Les Américains évoluent en faveur du mariage homosexuel
A l’heure où le sujet fait rage en France, les Américains sont de plus en plus nombreux à se déclarer favorable au mariage homosexuel, même s’ils ne sont encore majoritaires. Selon la dernière enquête réalisée par le Pew Research Center intitulée Growing Support for Gay Marriage: Changed Minds and Changing Demographics, 49 % se déclarent favorables contre 44 % qui y sont opposés. Mais ce sujet appelle deux remarques. La tendance va nettement dans le sens du soutien à cette mesure sociétale : 33 % en 2003, 49 % aujourd’hui.
Par ailleurs, la position sur ce sujet est clairement une affaire de génération : plus on est jeune et plus on y est favorable. Chez les plus de 30 ans, ils sont 70 % alors qu’ils n’étaient que 51 % en 2003.
Pourquoi changer d’avis sur un tel sujet. La première cause est de connaître un homosexuel dans son entourage (33 %). Vient ensuite l’idée d’avoir réfléchi sur le sujet et d’avoir muri (25%). En revanche, l’idée d’égalité qui a motivé les défenseurs de la loi en France n’est pas très importante et n’est invoqué que par 8 % des Américains qui ont changé d’avis sur le sujet.
Les faucons républicains et les colombes démocrates
La formule est-elle rapide et simplificatrice ? Pas tant que ça si l’on en croit la dernière enquête de l’institut Gallup qui donne le sentiment partagés sur l’importance pour les États-Unis d’être la première puissance militaire du monde. Près de 2 Américains sur 3 pensent que c’est important et ce sentiment a été assez largement partagé depuis une vingtaine d’années. Le pic a été atteint en 2001 avec 70 %, juste après les événements de septembre 2001.
Mais il n’est pas partagé de manière égale chez les républicains et les démocrates. Ils sont 80 % chez les premiers contre seulement 48 % pour les seconds.
Lire la suite »
Quelles sont les préoccupations des Américains à l’aube du 2e mandat de Barack Obama ?
Restaurer l’économie et améliorer le marché de l’emploi constituent pour les Américains la priorité n°1 pour Barack Obama au début de ce son second mandat. 95 % d’entre eux la considèrent comme extrêmement ou très importante selon un sondage réalisé par l’institut Gallup (il faut préciser que les 12 préoccupations ont été listées dans le questionnaire). Sur ces deux fronts, on constate une certaine amélioration. Les prévisions de croissance pour 2013 et 2014 sont encourageantes tout comme l’évolution de la situation de l’emploi. Selon les chiffres du BLS (mis en doute de manière très controversée par l’ancien patron de GE Jack Welch), le taux de chômage était de 7,9 % en octobre, un niveau élevé pour les Etats-Unis qui créé des situations individuellesdélicates dans la mesure où le filet de protection sociale est nettement moins avantageux qu’en Europe.
Ce qui n’empêche pas les Américains d’être très attachés à l’existant, en particulier la « Social Security » (système de retraite) et Medicare (système d’assurance maladie pour les plus de 65 ans). Deux systèmes mis en place sous des mandats de présidents démocrates (Roosevelt pour le Social Security Act (1935) et Johnson pour le second en 1965 – Congress created Medicare under Title XVIII of the Social Security Act)
Ces systèmes sont fragilisés par la situation économique difficile et par l’augmentation de la durée de la vie (qui est négative lorsqu’elle est présentée ainsi alors que c’est une bonne nouvelle d’autant qu’il ne s’agir de vieillir, mais de vieillir en bonne santé). Malgré le dénigrement de certains politiques républicains pour qui ces systèmes (tout comme l’Obamacare) vont à l’encontre de la responsabilité individuelle, ces systèmes de protection sociale bénéficient d’une large adhésion de la population. Cette idée avait été bien résumée par Bill O’Reilly après le résultat des élections : Barack Obama a été élu « by the people who want stuff ». Et elle s’inscrit dans la méfiance inconditionnelle qu’ils manifestent à l’égard du gouvernement fédéral.
Les trois préoccupations les moins présentes dans l’esprit des Américains sont l’augmentation des impôts pour les ménages dont les revenus dépassent 250 000 dollars par an (2 % de la population), une mesure pour laquelle Barack Obama reste inflexible dans le grand « bargain » avec les Républicains à propos de la « fiscal cliff », offrir des possibilités de régularisations pour les immigrants illégaux et réduire les dépenses militaires qui vient assez loin en dernier.
Certaines de ces préoccupations font l’objet d’un large consensus entre républicains et démocrates, par exemple, par exemple restaurer l’économie et améliorer la situation de l’emploi, simplifier le système fiscal et éliminer les niches, réduire l’indépendance énergétique ou encore empêcher l’Iran de développer l’arme nucléaire.
Sans grande surprise, d’autres divisent largement les deux camps comme augmenter les impôts pour les ménages gagnant plus de 250 000 dollars par an. D’ailleurs, ce sujet avait été un point d’opposition radicale entre Barack Obama et Mitt Romney.
Mais concernant deux autres sujets – le réchauffement climatique et le coût des études supérieures -, la différence entre les deux camps est pour le moins surprenante, voire incompréhensible. Dit d’une autre manière plus partisane, la position des Républicains est déroutante.
D’abord, le changement climatique. Ils ne sont que 20 % (les démocrates sont 79 %) à penser qu’il faut s’atteler à ce problème pourtant si préoccupant et touchant la planète entière. Peut-être considèrent-ils qu’une telle prise de position équivaut à l’interdiction de l’exploitation de nouvelle forme d’énergie comme les gaz ou le pétrole de schiste. Cela ne tient pas vraiment à l’analyse puisque les Etats-Unis ont lancé ce type d’exploitation depuis plusieurs années. Où à une remise en cause du mode de vie des Américains (George W. Bush l’avait clairement exprimé au moment du renouvellement des accords de Kyoto).
L’autre différence est encore plus étrange et concerne le coût des études supérieures : 89 % des démocrates pensent ce sujet très important contre seulement 55 % des républicains. Et pourtant, l’explosion du coût des universités met en danger ce qui constitue une force des Etats-Unis. Et le montant de la dette contractée par les jeunes diplômés a atteint des sommets et deviendra critique pour nombre d’entre eux dans plusieurs années. Sans parler des universités privées à but lucratif dont le système de prêt aux étudiants peut être comparé aux méthodes des banques avec les subprimes. « Empruntez sans vous préoccuper de savoir si un jour vous pourrez rembourser », tel est le message que certaines de ces universités essayent de faire passer.
Le montant moyen de la dette pour un jeune diplômé d’un bachelor (4 ans d’études supérieures) est de 26 500 dollars (Student-Loan Borrowers Average $26,500 in Debt). Et selon le Consumer Financial Protection Bureau (une agence mise en place suite à la loi Dobb-Franck), le montant de la dette dépasse 1 000 milliards de dollars (Report Details Woes of Student Loan Debt) dont 864 milliards de prêts gouvernementaux et 150 milliards d’institutions financières. Une véritable bombe à retardement.
Les préoccupations des Américains, un an avant les élections
It’s the economy stupid ! On se souvient de la formule de Bill Clinton devenu aujourd’hui un cliché. Alors que George Bush (le père) se concentrait beaucoup à la politique internationale, Bill Clinton expliquait que les préoccupations des Américains étaient principalement tournées vers les questions économiques.
Avec cette lentille, comment les deux périodes peuvent-elles se comparer ? En 2007, la guerre en Irak s’installe dans la durée et l’idée du bourbier vietnamien se fait présente dans les esprits. Il n’est donc pas trop surprenant que le sujet de la guerre vienne au premier des préoccupations des Américains avec 36 %, assez loin devant l’économie (16%), la santé (15%) et l’immigration (10 %).
Aujourd’hui, la fin de la guerre en Irak est en vue et Barack Obama a confirmé le retour des Boys au pays d’ici à la fin de l’année. Il n’est donc pas trop surprenant que le sujet de la guerre en général tombe à seulement 3 %. Même si la guerre en Afghanistan est désormais la plus longue de toute l’histoire des Etats-Unis. Mais ce sujet comme beaucoup d’autres est passé loin dernière la crise économique qui baigne les Etats-Unis tout comme l’Europe. Ainsi, le chômage conséquence quasi mécanique de la crise et l’économie sont donc omniprésents dans les esprits : 36 % pour l’emploi et 30 % pour l’économie. Lire la suite »
Vivement la retraite ! Est-ce si sûr ?
Avec la santé et l’éducation, la retraite est un sujet de différenciation forte entre les Etats-Unis et la France ? Par répartition de ce côté-ci de l’Atlantique, par capitalisation de ce côté-là. La crise financière a renforcé un sentiment d’inquiétude qui n’a cessé de s’amplifier depuis une dizaine d’années. En 2002, 59 % des Américains pensaient avoir assez d’argent pour vivre confortablement pendant leur retraite. Ils ne sont plus aujourd’hui que 42 %. A l’inverse, les inquiets ont vu leurs rangs grossir pendant la même période passant de 32 à 53 % aujourd’hui. C’est ce qu’indique l’institut Gallup dans un récent sondage. La crise financière qui a largement entraîné des pertes importantes chez les fonds de pension n’a certainement pas amélioré la confiance des salariés sur leur future retraite.
Conséquence quasi mécanique, les Américains en activité pensent quitter le monde du travail tardivement, 66 ans en moyenne contre 60 ans en 1995.
Ce sentiment d’inquiétude est très variable selon les catégories d’âge. Les jeunes (18/29 ans) apparaissent sereins sur ce sujet qui, il est vrai, ne les concernent que de très loin alors que les quinquagénaires sont moins confiants mais paradoxalement pas moins que les 30/49 ans.
Parmi les programmes destinés aux seniors (plus de 65 ans), le Social Security et Medicare qui financent respectivement une partie des retraites et des frais médicaux. Dans des périodes de rigueur budgétaires, ces programmes sont sur la sellette pour d’éventuelles réductions, mais une majorité des Américains restent favorables à ces programmes et ne souhaitent pas que l’Administration décide certains changements pour réduire l’abyssale déficit budgétaire.
Le Top 100 des Américains les plus influents de l’histoire des Etats-Unis
En 2006, la magazine The Atlantic a réunit dix éminents historiens pour déteminer la liste des 100 Américains qui, a leurs yeux, ont eu le plus d’infuence sur l’Histoire des Etats-Unis. Un tel exercice, reconnaît le magazine, est un peu dérisoire tant il est subjectif. Mais il existe.
A partir de cette liste, un autre exercice intéressant est de compter le nombre de ceux que vous connaissez.
Je propose la classification ci-dessous :
Moins 20 bonnes réponses : votre connaissance des Etats-Unis est très faible.
Entre 21 et 40 bonnes réponses : vous avez quelques notions, mais aussi beaucoup de lacunes.
Entre 41 et 60 bonnes réponses : vous connaissez assez bien l’histoire des Etats-Unis ;
Entre 60 et 80 bonnes réponses : Assez bien, mais vous pouvez améliorer vos connaissance.
Plus de 80 bonnes réponses : niveau expert, mais rien ne vous empêche de vous documenter sur ceux que vous ne connaissez pas.
Bonne chance
(Pour ce qui me concerne, j’ai réalisé 63)
Liste ci-après. Lire la suite »
Que les républicains sont-ils devenus ?
On ne peut s’empêcher d’établir le parallèle entre le parti républicain américain et le parti socialiste français : ils sont tous les deux dans le creux de la vague et on ne voit pas vraiment ce qui pourrait changer cette situation. Tous deux se cherchent un positionnement. Côté parti républicain, la question se pose de savoir s’il devrait prendre des positions encore plus conservatrices ou, au contraire, adopter une position plus au centre pour attirer des indépendants égarés.
Le trou d’air est relativement normal après une élection qui a porté les démocrates à la Maison Blanche, au sénat et à la maison des Représentants. Mais après six mois, les premiers signes de reprises ne semblent pas se manifester. C’est plutôt le doute qui envahit la droite américaine.
Selon un sondage réalisé par l’institut Gallup, 4 américains républicains sur 10 déclarent avoir une opinion défavorable de leur propre parti. Alors que, de l’autre, Ils ne sont que 7% côté démocrate.
Cela se traduit évidemment au niveau global : 59 % des Américains ont une vision défavorable des Républicains, le niveau le plus élevé depuis une quinzaine d’années.
Mais il y a aussi des différences. D’abord, le PS pourrait bien disparaître sous sa forme actuelle alors qu’il y a bien peu de chances de voir disparaître le parti républicain en raison du régime bi partisan américain. Ensuite, alors que les républicains se cherchent un vrai leader, le PS en aurait plutôt trop. Lire la suite »
Mémoire courte ou optimisme à toute épreuve ?
Les Américains ont-ils la mémoire courte ou manifestent-ils un optimisme à toute épreuve ? La question mérite d’être posée en observant une enquête réalisée par l’institut Gallup intitulée « Smaller Majority Calls Economy Most Important Problems ». 69% des Américains « seulement » considèrent l’économie comme le principal problème aujourd’hui. Pourquoi seulement ? Parce que c’est 17% de moins qu’il y a deux mois.
Qu’est-ce qui peut expliquer une telle amélioration ? Certes, de nombreuses mesures ont été prises par l’équipe Obama, mais les résultats ne sont pas encore visibles, loin s’en faut et le chemin sera long, les déclarations du secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner vendredi 22 mai : « Le processus de reprise sera plus long » qu’elle ne l’envisageait lors de l’élaboration du budget, il y a deux mois. Il suffit de lire les statistiques mensuelles de l’économie. Chaque mois, depuis le début de l’année, ce sont quelque 600 000 emplois qui sont détruits.
Certains états sont particulièrement touchés : le taux de chômage a atteint 12,6% dans le Michigan (l’industrie automobile y est en premier ligne), 12,1 % dans l’Oregon et 11,2 % en Californie. Cet Etat vient de voter non aux six propositions présentées par Arnold Schwarzenegger la semaine dernière. Le gouverneur du premier Etat des Etats-Unis, qui serait la 7 ou 8e puissance économique mondiale s’il était indépendant et qui hébergent deux industries majeures (les technologies de l’information en pleine Silicon Valley et le cinéma, vecteur du Soft Power de l’Amérique dans le monde, va devoir prendre des décisions drastiques et et tailler dans le budget.
Parmi les 69% qui placent l’économie au premier rang de leurs préoccupations, quels sont principaux problèmes ? D’abord, l’économie en général pour 47% devant le chômage avec 17% et le manque d’argent (7%). Le déficit et la dette fédérales ne recueillent que 5%. Les autres problèmes cités (les impôts, l’inflation, la corruption dans les entreprises, la récession…) peuvent être considérés comme marginaux.
Dans un principe de fonctionnement qui ressemble à celui des vases communicants, la baisse des problèmes économiques entraine la hausse des problèmes non économiques qui passent à 48%, soit une hausse de 10% en deux points. Quatre sujets se détachent : la situation en Irak et la guerre en général (incluant l’Afghanistan), la santé et les problèmes connexes (prise en charge de soins, coût, remboursement…), le mécontentement face au gouvernement fédéral et l’éthique.
La relative importance attachée aux problèmes de la santé est assez surprenante : 9 % seulement des Américains mentionnent ce sujet parmi les plus importants. Etonnant lorsque l’on sait le montant des dépenses en matière de santé et, malgré ça, les millions d’Américains qui n’ont pas de couverture. Pour mémoire, ils étaient 31% en 1994 à mentionner la santé au rang des problèmes les plus importants.









