Les effets du recensement : le rédécoupage électoral
Le rédécoupage électoral : C’est l’une des conséquences les plus visbles du recensement 2010 dont les résultats viennent d’être publiés. Alors que le Sénat représente les états qui envoient chacun deux sénateurs au Congrès, la chambre des Représentants est organisée en fonction du nombre d’habitants par état. Ainsi, le Wyoming aura deux sénateurs qui représenteront ses 563 000 habitants tout comme la Californie qui en compte plus de 37 millions.
Du côté de la Chambre des représentants, l’idée est que les états soient représentés en fonction de la population. Ainsi, le Wyoming aura un seul représentant alors que la Californie en aura 53 dont chacun représentera un peu plus de 700 000 habitants, un nombre qui n’est donc pas très différent.
Depuis 2000, la population n’a augmenté que de 9,7 %, marquant ainsi le pas par rapport à la décennie précédente qui avait marqué une croissance de 13,2 %. La crise sur les deux dernières années apporte une partie de l’explication.
Bien sûr, tous les états n’ont pas évolué au même rythme. Globalement, la tendance est une augmentation très forte des zones de l’Ouest et du Sud et une augmentation beaucoup moins forte pour les régions du Nord-Est et du Midwest. De telle sorte qu’on assiste à un assez fort rééquilibrage entre ces deux grandes zones.
Les deux grands états gagnants sont le Texas (+ 4représentants) et la Floride (+2) et les deux grands perdants sont l’Ohio (-2) et l’état de New York (-2). Il y a 5 états qui gagnent un représentant et 4 états en perdent un. A priori, cette évolution serait favorable aux Républicains puisque les états gagnants sont assez largement orientés vers le parti de l’éléphant. Avec un phénomène inverse pour les démocrates.
Toutefois, on peut noter aussi une très forte augmentation de la représentation hispanique dans ces états ce qui corrige assez largement le phénomène. De telle sorte qu’il est encore assez difficile d’en connaître la résultante nette.
Une chose est sûre, le redécoupage des districts va faire l’objet d’âpres discussions et même d’actions en justice. Au dernier recensement en 2000, 34 actions judiciaires avaient été engagées. La maison blanche va observer attentivement toutes ces opérations pourraient avoir une incidence non négligeable sur les résultats des élections présidentielles de 2012.
Les fractales appliquées aux midterms
Les résultats ne sont pas encore totalement connus, mais si les républicains regagnent la Chambre des représentants, les démocrates conservent une courte majorité au Sénat. La politique bipartisane que Barack Obama avait appelé de ses vœux va s’imposer à lui dans des conditions qu’il n’aurait certainement pas souhaitées.
Vague rouge sur les Etats-Unis ? Pas tout à fait. Comme à l’habitude, il y a beaucoup de rouge au centre de la carte dans les Etats du Midwest, du Centre, de l’Ouest et du Nord industriel et plus ou moins de bleu sur les deux côtes atlantique et pacifique. Cette fois plutôt moins..
En gris, les États où il n’y avait pas d’élections sénatoriales
Résultats aux élections présidentielles de 2008
Si l’on descend encore d’un cran, on découvre quelques curiosités à l’intérieur de certains États, au niveau des comtés. Par exemple, le Delaware, tout petit état (mais grand paradis fiscal où nombre de grandes entreprises sont enregistrées) où Christine O’Donnell a fait beaucoup parlé d’elle est séparé en deux : le Delaware du Nord qui a voté pour et le Delaware du Sud qui a préféré son adversaire.
La Californie a voté Démocrate ? Pas vraiment. En fait, il y a deux poches démocrates autour de San Francisco et Los Angeles et une troisième sur la frontière mexicaine (mais pas San Diego) entourée par des comtés à majorités
L’Illinois – le fief de Barack Obama – a coulé sous le rouge. Presque, sauf une petite poche de résistance bleu sur Chicago.
Les gouverneurs vont avoir la rude tâche de redécouper les districts suite au recensement décennal qui vient d’être terminé.
Chritine O’Donnell : “I am not a witch, I am you”
Etonnante publicité politique que celle que vient de diffuser Christine O’Donnell où elle déclare tout de go avec une voix des plus angéliques qu’ « elle n’est pas une sorcière, mais qu’elle est vous » (ça ne marche pas vraiment en français). Rappelons que Christine O’Donnell est la candidate républicaine (une des candidates du Tea Party) aux prochaines électiones sénatoriales pour l’Etat du Delaware. Et que, bien entendu, si elle va à Washington, c’est-à-dire si elle est élue, « elle fera ce que vous ferez ». En creux, c’est là une critique des élites (mauvaises par nature), de l’establishment (pourri par essence) et des corporations (vendue par construction).
Marc Ambinder, journaliste du magazine Atlantic, fait allusion à la déclaration de Richard Nixon dans le cadre d’une conférence de presse qui s’exclame : « I am not a crook ». Déclaration faite en décembre 2003 qui n’empêchera, sa destitution à la suite de longue mais efficace procédure de l’impeachment.
Christine O’Donnell : “I am not a witch, I am you”
Richard Nixon : “I am not a crook”
17 novembre 1973
Des élections Midterm qui s’annoncent très difficiles
Les États-Unis sont toujours en campagne électorale dit-on couramment. Ce n’est pas faux, à peine Barack Obama vient être élu ainsi que l’on se prépare déjà aux élections Midterm qui verront l’élection de 34 sénateurs, la totalité de la Chambre des Représentants et 37 postes de gouverneurs en novembre prochain.
Généralement, ces élections intermédiaires sont difficiles pour le parti du président. Barack Obama ne fait pas exception, il se trouve même dans une situation plus difficile que ces prédécesseurs. Héritant d’une situation extraordinairement difficile à son arrivée, il a vu sa côte de popularité fondre comme neige au soleil pour atteindre le niveau plancher des 50 %.
Selon un dernier sondage réalisé par l’institut Gallup, le niveau de satisfaction des Américains à propos de la situation générale se situe au niveau historiquement bas de 23 %. Il faut reconnaître que la situation n’est pas des meilleures et qu’une mauvaise nouvelle n’est effacée que par une autre toute aussi mauvaise. Depuis le 15 septembre 2008 marqué par la faillite de Lehman Brothers, l’économie américaine est placée sous le signe de la grisaille. Sans compter que, même si elles ne font pas l’objet d’une couverture médiatique très intense et ne suscite pas beaucoup de réactions de la part des citoyens, les deux guerres, en Irak et en Afganisthan constituent toujours deux épineux problèmes.
Le niveau de satisfaction constitue un indicateur assez pertinent pour donner une indication sur ce que pourraient être les résultats des élections de novembre prochain. Ces 23 % constituent le niveau le plus bas depuis que l’institut Gallup mesure cet indicateur en 1979, le plus bas niveau était jusqu’ici de 24 % en 1982 à mi-mandat de Ronald Reagan, la moyenne se situant à 40 %. Les autres niveaux planchers étaient ceux de 33 % en 1994 et de 31 % en 2006. A chacune de ces années, les résultats des élections. En 1994 et en 2006, le Congrès qui était contrôle par le parti du président a changé de côté.
Liste des sénateurs dont le terme expire en janvier 2011
| Démocrates | Républicains |
| Bayh, Evan (D-IN) Bennet, Michael F. (D-CO) Boxer, Barbara (D-CA) Burris, Roland W. (D-IL) Dodd, Christopher J. (D-CT) Dorgan, Byron L. (D-ND) Feingold, Russell D. (D-WI) Inouye, Daniel K. (D-HI) Leahy, Patrick J. (D-VT) Lincoln, Blanche L. (D-AR) Mikulski, Barbara A. (D-MD) Murray, Patty (D-WA) Reid, Harry (D-NV) Schumer, Charles E. (D-NY) Specter, Arlen (D-PA) Wyden, Ron (D-OR) |
Bennett, Robert F. (R-UT) Bond, Christopher S. (R-MO) Brownback, Sam (R-KS) Bunning, Jim (R-KY) Burr, Richard (R-NC) Coburn, Tom (R-OK) Crapo, Mike (R-ID) DeMint, Jim (R-SC) Grassley, Chuck (R-IA) Gregg, Judd (R-NH) Isakson, Johnny (R-GA) LeMieux, George S. (R-FL) McCain, John (R-AZ) Murkowski, Lisa (R-AK) Shelby, Richard C. (R-AL) Thune, John (R-SD) Vitter, David (R-LA) Voinovich, George V. (R-OH) |
La probabilité qu’un tel événement arrive à nouveau est assez élevée. Au Sénat, rappelons que les démocrates possèdent 57 sièges, les républicains 41 et les indépendants 2. Sur les 34 sièges qui vont être soumis au vote de novembre prochain, 16 sont démocrates et 18 sont républicains.
La Chambre des Représentants est renouvelée tous les deux ans, ce qui est très court. Tous les membres de la Chambre vont donc aller devant les urnes. Les démocrates y ont une majorité un peu plus large qu’au Sénat : 257 sièges contre 178 pour les républicains (en pourcentage cela donne 59 % / 41 %).
Ce seront donc les élections de tous les dangers pour Barack Obama qui malgré de réels succès politiques – la réforme de la santé, la réforme financière – semble être dans une situation assez fragile.
Quid pour les sénateurs ?
L’analyse de Gallup s’appuie sur une aproche dite generic ballot dont le principe est de demandé à chaque « Registered Voter » s’il voterait pour un candidat démocrate ou républicain plutôt que de leur demander pour qui ils allaient voter nommitavement. Une approche que l’on pourrrait qualifier de Top-down alors que d’autres analystes politiques comme par exemple Charles Cook qui lui analyse en détail la situation district par district que l’on pourrait qualifier de bottom-up.
Quelle serait la meilleure approche ? Selon Charles Cook, la première approche est la meilleure dans une situation très difficile où des gros changements sont à prévoir, la seconde serait plutôt la meilleure lorsqu’il s’agit d’une élection « normale ».
Et la prchaine élection midterm serait à classer dans la première catégorie et devrait être très difficile pour les démocrates. Ci-dessous la situation des 34 sénateurs qui se présentent enn novembre prochain.
Charles Cook classe chaque élection selon quatre catégories :
- Solid: These races are not considered competitive and are not likely to become closely contested.
- Likely: These seats are not considered competitive at this point but have the potential to become engaged.
- Lean: These are considered competitive races but one party has an advantage.
- Toss Up: These are the most competitive races; either party has a good chance of winning.
Pour en savoir plus
Gallup Event: Forecasting Midterm Elections, Part 1
Gallup and the National Journal explain how national metrics can help forecast outcomes of congressional midterm elections. In this segment, Gallup editors Frank Newport, Ph.D., Lydia Saad, and Jeffrey Jones, Ph.D., explain this year’s unprecedented Gallup Daily tracking of the congressional generic ballot and the benefits this national approach offers to forecasting House seats won and lost.
Gallup Event: Forecasting Midterm Elections, Part 2
Gallup and the National Journal explain how national metrics can help forecast outcomes of congressional midterm elections. In this segment, Christopher Wlezien, Ph.D., professor of political science, Temple University, shares his academic research on forecasting congressional elections.
Gallup Event: Forecasting Midterm Elections, Part 3
Gallup and the National Journal explain how national metrics can help forecast outcomes of congressional midterm elections. In this segment, Charlie Cook, editor and publisher of The Cook Political Report and National Journal political analyst, shares district-by-district approaches to forecasting congressional elections.
Gallup Event: Forecasting Midterm Elections, Part 4
Gallup and the National Journal explain how national metrics can help forecast outcomes of congressional midterm elections. In this segment, Ron Brownstein, Atlantic Media Company political director, discusses how election observers should use election forecasting data.
Que représentent les républicains au Sénat ?
Dans sa dernière chronique intitulée Médias, politique et institutions : le grippage de la démocratie américaine, Laurence Nardon, chercheur, Responsable du programme Etats-Unis à l’Ifri revient sur le problème du fonctionnement de la démocratie américaine et de l’un de ses hauts lieux : le Sénat.
Le Congrès américain est constitué de deux assemblées :
- La Chambre des représentants des Etats, élue sur la base de la population ;
- Le Sénat, avec deux membres pour chaque Etat, quelle que soit sa taille ou sa population.
C’est ce que l’on appelle le compromis du Connecticut. Les Etats très peuplés auraient un avantage dans la première assemblée tandis que les petits états auraient un avantage dans la seconde (1).
Actuellement la chambre des représentants possède 435 membres alors que le Sénat a été stabilisé à 100 membres depuis que Hawaï a rejoint l’Union le 21 août 1959. A chaque recensement effectué tous les 10 ans, le nombre de membres accordé à un état est sujet à modification. Préoccupés par l’idée que cette Assemble devienne trop nombreuses, une loi fut votée en 1929 pour limiter le nombre maximal de représentant à 435.
Les démocrates ont perdu ce qu’il est convenu d’appeler la « supermajorité » de 60 sénateurs qui permet d’empêcher des initiatives d’obstruction baptisées filibuster. Pratiquée depuis le début du 19e siècle, cette procédure a été largement dévoyée en permettant à une minorité de 41 sénateurs de bloquer quasi systématiquement le vote de lois. C’est depuis la réforme de 1975 que la majorité qualifiée nécessaire pour stopper un filibuster par un vote dit de « clôture » a été fixée à 60 sénateurs.
Et c’est là où le bât blesse : une minorité de 41 sénateurs peut donc bloquer le Sénat. C’est précisément le nombre de sénateurs que les républicains ont depuis l’élection de Scott Brown dans le Massachusetts au siège laissé vacant à la suite de la mort de Ted Kennedy.
« Il peut arriver que 41 sénateurs représentent encore bien moins que 41 % de l’électorat » écrit Laurence Nardon dans son article. C’est précisément le cas de la Chambre actuelle où les 41 sénateurs républicains représentent moins de 28 % de la population (au vu du recensement de 2000 : 78 millions sur 281 millions). Ce qui pose un problème de démocratie représentative même s’il faut répéter que le Sénat représente les Etats et non la population. Mais une telle distorsion n’est pas sans poser de sérieux problèmes. Ce n’est d’ailleurs pas le seul. L’élection de George W. Bush par décision de la Cour Suprême à la suite du ridicule épisode de la Floride et malgré une minorité des voix d’électeurs en est une autre.
(1) Source : La constitution américaine – Jean-Eric Branna – Ellipses.
| State | # | Population | Senateurs Républicains | Senateurs Républicains | |
| California | 1 | 33 871 648 | 0 | ||
| Texas | 2 | 20 851 820 | Hutchison, Kay Bailey (R-TX) | Cornyn, John (R-TX) | 0 |
| New York | 3 | 18 976 457 | |||
| Florida | 4 | 15 982 378 | LeMieux, George S. (R-FL) | 7 991 189 | |
| Illinois | 5 | 12 419 293 | 0 | ||
| Pennsylvania | 6 | 12 281 054 | 0 | ||
| Ohio | 7 | 11 353 140 | Voinovich, George V. (R-OH) | 5 676 570 | |
| Michigan | 8 | 9 938 444 | 0 | ||
| New Jersey | 9 | 8 414 350 | 0 | ||
| Georgia | 10 | 8 186 453 | Chambliss, Saxby (R-GA) | Isakson, Johnny (R-GA) | 8 186 453 |
| North Carolina | 11 | 8 049 313 | Burr, Richard (R-NC) | 4 024 657 | |
| Virginia | 12 | 7 078 515 | 0 | ||
| Massachusetts | 13 | 6 349 097 | Brown, Scott (R-MA) | 3 174 549 | |
| Indiana | 14 | 6 080 485 | Lugar, Richard G. (R-IN) | 3 040 243 | |
| Washington | 15 | 5 894 121 | 0 | ||
| Tennessee | 16 | 5 689 283 | Corker, Bob (R-TN) | Alexander, Lamar (R-TN) | 5 689 283 |
| Missouri | 17 | 5 595 211 | Bond, Christopher S. (R-MO) | 2 797 606 | |
| Wisconsin | 18 | 5 363 675 | 0 | ||
| Maryland | 19 | 5 296 486 | 0 | ||
| Arizona | 20 | 5 130 632 | Kyl, Jon (R-AZ) | McCain, John (R-AZ) | 5 130 632 |
| Minnesota | 21 | 4 919 479 | 0 | ||
| Louisiana | 22 | 4 468 976 | Vitter, David (R-LA) | 2 234 488 | |
| Alabama | 23 | 4 447 100 | Sessions, Jeff (R-AL) | Shelby, Richard C. (R-AL) | 4 447 100 |
| Colorado | 24 | 4 301 261 | 0 | ||
| Kentucky | 25 | 4 041 769 | McConnell, Mitch (R-KY) | Bunning, Jim (R-KY) | 4 041 769 |
| South Carolina | 26 | 4 012 012 | Graham, Lindsey (R-SC) | DeMint, Jim (R-SC) | 4 012 012 |
| Oklahoma | 27 | 3 450 654 | Inhofe, James M. (R-OK) | Coburn, Tom (R-OK) | 3 450 654 |
| Oregon | 28 | 3 421 399 | 0 | ||
| Connecticut | 29 | 3 405 565 | 0 | ||
| Iowa | 30 | 2 926 324 | Grassley, Chuck (R-IA) | 1 463 162 | |
| Mississippi | 31 | 2 844 658 | Wicker, Roger F. (R-MS) | Cochran, Thad (R-MS) | 1 422 329 |
| Kansas | 32 | 2 688 418 | Roberts, Pat (R-KS) | Brownback, Sam (R-KS) | 2 688 418 |
| Arkansas | 33 | 2 673 400 | Murkowski, Lisa (R-AK) | 1 336 700 | |
| Utah | 34 | 2 233 169 | Hatch, Orrin G. (R-UT) | Bennett, Robert F. (R-UT) | 2 233 169 |
| Nevada | 35 | 1 998 257 | Ensign, John (R-NV) | 999 129 | |
| New Mexico | 36 | 1 819 046 | 0 | ||
| West Virginia | 37 | 1 808 344 | 0 | ||
| Nebraska | 38 | 1 711 263 | Johanns, Mike (R-NE) | 855 632 | |
| Idaho | 39 | 1 293 953 | Risch, James E. (R-ID) | Crapo, Mike (R-ID) | 1 293 953 |
| Maine | 40 | 1 274 923 | Snowe, Olympia J. (R-ME) | Collins, Susan M. (R-ME) | 637 462 |
| New Hampshire | 41 | 1 235 786 | Gregg, Judd (R-NH) | 617 893 | |
| Hawaii | 42 | 1 211 537 | 0 | ||
| Rhode Island | 43 | 1 048 319 | 0 | ||
| Montana | 44 | 902 195 | 0 | ||
| Delaware | 45 | 783 600 | 0 | ||
| South Dakota | 46 | 754 844 | Thune, John (R-SD) | 377 422 | |
| North Dakota | 47 | 642 200 | 0 | ||
| Alaska | 48 | 626 932 | 0 | ||
| Vermont | 49 | 608 827 | 0 | ||
| District of Columbia | 50 | 572 059 | 0 | ||
| Wyoming | 51 | 493 782 | Barrasso, John (R-WY) | Enzi, Michael B. (R-WY) | 493 782 |
Les Américains mécontents du Congrès
Un Congrès sous influence des lobbies, tel est le diagnostic effectué par Lawrence Lessig dans l’article publié par la revue The Nation (Le Congres, ressort cassé de la démocratie américaine ?). Quelle que soit la pertinence du propos, le résultat est là : selon le dernier sondage réalisé par l’institut Gallup, les Américains ne sont pas satisfaits du fonctionnement du Congrès : 78 % des Américains désapprouvent le travail fourni par la branche législative contre 18 % seulement qui l’approuvent.
Le Congres, ressort cassé de la démocratie américaine ?
Professeur de droit de renom, Lawrence Lessig vient de publier un article dans le magazine The Nation (How to Get Our Democracy Back If You Want Change, You Have to Change Congress) très pessimiste et plutôt déprimant pour ceux qui croient à réalité et à la profondeur de la démocratie américaine.
Sa thèse est relativement simple :
- Le Congrès est plus ou moins (plutôt plus) sous influence des lobbies en tous genres ; la préoccupation principale de ses membres est de collecter des fonds pour leur propre réélection (si ce n’est plus) ;
- Le Congrès, et surtout le Sénat, est devenu le maillon faible de la démocratie américaine ;
- Malgré les immenses espoirs qu’il a fait naître, Barack Obama est passé à côté de la mission qu’il semblait s’être lui-même donnée à savoir « changer le fonctionnement de Washington » : « Challenge the broken system in Washington » et « fundamentally change the way Washington works ».
Les institutions constituent un sujet de fierté des Américains et de leurs hommes politiques. La « jeune » démocratie ne fonctionne-t-elle pas sur la plus vieille constitution du monde en activité. Le rapport des responsables politiques américaines, le président en tête qui est le garant de la constitution, à leurs institutions est quasi religieux. 76 % des Américains font confiance à la Cour Suprême et 61 % dans la fonction présidentielle. Mais seulement 45 % ont confiance dans leur Congrès et 25 % seulement approuvent la manière avec laquelle il fonctionne. Un pourcentage à peine supérieure à celui des Américains qui, à l’époque, soutenaient la Couronne britannique au moment de la révolution.
Le fundraising Congress
Quelles sont les raisons de ce mauvais fonctionnement ? L’auteur mentionne plusieurs pour n’en retenir qu’une seule : un « fundraising Congress ».
Parmi les différentes raisons qui sont souvent mentionnées :
- La complexité des règles de fonctionnement du Congrès, surtout le Sénat, avec comme exemple bien connue la fameuse procédure filibuster qui peut bloquer à tout moment n’importe quel moment tout projet de loi lorsque le parti au pouvoir ne possède pas la majorité qualifiée des 60 sièges. Cette épée de Damoclès a bien pesé sur cette première année du mandat Obama qui ne possédait justement que 60 sièges. Argument balayé par Lawrence Lessig qui considère que des intérêts privés capables de faire en sorte que 40 sénateurs bloquent un projet de loi pourraient en influencer 51. Ce n’est là qu’une question de moyens.
- Les lobbies. Le problème n’est pas les lobbies, des institutions largement officialisées aux Etats-Unis, mais le rôle que les lobbies peuvent jouer. Et de citer John Ewards (si c’est encore possible !) : « il y a une différence entre argumenter devant u njury et faire miroiter un billet de 100 dollars aux membres qui le composent ».
- La politique partisane. Certains pensent que l’esprit partisan qui fait que l’on décide plus sur les problèmes eux-mêmes, mais en fonction de sa position sur le spectre tue le fonctionnement du Congrès. Mais en fait c’est qu’est que la partie émergée d’un problème beaucoup plus grave. Lawrence Lessig « s’émerveille » sur la manière de reformuler les questions posées et retient l’exemple des laboratoires pharmaceutiques qui, pour arrêter la mise sur le marché d’un nouveau médicament, lance un obscur débat sur les commissions de vie ou de mort (death panels) ou le droit du choix du médecin.
En fait, pour Lawrence Lessig, tous ces symptômes ont une cause commune : une dépendance « maladive » du Congrès avec des forces externes et totalement étrangère à la démocratie.
Circonstances atténuantes
Des preuves de cette dépendance ? Apparemment, il n’y aurait que l’embarras du choix et livre de Robert Kaiser intitulé So Damn Much Money: The Triumph of Lobbying and the Corrosion of American Government pour trouver des exemples justifiant cette thèse. Le sénateur Baucus qui a accepté 3,3 M$ de l’industrie de la santé et des assurances alors qu’i était la commission de la santé ; Le sénateur John Campbell, propriétaire californien qui a reçu entre 600 000 et 6 M$ en location de distributeurs automobiles qui a réussi à faire un amendement les exemptant de certaines règles financières ; Ou encore les sénateurs Lieberman, Bayh et Nelson qui ont récupéré des millions de dollars des compagnies d’assurance et qui se sont ensuite opposés à ce que l’on appelle l’option publique [pubic option) ; une entité gouvernementale pouvant assurer tous les citoyens et en concurrence les sociétés privées].
D’autres faits attestent de cette poussée des lobbies. Selon le dernier recensement, 14 des 100 plus riches comtés des Etats-Unis sont dans les environs de Washington. En 2007, 9 des 20 les plus étaient dans cette zone. Ces organes d’influence se sont installés en masse près du pouvoir pour mieux le faire plier.
Selon Lawrence Lessig, c’est dans cette remise sur les rails de la démocratie américaine que le message du candidat Obama était radicalement différent des autres candidats et notamment de sa concurrente directe Hillary Clinton. Ce message était la source d’un grand espoir. Et dit tout net, jusqu’ici il est passé à côté et n’a pas pris le taureau par les cornes, pas parce qu’il est trop conservateur, trop liberal, mais parce qu’il était a eu une approche « trop conventionnelle » de la présidence et de la politique.
Et c’est là où la charge de Lawrence Lessig (qui a côtoyé plusieurs années Obama en tant que professeur de droit à l’université de Chicago) est forte et accable Obama. Comme ses prédécesseurs et malgré son discours de candidat, le 44e président est, jusqu’ici, passé à côté de la mission qu’il s’était lui-même attribuée.
Dommage donc. A supposer que cette thèse soit juste – difficile de se faire une idée précise d’aussi loin, même si l’argumentation déployée par Lawrence Lessig semble construite et pas volontairement à charge (Il se décrit lui-même comme un supporter d’Obama), il faut dire qu’Obama a eu une montagne de problèmes, certains connus comme les guerres en Irak ou en Afghanistan, d’autres plutôt inattendus comme la crise qui, paradoxalement a été un facteur important de son élection. Et puis, de l’avis de tous les analystes, une grande partie de son emploi du temps de cette première année a été utilisée pour mener à bien ce projet de réforme de la couverture maladie. Alors qu’il est si près du but, ce projet risque d’être remis en question par l’élection d’un républicain à la succession de Ted Kennedy – un des artisans de cette réforme – qui casse la majorité qualifiée des 60 sénateurs.
Maintenant, après les critiques, les solutions. Deux idées, assez simples au demeurant – pourraient résoudre une partie du problème.
La première – proposée en son temps par Theodore Roosevelt – réside sous l’appellation citizen-funded election. Seuls les citoyens peuvent apporter leur contribuer au financement des campagnes électorales à concurrence de 100 dollars maximum par citoyen. Ce qu réduirait sérieusement les budgets, mais ce n’est pas trop grave dans la mesure où tous les candidats seraient à égalité
Le seconde consisterait à interdire à membre du Congrès de travailler pour un lobby, directement ou indirectement, pendant sept ans après la fin de son mandant.
Mais apparemment, le chemin sera long pour arriver à mettre en œuvre ces mesures. La récente décision de la Cour suprême dans le cas Citizes United v. FEC qu facilite les contributions des entreprises de va certainement pas dans la bonne direction. Fait rarissime, Barack Obama s’est payé le luxe de critiquer cette décision dans son récent discours sur l’état de l’Union :
« With all due deference to separation of powers, last week, the Supreme Court reversed a century of law that I believe will open the floodgates for special interests, including foreign corporations, to spend without limit in our elections. I don’t think American elections should be bankrolled by America’s most powerful interests, or worse, by foreign entities. They should be decided by the American people. And I’d urge Democrats and Republicans to pass a bill that helps correct some of these problems. »
Seuls les présidents Harding (1922), Coolidge (1923), Roosevelt (1937), Eisenhower (1953), Reagan (1988) s’était autorisé une telle liberté (Has Any President Ever Criticized the Supreme Court During an Oral State of the Union Address?).
Health Care : La réforme a franchi une étape importante
La réforme de la santé vient donc de franchir une étape importante puisque les 5 commissions ont toutes voté le projet de loi ? Le projet va donc pouvoir être présenté dans les deux chambres et discutés en séance plénière.
Avant d’examiner le détail de cette phase, rappelons les mécanismes de vote d’une loi.
La plupart des lois votées au Congrès ont pour origine l’administration exécutive, c’est-à-dire le président.
Le projet de réforme de la couverture des soins de santé était une des principales propositions du candidat Obama dont un des objectifs était d’apporter une couverture à tous les Américains. Ce qui n’est actuellement pas le cas puisque l’on estime entre 45 et 50 millions de personnes qui n’ont pas d’assurance santé.
Une fois proposé au Congrès, le projet de loi est examiné par les commissions permanentes. Sur les 20 000 projets de lois introduits chaque année (environ 20 000), à peine 10% dépassent l’étape de la ou des commissions (La Constitution américaine et les institutions – Jean-Eric Branaa). Lire la suite »













