Petit meurtre entre amis
Le ticket Rick Santorum / Newt Gingrich aurait-il pu être gagnant ? Peut-être, mais il n’a pas fait long feu car le moteur de l’alliance basé sur l’idée du TSR ou Tous Sauf Romney (Anybody But Romney) n’a pas été plus fort que les égos des deux contractants ? Lire la suite »
Les Fact-Checks les plus populaires de 2012
Le site PoliFact.com observe les déclarations des politiques et les évalue au banc d’essai de la réalité. Il vient de publier les faits les plus populaires (pour les lecteurs) de l’année 2012.
Sur les neuf déclarations examinées à l’aune de la vérité, cinq émanent de Mitt Romney : quatre sont totalement fausses et une partiellement vraie.
Parmi les morceaux d’anthologie de l’ancien candidat républicain qui vont même au-delà de la simple vérification factuelle et sont totalement absurdes, on peut citer :
« Sous l’ère Obama, vous n’aurez plus besoin de travailler ni de vous former. Vous n’aurez plus qu’à recevoir un chèque de l’Etat Providence ».
Ou encore celle prononcée lors du troisième débat contre Barack Obama : « Les Etats-Unis sont en train de perdre leur supériorité militaire parce que notre marine est moins importante qu’en 1917 et notre aviation est la plus faible et la plus vieille qu’en 1947 ». Barack Obama lui avait fait remarquer que la comparaison n’était pas très pertinente et que l’armée américaine comptait moins de chevaux et de baïonnettes que pendant la guerre de Sécession ; une affirmation d’ailleurs fausse concernant les baïonnettes.

Elections 2012 : Le plus important « gender gap »
On a beaucoup parlé de l’effet démographique sur le résultat des élections : les Noirs, les Hispaniques, les jeunes… Mais pour le dire simplement : Barack Obama a été élu grâce aux femmes et Mitt Romney n’a pas gagné en dépit d’un large soutien masculin.
Selon l’institut Gallup, la différence de 20 % entre les hommes et les femmes est le plus important depuis 1952 que Gallup effectue des évaluations selon le critère. Barack Obama a remporté 56 % du suffrage des femmes contre 44 %, soit un écart de 12 %. Mitt Romney a gagné 54 % des votes des hommes contre 46 % pour Barack Obama, soit un écart de 8 %. En ajoutant 12 et 8, on arrive à un différentiel de 20 points, le plus important constaté depuis 70 ans. Le plus proche était en 1984, date de la réélection de Ronald Reagan.
Les femmes ont soutenu majoritairement les candidats démocrates lors des 6 dernières élections contre deux seulement chez les hommes en 1992 et 1996 et seulement 4 dans les 16 dernières élections.
Finalement, comment convaincre les femmes ne devrait-il pas être la première question que devraient se poser les républicains ?
Parmi les explications possibles avancées par l’institut Gallup, le passé de businessman de Mitt Romney aurait séduit les hommes plus que les femmes. Mais les positions ambiguës sur la contraception et l’avortement ont sans doute joué un rôle non négligeable.
Obama, à plus de 9 chances sur 10
Nate Silver a poussé le curseur encore un peu plus haut pour pronostiquer les chances de gagner les élections de Barack Obama : 91,6 % contre 8,4 % pour son opposant. C’est 5,3 % de plus qu’hier et sans doute 8,4 % de moins que demain… Sauf si des contestations émergent de tous côtés sur les procédures et/ou les résultats. L’épisode de la Floride de 2000 pourrait bien se reproduire. En voix de grands électeurs, le statisticien accorde 314 voix à Barack Obama (à comparer au 270 nécessaires) et 50,9 % de voix populaires contre 48,3 % pour Romney. Parmi les raisons de cette confiance affichée, sur les 12 sondages publiés hier au niveau national, Obama est en moyenne en avance de 1,6 point sur son concurrent.
Aujourd’hui, ils sont désormais moins nombreux à parier sur le candidat républicain, mais ils existent encore et on se demande ce qui peut les animer. Le Washington Post propose une petite synthèse des différents pronostics (Pundit accountability: The official 2012 election prediction thread).
Ceux qui pensent que Romney va gagner…
et qui s’appuient plus sur leurs convictions que sur les statistiques. L’exemple de James Pethokoukis
est assez significatif : “Many pollsters are not catching the stratospheric GOP enthusiasm, particularly among voters of faith, in voting for Romney and Paul Ryan – not just against Obama and Joe Biden. In this way, the Bush-Kerry parallel from 2004 does not hold up”
Michael Barone, The Examiner: Romney 315, Obama 223
Jay Cost, Weekly Standard: Romney victory.
George Will, The Washington Post: Romney 321, Obama 217
Ben Domenech, The Transom: Romney 278, Obama 260
James Pethokoukis: Romney 301, Obama 227
Dick Morris, FoxNews: Romney 325, Obama 213
Ceux qui pensent qu’Obama va gagner
(y compris Karl Rove à qui cela ne doit pas faire très plaisir mais qui ne confond pas ce qu’il souhaite ardemment et la réalité).
Drew Linzer, Emory University: Obama 326, Romney 212
Ezra Klein, The Washington Post: Obama 290, Romney 248
Larry Sabato, UVA Center for Politics: Obama 290, Romney 248
Josh Putnam, Davidson College: Obama 332, Romney 206
Philip Klein, The Examiner: Obama 277, Romney 261
Ross Douthat, New York Times: Obama 271, Romney 267
Jamelle Bouie, The American Prospect: Obama 303, Romney 235
Markos Moulitsas: Obama 332, Romney 206
Karl Rove: Romney 285, Obama 253
Jim Cramer, CNBC: Obama 440, Romney 98
And the winner is… ?
Sans trop s’avancer, on peut répondre Barack Obama. Aujourd’hui 5 novembre, le statisticien Nate Silver donne 86,3 % de chances au candidat démocrate de rester le 44e président, une probabilité en augmentation de 1,2 % depuis hier et de 11,7 % depuis le 28 octobre. Nate Silver donne même une assez large majorité de voix de grands électeurs 307 contre 231 et de votes populaires, 50,6 % contre 48,5%.
Mais cette tendance était déjà assez largement perceptible depuis plusieurs semaines. Certes, l’effet du premier débat a relancé la course et remis Mitt Romney en selle pour le plus grand bonheur des commentateurs qui préfèrent maintenir le suspense jusqu’au bout. On ne peut que le constater sur l’évolution des sondages dans les différents états indécis, les fameux swing states. Prenons-les un par un.
Revenons au 22 octobre. Le New York Times donnait déjà 237 voix de grands électeurs à Barack Obama contre 206 à Mitt Romney avec 95 voix dans 8 swing states.
A cette date, 4 états semblaient pencher pour Mitt Romney représentant 54 voix soit total de 260, 4 états étaient plutôt acquis à Obama pour 41 voix et un total de 278 voix lui permettant d’être élu.
Prenons-les un par un tels qu’ils étaient à la date du 22 octobre selon le site RealClearPolitics qui fait la moyenne des sondages disponibles.
Ceux en faveur de Romney
Colorado
A cette date, le Colorado était indécis. Après un assez large avantage à Obama, les courbes se sont croisées pour rester ensuite assez proche. Le Colorado qui était attribué à Romney devrait finalement revenir à Obama.

Floride
Là encore, alorsqu’il bénéficiat d’un solide avantage jusqu’au début octobre, les courbes se sont vite croisés pour changer durablement la donne en faveur de Mitt Romney qui remportera donc les 29 grands électeurs.

New Hampshire
Dans cet état, pas vraiment d’effet premier débat. Barack Obama a été devant sauf pendant quelques jours dans la deuxième moitié du mois d’octobre. Il devrait donc gagner les 4 voix de grands électeurs de ce petit état de la Nouvelle Angleterre.

Virginie
C’est sans doute l’état les plus disputés depuis début octobre qui coïncide avec le premier débat. C’est sans doute l’état où il est le plus difficile, encore à ce jour, de faire un pronostic sans prendre de risque.

Ceux en faveur d’Obama
Iowa
Obama a toujours eu une avance confortable depuis un mois, sauf vers la fin du mois. Mais n peut mettre cette quasi égalité très passagère – un ou deux jours – sur la marge d’erreur des sondages. Les 6 voix de grands électeurs iront à Obama. Donc pas vraiment swing l’Iowa.

Nevada
Même remarque pour cet état de l’Ouest où Obama a toujours été assez largement devant, avec une marge de 2 points sur son concurrent. Donc 9 voix pour Obama.

Ohio
C’est l’état où les candidats sont allés le plus souvent, où il a été dépensé le plus d’argent en publicité politique télévisuelle, le plus souvent négative, qui attire un intérêt toujours renouvelé avec la règle selon laquelle un candidat républicain doit gagner l’Ohio pour être élu. Et pourtant, Obama a toujours maintenu une avance assez confortable depuis début octobre (et même avant). Comme dans quelques autres états, le débat a été assez dévastateur pour Obama qui a repris le large assez rapidement.
Wisconsin
Pas de beaucoup de suspense dans cet état du Nord, Barack Obama a toujours été en tête devrait logiquement engranger les 10 voix.

Quelles chances pour Mitt Romney ?
Charlie Cook est un analyste politique dont la réputation n’est plus à faire. Il procède à une analyse des chances pour Mitt Romney de gagner
les 270 voix de grands électeurs nécessaires pour être élu. « While the contest for the national popular vote is very close, it’s also looks increasingly difficult for Mitt Romney to overtake President Obama in the Electoral College » écrivait-il hier 3 novembre dans un article The Weekend before the Election sur son blog The Cook Political Report.
Comment arrive-t-il à cette conclusion ?
Il part d’une base relativement sûre des 22 états gagnés par John McCain et que Mitt Romney a toutes les chances de gagner, ce qui lui permet d’engranger 180 voix. A cela, on peut ajouter l’Indiana (11), un état assez rouge qu’Obama avait gagné en 2008 mais qui est cette fois plus acquis à Romney. On arrive à 191.
Il y a ensuite, trois états qui sont très indécis : Caroline du Nord (15), Florida (29) et Virginie (13).
Le plus probable des trois est la Caroline du Nord (15) portant le total à 206. Charlie Cook donne ensuite la Floride et la Virginie à Mitt Romney pour un total de 248 voix, à 22 voix du seuil fatidique.
Pour aller au-delà, il faut attribuer à Romney des états dans lesquels Obama est en tête dans les sondages, certes par une marge assez faible. Le plus plausible est le Colodaro (9). On arrive à 257// Le suivant est le New Hampshire (4), soit 261. Ajoutons encore l’Iowa (6), cela donne 267, à trois petites voix du seuil magique. C’est là où il reste l’Ohio ou le Nevada. Si Romney gagne l’un de ces deux états et si toutes les hypothèses précédentes sont vérifiées, alors Mitt Romney sera élu. Si !
Bref, les chances pour Mitt Romney de devenir 45e président des Etats-Unis sont assez faibles.
Mais Charlie Cook est peut-être un fantaisiste ? Pour s’en convaincre, il suffit de lire l’article écrit par James E. Campbell, Chairman of the Political Science Department at the State University of New York-Buffalo sur les analyses de Charlie Cook depuis 1984.
Pendant ce temps, Nata Silver sur son blog FiveThirtyEight a encore augmenté les chances pour Barack Obama d’être élu à 85,1 % en hausse de 4,2 % par rapport au 2 novembre et de 11,5 points par rapport au 27 octobre. Nate Silver donne même la majorité en votes populaires à Barack Obama : 50,6 % contre 48,3 % à Mitt Romney.
Après cela, on peut toujours jouer au loto !
Huffington Post : c’est Obama !
Obama a gagné les élections avec 277 voix de grands électeurs contre 206 à Mitt Romney. C’est ce qu’affirme le magazine en ligne Huffington Post dans son édition du 1er novembre (The current view of the 2012 presidential election). Certes, le décompte des voix au niveau national est toujours aussi serré et donnerait un léger avantage à Mitt Romney (47,3 % contre 47,2). Mais comme l’on sait, c’est le nombre de voix de grands électeurs qui compte et qui décide de l’élection du président. D’où le résultat.
Le Huffington Post est plutôt optimiste (ou pessimiste selon le point de vue) car on peut constater que le New York Times, le Washington Post ou le Wall Street Journal sont plus conservateurs. Alors que le New York Times et le Washington Post ont apporté leur soutien à Barack Obama, le Wall Street Journal ne cache pas son soutien au candidat conservateur.
Les prévisions du Wall Street Journal
L’argent de la campagne (1/2) : l’influence des SuperPAC
Le coût de chaque campagne électorale, incluant toutes les élections nationales et locales, est le plus élevé jamais enregistrée. La règle devrait être une fois de plus respectée portant le montant astronomique des sommes engagées à 6 milliards de dollars en augmentation de 7 % par rapport aux élections de 2008. C’est ce qu’indique le Center for Responsive Politics, une organisation qui traque les dépenses des campagnes électorales. Les élections présidentielles accaparent la plus grande part avec 2,5 milliards de dollars collectées directement par les candidats, les partis démocrates et républicains et les divers groupes. Mais la répartition des sommes selon ces différents canaux est très différente de celle de l’élection de 2008.
Le facteur majeur est l’augmentation importante de l’argent dite « outside money », résultat direct de l’arrêt Citizen United de Cour Suprême de 2010 ouvrant les vannes de l’argent en favorisant la prolifération des fameux SuperPAC (Super Political Action Committee) connues aussi sous l’appellation independent-expenditure only committees qui n’ont pas à déclarer les origines des fonds collectés par des riches particuliers ou par des entreprises. De manière assez hypocrite ces SuPerPAC ne doivent pas avoir de contact avec les candidats [« SuperPAC may not make contributions to candidate campaigns or parties, but may engage in unlimited political spending independently of the campaigns. Also unlike traditional PACs, they can raise funds from corporations, unions and other groups, and from individuals, without legal limits » - Source Wikipedia].
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