allégations » l’article du magazine The Nation, indiquant notamment que « notre lettre aux employés indiquait clairement que « voter est une décision qui dépend de vous et de vous seulement, basée sur les critères qui vous sont important ». Mais en en ajoutant une couche en expliquant que « les candidats soutenus par Koch sont les promoteurs des politiques permettant de créer les conditions économiques nécessaires pour que les entreprises telles que les nôtres puissent survivre et prospérer ».
Wall Street est mort. Vive Wand Straβe !
Sur le plan symbolique, l’information a marqué les esprits des Américains et leur a donné une indication de plus sur le déclin relatif des États-Unis, même s’il s’agit là d’une conséquence de la mondialisation et du développement des marchés financiers. La bourse de New York fusionne avec la bourse allemande de Francfort (Deutsche Börse), mais c’est cette dernière qui détient la majorité du capital (60/40). De cette fusion nait la plus grande place financière du monde avec quelque 20 000 milliards de transactions par an reléguant Londres à bonne distance et Paris au rang de nain.
“Achtung! Germans taking over NYSE” titre le New York Post
Bien sûr, les conservateurs utiliseront cette opération comme un signe du déclin des Etats-Unis dont le responsable est Barack Obama. A l’occasion de la récente conférence CPAC qui s’est tenue à Washington il y a quelques semaines, Newt Gingricht (A 4:15), l’ancien speaker de la chambre de Représentants sous Clinton, et l’affairiste Donald Trump (A 9:00 - très content de lui, ayant une haute opinion de sa propre personne et faisant une critique de Barack Obama surprenante) n’ont pas hésité à utiliser la ficèle, mais elle est un peu grosse.
A l’inverse, Mike Bloomberg, le maire de New York, a salué cette fusion entre deux grandes bourses pour faire émerger un nouveau leader. Cette fusion a certainement plus à voir avec la mondialisation et/ou la globalisation des marchés financiers plus qu’avec le déclin des Etats-Unis. La bourse de Londres et de Toronto ont annoncé peu de temps auparavant un partenariat. En octobre 2010, SGX, l’opérateur du Singapore stock exchange annonçait son projet de racheter la bourse Australienne. D’autres opérations de ce type ont vu le jour Par ailleurs, Il ne faut pas confondre entre l’opérateur d’une bourse qui n’est qu’une entreprise et le marché sur lequel elle opère. Ce n’est pas parce que le NYSE sera géré par une entreprise multinationale signifie que d’un coup New York ne soit plus une place financière de premier plan. Cette fusion a aussi plus à voir avec l’évolution des marchés financiers proprement dits qu’au déclin relatif des Etats-Unis. Mais l’un n’empêche pas l’autre.
Un nouvel Obama est né
Il y a d’abord eu le candidat à la nomination pour être le représentant des démocrates aux élections présidentielles de 2008. Barack Obama a fait son annonce en février 2008 lors d’un discours en plein air malgré le froid à Springfield (Illinois). Puis, il y eu le président Obama élu en novembre 2008. Voici le désormais président candidat à sa propre réélection, ce qui en fait n’est pas vraiment une surprise. On dit que les États-Unis sont toujours en élection. Il est vrai que l’on sort à peine des élections mid-terms et qu’Obama lui-même à peine deux ans après sa propre élection qu’il entre dans une nouvelle phase où il va être scruté à la fois comme président, mais aussi comme candidat.
L’annonce d’Obama à Springfield
Le site de la campagne est déjà sur les rails
Le message d’Obama annonce sa candidature
"Friend –
Today, we are filing papers to launch our 2012 campaign.
We’re doing this now because the politics we believe in does not start with expensive TV ads or extravaganzas, but with you — with people organizing block-by-block, talking to neighbors, co-workers, and friends. And that kind of campaign takes time to build.
So even though I’m focused on the job you elected me to do, and the race may not reach full speed for a year or more, the work of laying the foundation for our campaign must start today.
We’ve always known that lasting change wouldn’t come quickly or easily. It never does. But as my administration and folks across the country fight to protect the progress we’ve made — and make more — we also need to begin mobilizing for 2012, long before the time comes for me to begin campaigning in earnest.
As we take this step, I’d like to share a video that features some folks like you who are helping to lead the way on this journey.
In the coming days, supporters like you will begin forging a new organization that we’ll build together in cities and towns across the country. And I’ll need you to help shape our plan as we create a campaign that’s farther reaching, more focused, and more innovative than anything we’ve built before.
We’ll start by doing something unprecedented: coordinating millions of one-on-one conversations between supporters across every single state, reconnecting old friends, inspiring new ones to join the cause, and readying ourselves for next year’s fight.
This will be my final campaign, at least as a candidate. But the cause of making a lasting difference for our families, our communities, and our country has never been about one person. And it will succeed only if we work together.
There will be much more to come as the race unfolds. Today, simply let us know you’re in to help us begin, and then spread the word:










