maison blanche

La nouvelle donne

Repeal and Replace Obamacare : les républicains y croient toujours

Repeal and Replace a été le refrain qu’ont entonné les Républicains dès que l’Obamacare a été voté en 2010. Ils ont procédé au vote plus d’une cinquantaine de fois sachant pertinemment que le vote n’avait aucune chance de passer. Donald Trump a emboîté le pas en reprenant cette antienne à son compte et en le mettant au premier plan de son programme ou plutôt de ses slogans de campagne. Dès son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump avait dit qu’il ferait passer une loi pour remplacer le « désastre » de l’Obamacare. Ce serait facile et rapide.

La Chambre des Représentants a voté une loi et Donald Trump pensait que le Sénat emboiterait le pas. Il avait même organisé une petite agape dans les jardins de la Maison Blanche pour fêter l’événement. Et les mois ont passé et aucune nouvelle loi d’assurance maladie n’a été votée avant la trêve estivale. Donald Trump a fait part de son énervement en se défaussant d’une quelconque responsabilité et en faisant porter la charge aux membres du Congrès. Mitch McConnell en a pris pour son grade. La machine à Tweet s’est alors mis en marche sans aucune retenue. Lors de son rallye à Phoenix (Arizona) fin juillet, il ne s’est pas gêné de critiquer John McCain qui avait voté contre la loi proposée au Congrès sans citer son nom alors même que ce dernier venait de révéler qu’il était atteint d’un cancer grave et en plein traitement.

Bref, on pensait que les Sénateurs républicains avaient tourné la page et étaient passé à autre chose, notamment le financement de nouvelles infrastructures, la réforme fiscale ou encore le relèvement du plafond de la dette. Et tel le Phoenix qui renait de ses cendres, le projet de « tuer » l’Obamacare est réapparu poussé par Lindsey Graham et Bill Cassidy avec un nouveau projet qui ressemble furieusement au précédent. Avec une différence notable celle du block grant selon lequel les Etats recevraient un montant global incluant l’ACA (Alias Obamacare), Medicaid… dont ils pourront faire ce qu’ils souhaitent. Avec un total qui est inférieur à ce que le gouvernement fédéral devrait dépenser sans cette nouvelle loi. Ce qui revient donc à des coupes budgétaires. Si cette loi était votée, des millions d’Américains (10, 20, 30 ?) perdraient leur assurance maladie.

Pour des raisons de procédures, ce nouveau projet doit être voté avant la fin de la semaine prochaine, sinon la possibilité de voter une loi avec un majorité simple sera refermée. Tout nouveau projet de loi nécessitera la super majorité des 60 voix. Autant dire qu’avec 52 sénateurs, les Républicains peuvent dire adieu au repeal and replace.

Les deux porteurs de ce nouveau projet sont optimistes et affirment bénéficier du soutien d’un nombre important de leurs collègues. Mais leur projet comporte encore les éléments qui leur avaient valu une opposition de quelques sénateurs notamment celui de Susan Collins et Lisa Murkowski. Ce nouveau projet n’aura pas le temps d’analyser par le CBO avant le vote ce qui a été un élément déterminant pour John McCain à dire non. On ne voit pas pourquoi il changerait d’avis.

Pendant ce temps, Bernie Sanders a remis sur la table un autre projet d’assurance maladie baptisé « Medicare for all, single-payer health care system » qui est en fait une extension de l’Obamacare et aurait le soutien de 15 sénateurs démocrates. L’approche est évidemment totalement différente ; Pour Bernie Sanders, la santé est un droit, pour les Républicains, qui sont idéologues sur ce sujet, elle est un marché qui doit fonctionner selon les règles du marché, celles qui permettent, selon eux, d’optimiser le fonctionnement et les coûts. Sauf que les Etats-Unis dépensent 18 % du PIB pour la santé soit 50 % de plus que les pays comparables qui sont les plus dépensiers dans ce domaine. Pour un résultat qui n’est pas supérieur.

Le projet de Bernie Sanders n’a aucune chance n’aboutir mais c’est plutôt un ballon d’essai pour la plate-forme démocrate de 2020. Depuis l’introduction difficile de l’Obamacare, il semblerait que les Américains aient changé leur point de vue sur la question de la santé et qu’ils soient beaucoup plus ouverts à des réformes allant dans le sens d’une extension de l’Obamacare. Les sondages sur les différentes versions du Trumpcare le montrent bien.

Publicités

19 septembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Le salaire médian des Américains repart à la hausse

Après des années de stagnation, les salaires des Américains semblent être repartis à la hausse. Selon l’US Census Bureau, le salaire médian (qui partage la population en deux parties égales), a atteint 59 039 dollars par an en augmentation de 3,2 % par rapport à 2015. C’est la deuxième augmentation consécutive qui intervient et met un terme à une série d’année de vaches maigres. Mais cette amélioration est un peu en trompe l’œil car elle doit être replacé sous une perspective de plus long terme. En 1999, le revenu médian était (en dollars 2016) de 58 655 dollars par an. Les augmentations des deux dernières années sont plutôt un rattrapage suite à des années très difficiles.

Autre bonne nouvelle, le taux de pauvreté est retombé à 12,7 % de la population retrouvant ainsi son niveau d’avant la crise de 2008. De même, le taux d’Américains qui ne bénéficient pas d’une assurance maladie n’a jamais été aussi bas (8,8 % de la population) grâce au système d’assurance maladie mis en place par Barack Obama, connu sous l’appellation Obamacare.

Bémol apporté à ces éléments, le salaire médian s’est élevé notamment parce que beaucoup plus d’Américains ont trouvé un emploi à plein temps et non parce que les salariés auraient bénéficié d’augmentation.

Ces statistiques sont en décalage avec le discours de Donald Trump pendant sa campagne de 2016 et a trouvé un écho favorable auprès d’une partie suffisante de la population permettant ainsi une élection hautement improbable.

Mais le rapport de l’US Census Bureau ne cache pas certainement difficultés, en particulier un sentiment d’anxiété partagé par les travailleurs américains. Autre point noir qui subsiste, les inégalités restent toujours très élevées. Alors que le revenu moyen des Blancs est de 65 000 dollars et celui des asiatiques de 81 000 dollars, le revenu médian des Noirs est juste en-dessous des 40 000 dollars.

Trump se gargarise régulièrement du fait que l’économie ne s’est jamais aussi bien porté, grâce à lui. Et pourtant, la réalité est assez différente. Sur les 7 premiers mois du mandat de Donald Trump, l’économie américaine a créé 25 000 emplois de moins chaque mois que pendant les 7 derniers mois de la présidence d’Obama.

13 septembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Qui en 2020 ?

Une élection est à peine passée qu’on parle déjà de la suivante d’autant plus cette fois que, dans la situation actuelle, une hypothèque pèse sur le mandat du président actuel. On ne connait pas encore pas la gravité des faits qui vont sortir de l’enquête menée actuellement par Bob Mueller. Mais on le sait la procédure de l’impeachment est longue et elle nécessite une majorité démocrate à la Chambre des Représentants pour la lancer la procédure et un Sénat prêt à voter la destitution. Quant à l’application de la section 4 du 25e amendement (voir ci-dessous) pour remplacer le président en raison de son « incapacité d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge », on peut avoir encore plus de doutes sur son application. C’est plus un sujet qui permet de remplir des émissions politiques.

Si les midterms sont très incertaines, elles pourraient néanmoins mettre la présidence Trump dans un mode mineur et limité très largement ses marges de manoeuvres. Mais n’est-ce pas déjà le cas avec un président qui s’oppose de plus en plus à son propre parti, si tant est que Donald Trump soit républicain. Son histoire personnelle et les évènements très récents montrent bien le contraire. A tel point que certains se posent la question de savoir s’il pourra se présenter au titre du parti républicain pour les élections et devra choisir d’être candidat au titre d’un parti tiers, indépendant ou autre.

Mais depuis 1860, l’élection d’Abraham Lincoln, candidat du tout jeune parti républicain, aucun candidat d’un nouveau parti n’a été élu malgré plusieurs tentative que rappelle Peter Bakersept dans un article du New York Times. Theodore Roosevelt, élu en 2004 et mécontent du républicain Howard Taft, Roosevelt (l’une des quatre figures sculptées dans le Mount Rushmore avec of George Washington, Thomas Jefferson et Abraham Lincoln) tenta un retour (on aurait pu l’appeler le comeback kid) en 1912 au nom du Progressive Party qu’il créa pour le soutenir dans cette élection. Il fut laminé par Woodrow Wilson qui emporta 435 voix de grands électeurs.

Strom Thurmond en 1948 et George Wallace en 1968 – un démocrate du Sud opposant des lois sur les droits civiques votés par Lyndon Johnson – s’y sont également essayés. Tout comme John Anderson en 1980. Ross Perot, un homme d’affaires texan puisa dans sa bourse en 1992 et 1996. La première fois, il recueillit 19% voix populaires mais 0 grands électeurs.

Bref, se lancer dans une campagne présidentielle sans être adoubé par l’un des deux partis est plus qu’ambitieux. Mais Donald Trump n’a-t-il pas éliminé ses 16 concurrents républicains dont la grande majorité appartenait à l’establishment conservateur ? Evidemment, le bilan de son premier mandat pèsera dans la balance et sur ce point, les premiers résultats sont relativement minces. Même si l’économie se porte plutôt bien, une continuation d’un mouvement que Barack Obama a engagé dès 2010.

Côté démocrate le jeu est très ouvert mais le parti de l’âne devrait se mettre assez rapidement en ordre de bataille. Le Washington Post a publié une liste de 15

+ candidats potentiels. On connait les limites de l’exercice car il est bien difficile de savoir plus de trois ans avant l’élection qui pourrait émerger du côté des bleus.

  1. Facebook founder Mark Zuckerberg
    14. Los Angeles Mayor Eric Garcetti
    13. Sen. Tim Kaine (Va.)
    12. Former Massachusetts governor Deval Patrick
    11. Oprah Winfrey/Mark Cuban/Howard Schultz/Bob Iger/Sheryl Sandberg
  2. Sen. Sherrod Brown (Ohio)
    9. New York Gov. Andrew M. Cuomo
    8. Sen. Cory Booker (N.J.)
  3. Sen. Kamala D. Harris (Calif.)
    6. Sen. Kirsten Gillibrand (N.Y.)
    5. California Gov. Jerry Brown
    4. Sen. Elizabeth Warren (Mass.)
  4. Sen. Chris Murphy (Conn.)
    2. Former vice president Joe Biden
    1. Sen. Bernie Sanders (Vt.)

Une liste qui comporte des personnalités politiques déjà très connus comme Joe Biden ou Bernie Sanders, des personnalités du monde des affaires comme Mark Zuckerberg, de l’entertainment comme Oprah Winfrey. La faiblesse des candidats dans le top 5 (à l’exception de Chris Murphy est leur âge, leur force est leur expérience. Evidemment cette liste n’est certainement pas exhaustive et il est très possible que le candidat qui émerge ne figure pas dans cette liste.

 


Section 4. Si le vice-président, ainsi qu’une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs ou de tel autre organisme désigné par une loi promulguée par le Congrès, font parvenir au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les avisant que le président est dans l’incapacité d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président assumera immédiatement ces fonctions en qualité de président par intérim. Par la suite, si le président fait parvenir au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les informant qu’aucune incapacité n’existe, il reprendra ses fonctions, à moins que le vice-président et une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs ou de tel autre organisme désigné par une loi promulguée par le Congrès ne fassent parvenir dans les quatre jours au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite affirmant que le président est incapable d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge. Le Congrès devra alors prendre une décision ; s’il ne siège pas, il se réunira dans ce but dans un délai de 48 heures. Si, dans les 21 jours qui suivront la réception par le Congrès de cette dernière déclaration écrite, ou dans les 21 jours qui suivront la date de la réunion du Congrès, si le Congrès n’est pas en session, ce dernier décide par un vote des deux tiers des deux Chambres que le président est incapable d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président continuera à exercer ces fonctions en qualité de président par intérim ; dans le cas contraire, le président reprendra l’exercice desdites fonctions. »


 

10 septembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Les démocrates à la manœuvre

D’un côté les républicains, des alliés devenus des partenaires impuissants, incapables de faire passer des lois, à commencer par le repeal and replace de l’Obamacare, de l’autre les démocrates « sans idées et They are only OBSTRUCTIONISTS! ». Tel était le schéma mental de Donald Trump depuis l’été. La décision prise en début de semaine de terminer le programme DACA si le Congrès n’est pas capable de régulariser la situation des dreamers en votant une nouvelle loi semble avoir tout bousculé.

Dès la rentrée, le relèvement du plafond de la dette était la priorité jusqu’à ce que l’ouragan Harvey vienne bousculer l’agenda législatif car il fallait mobiliser de l’argent pour aider les victimes. Pour compliquer un peu la situation, Donald Trump avait menacé de ne pas signer la loi sur le relèvement de la dette si le Congrès ne finançait pas le mur (Ce ne sont plus les Mexicains). Chuck Schumer et Nancy Pelosi, les leaders de la minorité au Sénat et à la Chambre des Représentants ont proposé un « deal » de voter les 8 milliards pour les indemnisations de l’ouragan Harvey et le relèvement du plafond de la dette pour trois mois. Dans une réplique immédiate, Paul Ryan n’a pas eu de mots assez durs pour cette proposition qu’il a qualifiée de « disgrace ». Il avait proposé un relèvement du plafond de la dette pour les dix-huit mois à venir.

Mais peu après il a dû avaler une grosse couleuvre lors d’une réunion pour le moins irréaliste dans le bureau ovale avec Mitch McConnell, son alter ego au Sénat et Chuck Schumer et Nancy Pelosi au cours de laquelle Donald Trump a accepté le « deal » proposé par les démocrates. C’est là un revers cinglant pour les Républicains qui ont dû faire contre mauvaise fortune bon cœur et n’avait pas d’autres alternatives que d’accepter cet accord pour le moins imprévu et surprenant.

Pour l’heure, les démocrates peuvent savourer cette « victoire » et peuvent envisager avoir plus de prise sur l’Exécutif. Car lassé par l’incapacité du Congrès, pourtant républicain, à voter des voix, Donald Trump entend accrocher quelques réussites. Mais plusieurs questions subsistent de ce revirement très spectaculaires. Donald Trump va-t-il pouvoir tenir cette nouvelle ligne car avec un seul tweet il peut tout mettre par terre ? Comment les Républicains vont digérer cet affront public à long terme ? Vont-ils finir par se rebiffer vis-à-vis de ce président qui n’a pas beaucoup de convictions politiques et qui a été républicain, démocrate ou indépendant au gré du vent ou de son intérêt personnel ? Et dernier point, jusqu’où les démocrates vont désormais pousser le pion suite à ce « deal » conclu avec Donald Trump sans qu’ils aient à négocier puisque le président à accepter leur offre sans sourciller ?

Pour clore la réunion, Donald Trump avait demandé à sa fille Ivanka de passer une tête et ainsi de ne pas laisser le temps à Paul Ryan et Mitch McConnell d’intervenir dans ce pacte étonnant.

Pour l’heure, les démocrates continuer sur leur lancée. Chuck Schumer a indiqué qu’il avait conclu un nouvel accord avec Donald Trump pour trouver un moyen de ne pas avoir à passer par ce vote du relèvement du plafond de la dette qui tourne le plus souvent au psychodrame :

« The President encouraged Congressional leaders to find a more permanent solution to the debt ceiling so the vote is not so frequently politicized, » a indiqué la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Huckabee Sanders.

7 septembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Cauchemars pour les dreamers

Donald Trump a donc pris la décision de mettre fin à la disposition prise par Barack Obama en 2012 de permettre aux étrangers arrivés aux Etats-Unis alors qu’ils étaient enfants, de rester sur le sol américain, poursuivre des études et de travailler. Cette décision est purement politique et destinée à satisfaire ce que l’on appelle sa base, c’est-à-dire les électeurs qui ont voté pour lui et le soutiennent quoi qu’il arrive. D’autant qu’il y avait aucune urgence à signer ce décret même si le problème est réel et que le Congrès a été incapable de légiférer et de passer le Dream Act depuis 2001. Même si certains gouverneurs conservateurs emporté par avaient décidé qu’ils attaqueraient le gouvernement fédéral si rien n’était fait.

 Tel Ponce Pilate, Donald Trump a pris la décision non pas de mettre fin à la disposition DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals) tout de suite mais a annoncé une fin conditionnelle reportant la responsabilité sur le Congrès. Il a pris la décision d’y mettre fin dans les 6 mois si le Congrès n’arrivait pas à voter une loi permettant de remettre la situation de ces jeunes non encore Américains mais n’ayant, en majorité, jamais connu d’autres pays. Au total, ce sont 800 000 personnes dont la vie vient d’être totalement bousculée.

A la suite de cette annonce, deux sénateurs, le démocrate Dick Durbin et le républicain Lindsey Graham, pourtant pas d’accord sur cette question, ont fait une déclaration commune indiquant qu’ils mettraient tout en œuvre pour faire en sorte que le Congrès vote cette loi dans les six mois. Mais on peut avoir quelques doutes sur cette hypothèse puisque n’a pas réussi à le faire depuis plus de 16 ans. Et que, jusqu’ici, il a été incapable de voter une loi depuis les élections de novembre. La débâcle du Trumpcare est symptomatique de cet immobilisme. Et le calendrier à venir est plutôt chargé : le repeal et replace de l’Obamacare n’est pas totalement exclu, la réforme fiscale, le relèvement du plafond de la dette, les aides financières suite au cyclone Harvey, le financement de nouvelles infrastructures… Les Républicains qui soutiennent activement la décision de Donald Trump mettent en avant le fait que l’action exécutive prise par Barack Obama serait inconstitutionnelle. Une affirmation spécieuse contestée par nombre de juristes.

Si les démocrates se mobilisent et apportent 48 voix à une nouvelle législation pour clarifier cet imbroglio, ils devraient bien trouver 12 voix républicaines pour emporter la supermajorité nécessaire. Mais c’est loin d’être gagné.

Il est vrai que, parfois, lorsque le couperet d’un délai s’impose, les choses peuvent se délier. Sur cette question – comme beaucoup d’autres – Donald Trump a dit tout et son contraire. Défendre les intérêts des Américains et bouter les étrangers illégaux hors du territoire national ou empêcher leur entrée (construire un mur et le faire payer par le Mexique) et de l’autre faire des « déclarations d’amour » qui n’ont pas vraiment lieu d’être de la part d’un président et que les « dreamers » n’ont pas de raison de s’inquiéter. Au final, avec cette décision, ils pourront être boutés hors des frontières – oui mais lesquelles – le 5 mars prochain (certains pourront renouveler leur autorisation de territoire pour deux ans supplémentaires).

La démarche de Donald Trump est machiavélique et gagnante à tout coup pour lui. Il se met dans une posture favorable vis-à-vis de sa base en mettant fin à cette disposition tout en déportant la critique sur le Congrès s’il n’arrive à voter une nouvelle loi mettant fin à cette impasse juridique. Sur la forme, il n’a pas fait montre d’un grand courage politique puisqu’il a confié le soin à son ministre de la Justice, Jeff Sessions, de faire l’annonce de cette décision curieusement appelée Amnisty First. Ce que ce dernier a fait avec zèle et force car il est certainement plus extrême sur le sujet que son patron. Avec des arguments invoqués et non prouvés comme celui bien connu que 800 000 résidents DACA c’est 800 000 emplois en moins pour les Américains. Egalement d’affirmer que ces 800 000 personnes mettant les Etats-Unis en danger (risque de crime, violence et terrorisme) alors qu’ils ont fait l’objet d’une analyse et ont un casier judiciaire vierge. America First avait bien répété le candidat, puis le président Trump. Sauf que les Américains d’aujourd’hui sont en partie les DACA d’hier.

La raison invoquée de ce transfert de patate chaude à Jeff Sessions serait, aux dires de la porte-parole Sarah Sanders, parce qu’il s’agit là d’une décision juridique. Une affirmation spécieuse car il s’agit bien d’une manœuvre politique.

Barack Obama qui est jusqu’ici resté plutôt silencieux est sorti de sa réserve en déclarait qu’il s’agissait-là d’une décision qui n’est pas conforme à l’esprit américaine et défie le bon sens faisant référence au manque à gagner qui serait occasionné par le départ de ces 800 000 citoyens en quête d’une nouvelle patrie.

 

Infographie: D'où viennent les

6 septembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Donald Trump a-t-il toutes ses facultés mentales ?

Barry Goldwater avait réussi à l’emporter sur tous ses concurrents et ce malgré ses positions ultraconservatrices. En particulier, il voulait supprimer la Sécurité sociale américaine (le système de retraite) et pourquoi se lancer dans un conflit armé avec l’Union Soviétique. Il l’avait notamment emporté sur les républicains modérés (il en existait à l’époque) dont Nelson Rockefeller était le porte-drapeau le plus visible. Heureusement, il s’est fait balayé par Lyndon Johnson au terme de la plus grande victoire depuis 1820 (61 % des voix populaires et 486 grands électeurs sur 508). Son discours d’acceptation de candidat républicain est resté dans les annales, notamment la fameuse phrase :

« I would remind you that extremism in the defense of liberty is no vice. And let me remind you also that moderation in the pursuit of justice is no virtue »

Mais parallèlement ses positions politiques extrêmes, sa personnalité attirait une attention particulière. Avant les élections, le magazine Fact avait publié un dossier intitulé « The Unconscious of a Conservative: A Special Issue on the Mind of Barry Goldwater » exprimant l’idée que l’homme était « mentally unfit to be president » (ça vous rappelle quelque chose ?). Le magazine avait envoyé un questionnaire à plus de 12 000 psychiatres et reçu 2400 réponses dont la moitié affirmait qu’il était incapable d’occuper la fonction. La plupart ayant refusé de répondre au motif qu’il n’avait pas examiné l’individu.

Après l’élection, Barry Goldwater attaqua le magazine et gain de cause. Depuis, cette date, l’association américaine des psychiatres a imposé la règle de ne pas donner d’avis sur un candidat s’il n’a pas été examiné.

Avec Donald Trump, la question a de nouveau été posée. Car, étant donnés les caractéristiques et le comportement du candidat, puis du président, cette règle a été cassée par nombre de psychiatres et de psychologues au motif que le plus important est le devoir de mettre en garde sur l’état psychique du président quand ils considèrent qu’il y a danger.  John Gardner, docteur en psychologie ayant pratiqué vingt ans à l’hôpital John Hopkins et maintenant en privé, a lancé une pétition sur la plate-forme change.org qui a reçu plus de 25 000 soutiens (il est demandé aux pétitionnaires de donner leur diplôme mais qui vérifie) intitulée : « Mental Health Professionals declare Trump is mentally ill and must be removed ».

La question est posée depuis plusieurs mois. On ne connaît pas encore la réponse qui sera donnée.

4 septembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Un message de Barack Obama à son successeur

Comme il est de tradition, le président sortant laisse un courrier à son successeur. Celui-ci vient d’être révélé par la chaîne CNN. Une missive courte (275 mots) mais exprimant des idées claires sur le rôle du président comme gardien de la démocratie et de l’ordre international.

Dear Mr. President –
Congratulations on a remarkable run. Millions have placed their hopes in you, and all of us, regardless of party, should hope for expanded prosperity and security during your tenure.
This is a unique office, without a clear blueprint for success, so I don’t know that any advice from me will be particularly helpful. Still, let me offer a few reflections from the past 8 years.
First, we’ve both been blessed, in different ways, with great good fortune. Not everyone is so lucky. It’s up to us to do everything we can (to) build more ladders of success for every child and family that’s willing to work hard.
Second, American leadership in this world really is indispensable. It’s up to us, through action and example, to sustain the international order that’s expanded steadily since the end of the Cold War, and upon which our own wealth and safety depend.
Third, we are just temporary occupants of this office. That makes us guardians of those democratic institutions and traditions — like rule of law, separation of powers, equal protection and civil liberties — that our forebears fought and bled for. Regardless of the push and pull of daily politics, it’s up to us to leave those instruments of our democracy at least as strong as we found them.
And finally, take time, in the rush of events and responsibilities, for friends and family. They’ll get you through the inevitable rough patches.
Michelle and I wish you and Melania the very best as you embark on this great adventure, and know that we stand ready to help in any ways which we can.
Good luck and Godspeed,
BO

Quelques mois plus tard, le constat que Barack Obama est bien obligé de faire. Un ton et un contenu bien différents.

4 septembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Retour une présidence imprévue | Gérard Araud, ambassadeur de France aux Etats-Unis

De passage à Paris pour la semaine des ambassadeurs, Gérard Araud, ambassadeur de France aux Etats-Unis qui a fait une halte aux petits déjeuners de la French-American Foundation s’est montré humble devant les événements : « le 31 août 2016, j’avais affirmé que Donald Trump n’avait aucune d’être élu président des Etats-Unis. Nous vivons une période tellement étrange que je suis incapable de dire ce qu’il va se passer, d’ailleurs je n’ose plus le faire ».

Il suffit de se rappeler les enquêtes d’opinion et autres sondages, seule une ou deux avaient donné Trump gagnant et l’avantage à Hillary Clinton a été constant pendant les mois qui ont précédé la campagne. Donc ceux qui prétendent avoir vu arrivé le cataclysme sont peut-être un peu imprudent ou font état de fanfaronnade. Rappelons qu’Hillary Clinton a gagné le suffrage populaire mais « la candidate démocrate était très mauvaise et elle n’a pas eu de chances ».

Les Etats-Unis sont plutôt légitimistes mais c’est la première fois qu’une partie de l’opinion publique a déclaré d’emblée que « ce n’est pas mon président » poursuit Gérard Araud. De leur côté, les « démocrates ont le sentiment qu’on leur a volé les élections ».

« La présence de Donald Trump à la Maison Blanche suscite dans l’Establishment un véritable sentiment de révulsion et de son côté la presse américaine a perdu tout sens de l’impartialité, elle est entrée en guerre contre le président. Les Etats-Unis sont dans un état de guerre civile virtuelle, témoigne l’ambassadeur ». Il existe un climat de haine réciproque entre l’Establishment de Washington et la Maison Blanche qui prend un air de Fort Chabrol et qui manifeste un sentiment de défiance envers la technostructure. Avec raison car il n’y jamais eu autant de fuites que sous cette présidence.

A cette situation très sombre, il faut ajouter les dysfonctionnements de l’administration. D’abord, l’état de chaos dans lequel est la Maison Blanche avec un turn over très élevé, presque jamais vu. L’arrivée du général 4 étoiles John Kelly devrait permettre de stabiliser la situation tout comme la présence des autres généraux McMaster et Mattis et du conseiller économique Gary Cohn. Ceux que certains avaient baptisé les adultes de la Maison Blanche chargés de surveiller le « toddler » des lieux.

Ensuite et c’est là une situation habituelle liée au système du Spoils System selon lequel plus de 4000 hauts fonctionnaires, dont quelque 700 doivent être confirmés par le Sénat, sont renouvelés à chaque nouveau président. Une transition encore plus difficile lorsque le nouveau président n’est pas du même parti que le précédent. Sur ces 700 hauts fonctionnaires, seuls 90 l’ont été à ce jour et des responsabilités importantes, notamment au Secrétariat d’Etat, ne sont pas encore pourvues. A la même période sous Obama, le nombre était plutôt autour de 300.

« En fait, l’avenir se résume à un nom : Donald Trump » considère Gérard Araud. Est-ce que Trump peut changer, en général ou sur des sujets particuliers comme le climat ? « Concernant le climat, je ne crois pas mais comme l’avait Mike Bloomberg, ce n’est pas si grave car l’ensemble des forces vives sont favorables à l’accord du climat, les maires des grandes villes qui sont presque tous démocrates, les grandes entreprises, l’opinion publique en général ». Ici laissons à Trump ses gesticulations et ses tweets et occupons des vrais problèmes, semble dire Gérard Araud.

« La seule question sur laquelle Donald Trump n’a pas varié c’est le protectionnisme. Il est convaincu que le libre-échange a nui aux intérêts des Etats-Unis ». N’a-t-il pas mis un terme au TPP, relancé les négociations du NAFTA, émis l’idée de sanctions sur l’acier… Evidemment, c’est une idée que ne partagent pas les Républicains classiques ni les patrons des grandes entreprises. Dans un monde fermé, comment feraient Apple, General Motors, Ford, GE et tant d’autres multinationales.

Est-ce que ça va marcher ? « Je n’en sais rien », conclut-il humblement. Donald Trump va-t-il finir son mandat ? « Dans les dîners en ville, on entend en permanence des « ça ne peut plus durer » mais franchement, je ne vois pas pourquoi il ne fera pas ses quatre ans ». Si l’on veut se consoler de cette prédiction, il suffit de penser que si Trump était démissionné, ce serait Mike Pence qui prendrait sa place. Un type normal et certainement plus sympathique mais dont les idées le sont beaucoup moins.

1 septembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire