maison blanche

La nouvelle donne

Roy Moore et Al Franken : deux poids, deux mesures !

Dès l’information sur Al Franken sortie, Donald Trump n’a pu s’empêcher d’activer la machine à tweets alors qu’il était resté muet sur l’affaire Roy Moore, hautement plus grave puisqu’il est question d’agression sexuelle sur mineur (pour l’instant le cas n’est pas prouvé). Chercher l’erreur.

Le premier est républicain et candidat à une élection à haut risque puisqu’elle peut abaisser la majorité du GOP à 51 sièges. Ce n’est pas le moment alors que la loi sur réforme fiscale (les baisses d’impôts pour les plus riches et les entreprises) est en jeu. La politique avant tout autre considération. Al Franken est sénateur démocrate. Il n’est donc pas inintéressant de le mettre un peu plus en difficulté. Donald Trump est familier de ce « deux poids, deux mesures ». On l’avait déjà remarqué pour les attentats de New York et de Las Vegas (New York après Las Vegas).

Il ne faut pas oublier la propre histoire de Donald Trump où une quinzaine de femmes avaient déclaré pendant la campagne qu’elles avaient fait l’objet d’attaques sexuelles. Comme Roy Moore, Donald Trump avait nié en bloc, traiter ses accusatrices de menteuses et déclaré qu’il les attaquerait en justice après l’élection. Ce qu’il n’a évidemment pas fait. Ses soutiens font valoir que, puisqu’il a été élu, les Américains l’ont, en même temps, proclamé innocent. Une étrange confusion entre la politique et la justice.

Sur Roy Moore

Sur Al Franken

Donald Trump par Donald Trump

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18 novembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Pour un retour aux fondamentaux : Un citoyen, une voix

Sur les trois derniers présidents, deux candidats républicains – George W. Bush et Donald Trump – ont été élus alors qu’ils ont recueilli moins de voix populaires que leur concurrent. Une anomalie qui remet en cause le principe d’égalité – 1 citoyen, 1 voix – et qui est la conséquence d’un système d’élection indirect. Etant donné la configuration électorale des Etats – Etats Républicains, Etats Démocrates, Swing States – cette situation devrait être amenée à se reproduire dans les prochaines élections. Ajouté à l’influence croissante de l’argent dans les campagnes électorales depuis l’arrêt Citizen United et l’implication des puissances étrangères – la Russie au premier rang – cela abime considérablement l’idée même de démocratie.

Mais cette bizarrerie selon laquelle un président peut être élu en étant minoritaire n’a pas toujours existée. Elle est la conséquence de la règle « The winner takes all » (What Is The Winner-Takes-All Rule In The Presidential Election? It’s Steeped In Controversy) appliquée dans presque tous les états selon laquelle la totalité des Grands électeurs d’un état est attribuée au candidat vainqueur.

The winner takes it all
The loser standing small
Beside the victory
That’s her destiny

The winner takes it all
The loser has to fall
It’s simple and it’s plain
Why should I complain

ABBA – 1980

Cette règle n’était pas prévue dans la Constitution (Ce qui n’empêchent pas certains de s’y réfèrent pour freiner tout changement). Elle a été appliquée pour la première fois en 1824 lors de l’élection très contestée de John Quincy Adams alors qu’il était opposé à 4 autres candidats. Alors qu’il n’avait pas la majorité des voix ni des Grands électeurs, il a été élu par la Chambre des Représentants aux dépens d’Andrew Jackson. Ce dernier prendra largement sa revanche quatre ans plus tard au détriment du même John Quincy Adams.

Pour corriger cette aberration, il y a trois moyens (voir interview ci-dessous de Larry Lessig, professeur de droit à l’Université de Harvard et candidat malheureux à la dernière élection présidentielle. La première est d’amender la constitution. Mais c’est là une entreprise plus difficile que les 12 travaux d’Hercule.

La seconde est liée à l’initiative National Popular vote (Elire le président à la majorité des voix populaires). Le principe est simple : au lieu d’attribuer leur voix à celui des candidats qui a gagné dans leur état selon la règle du Winner takes all, ils la donnent à celui qui a remporté le vote populaire au niveau national. Les avantages de ce mode de scrutin sont qu’il ne remet pas en cause le collège électoral, élit toujours le candidat qui a le plus de voix populaire et ne nécessite pas d’amender la Constitution. Elle a déjà recueilli l’adhésion de 10 états et du District of Columbia représentant 165 Grands Electeurs. Mais les Etats républicains et même les Swing States n’ont pas beaucoup d’intérêt à adhérer à ce système. Les premiers cas elle joue en leur défaveur, les seconds car elle supprime cette position d’arbitre jouée tous les quatre ans.

La troisième est d’engager une bataille juridique comme les Américains les aiment et plus précisément deux procès : dans un état solidement démocrate au nom des électeurs républicains de cet état et dans un état fortement républicain au nom des électeurs démocrates au nom de cet état Au motif que leurs voix ne sont finalement pas pris en compte dans le résultat final (Equal Citizens Launches “Equal Votes” Campaign to Make Presidential Elections More Democratic ~ Will sue to change how states allot Electoral College votes ~). Larry Lessing a créé l’association Equal Citizens pour engager cette bataille : tous les citoyens sont égaux et leur vote doit l’être aussi. Equal Citizens milite aussi sur réforme radicalement sur le rapport entre argent et politique et en promouvant le financement public des campagnes. Larry Lessig rappelle que les Sénateurs ou les Représentants passent en moyenne entre 50 et 50 % de leur temps à collecter de l’argent pour financer leur campagne. Une activité inutile qui a en outre l’inconvénient de subordonner les hommes politiques à leurs « gentils » donateurs.

L’objectif avec cette initiative est de faire remonter le cas jusqu’à la Cour Suprême suffisamment à temps pour modifier les règles de l’élection de 2020. C’est donc une bataille engagée sur un terrain juridique et non politique. Seul terrain sur lequel, elle a la moindre chance de gagner.

Au passage, Equal Citizens a lancé une action en justice contre le Secrétaire d’Etat du Colorado Wayne Williams pour violation des droits civiques des Grands électeurs. Lors de la dernière élection, Wayne Williams les avait menacés deux grands Electeurs s’ils votaient en leur âme et conscience et non comme l’usage le veut c’est-à-dire en fonction de la majorité des votes populaires. On se souvient d’ailleurs que sept Grands Electeurs baptisés « faithless » n’ont pas voté pour le candidat ayant gagné les voix populaires.

17 novembre 2017 Posted by | Elections 2016 | Laisser un commentaire

La polarisation en marche !

Donald Trump est plus le révélateur et le résultat d’une transformation en profondeur de la société américaine que l’initiateur d’un changement. Tel est l’idée qui sous-tend le dernier rapport publié par le Pew Research Center (The Partisan Divide on Political Values Grows Even Wider). Une des caractéristiques majeures de l’évolution qu’ont connu les Etats-Unis depuis un quart de siècle est ce que l’on polarisation, certains analystes parle même de tribalisme. Dans ce nouveau monde, chaque partie est prête à défendre coûte les membres de sa tribu aux détriments de toutes autres considérations : valeurs, principes, idées…

Vu de France, on disait souvent que démocrates et républicains étaient d’accord sur l’essentiel et opposés sur l’accessoire, aujourd’hui c’est le contraire. Les démocrates et les républicains ne semblent plus rien partager – valeurs, objectifs, politiques – modifiant radicalement le fonctionnement du Congrès. Il n’y quasiment plus d’initiatives « across the isle » c’est-à-dire réunissant les deux partis. Chacun des deux parties est en fait une faction qui engage une véritable guerre de tranchées contre l’autre camp.

Depuis un quart de siècle quelques événements ont favorisé cette évolution pour le moins regrettable. Un des premiers a engagé cette guerre des tranchées a été Newt Gingrich dont Thomas Mann et Norman Ornstein narre longuement les exploits dans leur livre « It even worse that it looks ». Celui qui deviendra Speaker pendant le mandat de Bill Clinton lança toutes les initiatives possibles pour mettre fin à la domination démocrate au Congrès. Ils racontent en particulier comme Newt Gingrich a tiré parti de la naissance de la chaine de télévision parlementaire C-SPAN en prenant la parole autant que faire se peut, même devant un hémicycle vide, pour tirer bénéfice de la retransmission télévisuelle des débats.

Autre événement important, la création de Fox News en 1996 par Rupert Murdoch pour transformer la télévision en continu en arme idéologique, pour la droite populiste en l’occurrence. L’opération a très réussie car Fox News est aujourd’hui un des premiers canaux d’informations utilisé par les Américains. Les présentateurs vedette comme Sean Hannity ou Bill O’Reilly ne cherche aucunement d’être objectif mais plutôt d’attaquer frontalement les démocrates, et même pire, les liberals. MSNBC a été lancé pour contrecarrer cette offensive mais avec un succès moindre. Certes MSNBC est aussi très orienté mais adopte une démarche moins outrancière que sa concurrente à droite qui ne recule devant rien. CNN a emboité le pas en devenant aussi une chaîne engagée, plutôt du côté démocrate. Donald Trump en a fait une de ses attaques favorites dans le monde des « Fake News ».

Depuis une dizaine d’années, les réseaux sociaux sont devenus aussi une caisse de résonance qui charrie et amplifie parfois des idées dont la profondeur et la pertinence est l’égale de la longueur maximale imposée du message, 140 caractères pour Twitter passé depuis à 280 caractères. Si l’affirmation « The medium is the message » de Marshall McLuhan, on comprend aisément que les pensées exprimées dans les messages Twitter sont le plus souvent des idées à l’emporte-pièce : anathème, blâme, condamnation, réprobation, réprouvé, le tout sans aucune nuance. Eh oui, comme être nuancé dans un espace aussi réduit. Donald Trump est d’ailleurs le premier président adepte de l’outil de communication qui lui permet de s’adresser directement à sa base et le plus souvent de la « caresser dans le sens du poil ». Facebook est devenu aussi la grande chaîne de communication interpersonnelle du monde, qui peut souvent se transformer en Vues et images du Monde et France Dimanche. Et dont l’objet peut aussi être détourner à des fins politiques comme ce fut le cas lors des dernières élections présidentielles. Les Russes ont pu acheter des publicités mensongère (comme sur Twitter d’ailleurs) comme par exemple « Le Pape François soutient Donald Trump » qui ont été visualisées par 150 millions d’Américains.

En son temps, John McCain a participé à cette tendance populiste en nommant Sarah Palin dans son ticket aux élections de 2008. Avec 8 ans d’avance, La candidate à la Vice-Présidence annonçait Donald Trump Le Tea Party, dont Sarah Palin était une grande prêtresse, a aussi été une des manifestations de cette évolution vers le populisme.

On en est donc arrivé en 2016 avec Donald Trump qui est à la fois une exception dans l’arène politique et un symptôme de ce profond malaise qui ronge la société américaine où le sectarisme semble l’emporter sur la tolérance. Une chose est sûre, Donald Trump n’a qu’un parti : Donald Trump. Comme le rappelle le magazine The Atlantic, il a été successivement républicain (en 1987), indépendant, démocrate, puis républicain, puis « I do not wish to enroll in a party », puis républicain.

15 novembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Roy Moore dans la tourmente et entraîne le GOP dans sa chute

On connaissait la jurisprudence Balladur qui voulait que tout ministre impliqué dans une affaire judiciaire démissionne. En fait, cette règle remonte au gouvernement Bérégovoy. Plusieurs ministres en ont « fait les frais » : Bernard Tapie, mis en cause dans un dossier Toshiba, Alain Carignon, Gérard Longuet, Michel Roussin, Dominique Strauss-Kahn. Sur ces 5 ministres, seul Alain Carignon avait été condamné. Dominique Strauss-Kahn a été, lui, rattrapé par un scandale lié à des comportements sexuels déviants. L’affaire rocambolesque avec Nafissatou Diallo avait ouvert la boîte de Pandore et délié les langues de plusieurs femmes qui avaient subi les assauts de DSK.

Avec l’affaire Moore, Mitt Romney a transposé dans un tweet cette jurisprudence en faisant le distinguo entre les niveaux juridique et politique. Alors que sur le premier point, tout personne est innocente jusqu’à ce qu’elle soit déclarée coupable, sur le second, les exigences sont plus élevées dans la mesure où la personne qui se présente à des élections ou qui a un mandat publique a une charge qui l’engage bien plus.

L’affaire Roy Moore est en train de se transformer en véritable scandale politique national sur lequel tous les politiques sont censés, voire sommés, de se positionner. C’est là le degré zéro de la politique et c’est plutôt une affaire de mœurs. Tout est sorti d’un article du Washington Post (Woman says Roy Moore initiated sexual encounter when she was 14, he was 32) qui s’appuie sur les histoires de 4 femmes victimes (à l’époque des jeunes filles dont l’une avait 14 ans alors que l’âge légal du consentement dans l’Alabama est de 14 ans) et une trentaine de témoignages qui corroborent les faits.

La primaire républicaine pour le poste de sénateur des Etats-Unis pour l’état de l’Alabama avait déjà fait lourdement fait parlé mettant en lice un républicain de l’establishment, Lester Strange, soutenu mollement par Donald Trump qui avait déclaré que dans l’hypothèse de la victoire de son concurrent il le soutiendrait et Roy Moore, une figure de la politique locale depuis des décennies soutenue activement par Steve Bannon. L’ancien conseiller de Donald Trump s’est donné comme objectif de détruire le parti républicain existant et de le reconstruire à l’image de Donald Trump. Steve Bannon présume un peu trop de ses forces mais il est vrai qu’il a su transformer sa lettre Breitbart News en arme politique assez puissante.

Roy Moore avait gagné cette primaire contre le candidat de l’establishment Lester Strange et s’engageait donc doucement dans une victoire certaine. La dernière victoire démocrate dans cet état ultraconservateur remonte aux années 80 et Donald Trump a gagné avec 28 % d’avance sur Hillary Clinton. C’était donc une promenade de santé. Et puis, patatras, l’article du Washington remet tout en question.

La cartographie électorale de l’Alabama est loin d’être uniforme et presque tout aussi polarisé que l’ensemble du pays. Lors des dernières élections de 2016, les zones urbaines autour de Birmingham et Montgomery avaient voté assez largement en faveur de Hillary Clinton et le reste de l’Etat pour Donald Trump a une écrasante majorité, parfois dépassant les 80 %, voire approchant les 90 %. Comme l’avait déclaré en son temps Arnaud Montebourg, dans certains comtés, une chèvre avec l’étiquette républicain serait certaine de l’emporter.

Les Républicains se sont alors organisés en plusieurs groupes. Les soutiens indéfectibles – beaucoup sont dans l’état de l’Alabama – de Roy Moore avec comme principal argument : il est étrange que cette information sorte juste quatre semaines avant les élections alors que Roy Moore est un homme public de l’état depuis une quarantaine d’années. Certains allant même jusqu’à dire qu’il y a prescription. Et les plus radicaux soutiennent Roy Moore en pleine connaissance de cause. La déclaration la plus stupide étant celle de l’auditeur d’état Jim Ziegler n’hésitant pas à faire la comparaison avec Marie et Joseph. Il fallait y penser. S’il y avait un prix de l’absurdité, il serait hors concours. Une cinquantaine de pasteurs de l’Etat ont publié une lettre de soutien à Roy Moore sur leur page Facebook (pour lire la lettre) dont la lecture est édifiante.

Le deuxième camp est celui des « Si c’est vrai alors il faut qu’il se retire ». Et le troisième est constitué de quelques pionniers dont John McCain qui n’ont pas hésité à déclarer que Roy Moore devait se retirer étant donné les charges qui pesaient sur lui. Au fur et à mesure que l’affaire prend de l’ampleur, en particulier avec les déclarations d’une cinquième victime, les membres du deuxième groupe ont tendance à déserter pour adhérer au troisième. Evidemment, les enjeux sont très importants car les bulletins de vote sur lequel le nom de Roy Moore est imprimé ont déjà été envoyés pour les votes anticipés, il est donc impossible de modifier que ce soit.

Que Roy Moore se retire ou non, il est possible d’ajouter un « write-in » candidat. L’électeur écrit le nom du candidat (ou pose un autocollant) choisi par le parti sur le bulletin. Mais à ce jour, que Roy Moore se retire ou non, le candidat républicain sera en position très délicate pour cette élection spéciale destinée à remplir le siège vacant depuis la nomination de Jeff Sessions au poste de ministre de la Justice. Ce qui ramènerait la majorité pour les républicains au Sénat à 51 sièges. Réduisant encore plus les chances de voter quoi que ce soit, en particulier la loi sur la réforme fiscale.

L’autre affaire en filigrane de cette histoire est celle de Donald Trump, accusé par une douzaine de femmes pour harcèlement sexuel, une accusation balayée d’un revers de main par le président mais qui n’est en rien hors du champ des possibles. L’épisode de l’Hollywood Tape donnant un certain crédit à ces allégations. Mais Donald Trump est président alors que Roy Moore n’est que candidat au Sénat des Etats-Unis pour l’état de l’Alabama.

14 novembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Great America!

13 novembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Les armes à feu ne sont pas le problème, elles sont la solution !

« The only thing that stops a bad guy with a gun is a good guy with a gun » (le seul moyen d’arrêter un mauvais type armé est un bon type armé) tel est le slogan de Wayne LaPierre, le patron de la NRA. Interrogé à l’occasion d’un micro trottoir après la tuerie de Sutherland Springs (Texas), un passant répercutait sous une autre la même idée : « ce ne sont pas les armes qui tuent les gens, ce sont les gens ». Donald Trump, lui-même, juste après la tuerie, déclarait qu’il s’agissait-là d’un problème de santé mentale et non un problème de contrôle de la vente des armes à feu. Fermant d’emblée la discussion sur la question. Alors que dans l’attentat de New York, il s’était empressé de soulever à nouveau la question des armes à feu. Ceux qui oseraient pousser l’argument un peu plus se verrait opposer le deuxième Amendement dont la remise en cause pourrait être presque qualifiée de « unamerican ». Le président avait lui-même assoupli les règles pour l’acquisition des armes à feu.


Parmi les spécificités qui distinguent les Etats-Unis de tous les autres pays du monde, le nombre d’homicides volontaires par armes à feu et celui des tueries de masse – au moins 4 personnes – en est une, particulièrement regrettable. Et la différence est considérable. Le pays qui est en deuxième position de ce triste palmarès est le Yemen ! Entre 1966 et 2012, 31 % des meurtriers responsables des tueries de masse sont Américains selon une étude réalisée par Adam Lankford, professeur à l’unversité de l’état de l’Alabama. Le site Gun Violence Archive recense les tristes statistiques sur les homicides par armes à feu. En 2016, ce site enregistre près de 60 000 incidents référencés et plus de 15 000 morts et 383 tueries de masse. L’homicide est la cinquième cause de mortalité des femmes âgées de 18 à 44 ans selon l’institut Centers for Disease Control and Prevention (cité dans l’article Les tueries de masse aux États-Unis, une violence de genre). Et plus de la moitié de ces meurtres ont été commis par des hommes qu’elles connaissent.

En 2009, le taux d’homicide s’est élevé aux Etats-Unis à 33 décès par million d’habitants. Au Canada et en Grande-Bretagne, les chiffres sont respectivement de 5 et de 0,7 par million d’habitant. On constate donc ‘importance de l’écart. Le constat qui est fait régulièrement par les différentes études est que la criminalité n’est pas supérieure aux Etats-Unis que dans les autres pays mais elle est nettement plus léthale. Un Newyorkais n’a pas plus de chance d’être volé qu’un Londonien mais il a 54 fois plus de chance d’être tué à l’occasion de ce forfait.Le constat est posé et sans ambiguïté. Quelles peuvent être les explications ? Les Etats-Unis sont une société particulièrement violente ? Ils subissent des divisions raciales très fortes ? Il y aurait une proportion de personnes ayant des troubles mentaux ? Selon les nombreuses études faites sur ce sujet très délicat, aucune de ces raisons ne sont pas convaincantes. Il est une autre particularité qui peut être pointée : le nombre d’armes à feu en circulation. Les Américains représentent un peu moins de 5 % de la population mondiale, ils possèdent 44 % des armes à feu en circulation. Un Américain a 300 fois plus de chances d’être tué par arme à feu qu’un Japonais.  Il y a 150 fois plus d’armes à feu aux Etats-Unis qu’au Japon. Ceci expliquerait-il cela ?

Cette détention des armes à feu est tout sauf régulière. Un petit quart de la population possède les 300 millions d’armes à feu. Certains Américains sont même de véritables collectionneurs, 3 % d’entre eux en possèdent plus de 17. Est-ce vraiment nécessaire d’en possédant autant. Le retraité de la tuerie de Las Vegas avait amassé un véritable arsenal de guerre. Devin Kelley, le tueur de Sutherland Springs était un ancien militaire à problème et n’avait pas été recensé comme tel et n’aurait jamais dû avoir accès aux armes qu’il détenait.

Selon le journaliste britannique Dan Hodges cité dans l’article du New York Times (What Explains U.S. Mass Shootings? International Comparisons Suggest an Answer), le massacre de Sandy Hook dans laquelle une vingtaine d’enfants avaient été tuées marquait la fin du débat sur les armes à feu : « Once America decided killing children was bearable , it was over ». Et après l’épisode de Sutherland Springs, certains ont même repris l’idée qu’il fallait avoir des vigiles armés dans certains endroits comme les églises. Donald Trump n’avait-il pas dit lui-même que la tuerie avait été circonscrite grâce à une personne armée présente sur les lieux. Ce n’est donc pas moins mais plus d’armes à feu qui permettraient de sécuriser la société américaine. Un cauchemar en devenir !

11 novembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Donald Trump : un an après !

Donald Trump aura bientôt terminé la première année de son mandat, et on en serait presque aussi étonné qu’à l’annonce de sa victoire aux élections présidentielles. Celui qui a contesté la légitimité de son prédécesseur pendant plusieurs années au motif qu’il ne serait pas né aux Etats-Unis, a été mis en question dès son élection. Et plus encore quand il est entré dans le Bureau Ovale le 20 janvier 2017. Il est vrai qu’il doit son élection aux bizarreries du système électoral américain. Une marge de 77 000 voix réparties entre le Wisconsin, la Pennsylvanie et le Michigan ont donné à Donald Trump la totalité des voix des Grands Electeurs de ces trois Etats, et lui ont permis de rafler la majorité au niveau national. Et tout ça malgré un déficit de près de 3 millions de voix populaires par rapport à sa concurrente Hillary Clinton.

 

Lire l’article dans le Huffington Post

8 novembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

New York après Las Vegas

Deux attentats sont intervenus à quelques semaines d’intervalles aux Etats-Unis.

Le 1er octobre, Stephen Paddock, un retraité de 64 ans tire pendant plusieurs minutes depuis une chambre située au 32e étage de l’hôtel-casino Mandalay et tue au moins 58 personnes et faisant au moins 527 blessés, avant de se donner la mort. Il s’agit de la fusillade la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis. L’Etat islamiste a revendiqué cette tuerie mais le FBI a conclu au contraire jusqu’à preuve du contraire.

Le 31 octobre 2017, dans le sud de Manhattan, Sayfullo Saipov, 29 ans, au volant d’un pick-up fonce sur des cyclistes en roulant sur une piste cyclable, le long de l’Hudson. Dans sa fuite, le suspect a hurlé plusieurs fois « Allah Akbar ». L’homme était porteur de deux armes de poing. Refusant d’obéir aux injonctions des policiers, Sayfullo Saipov a été neutralisé par une balle au ventre. Le bilan officiel de l’attentat est de 8 morts et 12 blessés. D’origine ouzbèque, Sayfullo Saipov est entré aux Etats-Unis en 2010 et a obtenu la carte verte.

Il ne s’agit évidemment pas de procéder à une comparaison stupide et macabre du nombre de morts et de blessés mais d’analyser les commentaires fait par Donald Trump, soutenus par de nombreux républicains.

L’analyse comparée des tweets de Donald Trump est assez éclairante. Il y a les figures imposées, condoléances aux victimes et hommage à la police, qui peuvent être sincères ou non. Sur ce point, il est impossible de porter un jugement, ce serait stupide et indécent. Les victimes sont fauchées simplement parce qu’elles ont été au mauvais endroit au mauvais moment. Et la police, en fait ce sont des policiers qui, souvent, se comportent de manière héroïque en sauvant des vies.

Il y a ensuite les figures libres. Concernant Las Vegas, Donald Trump s’est largement mis en scène en rendant visite aux victimes. Et en réponse aux questions légitimes sur le contrôle des ventes d’armes à feu, rien. En communion avec nombre de républicains, la réponse globale est qu’il ne faut pas « profiter » de l’événement pour aborder un sujet aussi « complexe ». Etait-il utile que Stephen Paddock ait pu constituer un véritable arsenal de guerre ? Ce n’est pas la question. Et si vous poussez un peu loin, alors il y a le deuxième amendement dont simplement questionner le sens est presque considéré comme unamerican.

Dans le cas de New York, Donald Trump a tweeté sans aucune retenue : critique tous azimuts de l’immigration, critique de Chuck Schumer, sénateur démocrate de l’état de New York, qui avait été l’origine de la loi « Diversity Visa Lottery Program » votée en 1990 par les républicains et les démocrates, nécessité d’un renforcement des contrôles sur les immigrants, réactivation de Guantanamo et appel à la peine de mort à 2 reprises.

Franchement, je ne comprends pas l’argument bien résumé par Chris Buskirk, éditeur du site conservateur American Greatness : A Las Vegas, on a affaire à un « gunman » qui n’agit pas par idéologie, A New York, on a une personne motivée par une idéologie ». Et alors pourrait-on dire ? Les motivations de Stephen Paddock sont-elles plus acceptables ? Font-elles partie de la culture américaine ?

Les tweets de DT après Las Vegas Les tweets de DT après New York

Si l’on s’en rapporte aux faits, les crimes liés à l’islamisme aux Etats-Unis ne représentent qu’une petite fraction de l’ensemble des homicides par armes à feu (Ce qui ne signifie pas qu’ils soient moins importants ou qu’il ne faut pas les combattre). Même si le taux de criminalité a diminué depuis un quart de siècle, il reste significativement plus élevé aux Etats-Unis que dans tous les pays de l’OCDE. On peut voir ou revoir à cette occasion, le film de Michael Moore Bowling for Columbine qui démarre fort en présentant une banque qui offre une arme à feu pour l’ouverture d’un compte.

 

 

 

 

 

4 novembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire