Les sondages et les élections américaines
Trop souvent on attache trop d’importance au sondage national alors qu’il s’agit d’un suffrage indirect par état. Avec parfois des résultats surprenants comme en 2004. Et depuis le premier débat, la remontée de Romney a été très significative et le 16 octobre, le candidat républicain est passé devant à 48 % contre 46 % pour Barack Obama. Mais de là à en conclure que les élections étaient pliées, c’est aller bien vite en besogne.
En 2000, à la même date du 16 octobre, George W. Bush Bush avait 49 % des voix des registered voters contre 46 % à John Kerry. Et le jour des élections, le candidat démocrate obtenait 48,4% des voix contre 47,9% à George W. Bush qui au final a pourtant remporté les élections, avec l’aide il est vrai de la Cour Suprême. Tout cela est donc assez compliqué.
9/11 : 10 ans après
38 % des Américains pensent que l’occurrence d’un acte terroriste sur le sol américain est « probable ou très probable ». Cela peut sembler élevé, mais c’est en fait le niveau le plus faible depuis 10 ans à l’exception d’une courte période en 2005), c’est-à-dire depuis 9/11 où près de près de 3000 personnes ont été tués suite aux attaques contre les Twin Towers de New York, le Pentagone et le crash du 4e avion dans l’avion de l’Etat de Pennsylvanie.
Ce niveau d’inquiétude a régulièrement baissé depuis cette date où il avait atteint alors le record de 85 %. Bien sûr, il y a eu quelques pics d’inquiétude suite à des événements particuliers, en particulier le début de la 2e guerre en Irak (73%) et l’opération qui a conduit à la mort de Ben Laden (62%), le plus souvent éphémères. Il est probable que lors de la prochaine enquête réalisée par Gallup sur le sujet indiquera un nouveau pic aux alentours de la mi-septembre 2011. De manière quelque peu contradictoire l’enquête réalisée par le Pew Research Center (United in Remembrance, Divided over Policies) indique qu’une majorité d’Américains pensent les terroristes ont une capacité égale (39%) et même supérieure (23%) de lancer une attaque d’une telle magnitude.
A noter que cette crainte d’un acte terroriste diminue avec l’âge et qu’elle est plus prononcée chez les républicains (42%) que chez les démocrates (30%).
Rendre à César…. C’est la faute à George W. Bush !
Certes la popularité de Barack Obama est au plus bas et l’argument selon lequel la situation aurait pu être bien pire si certaines mesures n’avaient pas été prises n’est pas très vendeur. Mais cela ne change pas l’appréciation qu’ont les Américains ont sur son prédécesseur dont une majorité le tien pour principal responsable des problèmes économiques actuels.
Selon une enquête réalisée par AP/Roper/GfK, 51 % des Américains pensent que George W. Bush porte la plus grande part de responsabilité de la situation économique actuelle, 44 % l’attribuent aux républicains du Congrès, 36 % aux démocrates du Congres et seulement 31 % à Barack Obama.
La biodiversité sans les Etats-Unis
Plus de 190 pays ont adopté le plan stratégique en 20 points pour 2020 à l’exception des États-Unis qui n’ont jamais ratifié la Convention sur la diversité biologique lancée en 1992 lors du sommet de la Terre à Rio.
On ne peut s’empêcher d’établir le rapprochement avec le protocole de Kyoto. Bill Clinton s’était engagé, mais le Congrès l’avait refusé. Et le 13 mars 2001, George W. Bush lançait une fin de non recevoir en annonçant qu’il refusait lui-aussi de règlementer les gaz à effet de Serre. Il avait alors expliqué que la remise en question du mode de vie des Américains n’était pas à l’ordre du jour.
Même si ce n’est pas dans les priorités de Barack Obama, espérons que les États-Unis se considéreront, aussi sur ce point, un pays comme les autres, membre de la communauté internationale.
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Nagoya : nouveau plan stratégique pour lutter contre la perte de biodiversité
Réunis à Nagoya, au Japon, les États parties à la Convention sur la diversité biologiques ont adopté un nouveau plan stratégique comportant des objectifs clairs pour lutter contre la perte de biodiversité d’ici à 2020.
Les gouvernements ont notamment convenu d’augmenter la superficie des terres protégées et des parcs nationaux à 17% de la surface terrestre de la Terre, contre près de 12,5% aujourd’hui, et d’étendre les zones marines protégées à 10% de la surface maritime de la planète, contre moins de 1% actuellement. Un autre défi du plan adopté prévoit de sauver d’ici à 2020 toutes les espèces connues et menacées à l’heure actuelle d’un risque d’extinction.
(Pour lire la suite du communiqué de presse publié par les Nations Unies)
Popularité de Barack Obama par rapport à ses prédécesseurs
Obama au plus bas dans les sondages ? Sans doute, mais la cause est-elle perdue ? Sans doute pas si l’on se réfère aux données fournies par l’institut Gallup parce qu’une remontée n’est pas impossible, c’est déjà arrivé.
Sans doute pas au regard de l’histoire, car des présidents qui ont subi une chute comparable resteront certainement de plus grands présidents que d’autres.
Ci-dessous quelques courbes assez probantes.
Obama subit un sort comparable à Carter et Ford qui, il lest vrai, ne resteront pas de grands présidents. Sa courbe de popularité est comparable à celle de son prédécesseur jusqu’au fâcheux événement du 11 septembre.
En revanche, lorsqu’on compare Obama à Truman, Reagan et Clinton dont la popularité remontera ensuite et qui auront plutôt marqué l’histoire, pour des raisons différentes.
La comparaison avec Eisenhower, Kennedy, Johnson et George Bush est nettement défavorable à Obama ou favorable aux premiers, tout dépend ce qu’on veut mettre en avant.
Au secours, Bush est de retour !
L’ACLU (American Civil Liberties Union) vient d’interpeler Barack Obama, via une pleine page de publicité dans le New York Times, à propos de la prison de Guantanamo. Cette question est une véritable épine dans le pied de l’exécutif.
C’est pourtant un des premiers décrets que Barack Obama avait publié, le 23 janvier 2009, trois jours seulement après sa prise de fonction. Mais cette histoire – qui se situe plus sur le plan symbolique et des principes – ne semble pas en voie de règlement.
Executive Orders to date
Posted by Macon Phillips on January 23, 2009 at 2:23 PM EST
Yesterday, President Obama issued a series of Executive Orders:
- Calling for the closure of the Guantanamo detention center within one year
- Creating a Special Task Force to review detainee policy going forward
- Ensuring lawful interrogations by requiring that all interrogations of detainees in armed conflict follow the Army Field Manual interrogation guidelines
Accompagnant son adresse au president, l’association produit une image montrant une transformation en quatre plans de Barack Obama en George Bush. Il est vrai que Guantanamo est un des « bébés » que l’ancien président à créer et qu’il a gentiment « refilé » à son successeur.
Et George Bush qui a fait l’objet d’une couverture médiatique assez forte – couverture de Newsweek et de Time magazine – a également fait son apparition sur un tableau d’affichage situé en bordure de route de la petite ville de Wyoming dans l’état du Minnesota. Interrogé par la Fox News, le maire de la Ville indique qu’il ne sait absolument par qu’il est le commanditaire de cette surprenant publicité. Coût de l’opération : entre 3000 et 3500 dollars pour un mois d’affichage.
Et pour se mettre en appétit, quelques AmuseBush :
Je pense que nous sommes d’accord sur ce point : le passé est terminé
Ou encore
Que les choses aillent bien ou mal, on blâme toujours le président pour ça. Je comprends ça.
Berlin : de Ich Bin Ein Berliner à Mr. Gorbachev, tear down this wall!
Le Mur de Berlin a été construit dans la nuit du 12 au 13 août 1961. Il a été détruit le 9 novembre 1989. 28 ans de honte et d’entrave à la liberté. Pendant ces 28 ans, tous les présidents des Etats-Unis sont allés à Berlin au moins une fois et se sont adressés aux Berlinois avec des formules restées célèbres.
La séparation de Berlin en Berlin Est et Berlin Ouest s’insère comme une poupée russe dans la séparation de l’Allemagne en deux pays. La division de l’Allemagne en République fédérale allemande et République démocratique allemande remonte à 1949. La réunification elle est un processus qui va d’octobre 1989 à octobre 1990. La loi Beitritt der DDR im Grundgesetz der BRD (Entrée de la RDA dans la Loi fondamentale de la RFA) a été votée le 3 octobre 1990 par le parlement de la RDA.
- Le 26 juin 1963, John Kennedy va à Berlin pour exprimer son soutien et sa compassion aux Berlinois. Sa déclaration Ich Bin Ein Berliner est passée à la postérité. C’est la première déclaration d’un président américain à Berlin après la création du mur.
Le monde va-t-il tourner autour de l’axe Etats-Unis Chine ?
Dans son livre « Est-il trop tard pour sauver l’Amérique ? » qui vient d’être publié, Patrick Artus et Marie-Paule Virard montrent bien les excès et les faiblesses dont ont fait preuve les Etats-Unis depuis quelques années ou plutôt certains acteurs économique et politiques. Chapitre après chapitre, le livre décortique les différents rouages du gigantesque meccano qui nous a conduits là où on en est aujourd’hui. La quasi totalité du livre porte sur l’analyse de ce qui s’est passé plus que d’essayer de répondre à la question posée par le titre du livre.
Une chose est sûre la crise que nous vivons est grave, profonde et longue, peut-être plus longue que prévu. Témoin le titre du journal Le Monde daté du samedi 23 mai « Les Etats-Unis ne sont pas près de sortir de la crise ». Le regain boursier depuis le début de l’année pourrait faire oublier tous les autres indices de l’économie qui sont mauvais, voire très mauvais. A commencer par le taux de chômage aux Etats-Unis qui pourrait dépasser les 10% d’ici à la fin de l’année. Impensable il y a seulement quelques mois. La première économie du Monde détruit chaque mois depuis octobre dernier entre 500 000 et 600 000 emplois chaque mois. Du jamais vu.
Avec une conclusion presque en filigrane sous la forme d’une boutade « Il faut sauver le soldat Obama » qui instille l’idée que nous n’avons pas vraiment le choix. Et le pays qui est en première ligne dans ce sauvetage est la Chine. « Le petit jeu sino-américain su « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » (1) (Tu m’achètes mes produits, je t’achète ta dette) est sinon dangereux, du moins instable et volatil, susceptible d’être remis en cause à tout instant ».
L’axe sino-américaine devient de plus en plus important dans l’économie du Monde. Le poids des Etats-Unis va aller en se réduisant tandis que parallèlement la Chine entend devenir plus qu’un puissance régionale. Mais en attendant que cela arrive, elle préfère y parvenir dans le système actuel plutôt que de tout casser. D’où le fait que les Chinois se livrent de bonne ou mauvaise grâce à acheter des bons du Trésor américain. « Avec quelque 1700 milliards de dollars investis en actifs libellés en dollars (dont près de 700 milliards de dollars de treasuries), la Chine est devenue de loin le premier créditeur des Etats-Unis ».
Les Chinois espèrent donc fortement, et le font savoir, que les Américains honoreront leurs dettes. En particulier que le rapport entre le dollar et le Yuan ne changera pas trop de manière à ce que les réserves des Chinois libellés en dollars ne disparaissent pas en fumée. Tout ceci amène donc à une crispation dans le rapport entre les deux puissances. En espérant qu’elle restera au niveau diplomatique.
« Nous vous haïssons les gars ! Une fois que vous aurez émis entre 1000 et 2000 milliards de dollars de papier, nous savons que le billet vert va se déprécier alors nous vous haïssons, mais que pouvons-nous faite d’autre [qu’acheter la dette publique américaine, NdA] ? » Les auteurs du livre rapportent les propos de Luo Ping, l’un des dirigeants de la Commission de régulation bancaire chinoise qui participait à la 10e Convention annuelle du risk management qui s’est tenue à New York en février dernier.
Cet éclat de voix inhabituel dans ce genre de conférence montre bien les préoccupations des dirigeants chinois a été repris par une chaîne de télévision américaine. Dans un accent de populisme qui caractérise en général les intervenants de Fox News le présentateur relate le voyage d’Hillary Clinton en Chine et rassemble ce qu’il appelle les quatre pièces du puzzle qui représente la situation actuelle :
1. Obama veut réduire de moitié le budget du budget américain d’ici la fin de son mandat ;
2. Hillary Clinton choisit la Chine pour son premier voyage officiel à l’étranger ;
3. L’accent de voix de Luo Ping traduit en clair ce que pensent tout bas les Chinois ;
4. Peut-être devrait-on acheter de l’or dont le cours est extrêmement élevé.
De deux choses l’une : les gens n’ont plus confiance en l’idée que le dollar va conserver sa valeur ou ils ne croient pas que les Etats-Unis peuvent arrêter la planche à billet avec les conséquences inflationnistes que cela pourrait avoir.
La conclusion assez juste : Time is running out (le temps est compté)
La clé de tout ça : La Chine
La seconde conclusion : les Chinois ont besoin de nous à court terme ? Peut-être. Mais à long terme ?
La seule que manque de mentionner est qui a mis les Etats-Unis dans cette situation calamiteuse. Obama n’a fait qu’hériter d’une situation que peu de président ont eu à gérer. Les trente années de libéralisme économique au sens français où le seul credo imposé par Margaret Thatcher et Ronald Reagan a été celui du marché tout puissant et seul régulateur en portent la principale responsabilité.
Certes, George W Bush a été confronté à l’épreuve du 11 septembre 2001. « Nous sommes tous Américains » s’écria Jean-Marie Colombani dans un éditorial. « Comment ne pas se sentir en effet, comme dans les moments les plus graves de notre histoire, profondément solidaires de ce peuple et de ce pays, les Etats-Unis, dont nous sommes si proches et à qui nous devons la liberté, et donc notre solidarité ». Les Etats-Unis firent suscitèrent alors un mouvement de sympathie dans une grande partie du monde et George Bush bénéficiait du soutien total du peuple américain.
Qu’a-t-il fait de ce capital ? Dans une réponse symbolisé par la formule The War on terror, le 43e président des Etats-Unis a entraîné son pays dans une opération de police internationale basée sur le mensonge. Il a récolté la haine d’une grande partie du monde dont hérite aujourd’hui Barack Obama, malgré lui.
(1) J’ai utilisé ce titre dans un billet récent de manière tout à fait fortuite.
Les Républicains ont beau jeu de critiquer ce que fait Obama aujourd’hui (Interview de 2 Congressmen – un républicain et un démocrate par la très nuancée Fox New)
Une autre présentation au Congrès







