Rendre à César…. C’est la faute à George W. Bush !
Certes la popularité de Barack Obama est au plus bas et l’argument selon lequel la situation aurait pu être bien pire si certaines mesures n’avaient pas été prises n’est pas très vendeur. Mais cela ne change pas l’appréciation qu’ont les Américains ont sur son prédécesseur dont une majorité le tien pour principal responsable des problèmes économiques actuels.
Selon une enquête réalisée par AP/Roper/GfK, 51 % des Américains pensent que George W. Bush porte la plus grande part de responsabilité de la situation économique actuelle, 44 % l’attribuent aux républicains du Congrès, 36 % aux démocrates du Congres et seulement 31 % à Barack Obama.
Barack Obama au plus bas
Avec seulement 47 % d’opinions favorables, Barack Obama poursuite sa lente, mais constance descente dans l’esprit des Américains. Cela au moment même où le 44e président des Etats-Unis reçoit un prix Nobel de la Paix (voir le discours ci-dessous) dont on ne comprend pas trop les raisons.
Barack Obama vérifie donc la dure loi selon laquelle « nul n’est prophète en son pays » car peu de président – sinon aucun – auront changé l’opinion qu’a l’ensemble des pays du monde sur les Etats-Unis.
Ce résultat est le mauvais d’après-guerre : Ronald Reagan était à 49 % et Bill Clinton à 53 %. Mais ce n’est là qu’une mesure éphémère qui peut changer rapidement. Pour preuve, le score de 86 % digne des Pays de l’Est de George W. Bush à la même période de son premier mandat. Mais ce dernier héritait d’une situation très particulière, deux mois après 9/11. Il venait tout juste de déclarer la guerre contre l’axe du ml et bénéficiait d’un soutien massif des Américains, des médias, du Congrès, y compris des démocrates (29 sénateurs d’entre eux dont Hillary Clinton ont voté pour, 21 contre). Emettre une objection à cette initiative était suspect d’antipatriotisme. En décembre 1961, John Kennedy bénéficiait d’un score presque aussi positif alors qu’il n’avait pas fait grand-chose.
Ce chiffre de 47 % amène à se poser plusieurs questions : qu’est-ce qui peut l’expliquer ? Est-ce que ça modifie l’appréciation que l’on peut porter sur le président actuel ? Quelles conséquences à moyen terme, on pourrait dire à mid-term puisque l’on va rentrer bientôt dans la campagne des élections du Sénat de 2010. Lire la suite »
Les Français, meilleurs soutiens d’Obama
C’est en France que l’arrivée de Barack Obama a eu l’effet le plus important sur l’opinion qu’ont les citoyens sur les Etats-Unis. En un an, le taux d’opinions favorables des Français est passé de 42 % en 2008 à 75 % en 2009. C’est l’amélioration la plus importante parmi 25 pays dans lesquels l’institut Pew Research a conduit une enquête en juillet dernier. L’obamania, sorte de contraire de l’antibushisme, est une vague qui a déferlé en France.
Si la « rentrée » de septembre est difficile et la mise en œuvre des grandes réformes est bien difficile, l’arrivée des Barack Obama à la présidence des Etats-Unis a déjà eu un impact important sur l’opinion qu’a le monde des Etats-Unis. C’est là un premier résultat très important et que l’on peut saluer. Est-ce là une sorte d’effet de grâce au niveau mondial qui, comme aux Etats-Unis, va se dégonfler mais plus lentement. Question difficile qui n’a pas encore de réponse.
Outre en France, cet effet Obama a été très important en Allemagne, en Espagne et même en Angleterre. Alors qu’elle y est traditionnellement élevée, l’opinion des Anglais sur les Etats-Unis a largement pâti de la guerre en Irak depuis 2005.

L’arrivée d’Obama, les Français sont désormais plus nombreux à avoir une opinion favorable des Etats-Unis que les Anglais, ce qui n’est jamais arrivés selon les données de Pew Research depuis 10 ans.
L’arrivée d’Obama aura eu un effet décisif aussi en Indonésie, un phénomène qui n’est évidemment pas étranger aux liens familiaux qu’à l’hôte de la Maison Blanche avec le pays musulman le plus peuplé de la Terre.
Ce mouvement s’est-il généralisé dans le monde entier. Il reste clairement des poches de résistance à cet enthousiasme global, notamment le Pakistan et l’Etat Palestinien qui, tous les deux, ont une très mauvaise image des Etats-Unis. Concernant la Palestine, il faut reconnaître que les résultats de l’émissaire spécial au Moyen-Orient George Mitchell sont, à ce jour, assez minces. Ou peut-être ne sont pas médiatisés pour faire avancer les pourparlers. Mais c’est là une pure spéculation. A noter d’ailleurs que c’est en Palestine que l’on trouve la proportion la plus élevée d’habitants favorables aux « bombes humaines » (68%). Même c’est là le signe d’une grande désespérance, c’est très inquiétant.
Il y enfin des pays qui sont restés insensibles aux « charmes » du successeur de George W. Bush, la Pologne dans une orientation plutôt bonne (67% d’opinions favorables) et la Russie plutôt défavorable (44%).
Que les républicains sont-ils devenus ?
On ne peut s’empêcher d’établir le parallèle entre le parti républicain américain et le parti socialiste français : ils sont tous les deux dans le creux de la vague et on ne voit pas vraiment ce qui pourrait changer cette situation. Tous deux se cherchent un positionnement. Côté parti républicain, la question se pose de savoir s’il devrait prendre des positions encore plus conservatrices ou, au contraire, adopter une position plus au centre pour attirer des indépendants égarés.
Le trou d’air est relativement normal après une élection qui a porté les démocrates à la Maison Blanche, au sénat et à la maison des Représentants. Mais après six mois, les premiers signes de reprises ne semblent pas se manifester. C’est plutôt le doute qui envahit la droite américaine.
Selon un sondage réalisé par l’institut Gallup, 4 américains républicains sur 10 déclarent avoir une opinion défavorable de leur propre parti. Alors que, de l’autre, Ils ne sont que 7% côté démocrate.
Cela se traduit évidemment au niveau global : 59 % des Américains ont une vision défavorable des Républicains, le niveau le plus élevé depuis une quinzaine d’années.
Mais il y a aussi des différences. D’abord, le PS pourrait bien disparaître sous sa forme actuelle alors qu’il y a bien peu de chances de voir disparaître le parti républicain en raison du régime bi partisan américain. Ensuite, alors que les républicains se cherchent un vrai leader, le PS en aurait plutôt trop. Lire la suite »
Les 100 jours de Barack Obama
"Et oui, vous êtes bien, vous êtes très bien avec Barack Obama dont on va célébrer mercredi 29 avril prochain les 100 jours de présidence et oui déjà". C’est ce qu’on aurait pu dire en paraphrasant Serge Moati présentant son émission Ripostes. De fait, les Américains sont plutôt satisfaits de leur président, jusqu’ici s’entend.
100 jours et pour puis après
Devant l’étendue de la tâche qu’il avait devant lui, faire un bilan au bout de 100 jours n’est-il pas dérisoire ? Il se trouve que parmi les expressions couramment employées à l’occasion d’élections présidentielles, celle des Cent Jours revient assez fréquemment indiquant que le nouvel arrivant doit, pendant cette période de grâce généralement de courte durée, lancer des réformes importantes avant de retomber dans la gestion des affaires courantes et de faire face à un effritement plus ou moins rapide du soutien populaire. Lire la suite »
La troisième révolution américaine en marche
Le titre est tiré du livre de Jacques Mistral (1) et reprend un thème développé depuis quelques mois sur une nouvelle ère qui vient de s’ouvrir avec l’élection de Barack Obama et qui met un terme à près de trente années de libéralisme, de dérégulation et de moins d’état. La phrase de Reagan de son investiture « l’État n’est pas la solution à nos problèmes… L’État est le problème » était caractéristique de cette ère qui vient de se clore avec le départ de George W. Bush.
La crise va sans doute marquer un tournant majeur dans l’évolution des Etats-Unis et faire émerger un pays nouveau. Plus rien ne sera comme avant sous la conjugaison de deux phénomènes :
- la crise, elle-même, qui réduit considérablement la confiance que les américains accordent à leurs institutions financières et restaure celle qu’ils avaient perdu dans leur gouvernement ;
- l’évolution de fond de l’opinion américaine engendrée par l’arrivée des nouvelles générations (The Millennial Generation ou génération Y) et le changement démographique marquée par une poussée non démentie de l’immigration et le renforcement régulier des minorités, principalement des Hispaniques. Il faut avoir présent à l’esprit que la population américaine évolue très rapidement, beaucoup plus rapidement que celles des pays européens. En 2042, selon les projections de l’U.S. Census Bureau indiquent les Etats-Unis seront majority-minorities, c’est-à-dire que les minorités seront majoritaires. Lire la suite »
La Grande-Bretagne : meilleure alliée des Etats-Unis
Ce n’est pas parce que les Français ont aidé les Américains qu’ils nous considèrent comme des alliés relativement sûrs. A l’inverse, on a toujours considéré que les Anglais avaient un pied côté américain et l’autre côté européen. C’est d’ailleurs, ce qui avait motivé De Gaulle pour leur refuser un temps leur entrée dans le marché commun d’alors.
Cette idée n’est pas reçue pour une fois et correspond bien à ce que pensent les Américains. La Grande-Bretagne est considérée comme l’allié le plus sûr des Etats-Unis avec 36%, devant le Canada (29%). Remarquons d’ailleurs que les dirigeants de ces deux pays ont été les premiers à rencontrer Barack Obama, le premier au Canada et le second à domicile. Ce lien avec la Grande-Bretagne n’est finalement pas très surprenante tant notre belle Albion s’est trouvée aux côtés des Etats-Unis dans les dernières opérations militaires. Lire la suite »





