maison blanche

La nouvelle donne

Dis-moi combien tu dépenses, je te dirai si tu seras élu

2 milliards de dollars, tel est le montant qui aura été dépensé pour ces élections de midterm par l’ensemble des candidats aux élections sénatoriales et de la Chambre des représentants, ce qui représente en moyenne 4 millions de dollars par candidats. Mais ces moyennes masquent des disparités considérables allant de 0 dollar pour certains candidats jusqu’à 48 M$ pour Linda McMahon, candidate dans l’état du Connecticut. Avec parfois des écarts considérables entre les candidats, parfois à l’avantage des républicains, parfois à celui des démocrates.

 

Autant dépenser beaucoup d’argent pour des élections disputées peut se comprendre, autant lorsque les jeux semblent acquis d’avance, pourquoi tant dépenser. C’est par exemple le cas du démocrate Charles Schumer dans l’Etat de New York qui a dépensé 100 fois plus que son adversaire. Ou du républicain Mike Crapo qui a dépensé plus de 70 fois plus que son adversaire démocrate.

 

Maintenant que nous connaissons les résultats, il ne reste plus qu’à comparer.

 

 

 

 

11 novembre 2010 Publié par | Général | , , | Poster un commentaire

Conférence présidentielle du 3 novembre

« Je peux vous dire que certains lendemains d’élection sont plus agréables que d’autres », Barack Obama reconnaît simplement et sans détour la défaite des démocrates. Ce qui ne l’empêche pas de rappeler le chemin qui a été accompli depuis deux ans. Mais ce que les Américains voient ce n’est la situation qui aurait largement pire sans l’action de l’administration en place, mais tout simplement que l’économie m’est pas au mieux et que le chômage est à un très haut niveau. « Si le taux de chômage était à 5 % et non à 9,6 %, les gens seraient plus confiants avec les politiques mises en place » explique Barack Obama.

Prenant acte de cette défaite, Barack Obama précise donc qu’il est prêt à travailler avec les Républicains et prêt à prendre leurs idées si elles sont bonnes.

Mais vu les premiers déclarations du futur speaker John Boehner, on lui souhaite bon courage. La deuxième moitié du mandat risque d’être « sportive ». Dans cette deuxième partie, Barack Obama va donc devoir faire preuve de talents politiques qu’il n’a pas encore eu l’occasion d’exercer. Sera-t-il aussi performant que Bill Clinton en 1994 ? Ce n’est pas sûr d’autant qu’il n’aura sans doute pas la chance de la reprise économique qu’avait connue son prédécesseur.


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7 novembre 2010 Publié par | Général | , , | Poster un commentaire

Les résultats des midterms dans la presse américaine

Interrogatif, descriptif, déclaratif, la presse américaine a joué sur tous les registres pour décrire la nette victoire des républicains qui n’est pas le raz-de-marée que certains avaient prédit.

3 novembre 2010 Publié par | Général | , , , | Poster un commentaire

Carly et Meg : de la high-tech à la politique

[Whitman, Fiorina lose: What’s Silicon Valley got to do with it?]

Carly Fiorina et Meg Whitman, sont deux femmes, républicaines, l’une pour le poste de sénateur face à Barbara Boxer, l’autre de gouverneur contre Jerry Brown, elles sont dans la cinquantaine (la première est née en 54 à 56 ans, la seconde, en 56 et a donc 54 ans), et surtout elles ont été CEO de sociétés de high tech de la Silicon Valley, nommées à peu près en même temps : HP en juillet 1999 pour Carly Fiotrina et eBay en 1998 pour Meg  Whitman.

Et autre point commun qui, a mon avis, les disqualifie toutes les deux, elles n’ont que très rarement voté et l’ont admis publiquement :

« Shame on me » a déclaré Carly Fiorina au Los Angeles Time

« I think the reason is, for many years, I wasn’s as engaged in the political process and should have been » a confessé la seconde au Sacramento Bee

Enfin, dernier point commun, elles n’ont que peu de chance d’être élues.

A  la tête d’HP (50 ans de Silicon Valley – HP : un des pionniers de la SV et numéro un de l’informatique), Carly Fiorina est devenue la première femme à diriger une entreprise dans le Fortune20 et a adopté une politique de communication très active. Elle eu à gérer la séparation de la filiale Agilent spécialisée dans l’instrument, l’activité historique d’HP et surtout a réalisé le rachat du champion des PC Compaq devenant ainsi le numéro du  secteur. Elle a en revance raté le rachat de l’activité conseil de PriceWaterHouseCoopers qui est revenue dans le giron d’IBM. Elle a également proposé le rachat de la société de conseil EDS, mais n’a pas mener le projet à son terme faute du soutien des actionnaires. Ironie de l’histoire, HP a racheté EDS en 2007 sous l’impulsion de son successeur Mark Hurd. Son départ d’HP a été plutôt mouvementé et  a notamment du affronter une fronde de Walter Hewlett, membre du conseil d’administration et surtout fils de l’un des deux fondateurs.

Le parcours de Meg Whitan dans la high tech est assez différent. Lorsqu’elle entrée chez eBay en 1998 (Pour eBay, il y a une vie après les moteurs de recherche sur Internet), l’entreprise ne comptait que 30 personnes et était une petite start up typique de la Silicon Valley. Lorsqu’elle quitte l’entreprise en novembre 2007, eBay est devenue l’une des stars de la Silicon Valley employant environ 15 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars. Cela lui a aussi  largement profité. Elle est présentée comme la quatrième fortune de l’état de Californie avec un patrimoine de 1,3 milliard de dollars. Cela lui a d’ailleurs permis d’investir massivement dans sa campagne, plus de 160 millions de dollars.

A la tête d’eBay, elle n’a pas que des réussites à son actif, le rachat de Skype pour 4,1 milliards de dollars en 2005 fut  l’un d’eux. L’entreprise dont on ne comprenait pas bien la synergie avec eBay a été revendue en septembre 2009 pour 2,75 milliards de dollars.

31 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , , , | Poster un commentaire

Weekly address : 29 octobre 2010 dépasser les politiques partisannes

Barack Obama ne doit pas céder au trouble de dédoublement de la personnalité. Ces derniers jours, il a bataillé ferme pour récupérer quelques voix égarées et limiter la casse des prochaines midterms. C’est là le rôle d’un président qui doit tomber la veste pour endosser celles de chef de parti et de candidat par interposition.

It’s the economy, stupid

Dans cette émission hebdomadaire avancée d’un jour, Barack Obama enfile sa veste de président et adresse un message qui se veut œcuménique et plaide pour une politique qui devrait être bipartisanne avec comme principal objectif pour les deux ans à venir : l’économie et l’emploi.

En lisant entre les lignes, ou plutôt en écoutant entre les mots, Barack Obama semble prendre acte du changement qui va s’opérer au Congrès. Et en appelle donc à la raison de ses adversaires politiques qui devraient, un temps, se transformé en partenaires, exigeants, mais partenaires. Il semble aussi ne pas se faire trop d’illusion en faisant écho aux déclarations de deux leaders du Congrès. Celui du Sénat : « this is not the time for compromise » et celui de la Chambre des représentants indiquant que « his main goal after this election is simply to win the next one ».

Et ce n’est pas comme ça que les Etats-Unis pourront lutter efficacement contre leur concurrent. C’est fois, seule la Chine a été rassurant.

Les deux années à venir risque d’être difficiles.

30 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , | Un commentaire

Jon Stewart reçoit Barack Obama

Jon Stewart dont on sait les penchants démocrates a donc reçu Barack Obama dans une ambiance survoltée et face à un public (celui de l’émission) conquis. Le DailyShow est une émission politique satorico-comique et Jon Stewart joue à la fois le rôle de journaliste, comique, acteur et il peut-être à la fois drôle et sérieux. Il entend apporter une certaine opposition aux chaînes comme Fox News, CNBC, MSNBC qui sont ouvertement favorables aux Républicains et hébergent des animateurs comme Bill O’Reilly ou Glen Beck dont les propos ne sont en général pas modérés. Jon Stewart et son acolyte Stephen Colbert organisé le 30 octobre l’opération Rally to Restore Sanity qui doit apporter une réponse à la manifestation qu’avait organisé Glen Beck en août et qui avait réuni près de 90 000 personnes.Près de 230 000 personnes se sont enregistrées sur la page Facebook de l’événement.

Ce Rally doit se tenir sur le fameux Mall de Washington à quelques encablures de la Maison Blanche (là où c’était tenu la mémorable marche pour les droits civiques et où Martin Luther King avait prononcé son discours fameux I have a dream)

Bill O’Reilly a donné un commentaire sur l’interview, plutôt modéré.

Barack Obama Pt. 1

Barack Obama Pt. 2

Barack Obama Pt. 3

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Glen Beck est beaucoup extreme. Avec des comparaisons limites comme les Allemands qui s’endorment alors qu’Hitler est en train de monter. Le discours est simple : le problème est le gouvernement qui empêche les Américains de se conduire en citoyens libres.

29 octobre 2010 Publié par | Général | , , , | Poster un commentaire

La financiarisation de la politique américaine

Malgré la crise, l’argent semble couler à flot pour les élections des midterms 2010. Les sommes collectées et englouties par les candidats aux fonctions de sénateurs et de représentants pour les échéances électorales de novembre devraient atteindre le chiffre pharaonique de 2 milliards de dollars. C’est ce que révèle un rapport que vient de publier le Public Campaign Action Fund, une organisation qui se présente non partisane et qui souhaite améliorer le financement  des partis politiques et des processus électoraux.

On sait qu’à partir d’un montant, les millions, les milliards ou encore plus si on parle par exemple du déficit américain ne signifie plus grand-chose. Présenté autrement, cela signifie que chaque candidat aura dépensé en moyenne l’ordre de 4 millions de dollars. Un chiffre que l’on arrive déjà un peu plus à saisir. La comparaison avec les élections antérieures est tout aussi parlante : les montants dépensés en 2010 seraient deux fois plus élevés qu’ils ne l’étaient il y a seulement dix ans.

On voit donc là une folie contre laquelle il semble urgent de prendre des mesures, mais pour l’instant les Républicains ne semblent pas trop pressés puisque la situation les arrange. Interviewé sur le sujet à l’émission dominicale Meet The Press, Michael Steele, le patron du parti républicain (RNC) ne balayait  pas d’une main la question, mais rappelait tout simplement que c’est la loi et qu’elle doit s’appliquer. Il faisait allusion à l’arrêt récent de la Cour Suprême dans l’affaire Citizen United v. Federal Election Commission (FEC) qui facilite les contributions des entreprises

A eux seuls, les candidats de la Chambre  des Représentants devraient dépenser plus de 1,4 milliard de dollars (alors qu’ils n’auront recueilli que 1,3 milliard) contre « seulement » 938 millions en 2008.

Il est urgent d’attendre

Que faire ? Dans un article publié dans le Magazine Liberal (au sens américain  du terme) par Lawrence Lessig, Professeur de droit de renom (How to Get Our Democracy Back – If You Want Change, You Have to Change Congress) propose deux idées, assez simples au demeurant, qui pourraient résoudre une partie du problème (Le Congres, ressort cassé de la démocratie américaine ?).

La première – proposée en son temps par Theodore Roosevelt – réside sous l’appellation citizen-funded election. Seuls les citoyens peuvent apporter leur contribuer au financement des campagnes électorales à concurrence de 100 dollars maximum par citoyen. Ce qui réduirait sérieusement les budgets, mais ce n’est pas trop grave dans la mesure où tous les candidats seraient à égalité.

La seconde consisterait à interdire à membre du Congrès de travailler pour un lobby, directement ou indirectement, pendant sept ans après la fin de son mandant.

Mais apparemment, le chemin sera long pour arriver à mettre en œuvre ces mesures. La décision de la Cour suprême dans le cas Citizen United v. FEC ne va certainement pas dans la bonne direction. Fait rarissime, Barack Obama s’est payé le luxe de critiquer cette décision dans son récent discours sur l’état de l’Union :

« With all due deference to separation of powers, last week, the Supreme Court reversed a century of law that I believe will open the floodgates for special interests, including foreign corporations, to spend without limit in our elections. I don’t think American elections should be bankrolled by America’s most powerful interests, or worse, by foreign entities. They should be decided by the American people. And I’d urge Democrats and Republicans to pass a bill that helps correct some of these problems. »

Seuls les présidents Harding (1922), Coolidge (1923), Roosevelt (1937), Eisenhower (1953), Reagan (1988) s’étaient autorisés une telle liberté (Has Any President Ever Criticized the Supreme Court During an Oral State of the Union Address?).

Dans son adresse hebdomadaire, Barack Obama a récemment présenté son projet de loi (Weekly address : 18 septembre 2010 projet de loi sur le financement des campagnes politiques) qui permettrait de connaître les groupes ou les entreprises qui financent les campagnes électorales et serait donc censé atténuer les effets de l’arrêt en donnant plus de visibilité aux citoyens. Mais en attendant, comme le disait Michael Steele, « c’est la loi actuelle qui s’applique pour les élections en cours » et pour l’heure elle bénéficie aux républicains.

27 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , , | Un commentaire

Elections midterm à haut risque

Barack Obama s’est impliqué tardivement dans les élections de novembre prochain mais cela suffira-t-il à apporter le correctif nécessaire pour que les démocrates ne subissent une déroute ?  En fait, on assiste à une sorte de dédoublement de la personnalité du corps électoral.

D’un côté, il exprime un mécontentement fort et vigoureux sur la situation en général, sur le pouvoir en place qu’il s’agisse du président, du Congrès, de la Cour Suprème, avec en tête des préoccupations l’économie et l’emploi… Rappelons que ces deux sujets viennent en tête pour plus de 60 % des Américains.

 

Concernant l’exécutif, la côté d’approbation de Barack Obama est au plus bas depuis le début son élection à 44,7%. Seuls Carter et Clinton ont fait moins bien. Depuis Eisenhower, Barack Obama partage avec ses deux prédécesseurs d’être en-deçà de la barre symbolique de 50 %. Rappelons néanmoins que ce n’est pas un facteur déterminant pour la suite des événements : Carter a été un one term president sorti sans gloire par Reagan alors Clinton a été triomphalement réélu et est aujourd’hui un des meilleurs soutiens des démocrates dans cette campagne. Du  côté du législatif, le taux d’approbation du Congrès est en dessous de 20% ou le taux de désapprobation culmine à 77 % (paradoxalement ce taux est très proche à ce qu’il était au début du mandat de Barack Obama).

De l’autre, lorsque l’échéance approche, le corps électoral semble laisser sa colère et leurs frustrations et pense que leur élu n’est peut être pas si mauvais que ça.  En tout, la proportion des électeurs qui pense que l’élu de leur district mérite d’être réélu est beaucoup plus élevé que les élus en général.

Clairement, les élections vont être très difficiles pour les démocrates, mais curieusement les projections de trois médias et d’un analyste politique renommé ne sont pas aussi alarmistes que ce qu’annoncent (et espèrent) les Républicains : Huffington Post, Washington Post, New York Times et The Cook Political Report.

Evidemment ce n’est pas l’avis des républicains qui voient déjà dans cette élection une vague rouge sans précédent et un changement en profondeur. C’est le message qu’a voulu faire passer Michael Steele, le président du DNC, le patron des républicains, l’émission hebdomaine Meet The Press. Et qui pense déjà aux échéances de 2012. Est-ce que Barack Obama sera un One Term President ? « Je ne sais pas, mais c’est mon travail de faire en sorte qu’il le soit ». Pas tout à fait car en fait Michael Steele n’est élu que jusqu’en janvier 2011.

 

25 octobre 2010 Publié par | Général | , , , , , | Poster un commentaire

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