Les Américains ne souhaitent pas les coupes budgétaires automatiques
Bis Repetita… A l’été 2011, en échange de l’augmentation du plafond de la dette, le Speaker de la Chambre des Représentants John Boehner a négocié un accord qui plaçait cette coupe automatique des dépenses baptisée « Sequestration ». A la fin de l’année 2012, Barack Obama a bénéficié d’un sursis dans l’application de cette stupide mesure. Mais voici venue l’heure de vérité et si le Congrès ne vote la loi d’ici ce soir, la séquestration se mettra en œuvre. Selon les termes de ce mécanisme, les dépenses fédérales seraient coupées de 1 200 milliards de dollars entre mars 2013 et mars 2021. Les Etats verraient immédiatement réduite les fonds verser par le gouvernement fédéral. De même, le budget du Pentagone serait réduit à la baisse. Mais apparemment, nombre de républicains préfèrent la politique du pire plutôt que de négocier un compromis visant à adopter une approche équilibrée entre augmentation des impôts, réduction des niches fiscales et réduction des dépenses. Lire la suite »
Perte d’influence du protestantisme au Congrès
Les Protestants représentent 56 % des 533 sénateurs et membres de la Chambre des Représentants alors qu’ils étaient encore près de 75 % il y a 50 ans. C’est ce qu’indique le Pew Research Center dans une étude récente sur la composition du 113e Congrès : Faith on the Hill: The Religious Composition of the 113th Congress.
Dans un mouvement inverse, les catholiques ont vu leur influence augmenter en dépassant le seuil des 30 % alors qu’ils ne représentent que 22 % dans la population.
Le troisième groupe est celui des juifs qui représentent un peu plus de 6 % alors qu’ils ne sont que 2 % de la population.
Alors que 20 % des Américains se déclarent athéistes, agnostiques ou encore rien de particulier, un seul parlementaire du 113e Congrès « ose » se présenter comme affilié à aucune religion. C’est le député démocrate de l’Arizona Kyrsten Sinema. Toutefois, dix autres parlementaires indiquent « aucune » comme religion.
Parmi les premières de ce Congrès, le démocrate Tulsi Gabbard est le premier Hindou élu à l’une des deux chambres. De son côté, le démocrate Mazie Hirono est devenu le premier Bouddhiste élu au sénat.
Le premier musulman avait été élu en 2006. Les autres religions sont présentes au Congrès depuis beaucoup plus longtemps à commencer par les Mormons dont le premier membre, John Bernhisel, a été élu en 1851, juste après que l’Utah ait été reconnu officiellement comme territoire. Les Juifs y sont également représentés depuis 1845 avec l’élection de Lewis Charles Levin de l’American Party. Un seul Sikh aura été élu à trois reprises en 1957.
Répartition des 5 principales
églises protestantes
| Baptiste | 14 % |
| Méthodiste | 9 % |
| Presbytérienne | 8 % |
| Episcopalienne | 7 % |
| Luthérienne | 4 % |
Vers une démarche bipartisane ?
Avec la séparation des pouvoirs, lorsque les partis se partagent les deux branches, exécutives et législatives, ils sont plus ou moins condamnés à travailler ensemble et collaborer. Sinon, c’est la situation de blocage assurée. Le mot anglais le plus courant pour décrire cette situation est gridlock dont l’origine décrit une situation du trafic automobile et qui s’est déporté dans le domaine de la politique : "A state of severe road congestion arising when continuous queues of vehicles block an entire network of intersecting streets, bringing traffic in all directions to a complete standstill; a traffic jam of this kind"(Source : Wikipedia).
Selon le New York Times, le terme est apparu dans les années 70 pour décrire les situations d’embouteillage dans la ville de New York (NATIONAL GRIDLOCK). Par analogie, il a été utilisé pour décrire une situation de blocage politique : “The inability of two opposing groups to accomplish any sort of remedy or compromise on a political issue because one side manages to prevent matters from moving forward” (Source : Political Glossary du Washington Post).
C’est la situation qu’ont connu les Etats-Unis depuis 2010 après que les Républicains ont conquis la Chambre des Représentants et brisé la supermajorité démocrate au Sénat (plus de 60 sièges) qui permet de surmonter la menace du filibuster.
Et pourtant, les Américains restent relativement optimistes – moins qu’en 2008 – sur la capacité du président et du Congrès à engager le dialogue avec l’autre parti. Celle-ci sera bien nécessaire pour résoudre les problèmes qui se posent actuellement dont le premier desquels est celui de la « Fiscal Cliff » qui menace à l’horizon du 1er janvier 2013. A noter d’ailleurs, qu’ils accordent une plus grande flexibilité au Président qu’au Congrès.
Un 113e Congrès sous le signe d’une plus grande diversité
Le blog ThinkProgress (une émanation du liberal Think Tank Center for American Progress) a procédé à une petite analyse sociologique du nouveau Congrès – Sénat et Chambre des Représentants. Résultat : les deux nouvelles assemblées sont plus diversifiées et sont plus à l’image de l’Amérique tout entière (The 113th Congress Will Be The Most Diverse In History)
“Though Congress remains whiter, older, and more male than the nation as a whole, the incoming class will be the most diverse in history.
The 113th Congress will be more representative of the United States from race to religion, and from gender to sexual orientation. It will look more like America with 4 new African American representatives, 10 new Latinos, 5 new Asian Americans and 24 women in the House or Senate. It will believe more like America with the first two Hindu congresspeople, the first Buddhist senator, and the first non-theist to openly acknowledge her belief prior to getting elected. It will love more like America, with 4 new LGBT congresspeople or senators, including the first openly bisexual congresswoman and the first openly gay congressman of color. And it will be younger, with four new congressmen born in the 1980s”.
C’est donc une amélioration mais il ne faudrait pas la prendre pour argent comptant car elle n’est ni une fin en soi ni une garantie de quoi que ce soit. Car finalement l’objectif est bien de savoir ce que l’on fait. Etre une femme ou un LGBT ne garantit en rien d’être un « bon » (j’allais écrire Congressman) Congresspeople ou Senator. Au moins l’anglais ne nous fatigue pas avec les querelles Picrocholines de savoir s’il faut écrire sénateur ou sénateure ou dire Madame la Sénateure.
Fiscal Cliff : Obama en appelle au Congrès
Dans une très courte allocution officielle, la première après son élection de mardi, Barack Obama en appelle au Congrès et à sa raison pour que les deux partis trouvent un accord pour ne pas tomber de la « Fiscal Cliff ». L’année dernière, Républicains et démocrates n’ont pas réussi à trouver un compromis pour réduire le déficit et ont allumé une bombe à retardement qui devrait exploser au 31 décembre 2012. L’explosion serait la fin des réductions d’impôts décidées par George W. Bush, augmenterait les impôts de tous les américains, entrainerait des coupes automatiques de différents budgets, notamment des budgets militaires à un niveau de 10 %. Démarche étonnante consistant à décider du pire si on n’arrive pas à se mettre d’accord sur le moins pire. Sans doute chacun des deux camps espérait avoir un président et une majorité à sa couleur aux élections 2012. Si cette mesure entrait en vigueur, le CBO a estimé que cela entraînerait une réduction significative de la croissance et de la création d’emplois. "Mon stylo est prêt à signer un accord" a-t-il conclut.

Barack Obama n’avait pas grand-chose de nouveau à proposer si ce n’est d’en appeler à la raison des responsables des majorités du Sénat et de la Chambre des Représentants. C’est dans cette dernière que cette dernière que l’accord sera le plus difficile car les républicains qui ont gardé la majorité à la Chambre des Représentants. Et John Boehner a déjà indiqué qu’il n’était pas prêt à donner son accord.
Barack Obama a fait valoir l’argument que le Congrès devait normalement prendre une décision reflétant la volonté du peuple qui s’est exprimée cette semaine. Evidemment, les Républicains n’auront pas la même lecture. Le résultat de cette négociation qui s’engage va donner le ton du deuxième mandat de Barack Obama. On se souvient de l’épreuve de force qui était intervenu à l’occasion de l’augmentation du plafond de la dette. Une partie de poker dont l’enjeu est évidemment fondamental.
Perte de confiance pour le Législatif
Depuis quarante ans, l’institut Gallup sonde la confiance des Américains sur les trois branches du pouvoir : Exécutif, Législatif et Judiciaire. Il ne faut pas confondre confiance avec taux d’approbation du travail effectué qui sont deux notions bien distinctes.
La Constitution américaine donne la prééminence au législatif qui est traité en premier et longuement et lui donne autant de pouvoir que nécessaire pour résister à celui du Président, le cas échéant l’entraver. Ce dernier n’est pas désarmé pour autant, il n’est pas responsable devant le Congrès et détient le droit de veto. Une dissuasion constitutionnelle réciproque entre le Congrès et le Président. D’ailleurs, dans l’ordre, c’est le Législatif qui est traité en premier devant l’Exécutif et le Judiciaire. La Constitution met l’accent sur la séparation des pouvoirs au terme duquel une des trois branches.
Eh bien, le Législatif fait l’objet d’une sérieuse défiance chez les Américains : seulement 34 % d’entre eux font confiance au Congrès (Sénat et Chambre des Représentants) contre 56 % pour l’Exécutif et 67 pour la Cour Suprême.
De 1973 à 2003, aucun changement notable n’est à signaler sauf à l’occasion de la fâcheuse affaire du Watergate qui a fait chuter la confiance des Américains dans leur Exécutif de 70 à 40 %. La chute de confiance à commencer dans les années 2003 avec le mensonge d’Etat poussé par George W. Bush pour justifier la guerre en Irak. Et l’on sait combien le mensonge est réprimandé aux Etats-Unis. Entre 2003 et 2008, les deux branches de l’Exécutif et du Législatif ont fait les frais de ce mensonge d’Etat.
Depuis 2008, le niveau de confiance des Américains dans le Congrès a continué à baisser avec un fonctionnement complètement bloqué. C’est ce que décrit Norman Ornstein, Resident Scholar du Think Tank American Enterprise Institute dans son livre It’s Even Worse Than It Looks, How the American Constitutional System Collided With the New Politics of Extremism. A l’inverse, l’arrivée de Barack Obama a changé la perception des Américains vis-à-vis de leur exécutif qui retrouve un niveau plus satisfaisant.
Evidemment cette confiance est très différente chez les Républicains et chez les démocrates : 17 % de niveau de confiance pour l’Exécutif et 90 % chez les démocrates. C’est ce que l’on appelle la polarisation. A l’inverse, la confiance accordée au Congrès est moins liée à l’appartenance au parti politique.
Il faut sauver le soldat Congrès !
Des trois branches du pouvoir – législatif, exécutif et judiciaire -, le Congrès des Etats-Unis est celui que les Américains jugent le plus sévèrement, et de très… très loin. 13 % des Américains jugent positivement le travail de la branche législative. Quant à l’honnêteté et à l’éthique de ces membres, le jugement est encore plus sévère. A côté, le score de Barack Obama à 43 % est plutôt élevé, même si c’est le plus bas depuis Eisenhower à l’exception de Jimmy Carter qui d’ailleurs n’a pas été réélu, battu par Ronald Reagan. La Cour Suprême s’en sort pas trop mal avec 46 % d’approbation, même si ce score se situe sur une tendance baissière.
A peine, so
nt-ils élus, les Représentants pensent à leur réélection (Rappelons la Chambre des Représentants est renouvelable tous les deux ans) et aux moyens de la financer et partent donc à la collecte de fonds. Sur leur chemin, ils rencontrent les très nombreux et puissants lobbyistes. De telle sorte que le fonctionnement de la démocratie est très loin du souhaitable.
Professeur de droit de renom, Lawrence Lessig avait publié un article dans le magazine liberal The Nation (How to Get Our Democracy Back If You Want Change, You Have to Change Congress) très pessimiste et plutôt déprimant pour ceux qui croient à réalité et à la profondeur de la démocratie américaine (Le Congres, ressort cassé de la démocratie américaine ?). Il y a un peu plus de deux ans, le professeur de droit travaille sur ces questions en tant que directeur du Edmond J. Safra Center for Ethics à Harvard. Et il vient de publier un livre au titre est éloquent (Republic, Lost: How Money Corrupts Congress–and a Plan to Stop It). Un travail de long haleine qui méritait bien un peu de médiatisation. Jon Stewart s’en est chargé en l’invitant au Daily Show.












