maison blanche

La nouvelle donne

Echanges sino-américains : same old, same old!

Donald Trump se targue en permanence de l’expansion continue de la bourse, de la croissance revigorée, de la création des emplois, du retour des entreprises sur le sol américain. Les présidents ont souvent le défaut de s’accaparer les réussites et de se défausser des échecs. Donald Trump dans ce domaine est un champion. On se souvient de la Fable de la Fontaine le Coche et la Mouche :

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S’introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.

 

En fait, sur les différents paramètres évoqués plus haut, 2017 se situe dans la continuité des années précédentes et de la politique de relance initiée par Barack Obama après la grande crise de 2008, la plus sévère depuis 1929. Sur ce plan, les échanges économiques entre le Chine et les Etats-Unis ne font pas exception : les chiffres qui viennent d’être publiés devraient à nouveau inquiéter l’administration américaine.

Les relations politiques ont été renouées en 1972 avec la visite de Richard Nixon sur les conseils d’Henry Kissinger. Dans ce domaine, Les Etats-Unis ont été en retard par rapport à la France.

Le 27 janvier 1964, le Général de Gaulle, alors président de la République française, reconnaît officiellement la République populaire de Chine. Une décision qui sort la Chine de son isolement diplomatique et qui provoque une vive réaction sur la scène internationale dans un contexte de guerre froide opposant les blocs de l’Ouest et de l’Est.

A l’époque, la Chine était encore un nain économique mais elle était clairement en train de s’éveiller. En 1972, le PIB de la Chine était de 207 milliards de dollars ($ de 2005), celui des Etats-Unis était de 5 197 Mds$, un rapport de 1 à 25. En 2016, le PIB de la Chine avait atteint 9 505 Mds$ (multiplié par 45), celui des Etats-Unis était de 16 865 Mds$ (x3), un rapport qui n’est plus que de 1,8.


Le 11 décembre 2001, le porte-parole de l’Organisation mondiale du commerce saluait « un jour historique dans la jeune vie de l’OMC « . Il n’imaginait sans doute pas à quel point. « L’accession de la Chine à l’OMC est un événement central pour comprendre les mutations de l’économie mondiale depuis quinze ans », juge Alicia Garcia Herrero, chef économiste Asie de Natixis. « L’entrée de la Chine à l’OMC est plus importante que la création de l’OMC elle-même », abonde Sébastien Jean, directeur du Cepii, centre de recherche dans le domaine de l’économie internationale.
(Source : Les Echos)


Relativement marginal pendant des années, le commerce entre les Etats-Unis et la Chine devient significatif dans les années 90 et prend son envol à partir des années 2000. Mais depuis une trentaine d’années, les échanges ont toujours été inégaux : les exportations américaines vers la Chine n’ont jamais réussi à compenser les importations chinoises, loin s’en faut. Et de ce point de vue, l’année 2017, première année du mandat Trump, n’a rien jamais. Elle n’a fait qu’aggraver un peu la situation.

Sur les dix dernières années, le déficit commercial a été compris entre 226 milliards de dollars en 2009 et 367 Mds en 2015. C’est paradoxalement en 2009, qu’il a été le plus faible. C’est en fait le résultat d’une baisse importante des importantes chinoises. Toujours sur les 10 dernières années, le déficit cumulé a dépassé les 3 000 milliards de dollars.

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14 janvier 2018 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Vive les pays de merde !

On connaissait le trou du cul du monde, bienvenue aux pays de merde ! Grâce à Donald Trump. « Why are we having all these people from shithole countries come here », a-t-il déclaré dans le Bureau Ovale, lieu symbolique s’il en est, lors d’une réunion avec des membres du Congrès, démocrates et républicains à l’occasion de discussions sur une réforme de l’immigration.

« L’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire » avait déclaré Nicolas Sarkozy lors de son fameux discours de Dakar. Par rapport à la saillie de Donald Trump sur les shithole countries, elle pourrait passer pour du politiquement correct.

En septembre 1993, le magazine d’AT&T Focus publiait un dessin (voir ci-dessous) apparemment anodin et naïf illustrant un petit questionnaire sur l’opérateur télécoms et l’évolution de la téléphonie dans le monde. A cette époque, la téléphonie mobile existait à peine. Le réseau téléphonique mondial était encore représenté sous la forme filaire. Pour montrer sa couverture internationale, le dessin montre donc des pylônes répartis sur les 5 continents et puis patatras ! le dessinateur dérape avec une vision pour le moins raciste de l’Afrique.  

La semaine suivante, Bob Allen, CEO d’AT&T de l’époque, a envoyé une lettre à tous les abonnés du magazine, employés de l’entreprise et clients, tout particulièrement les Africains-Américains, pour présenter ses excuses. Il conclut sa lettre en suggérant de jeter le numéro dans la poubelle. Dommage qu’il n’y ait pas de Bob Allen qui suggère de jeter le locuteur de la phrase infamante sur les shithole countries à la poubelle.

Donald Trump a-t-il prononcé la formule ignominieuse ? Elle a été confirmée par des sénateurs, notamment le démocrate Dick Durban, présents à la réunion et n’a pas été infirmé par la Maison-Blanche qui, par la voie de l’adjoint à la porte-parole, Raj Shah, en a proposé une explication qui ne fait qu’ajouter à la honte :

« Certain Washington politicians choose to fight for foreign countries, but President Trump will always fight for the American people,” Shah said Thursday. He added that the president wanted “merit-based immigration” of people who can “grow our economy and assimilate into our great nation”.

The president harped on those themes Friday morning, saying that the proposals he saw Thursday were inadequate and even “a big step backwards”. He claimed without specifics or evidence that the deal would force the US “to take large numbers of people from high crime countries which are doing badly ».

Jusqu’ici les républicains sont restés coupablement muets sur le sujet et donc complices. Pire, certains ont même publié un petit communiqué indiquant qu’ils ne se rappelaient pas que leur président ait proféré de telles insanités.

« President Trump brought everyone to the table this week and listened to both sides. But regrettably, it seems that not everyone is committed to negotiating in good faith. In regards to Senator Durbin’s accusation, we do not recall the President saying these comments specifically, but what he did call out was the imbalance in our current immigration system, which does not protect American workers and our national interest. We, along with the President, are committed to solving an issue many in Congress have failed to deliver on for decades. »

— Senators Tom Cotton and David Perdue

Fort de cette déclaration, Donald Trump s’est engouffré dans le mensonge, ce qu’il maîtrise avec brio en niant lui aussi qu’il n’avait pas dit une telle chose.  Alors qu’elle ne doit surprendre personne tant elle ne fait ajouter à une liste déjà longue. Entre autres : « Tous les Haïtiens ont le sida » ou encore « les Nigérians n’ont pas envie de retourner dans leur hutte ».

Cette déclaration qui a déchaîné les médias présente un grand intérêt pour Donald Trump, celle de détourner l’attention sur le sujet précédent, les révélations apportées par le livre de Michael Wolff Fire and Fury, Inside the White House, et sur la menace qui plane depuis plusieurs mois telle une épée de Damoclès, l’enquête menée par le procureur Mueller.

Mais au final, qu’on soit rassuré, Donald Trump est en bonne santé. Il vient de passer son bilan de santé avec succès :

« The President’s physical exam today at Walter Reed National Military Medical Center went exceptionally well. The President is in excellent health and I look forward to briefing some of the details on Tuesday. »

— Dr. Ronny Jackson

On l’a bien compris, il parlait du rythme cardiaque, de la tension artérielle et autres paramètres de la santé physique. Ce bilan ne donne aucune indication sur la santé mentale et encore moins sur la santé morale. Jusqu’à quand ?

Pendant ce temps, Donald Trump poursuit sa politique anti-immigration pure et dure. Ils demandent à ce que les 200 000+ Salvadoriens admis temporairement aux États-Unis suite à des calamités naturelles intervenues il y a dix-huit ans ainsi que les 45 000 Haïtiens accueillis à la suite du tremblement de terre il y a huit ans. Et concernant la réforme sur le programme DACA (Defferred Action for Chilhood Arrivals), censée régler la question des 800 000 enfants d’immigrés illégaux arrivés aux États-Unis alors qu’ils étaient encore mineurs, est en panne.

Les commentaires de Mark Shields et David Brooks sont sans appel

13 janvier 2018 Posted by | Général | Laisser un commentaire

More than Fire and Fury at the White House

De deux choses l’une : soit Michael Wolff est le plus grand imposteur et falsificateur de l’histoire du journalime politique colportant ragots et mensonges, soit ce qu’il raconte correspond dans les grands lignes à la réalité, même si, aux dires des commentateurs, le livre comporte de nombreuses erreurs de détails. Toutefois, ce livre ne fait que corroborer ce que les « fake News » médias ressassent depuis des mois. Et correspond à l’idée que ce font les Américains de leur président, sauf que le tableau de Michael Wolff est encore plus sombre, grave et très inquiétant.

Une des thèses de Hillary Clinton était que Donald Trump n’était pas en capacité de gouverner le pays, une affirmation partagée par une majorité d’Américains dans tous les sondages. Mais c’était sans doute dans leur esprit le prix à payer pour provoquer ce grand chambardement souhaité par beaucoup. Le slogan Drain the swamp a résonné dans les esprits. Complété de Make America Great Again et d’America First, il est tombé à pic après une trentaine d’années de difficultés de la classe moyenne et des cols bleus. Mais trois slogans ne font pas une politique. De leur côté, les républicains ont sans doute fait le cynique calcul qu’il pouvait mettre un clown à la Maison Blanche qui leur laisserait ainsi tout le loisir de faire les réformes qu’ils voulaient. Selon Michael Wolff, Mitch McConnell aurait déclaré au moment de l’élection : « il signera n’importe quelle loi qu’on lui déposera sur son bureau ».

Au-dela de tout ce qui déjà été dit sur Donald Trump démontrant son incapacité à remplir les fonctions de président, ce livre croustille de détails qui seront distillés petit à petit. Dans son émission The Last Word, Lawrence O’Donnell mentionne un passage (page 23) sur le côté pervers du personnage. On connaissait déjà l’épisode de l’Hollywood Tape, ce passage (ci-dessous) est presque plus dérangeant. Et jusqu’ici, les avocats de Donald Trump n’ont pas réagi.

Donald Trump est-il psychologiquement instable ? Le psychiatre Allen Frances ne partage pas cette affirmation et considère que c’est injuste vis-à-vis des personnes ayant des difficultés psychologiques en ajoutant que celles-ci sont le plus souvent agréables et sympathiques.

« Il a de nombreux qualificatifs qui peuvent caractériser Donald Trump : un gosse impulsif, un sale type, une menace pour la démocratie des Etats-Unis, un abruti ignorant. Mais je ne pense pas que son cas relève d’une quelconque pathologie psychiatrique ». On ne peut être plus clair.

A choisir, on pourrait se demander s’il ne serait pas préférable qu’Allen Frances se trompe ?

9 janvier 2018 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Après Donald Trump, Oprah Winfrey ?

Oprah Winfrey est aussi inconnue en France qu’elle est connue aux Etats-Unis. Oprah Winfrey est une icône de la télévision, du cinéma et des médias dont la notoriété n’a rien à envier à celle de Donald Trump mais dont l’expérience du gouvernement du service public est aussi mince. Elle fait état de 41 millions de followers sur Twitter contre 46 millions pour Donald Trump. Mais ce dernier a doublé le nombre de ses fans depuis qu’il est président.

Récipiendaire du prix Cecil B. DeMille 35 ans après Sydney Poitier, Oprah Winfrey a délivré un discours très remarqué et dont nombre d’observateurs ont perçu comme un indice qu’elle pourrait songer à se présenter en 2020 face à Donald Trump. Son engagement au côté de Barack Obama en 2008 puis d’Hillary Clinton en 2016 ne laisse aucun doute sur sa couleur politique. Et son opposition à l’hôte actuel de ma Maison Blanche en ferait une sorte de réplique démocrate de Donald Trump côté républicain. Mais si elle pourrait être une candidate que l’on doit prendre au sérieux, quels sont ses atouts pour être président des Etats-Unis ? Il faut creuser pour donner des éléments de réponse. Paradoxalement, Donald Trump, a qui on a prêté l’idée à plusieurs reprises de vouloir se présenter avait, lors d’une interview de Larry King sur CNN (voir vidéo ci-dessous), déclaré qu’il pourrait envisager de prendre Oprah Winfrey comme candidate VP. Evidemment, cela ne remplit pas un CV.

Comme le note Eugene Robinson dans le Washignton Post (Don’t underestimate the possibility of Oprah 2020) : President Trump’s biggest accomplishment may have been to make the political waters safe for celebrities with 100-percent name recognition and zero government experience. At this point, who’s to say that Winfrey couldn’t run? Or that she couldn’t win?

C’est la conséquence de la médiatisation à outrance de la politique que l’on observe aux Etats-Unis aujourd’hui mais que l’on connaît aussi dans d’autres pays. De nombreux anciens politiques remplissent les plateaux des chaînes câblées à droite comme à gauche en tant qu’analystes, consultants et autres observateurs. Alors pourquoi dans ce chassé-croisé, les icones du show business ne se lanceraient-ils pas dans la politique. Ronald Reagan avait été un exemple de ce passage mais il avait fait ses armes d’abord en tant que porte-parole du syndicat des acteurs puis de General Electric, il devient gouverneur de Californie en 1966 et fera deux mandats.

Parallèlement, la liste des candidats démocrates pour 2020 peut être longue mais pour l’instant il s’agit seulement de spéculation. Parmi ceux-ci, Joe Biden est l’anti thèse d’Oprah Winfrey tant il est difficile de faire mieux en tant qu’expérience politique. Evidemment son principal handicap est son âge, il aura 78 ans en 2020.

Dans une interview au magazine America, l’écrivain Paul Auster commente de manière un peu désabusé ce rôle du show business dans la vie publique : « Ici, aux Etats-Unis, le rôle de l’écrivain n’est pas du tout le même qu’en Europe, et notamment en France. Personne ne demande jamais son avis à son écrivain. Nous ne passons jamais à la télévision. Les Américains préfèrent écouter les acteurs plutôt que les écrivains. Les acteurs, c’est un peu notre famille royale à nous : nous n’avons pas de ducs et de duchesses, de rois ou de reines, mais nous avons les acteurs de Hollywood. Ils sont très écoutés par la population, et certains sont très impliqués ».

 

9 janvier 2018 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Donald Trump a gagné l’élection de 2016

Donald Trump ne semble toujours remis d’avoir gagné les élections de 2016 puisque, plus d’un an après, il faut qu’il revienne régulièrement dans ses discours ou dans ses tweets sur le fait qu’il a gagné haut la main et qu’Hillary Clinton a perdu.

Dans un de ses derniers tweets suite à la publication du libre de Michael Wolff, Fire and Fury, Inside the White House, ne déclare-t-il pas « qu’il est un génie équilibré » notamment puisqu’il a gagné les élections dès son premier essai. Michel Wolff rapporte d’ailleurs qu’il ne souhaitait pas vraiment gagner mais plutôt profiter de la campagne électorale pour en tirer des bénéfices personnels.

Dans leur excellent livre One Nation after Trump, les trois auteurs, EJ Dionne Jr, Norman Ornstein et Thomas Mann, reviennent assez largement sur cette élection qui n’est pas un phénomène isolé mais plutôt un événement qui ponctue une évolution engagée il y a déjà longtemps, depuis l’arrivée de Ronald Reagan et sa révolution conservatrice.

Ils rapportent un fait majeur : Hillary Clinton a plutôt gagné dans les zones économiquement avancées et Donald Trump dans celles qui sont plutôt rivées sur la vieille économie. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : Hillary Clinton a gagné 472 comtés qui représentent environ 64 % du PIB alors que Donald Trump a, lui, gagné 2584 comtés représentant donc 36 % du PIB. Les comtés gagnés par Hillary Clinton ont dégagé un PIB/habitant supérieur à 70 % aux comtés gagnés Donald Trump.

Hillary Clinton a remporté 88 des 100 comptés les plus peuplés. Par comparaison, Al Gore avait remporté 187 comtés de plus qu’Hillary Clinton mais dont le total représentait seulement 54 % du PIB.

De manière anecdotique, les comtés gagnés par Donald Trump représentent 84 % de la surface du pays ce qui donne une impression sur la carte ci-dessous de victoire écrasante (en bleu, les comtés gagnés par Hillary Clinton et en rouge ceux gagnés par Donald Trump). C’est peut-être sur cette impression que Donald Trump pense qu’il a gagné largement ces élections.

8 janvier 2018 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Organisation du temps : chacun sa méthode et Donald Trump la sienne

Donald Trump avait prévenu.

  1. Il ne quitterait pas la Maison Blanche car il serait si occupé à défendre les intérêts des Américains qu’il n’en aurait pas le loisir
  2. Il travaillerait sans relâche pour « Make America Great Again ».

La consultation de son emploi du temps officiel semble montrer qu’il n’a pas lu la fable de La Fontaine Le Laboureur et ses enfants :

« Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins ».

Résultat, il a passé près d’une journée sur trois dans ses propriétés et/ou sur un terrain de golf. Et si l’on en croit un article publié par Axios et les éléments rapportés par Michael Wolff Fire and Fury, Inside the White House, ses journées sont plutôt courtes et souvent occupées à regarder la télévision.

Sieste ou pas sieste, telle est la question ? On le sait, la sieste a longtemps été synonyme de fainéantise. Mais il semblerait qu’elle fasse son retour en grâce. Sur cette question, de nombreux présidents l’ont adopté comme un moyen régénérateur pour mieux travailler dans la deuxième partie de la journée.

Au cours de son mandat, qu’il a commencé à 70 ans (comme Donald Trump), Reagan avait régulièrement prévu des siestes en fin d’après-midi afin d’être ragaillardi pour les dîners officiels. En guise de boutade, Reagan disait « Peu importe l’heure, réveillez-moi, même si c’est au milieu d’une réunion du cabinet ».

George W. Bush, un autre habitué de l’art de la table, admettait que même s’il faisait une sieste en milieu de journée. Lyndon Johnson faisait une sorte de 2 X 8 : Il se levait à 6 h 30 ou à 7 heures, il lisait les journaux, puis travaillait jusqu’à 14 heures. Le premier quart terminé, il faisait un peu d’exercice, puis une sieste de 30 minutes. Il se réveillait vers 16 heures pour son « deuxième quart » de la journée, travaillant parfois jusqu’à 1 ou 2 heures du matin.

JFK opérait selon un calendrier similaire. Mais il déjeunait dans son lit, faisait une sieste, puis prenait un bain. À 15 h 30, il est retourné au travail jusqu’à 19 h 30.

Selon un article publié par le site Axios sur son emploi du temps, le président Trump commence sa journée officielle beaucoup plus tard que dans les premiers jours de sa présidence, souvent vers 11 heures, et a tenu beaucoup moins de réunions, selon des copies de son agenda privé. C’est en grande partie pour répondre aux demandes de Trump pour plus d’« Executive Time », ce qui signifie dans le langage codée de l’administration Trump regarder la télévision et Twitter temps seul dans ses appartements privés.

Les horaires qui ont été montrés à Axios sont différents de ceux qui ont été rendus publics aux médias et au public. Ceux-ci montrent que Trump a une tranche horaire « Executive Time » dans le bureau ovale tous les jours de 8h à 11h, mais la réalité est qu’il passe son temps à sa résidence, à regarder la télévision, à passer des appels téléphoniques et à tweeter. Trump revient pour sa première réunion de la journée, qui est souvent un briefing de renseignement, à 11h du matin.

Toujours selon Axios, les jours de Trump dans le Bureau Ovale sont relativement courts – de 11h à 18h, puis il est de retour dans ses appartements privés. Pendant ce temps, il a généralement une réunion ou deux, mais passe beaucoup de temps à faire des appels téléphoniques et à regarder la télévision dans la salle à manger jouxtant le Bureau Ovale. Puis il est de retour à la résidence pour plus d’appels téléphoniques et plus de télévision. Donc beaucoup de temps devant la télévision.

Exemple d’horaires de la semaine dernière :

Mardi, Trump a sa première réunion de la journée avec le chef d’état-major John Kelly à 11h. Il dispose ensuite d’un « Executive Time » d’une heure suivi d’un déjeuner d’une heure dans la salle à manger privée. Puis une autre heure de 15 minutes de « temps exécutif » suivie d’une réunion de 45 minutes avec le conseiller à la sécurité nationale, H.R. McMaster. Ensuite, 15 minutes de « temps exécutif » avant Trump prend sa dernière réunion de la journée – une réunion à 15h45 avec Johnny DeStefano, head of Presidential Personnel – avant de terminer sa journée officielle à 16h15.

Les autres jours sont assez similaires, à moins que le président ne voyage, auquel cas les jours sont plus longs. Mercredi, cette semaine, par exemple, le président se réunit à 11 heures pour son briefing sur le renseignement, puis il a un « temps exécutif » jusqu’à une réunion à 14 heures avec le Premier ministre norvégien. Son dernier devoir officiel : un enregistrement vidéo à 16h.

Le jeudi, le président a un horaire particulièrement léger : « Policy Time » à 11h, puis « Executive Time » à 12h, puis déjeuner pendant une heure, puis « Executive Time » à partir de 13h30.

Le programme de Trump n’était pas toujours comme ça. Dans les premiers jours de l’administration Trump, il commençait plus tôt et terminait plus tard.

En réponse à l’article publié par Axios, la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a déclaré :

« Le temps du matin est un mélange de temps de résidence et de temps dans Bureau Ovale, mais il a toujours des appels avec le personnel, les membres du Congrès, les membres du cabinet et les dirigeants étrangers pendant cette période. Il a passé de longues heures et de longues journées presque tous les jours de la semaine, tout au long de l’année. Il a été noté par les journalistes à maintes reprises qu’ils souhaiteraient qu’il ralentisse parce qu’ils ont parfois du mal à le suivre ».

Pour ajouter une peu à cette description pour le moins étonnante, Michael Wolff dans son livre Fire and Fury, Inside the White House apporte des éléments complémentaires piquants :

Trump, in fact, found the White House to be vexing and even a little scary. He retreated to his own bedroom — the first time since the Kennedy White House that a presidential couple had maintained separate rooms. In the first days, he ordered two television screens in addition to the one already there, and a lock on the door, precipitating a brief standoff with the Secret Service, who insisted they have access to the room. He ­reprimanded the housekeeping staff for picking up his shirt from the floor: “If my shirt is on the floor, it’s because I want it on the floor.” Then he imposed a set of new rules: Nobody touch anything, especially not his toothbrush. (He had a longtime fear of being poisoned, one reason why he liked to eat at McDonald’s — nobody knew he was coming and the food was safely premade.) Also, he would let housekeeping know when he wanted his sheets done, and he would strip his own bed.

If he was not having his 6:30 dinner with Steve Bannon, then, more to his liking, he was in bed by that time with a cheeseburger, watching his three screens and making phone calls — the phone was his true contact point with the world — to a small group of friends, who charted his rising and falling levels of agitation through the evening and then compared notes with one another.

 

 

8 janvier 2018 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Qu’est-ce qu’un génie ?

Commençons par la définition du dictionnaire : « Du latin genius, de genere qui signifie « produire ». Le génie désigne dans le domaine des beaux-arts une personne capable d’une production artistique à nulle autre pareille, ce qui la rend absolument singulière et donc inimitable. Le génie est donc l’artiste par excellence, le créateur absolu d’un style ».

Si l’on applique cette définition à l’art de la politique, on peut effectivement conclure que Donald Trump est génie. Il a su créer un style inimitable, heureusement d’ailleurs. On ne peut que constater que cette définition ne porte pas de jugement sur la qualité, la beauté, l’harmonie, la pureté ou encore l’esthétique. « Mais peut-on en vouloir au nouveau président d’être ce qu’il est : stupide, ignorant, moralement répugnant ? s’interroge Paul Auster (America, hiver 2018, le Grand entretien). N°45 représente tout ce qui me dégoûte dans l’humanité, poursuit l’auteur de Moon Palace. Ce qui me trouble le plus, ce n’est pas tant que de tels personnages existent, mais qu’ils puissent devenir président des États-Unis ».

Michael Wolff a réussi son coup avec son livre Fire and Fury, en partie grâce à Donald Trump. Depuis la sortie anticipée de son livre, il occupe la scène médiatique et passe sur tous les plateaux. Incapable de contenir ses impulsions, Donald Trump a d’abord fait envoyer un courrier par ses avocats demandant d’arrêter la sortie en librairie du livre. Fait totalement inhabituel aux États-Unis où la liberté d’expression, sacralisée par le 1er amendement, est intouchable.

Cette initiative n’a fait qu’aviver l’intérêt des médias et du public. Du coup, le livre s’arrache dans les librairies d’autant que ce n’est pas un ouvrage d’analyse politique, mais plutôt de simple description du fonctionnement de la Maison Blanche et du comportement de son principal hôte. Donc un ouvrage facile à lire plein d’anecdotes croustillantes pas toujours factuelles d’ailleurs aux dires de certains médias. Mais n’est-ce pas Donald Trump qui a commencé ce jeu insensé de s’affranchir de la vérité et des faits en créant – preuve encore de son génie… malfaisant – la catégorie des faits alternatifs et en attaquant tous ceux qui pensent différemment de colporter des Fake News. C’est donc l’histoire de l’arroseur arrosé. Et d’après les premiers retours, les ventes ne concernent pas seulement que les seuls endroits peuplés de démocrates et de liberals. Tous les États-Unis semblent touchés par cette vague qui pourrait avoir quelques effets dévastateurs.

Conforme à son comportement hautement irréfléchi et volcanique, Donald Trump s’est fendu de quelques tweets pour attaquer ses démons, Hillary Clinton, les démocrates, les mainstreams médias, mais aussi pour se rassurer et rassurer les Américains : « Je ne suis pas seulement intelligent, je suis un génie » a-t-il tweeté à 8 heures.

Selon Michael Wolff qui a effectué plus de 200 interviews dans l’entourage proche de Donald Trump à la Maison Blanche, tous sans exception affirment que Donald Trump se comporte comme un enfant, qu’il est un idiot et qu’il est totalement incapable d’assumer la fonction de président. Donald Trump réfute le fait d’avoir parlé avec Michael Wolff. Peut-être n’avait-il pas compris que Michael était en train de l’interviewé.

6 janvier 2018 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Jobs, Jobs, Jobs ?

Donald Trump se targue que niveau de chômage est à son plus bas niveau depuis 17 ans, c’est juste et les Américains ne peuvent que s’en féliciter : 4,1 % de la population active. Mais on peut aussi présenter la situation d’une autre manière tout aussi juste. Sur l’année 2017, l’économie américaine sous l’ère Trump a créé à peine plus de 2 millions d’emplois. Pour le dire de manière polémique, c’est le niveau le plus faible depuis 2010. De manière un peu plus objective, ces statistiques s’inscrivent dans la continuité depuis 2010 avec un niveau de création comparable avec les années passées, à l’exception de l’année 2014 où l’économie américaine a été particulièrement dynamique dans ce domaine avec près de 3 millions d’emplois créés.

Donald Trump se vante d’une croissance revigorée, sans doute. Sensiblement supérieure à celle des dernières années, mais qui finalement ne se traduit pas réellement dans un surplus de création d’emplois. La réforme fiscale que vient de voter le Congrès, en réduisant notamment le taux d’imposition sur les bénéfices de 35 à 21 %, fait le pari du phénomène dit de ruissellement (Trickle-down economics) qui n’a jamais été démontré et est plutôt contredit par la majorité des économistes. Une enquête menée par l’université de Chicago auprès de 42 économistes renommés (Out of 42 top economists, only 1 believes the GOP tax bills would help the economy) montrait qu’un seul considérait que cette réforme fiscale aurait un effet bénéfique sur l’économie et les salaires. En revanche, ils s’accordaient sur le fait qu’elle aura un effet très négatif sur le déficit et la dette.

Statistic: Real GDP growth of the United States from 1990 to 2016 | Statista

6 janvier 2018 Posted by | Général | Laisser un commentaire