Primaires Floride : finalement ce devrait être Romney
Aujourd’hui, lundi 31 janvier, après les mises en bouche de l’Iowa, du New Hampshire et de la Caroline du Sud, la Floride marque une étape importante dans le processus des primaires pour plusieurs raisons. D’abord, la Floride permet de gagner 50 délégués, un nombre important que le gagnant remporte en totalité selon la règle du Winner Takes All.
Ensuite, cette primaire permettra de mieux cerner le vote Latino en raison de la très forte présence de cette communauté dans cet Etat.
Enfin, il permettra de relancer la primaire qui s’est rééquilibré en faveur de Mitt Romney. Ce dernier grâce à forte pugnacité dans les deux débats organisés en Floride a repris l’avantage selon les plus récents sondages locaux.
Mitt Romney ne soulève peut-être pas l’enthousiasme, mais Newt Gingrich suscite un sentiment de rejet.
Polarisation aux Etats-Unis
Les démocrates approuvent Barack Obama et les Républicains le rejettent. Telle est la situation résumée en une phrase de la situation politique aux Etats-Unis depuis qu’Obama est installé à la Maison Blanche. Et les démocrates l’approuvent un peu moins et les Républicains le rejettent un peu plus.
La situation est aussi simple ? Sans doute pas par que la proportion des indépendants est plus importante aujourd’hui qu’il y a 3 ans et qui ont donc une influence croissante.
Dernier débat GOP en Floride
Lieu : Jacksonville, Floride
Date : Jeudi 26 janvier à 20h
Sponsor/organisateur : CNN, Le Republican Party of Florida et l’Hispanic Leadership Network
Participants – le gang des quatre : Newt Gingrich, Mitt Romney et Rick Santorum, Ron Paul
Ce débat avant l’étape de Floride s’est encore durci entre les deux principaux candidats, ceux qui, à ce jour ont le plus de chance d’être l’opposant à Barack Obama. Avec de longues attaques personnelles. Après la remontée de Newt Gingrich, le jeu a donc été relancé alors qu’il y a quelques semaines Mitt Romney semblait s’être imposé.
Au niveau national comme au niveau local, Newt Gingrich et Mitt Romney sont désormais coude à coude, avec une légère avance pour l’ancien Speaker. Au niveau national, Gingrich à l’avantage alors qu’en Floride c’est Romney qui est le mieux placé.
Au niveau national…
…et local.
La Floride est une étape importante sur le plan tactique car il y a 50 voix de grands délégués à prendre (winner takes all). Après la Floride, les primaires continuent leur rythme infernal avant d’aborder la période de ce certains appellent le February Freeze, une période de 3 semaines sans élection. Avec l’éventualité, peu probable mais pas impossible (on peut difficilement prendre plus de précautions) de voir poindre un nouveau candidat.
Les étapes à venir
February 4, 2012 Nevada (caucus)
February 4–11, 2012 Maine (caucus)
February 7, 2012
Colorado (caucus)
Minnesota (caucus)
Missouri (primary)
Premier débat GOP en Floride
Lieu : Tampa, Floride
Date : Lundi 23 janvier à 21h
Sponsor/organisateur : NBC News, Tampa Bay Times,
Participants – le gang des quatre : Newt Gingrich, Mitt Romney et Rick Santorum, Ron Paul
Le débat se durci avec des attaques très personnel, principalement entre Mitt Romney et Newt Gingrich. Le premier critique le second sur son activité de Lobbyiste, notamment auprès de l’institution publique Freddie Mac. Le second critique le premier sur sa carrière à Bain Capital où il a fait sa fortune « sur le dos des travailleurs ». Ces invectives réciproques ont accaparés pratiquement un tiers du débat. Ensuite, il est devenu plus intéressant abordant plus à fond des sujets variés, les uns liés à la Floride, les autres au niveau national.
Mitt Romney publie ses 2 dernières déclarations de revenus
Les pressions venaient de tous les côtés, principalement des ses adversaires actuels pour la nomination républicaine, pour qu’il le fasse. Eh bien c’est chose faite, Mitt Romney a donc rendu public sa déclaration de revenus des deux dernières années. L’ancien gouverneur du Massachusetts a gagné 21,7 M$ en 2010 et 20,9M$ en 2011 dont la quasi totalité provient de revenus financiers (dividendes, plus-values, intérêts). Une partie des revenus proviennent d’investissements dans des entreprises étrangères dont les sièges sociaux sont basés dans des paradis fiscaux comme les L’épaisseur des deux documents – 550 pages – est donc proportionnelle à la richesse du candidat.
Sur les deux dernières années, il a donné 7 millions de dollars à des institutions « caritatives » dont 4,1 M$ à l’église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (Church of Jesus Christ of Latter-day Saints) autrement l’église mormone dont Mitt Romney est un membre éminent.
Sur les deux années 2010 et 2011, Mitt Romney a payé 6,2 M$ ce qui représente donc un taux d’imposition réelle de 14,5%.
Tout le monde sera-t-il satisfait de cette démarche et le dossier est-il clos ? Sans doute pas, car après les pressions des républicains, les démocrates pourraient se mettre en marche pour demander plus à l’image du père de Mitt Romney qui avait publié les 12 dernières déclarations lorsqu’il avait concouru pour l’élection de 1968. Le fils a déjà déclaré qu’il était en désaccord sur ce point avec son père et fera sans doute de la résistance pour ne pas aller plus loin.
Les impôts ne font-ils plus recettes ?
On se souvient de la déclaration de Warren Buffet, l’une des plus grosses fortunes des Etats-Unis, qui interpellait Barack Obama pour payer plus d’impôts. « J’en paye moins que mon assistante ! » avait-il fait remarquer.
Moins d’impôts, moins de gouvernement, respect au pied de la lettre de la constitution tels sont les principaux éléments des programmes tels que les rabâchent les différents candidats conservateurs dont trois restent en lice, deux traditionnels et l’inclassable Ron Paul (son positionnement est assez singulier). Mitt Romney étant qualifié de modéré flip flop par les trois autres.
Le taux d’imposition serait-il aujourd’hui particulièrement élevé ? Ce message correspond-il au sentiment partagé par la majorité des électeurs ?
Sur le premier point, quelques indicateurs publiés par le Think tank Center for American Progress (libéral au sens américain) montrent que le niveau actuel est au pus bas depuis la deuxième guerre mondiale (Ten Charts that Prove the United States Is a Low-Tax Country).
L’impôt sur le revenu
En 2011, l’impôt sur le revenu représente 14,8 % du PIB, le niveau le plus faible depuis 1945 à l’exception de la période de 1950. A l’inverse, au sortir de la guerre et en 2000, il était au-delà de 20 %. Au début de son mandat, George W. Bush décide de baisser significativement le montant de l’imposition alors qu’en même temps il augmentait les dépenses fédérales et allait devoir financer deux guerres accentuant significativement les déficits et la dette. Barack Obama a essayé de supprimer les deux mesures de réduction d’impôts décidées par George W. Bush (Economic Growth and Tax Relief Reconciliation Act of 2001 (EGTRRA) ; Jobs and Growth Tax Relief Reconciliation Act of 2003 (JGTRRA)) mais n’a pas réussi à convaincre les républicains.
Le taux maximal d’imposition sur le revenu serait-il trop élevé, comme aime à le répéter les Américains ? Ron Paul n’hésite pas à dire que, s’il le pouvait, il diminuerait à zéro le taux d’imposition maximal sur le revenu, ce qui donne une idée du niveau d’importance du gouvernement de Washington. En fait, depuis 1945, la tranche d’imposition la plus élevée n’a jamais été aussi basse, elle aussi : 35 % aujourd’hui contre 94,0% alors. A croire que l’Oncle Sam faisait alors partie des pays socialiste !
L’impôt sur les plus-values
Sur ce chapitre des plus-values (Capital gain), là encore, la période n’a jamais été favorable aux investisseurs. Toujours depuis 1945, date de référence retenue pour cette comparaison, la taxe sur les plus-values n’a jamais été aussi faible : 15 % aujourd’hui alors qu’il était de 25 % et avait même 40 %.
Impôt sur les sociétés
A l’instar des citoyens, les entreprises sont tout aussi bien loties. La contribution des impôts collectés auprès des entreprises n’a cessé de baisser – sauf pendant une courte période au début des années 50 – pour atteindre le niveau extrêmement faible de 1,3 % du PIB , plus de 5 fois moins qu’en 1945. Les sociétés américaines sont-elles plus puissantes aujourd’hui ? Les Big Three de l’industrie automobile apportent un démenti formel à cette question. Les entreprises américaines sont moins imposées que leurs concurrentes non américaines qui du fait collectent moins de taxes et bénéficient de déductions voulues ou résultant d’une mauvaise conception (loopholes). Selon le CAP, les différentes déductions culmineraient à un total dépassant les 1000 milliards de dollars en 2010.
Qu’en pensent les Américains ?
Ce climat qui rend les impôts encore plus impopulaires qu’ils ne devraient être – quel pays pourrait vivre sans impôts ? – correspond-il aux souhaits des Américains comme le laisse entendre les candidats républicains, même à ceux de leur propre camp ? Une enquête de l’institut Gallup de septembre 2011intitulée Americans Favor Jobs Plan Proposals, Including Taxing Rich montre clairement le contraire :
- 70 % des personnes interrogées sont favorables à l’augmentation des impôts sur les sociétés grâce à l’élimination de certaines déductions ;
- Deux sur trois sont favorables à l’augmentation des impôts sur les individus gagnant plus de 200 000 dollars par an ou des familles gagnant plus de 250 000 dollars.
Caroline du Sud : Newt Gingrich relance la campagne
Conformément aux sondages de ces derniers jours, Newt Gingrich gagne assez largement les primaires du conservateur état de Caroline du Sud.Du même coup, il relance la campagne. Depuis plusieurs semaines Mitt Romney semblait se dégager comme l’inévitable vainqueur sans pour autant dégager motivation et enthousiasme. Autant l’attaque tout récente colportée par la chaîne ABC News contre Newt Gingrich via l’interview de l’ex-femme de Newt Gingrich semble avoir été contre productive, autant les attaques contre Mitt Romney sur son rôle dans Bain Capital a pu troubler les esprits.
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Caroline du Sud : des primaires décisives
Cette troisième étape des primaires qui se déroulent ce samedi est à la fois indécise et déterminante. Indécise, car ces derniers jours ont vu une remontée (improbable ?) de Newt Gingrich qui désormais se pose en rival de Mitt Romney. Déterminante car si Newt Gingrich fait jeu égal avec l’ancien gouverneur du Massachusetts, cela relancera les primaires remettant en question le statut de leader incontesté de ce dernier. Cette troisième étape montre clairement un durcissement de la campagne (comme le montre le dernier débat) avec de vives attaques sur le passé politique, voire personnel.























