Le dernier débat aura lieu lundi soir et traitera essentiellement des sujets de politique étrangère. Il sera donc très important car suite à un premier débat qui a relancé la campagne de Mitt Romney et lui a redonné une nouvelle dynamique, même si le deuxième débat avait corrigé le tir. Ce dernier rendez-vous donne un certain avantage à Barack Obama qui, de par sa fonction, connaît ses questions en profondeur puisqu’il les « vit » de l’intérieur depuis quatre ans.
Les 6 sujets abordés seront les suivants :
America’s role in the world
Our longest war – Afghanistan and Pakistan
Red Lines – Israel and Iran
The Changing Middle East and the New Face of Terrorism – I
The Changing Middle East and the New Face of Terrorism – II
The Rise of China and Tomorrow’s World
Topic: Foreign policy Air Time: 9:00-10:30 p.m. Eastern Time Location:Lynn University in Boca Raton, Florida Sponsor:Commission on Presidential Debates Participants: President Barack Obama and Governor Mitt Romney Moderator: Bob Schieffer (Host of Face the Nation on CBS)
Who won ? Question rituelle qui a une importance particulière cette fois étant donnée l’équilibre des forces entre les deux camps. Ce débat sous la forme d’un town Hall debate où les candidats doivent répondre à des citoyens qui n’ont pas fait leur choix a permis à Barack Obama de corriger la mauvaise prestation du premier débat. Cela a permis à Barack Obama de donner une image plus positive et plus sûr de lui-même. Au début, le candidat président ne semblait pas totalement à l’aise sans doute parce qu’il était conscient des enjeux. Mais à aucun moment, il a pu prendre avantage de sa position de président des Etats-Unis par rapport à un candidat qui n’arrête pas de répéter qu’il a passé toute sa carrière dans le secteur privé sauf quand il était gouverneur du Massachusetts où comme Zorro il a réglé tous les problèmes.
Evidemment, Romney avait beau jeu de mettre l’accent sur les quatre dernières années où la situation économique a été très difficile en passant sous silence les causes qui ont amené cette crise. Un bilan où l’on doit défendre l’idée que si « on n’avait pas fait ça, la situation serait pire n’est pas facile à vendre ».
C’est donc une meilleure prestation pour le camp Obama, mais il faudra encore faire mieux la prochaine fois pour sécuriser la situation.
La situation économique et les emplois, la politique énergétique, les impôts, les inégalités au travail notamment envers les femmes, quelles différences entre Romney et Bush, immigration, L’épisode de la Lybie où l’ambassadeur des Etats-Unis a été tué, délocalisation des emplois à l’étranger notamment en Chine, tels furent les sujets abordés par l’échantillon des citoyens. Avec certains échanges très tendus notamment concernant la Libye où Romney a tenté de présenter un président faible, manquant de leadership et incapable de réagir de manière appropriée.
Avec une dernière question un peu différente : quelle est la plus grande différence entre ce que vous êtes et ce que pense les Américains de vous ?
Mitt Romney a pu être assez personnel et expliquer qu’il avait de la compassion pour tous les Américains, qu’il avait passer sa vie à s’intéresser aux autres, qu’il croyait en Dieu et qu’il avait même pasteur dans sa congrégation.
Barack Obama est resté plus général en démontant l’idée qu’il était un supporter du « big Government » et du gouvernement qui est la source de création des emplois. « Je soutien la libre entreprise, les entrepreneurs ceux qui prennent des risques, c’est là la moteur du dynamisme des Etats-Unis ». Mais il en a profité pour critiquer son opposant d’une manière assez fine : Je pense que le gouverneur Romney « is a good man but »,… et là la liste fut longue lui permettant de placer la citation des 47 % qui ne payent pas d’impôts et dépendent du gouvernement.
Barack Obama a été capable de répondre à des questions comme tremplin pour critiquer les positions de Mitt Romney. A l’inverse, Romney a été plus offensif et assez sûr de lui-même.
Si ce débat avait été le premier observait un commentateur politique après les échanges, le résultat des élections aurait été assuré. Mais ce débat suffira à corriger les effets dévastateurs du premier ? Telle est la question.
Romney a fait la comparaison entre ce qui était le programme d’il y a quatre ans et les résultats. Obama a tenté de défendre son bilan et de se projeter dans le futur en demandant de voter pour lui à la fin. La dynamique en faveur de Romney depuis le premier débat va sans doute être modifiée mais le dernier débat sera déterminant.
Juste après le débat, à 5h22 précisément, j’ai reçu un mail de Paul Ryan :
“Friend,
Mitt crushed it again at tonight’s debate. He showed America that on November 6th, there is a clear choice: four more years of what we already know hasn’t worked, or a new path that leads to a real recovery.
It’s time for commonsense solutions and clear-eyed leadership.
Suivi de près par Mitt Romney
Friend,
I can tell you that if you were to elect President Obama, you know what you’re going to get.
You’re going to get a repeat of the last four years.
We just can’t afford four more years like the last four years. Donate now to help us deliver the real recovery America deserves.
Thank you for your support,
Mitt Romney
Barack Obama a été un peu moins rapide , à 6h23 Guy –
Tonight, I hope you saw exactly what’s at stake in this election.
This race is neck and neck. What happens in the next three weeks will determine which side wins.
That’s in your hands — I’ll be fighting as hard as I can, but I can’t do this without you.
Stand with me tonight. Make a donation to support this campaign before tomorrow’s final FEC deadline:
https://donate.barackobama.com/Deadline
En 1994, après une carrière dans le secteur privé, Mitt Romney se lance dans la politique en bringuant le poste de sénateur pour l’état du Massachusetts. En 1994, Ted Kennedy n’est pas dans la meilleure période de sa vie privée et doit subir le revers que les démocrates subissent dans le public après deux années de mandat Clinton. D’ailleurs les résultats de mid-term sont catastrophiques pour les démocrates. Au final, Ted Kennedy l’emporte assez facilement avec 58 % des voix contre 41 % pour Mitt Romney.
Barack Obama devrait s’inspirer de ces deux débats et de la pugnacité que développe « le vieux lion » à laquelle il ajoute sa longue expérience dans la vie politique. Sans parler de l’aura dont la famille Kennedy bénéficiait. Mitt Romney ne s’en laisse pas compter non plus et se défend bien.
1er débat entre Mitt Romney et Ted Kennedy Massachusetts Senatoral Debate – 10/25/94 [FULL] Ted Kennedy and Mitt Romney
2e débat entre Mitt Romney et Ted Kennedy Massachusetts Senatoral Debate – 10/27/94 [FULL] Ted Kennedy and Mitt Romney
Lors du premier débat, Mitt Romney avait déclaré à Jim Lehrer, le journaliste de la chaîne publique PBS qui posait les questions, qu’il n’entendait pas continuer à financer la chaîne même s’il appréciait beaucoup l’émission destinée aux enfants Sesame Street et son héros Big Bird. Du coup, les démocrates ont conçu un petit spot vidéo pour se moquer du candidat républicain.
Ce débat tant attendu n’a pas vraiment rempli ses promesses pour ceux qui souhaitaient de la « castagne » ou des petits moments, les fameuses gaffes, qui font le sel de tels événements. Les deux candidats ont plutôt joué la défense même si Romney a été un peu plus offensif. Aucune attaque frontale de nature à désarçonner son opposant. Surtout Barack Obama qui n’avait pas grand-chose à gagner et plutôt beaucoup à perdre. Mais qui ne montrait pas beaucoup d’enthousiasme et donnait l’impression d’accomplir une formalité. Peut-être la fatigue ? Certains considèrent que le modérateur n’a pas fait un bon travail pour engager la conversation entre les deux candidats.
Les premières réactions sur ABC News, Yahoo News donnaient un avantage à Mitt Romney mais cela ne suffira pas à changer le cours des choses qui évoluent en faveur d’Obama. Ce débat très policé et aussi très technique avec beaucoup de chiffres et de statistiques a permis aux candidats de dérouler leurs arguments et leur vision de leur société.
Les impôts, le déficit et la dette, les programmes sociaux, le plan de l’assurance médicale et le rôle du gouvernement ont été les 5 sujets qui ont été traité et permis aux candidats de présenter leur programme que l’on connaît déjà et qui ont été développé à de nombreuses reprises. Le 6e sujet n’a pas été abordé par manque de temps car aux Etats-Unis on a le respect du temps.
Réduire les impôts pour relancer l’économie, tel est le mot d’ordre de Mitt Romney. Barack Obama a défendu toutes les mesures qui pourraient renforcer les classes moyennes qui font la force des Etats-Unis. « 5 trillions de dollars en réduction d’impôts et 2 millions en augmentation de défense, comment faites-vous pour ne pas augmenter le déficit. L’arithmétique, le bon sens et l’histoire montrent que ce n’est pas possible ? ».
Pour réduire le déficit, il y a 3 voies possibles : réduire les impôts, réduire les dépenses et favoriser la croissance. Sans surprise, Mitt Romney explique qu’il actionnera les trois possibilités expliquant au passage qu’il supprimera la chaîne PBS qui organisait le débat via Jim Lerher même « si j’aime beaucoup Big Bird », un des personnages de l’émission éducative Sesame Street.
Sur les programmes sociaux, pas beaucoup de différences entre les deux candidats pour les seniors. Pour les plus jeunes, le plan de Romney basé sur l’idée de Paul Ryan, proposera un « voucher » qui permettra aux citoyens de choisir ce qu’il souhaite : medicare ou une assurance privée. Sauf que, relance Obama, si les assurances sélectionnent seulement les clients en bonne santé, cela tuera le système medicare qui aura les plus grandes dépenses. Mais l’idée que le privé fait toujours que le public est chevillé au corps de Mitt Romney.
Sur Obamacare, Obama a eu beau jeu de rappeler que ce plan s’inspirait assez fortement de celui que Mitt Romney a mis en place dans l’état du Massachusetts lorsqu’il était gouverneur.
Sur le rôle du gouvernement, les deux candidats ont pu rappeler leur vision. Pour Barack Obama, il s’agit de réer un cadre permettant aux individus de réussir, « j’aime la liberté d’entreprendre » a-t-il rappelé. « Un gouvernement fort ne réduit la liberté des citoyens ».
Pour Mitt Romney, le président doit être le garant de la constitution, défendre la vie (incise sur l’avortement sans le dire) et la liberté avec une armée forte (second to none) et faire en sorte que chacun puisse poursuivre ses rêves. Mais le gouvernement doit rester modeste, voire le plus petit possible car le gouvernement ne jamais mieux que les individus.
Le premier débat entre Mitt Romney et Barack Obama se tient ce soir aux Etats-Unis (3 heures du matin heure française) à l’université de Denver dans le Colorado. Il est prévu sur 90 minutes et sera modéré par Jim Lehrer, présentateur du journal NewsHour sur la chaîne publique PBS.
Il ne concerne que la politique intérieur et sera organisé de la manière suivante :
Economie – 45 minutes
Réforme de la santé – 15 minutes
Le rôle du Gouvernement – 15 minutes
La gouvernance – 15 minutes
Si l’on utilise la métaphore pugilistique, Barack Oabam devrait avoir tendance à refuser le combat pour éviter les gaffes alors que Mitt Romney, en retard dans les sondages, devrait essayer de provoquer et d’être offensif.
Selon Direct Matin, Barack Obama se préparerait dans un hôtel du désert du Nevada avec John Kerry comme Sparring-partner tandis que Mit Romney s’entraînerait avec le sénateur de l’Ohio Robert Portman.
Introduit par Marco Rubio, le gouverneur de Floride et dans un discours où il a découvert un peu plus sa personnalité, Mitt Romney a officiellement annoncé avec humilité la nomination du pari républicain. Il y a quatre ans, une majorité d’Américains ont fait un choix compréhensible, mais on ne peut que constater quatre ans plus tard qu’ils se sont lourdement trompés.
Ode à la liberté dans ce pays d’immigration où l’on vient chercher un meilleur futur. « Ce n’est pas ce que l’Amérique attend, c’est ce qu’elle mérite ». Aujourd’hui, le rêve est brisé.
Sans surprise, Mitt Romney a été officiellement intronisé à la Convention républicaine qui se tient actuellement à Tampa (Floride). Seul, le libertarien Ron Paul qui contre tout (big government, big companies, big regulation…), émerge avec quelque 8 % des délégués.
Rien ne rassemble plus que d’attaquer un adversaire commun. Reince Priebus, président du parti républicain s’est moqué d’Obama : « Le président n’a jamais dirigé une entreprise, ni réalisé un « garage sale », ni même organisé une vente de lemonade ». Fermer le ban.
États-Unis : le phénomène du brain drain
Fortes de leurs excellentes positions dans les tant décriés classements de Shanghai et du Times Higher Education, les universités américaines exercent toujours un très fort pouvoir d’attraction sur les étudiants du monde entier. Sur les milliers d’étudiants qui partent à l’étranger, les États-Unis en captent 20 %. Sur les 31 000 doctorats dans les disciplines scientifiques délivrées en 2009, plus de 40 % l’ont été à des non-Américains. Et si le nombre d’étudiants allant poursuivre leur cursus aux États-Unis augmente, la proportion de ceux qui souhaitent s’y installer augmente également renforçant d’autant l’excellence américaine dans le domaine de la recherche.