maison blanche

La nouvelle donne

Une administration sans administrateurs

L’organisation du Spoil System (systèmes des dépouilles) avait été conçue et mise en œuvre pour la première fois par Andrew Jackson sous l’appellation Policy of Rotation (politique de dépouilles) avait pour but de prévenir ce qu’il appelait la corruption bureaucratique et de revivifier en permanence la fonction publique (Les présidents des Etats-Unis – George Ayache – Perrin). Cette initiative qui s’est installée depuis près de 200 ans entraîne le remplacement des hauts fonctionnaires à chaque arrivée de nouveaux présidents. Elle présenterait l’avantage d’organiser une administration qui mettent en œuvre les politiques décidées par les élus. Sauf que désormais, il s’agit de nommer près de 4 000 personnes dont 1200 doivent être confirmées par le Sénat (556 membres de l’Exécutif).

Donald Trump qui avait peu de contacts dans le monde politique et encore moins dans l’administration et qui ne s’attendait sans doute pas à être élu, est très en retard dans la nomination des hauts fonctionnaires. Selon l’organisation Partnership for Public Service, une organisation à but non lucratif, sur les 556 postes à haute responsabilités, 24 personnes seulement ont été confirmées et aucune proposition n’a encore été faite pour 468 postes. Une situation nettement moins bonne que celle des précédentes administrations et qui avait fait dire à David Brooks, éditorialiste du New York dans une tribune (What a Failed Trump Administration Looks Like) : Imagine the Roman Empire governed by Monaco. Mais qu’on se rassure, Ivanka Trump et Jared Kushner, la fille et le gendre du président, veillent au grain.

26 avril 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

L’ADHD de Donald Trump

Donald Trump serait-il atteint d’Attention deficit hyperactivity disorder (ADHD)[1] ou trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité ? A défaut de réalisations concrètes et aucune loi passée au Congrès où pourtant il aurait la majorité dans les deux chambres, Donald Trump et sa famille ont réussi au moins une chose : saturer l’espace médiatique. Plutôt de manière négative mais peu importe c’est là un exploit qui doit satisfaire son égo et sa personnalité narcissique. Dans leurs présentations respectives, David Cay Johnston (The Making of Donald Trump) et Tony Schwartz (le « nègre » du best-seller The Art of the Deal) ont tous deux mis l’accent sur la difficulté de Donald Trump à centrer son attention sur un sujet très longtemps.

L’observation des dernières semaines montre clairement une succession d’initiatives fortes mais le plus souvent sans lendemain lancées parfois de manière impromptue et imprévue. Après l’échec du Trumpcare qui devait remplacer l’Obamacare dès la première semaine de présidence, Donald Trump a porté son attention sur la Syrie en ordonnant le lancement de 59 missiles Tomahawk sur le gouvernement de Bachar Al-Assad. Alors qu’ici, l’ennemi principal ennemi était ISIS (Daesh). Une frappe sans lendemain dont l’objectif stratégique n’a jamais était clairement exposé mais qui était seulement destiné à punir le gouvernement syrien d’avoir utilisé des armes chimiques. Quatre ans plus tôt, dans des circonstances comparables mais bien plus lourdes (on ne rentrera pas dans la comptabilité macabre du nombre des victimes), Donald Trump avait intimé son prédécesseur de ne surtout pas intervenir en Syrie.

En même temps, Donald Trump reçoit son alter ego chinois dans son club privé de Mar-a-Lago et changé à 180° sa perception de la Chine, devenu un partenaire fréquentable qui ne manipule plus sa monnaie et qui peut aider dans la crise Nord-Coréenne. C’est d’ailleurs pendant le dîner que Donald Trump a annoncé à son hôte de l’attaque sur la Syrie. Puis, l’OTAN qui était obsolète ne l’est plus.

Quelques jours plus tard, ce fut la crise Nord-Coréenne avec des déclarations directes et un peu va-t-en guerre face au fou dictateur, à moins que ce soit l’inverse, de Pyongyang. Déclarations appuyées par le lancement de la bombe conventionnelle la plus forte jamais larguée sur un cache terroriste en Afghanistan comme preuve de sa détermination ou de sa folie (une déclination de l’idée du madman théorisée par Nixon[2]) à appuyer sur la gâchette. Un épisode resté sans lendemain d’autant que le jour du 105e anniversaire du grand-père du dictateur fou qui devait être l’occasion de faire un nouveau test nucléaire ne s’est pas réalisé. Il ne fait nul doute que la Corée du Nord ne l’a pas repoussé aux calendes grecques.

Ce fut à nouveau le repeal and replace de l’Obamacare qui tel le Phoenix devait renaître de ses cendres. Opération de communication sans lendemain. Entre temps, à la surprise générale, même de ses proches collaborateurs dont le ministre des finances, Donald Trump nous annonce qu’il va annoncer sa réforme fiscale le mercredi 26 avril. Peu avant Steve Mnuchin avait déclaré : « Tax reform is way too complicated ».

Entre temps, Donald Trump a relancé l’idée de son mur pour éviter que les violeurs Mexicains ne déferlent sur les Etats-Unis en demandant cette fois au Congrès de trouver le financement. Alors qu’il avait répété à l’envi que les Mexicains paieraient pour le mur. Hors de questions pour ceux parmi les républicains qui se veulent les gardiens de la rigueur budgétaire. Bon, on reparlera du mur en septembre.

Après avoir été stoppé dans sa deuxième version de son Muslim Ban, Donald Trump vient de subir un nouvel affront d’un juge qui bloque cette fois le décret sur les sanctuary cities.

Sur cette période, Donald Trump a signé 25 Executive Orders, plus qu’aucun président depuis la deuxième Guerre mondiale. Quelle est la raison de cette frénésie d’initiatives désordonnées ? Cette semaine sera celle de tous les dangers et se ponctuera par la fin de la période des 100 premiers jours, une échéance qui n’a aucune existence officielle mais qui revient à chaque premier mandat de chaque présidence depuis Franklin Roosevelt. Celle-ci constituant le marqueur avec lequel les médias comparent les présidents. Et donc les présidents veulent s’en sortir au mieux. Avec la date qui se rapproche, Donald Trump a pris ses précautions en tweetant que c’était là une idée très arbitraire, qui n’avait pas grand sens (il a plutôt raison car s’il accomplissait quelque chose de grand au 102e jour, cela ne changerait rien) d’autant que quel que soit le résultat les failing medias ne manqueraient pas de dire que les 100 premiers jours de Trump sont un échec. Il a encore raison. Mais comment dire autrement !

 

[1] Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité est un trouble neurobiologique caractérisé par des difficultés de concentration qui peut s’accompagner ou non d’hyperactivité ou d’impulsivité. Il en existe des manifestations mixtes, certaines où l’impulsivité et l’instabilité sont dominantes, d’autres où les troubles avec inattention dominent.

[2] The madman theory was a feature of Richard Nixon’s foreign policy. He and his administration tried to make the leaders of hostile Communist Bloc nations think Nixon was irrational and volatile. According to the theory, those leaders would then avoid provoking the United States, fearing an unpredictable American response (source : Wikipedia)

26 avril 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Donald Trump gagnerait les élections

Oui ce titre est très étrange puisque Donald Trump a gagné les élections. Et pourtant cinq mois et demi après les élections, Donald Trump revient encore sur cette opposition avec Hillary Clinton en affirmant qu’il gagnerait le vote populaire contre son opposant. C’est vraiment une bizarrerie qui fait que l’hôte de la Maison Blanche a encore d’affirmer que le jour de l’inauguration était le plus grand de toute l’histoire des Etats-Unis, qu’il battrai Barack Obama, Hillary Clinton, tant au niveau des grands électeurs que du vote populaire. Bref, que penser d’une telle obsession alors qu’il y a tant de sujet à traiter. Est-ce le signe d’un manque de confiance ? Peu probable. D’un narcissisme maladif, peut-être. D’un triomphalisme permanent, sans doute.

24 avril 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Réforme fiscale ! Quelle réforme fiscale ?

Après l’échec du Trumpcare, Donald Trump a besoin d’un réel succès, peut-être pour lui et son égo que pour les Américains. Une pression accentuée par le rapprochement de cette date limite des 100 premiers qui intervient le vendredi 2017.Fidèle à ses habitudes, il a annoncé qu’il présenterait une réforme fiscale au ministère des finances devant des hauts fonctionnaires de cette administration apparemment surpris, y compris le ministre lui-même. Annonce qu’il a bien sûr d’un tweet. Quelle sera donc cette réforme fiscale ? Que l’on ne s’inquiète pas car n’avait-il pas annoncé qu’il connait si bien le système fiscal qu’il peut le réformer à lui seul.

Ce mercredi, le président tiendra donc une conférence de presse pour détailler son projet. Le principe de base est simple : réduire les impôts sur les bénéfices des entreprises, pour éviter qu’elles délocalisent et laissent dormir des bénéfices accumulés au fil des ans dans les paradis fiscaux, et des particuliers, surtout les plus fortunés afin qu’ils puissent investir dans l’économie et créer des emplois. Ça c’est pour la théorie. Le problème est que la baisse des impôts est séduisante pour certains, tout particulièrement pour ceux qui seront directement touchés par ces baisses mais qu’elle aura des conséquences directes sur le déficit et sur la dette.

Sur le premier point, le budget proposé par Donald Trump demande une augmentation du budget de défense de plus de 50 milliards de dollars (environ 9 %) loin d’être compensée par les baisses dans d’autres domaines même si elles sont parfois drastiques. L’agence pour l’environnement (EPA) voit ses dépenses réduites de plus de 30 %.

Quant à la dette, il se trouve que la même semaine de cette réforme fiscale ; Donald Trump va devoir demander au Congrès de voter l’augmentation du plafond de la dette. Celle-ci atteint le montant considérable de 19 000 dollars, un peu plus que le PIB de 2016. Le vote devra être fait jeudi 28 avril.

Lors des précédents épisodes comparables, en 2011 et 2013, le congrès alors à majorité républicaines avait menacé de ne pas la voter en essayant de marchander des coupes budgétaires de la part d’Obama. Un article publié par US News & World Report rappelait récemment les conséquences de ces gesticulations : une perte de 1,3 milliard en 2011 suite à des mauvais emprunts et plusieurs dizaines de millions de dollars en 2013 ainsi qu’une baisse de la note des Etats-Unis de la part des institutions de notation financière, une première. Donald Trump avait alors copieusement critiqué les élus républicains.

Ironie de l’histoire, c’est maintenant lui va devoir engager la démarche et demander aux républicains de voter cette augmentation la même semaine où il va donc présenter sa réforme fiscale et peu après l’échec du « repeal & replace » de l’Obamacare, une opération sensée faire faire des économies. La réforme de la santé était beaucoup plus complexe que ce qu’on pouvait penser avait déclaré Donald Trump en s’adressant aux gouverneurs. La réforme est sans doute plus complexe. C’est ce qu’avait déclaré Steven Mnuchin, le ministre des finances, qui normalement doit savoir ce dont il parle : « la réforme est bien trop compliquée » le même jour où Donald Trump annonçait sa réforme fiscale pour ce mercredi. Mais peut-être n’en a-t-il pas encore conscience. Toujours est-il qu’il devrait être confronté à des républicains adeptes de la rigueur budgétaire qui ne seront pas vraiment convaincus de toutes ces initiatives.

24 avril 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Les élections françaises vues des médias américains

Cette année, les élections françaises suscitent un intérêt particulier dans les médias américains. D’abord, elles sont plus difficiles à défricher que par le passé où deux grands partis s’affrontaient, souvent comparés aux démocrates et aux républicains, auxquelles s’est durement ajouté l’extrême-droite. Ensuite, elles s’inscrivent dans une série d’élections fondues sous le double signe du nationalisme et du populisme. Il y a d’abord eu le Brexit qui mettait un coin dans la construction européenne et permettait aux Américains de voir dans le Royaume-Uni un allié revenant au bercail de l’alliance historique anglo-américaine. Puis quelque moins, l’élection de Donald Trump contre le souhait et toutes les prédictions de la quasi-totalité des médias américaines. Dans ces conditions, comment lire les élections présidentielles 2017 car les schémas habituelles droite-gauche ne sont plus suffisant pour comprendre les phénomènes ? Les Français vont-ils tomber dans le populisme de Marine Le Pen dont les médias ne se risquent pas affirmer qu’elle ne sera pas élue. Chat échaudé craint l’eau froide !

La candidate de l’extrême-droite Marine Le Pen attire l’attention du New York Times (Attack on Champs-Élysées Injects More Uncertainty Into French Vote ; A Guide to the French Vote (and How It Relates to ‘Brexit’ and Trump) en raison des thèmes défendus par le Front National et qui font écho à certains développés avec subtilité par Donald Trump : « Beaucoup de Mexicains qui viennent illégalement aux Etats-Unis sont des violeurs, il faut donc construire un mur et le faire payer par le Mexique ». Autant dire qu’il n’y aura pas de mur que de toute façon les Mexicains n’auraient pas financé.

Of the candidates, Ms. Le Pen has arguably drawn the most attention from journalists, because of her hard-line stance on immigration, her grim warning that a declining France is losing its identity and her party’s record with Jews and Muslims, among other communities.

Le quotidien ne peut évidemment pas faire l’économie s’interroger sur l’effet possible de l’attaque terroriste de jeudi soir sur les Champs-Elysées citant une déclaration de Marine Le Pen qui reprend un thème cher à Donald Trump :

“For 10 years, under the governments of left and right, everything has been done to make us losers,”

La grille de lecture du très sérieux Foreign Affairs (France’s Election Is Trump vs. Merkel vs. Modi vs. Corbyn ; The French are still undecided – and, increasingly, the rest of the world is, too) ne reprend pas le traditionnel clivage droite-gauche mais utilise un positionnement selon deux critères : l’identité nationale (cosmopolitan identity) et la mondialisation de l’économie (Globalized economy). Sur le quadrant politique à 4 cases qui couvre l’ensemble de l’échiquier politique, il positionne les 4 principaux candidats. Plus de place pour d’autres candidats donc. De fait, l’article ne mentionne pas Benoit Hamon, représentant du parti socialiste qui constitue l’armature de la gauche depuis près d’un demi-siècle. D’ailleurs, le candidat du PS qui représente le parti du président qui ne se représente pas – un première dans la 5e république –  et le parti du président en place va peut-être se retrouver au niveau historiquement bas (5 %) de Gaston Deferre et de la SFIO aux élections de 1969.

22 avril 2017 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire

Les élections françaises vues des Etats-Unis

Les commentateurs de l’émission Morning Joe sur MSNBC parlent en priorité des candidats de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche, Marine Le Pen (prononcé le Pein) et Jean-Luc Mélenchon et s’appesantissent sur la première en la comparant à son père. Mais plus qu’un séparation droite-gauche, ils font remarquer à juste titre qu’il s’agit plutôt d’une scission entre les pro et les anti européens. Les deux candidats suscités étant ceux qui représentent le mouvement anti-européen et les autres (parmi les 5 « grands ») sont ceux qui soutiennent l’Europe. Les soutiens de Le Pen feront remarquer qu’ils ne sont pas contre l’Europe mais contre cette Europe, contre l’Union européenne, contre Bruxelles, contre l’Euro, contre une quelconque construction pouvant évoluer vers une forme quelconque d’une Europe fédérale.

 

18 avril 2017 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire

Taxer plus les riches et les entreprises

Le discours ambiant actuel, celui que dissémine les républicains, Donald Trump le premier, serait qu’il faudrait à tout prix baisser les taxes. C’était d’ailleurs le discours récurrent du Tea Party, dont on n’entend plus beaucoup parler ces derniers temps. Le sujet est d’actualité car, après avoir échoué à faire passer sa nouvelle loi sur l’assurance santé pour « repeal and replace » l’Obamacare, Donald Trump avait indiqué qu’il passerait à autre chose. Cette autre chose était un nouveau système fiscal qualifié de complexe par la candidat Trump mais qu’il pourrait régler lui tout seul.

C’est alors que la Syrie, puis la Corée du Nord s’est invité dans l’agenda du président remettant à plus tard la réforme fiscale. Par ailleurs, le Sénat avait pris ses quartiers de printemps pendant deux semaines de telle sorte que le sujet était passé un peu à la trappe.

Et puis la Tax March organisé le 15 avril dernier par le Tax March Organization (http://taxmarch.org) a remis le sujet sous les feux de l’actualité en organisant des marches dans plus de 180 lieux à travers tout le pays. Cet évènement précédait de trois jours le Tax Day, c’est-à-dire le jour où les Américains doivent déclarer leurs revenus à l’IRS[1]. Avec en sujet connexe, la publication de la déclaration des revenus de Donald Trump et le problème des conflits d’intérêt.

Sur le premier point, Donald Trump, via son porte-parole, remettait la question à plus tard arguant du fait que ses comptes étaient sous audit et qu’il fallait attendre. Sur le second, qui est sans doute lié au premier, l’actualité récente a été relativement calme sans informations nouvelles. Mais le sujet est loin d’être clos et il ressortira un jour ou l’autre. Mais la mise en place d’un nouveau système fiscal pourrait évidemment profiter aux affaires de Donald Trump – qui ne s’en priverait pas – et de sa famille, sa fille Ivanka, son gendre Jared Kushner et les membres de son cabinet qui font partie du club des milliardaires.

Mais contrairement aux idées reçus largement véhiculées, les Américains ne sont pas hostiles à une taxation plus élevée pour les riches et pour les grandes entreprises. A l’inverse, ils pensent que la pression fiscale sur les classes moyennes est trop élevée : 51 % contre 40 % qui pensent le contraire. Il faut remonter à 2001 pour se situer dans une situation pareille. De même, plus de 6 sur 10 considèrent que les grandes entreprises ne payent pas assez d’impôts sur les sociétés. Donald Trump avait indiqué dans son programme qu’il les baisserait pour que les entreprises puissent créer plus d’emplois. Ce qui 1) n’est pas prouvé et 2) n’a pas le soutien de la majorité des Américains et 3) suscitent une interrogation chez les élus qui voudraient être sûrs que cette réforme ne soit pas conçue pour favoriser les intérêts particuliers de la famille Trump mais bien dans l’intérêt général.

 

Robert Reich était ministre du travail de Bill Clinton de 1993 à 1997

[1] L’Internal Revenue Service (IRS) est l’agence du gouvernement fédéral des États-Unis qui collecte l’impôt sur le revenu et des taxes diverses — sur l’emploi, impôt sur les sociétés et successions notamment — et fait respecter les lois fiscales concernant le budget fédéral des États-Unis. L’agence est rattachée au département du Trésor des États-Unis (Source : Wikipedia)

18 avril 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Frapper d’abord, réfléchir ensuite (peut-être)

Le 6 avril dernier, en réaction à l’utilisation d’armes chimiques sur les populations civiles, Donald Trump a décidé de lancer 59 missiles Tomahawk sur la base de laquelle était parti les avions syriens. Une décision prise sur le compte de l’impulsivité et sous l’influence de sa fille Ivanka (aux dires de plusieurs médias américains). N’y voir aucun lien avec une quelconque stratégie.

Depuis cette frappe, rien. Aucune explication d’un quelconque plan pour résoudre la crise syrienne. En outre, DJT s’est même lancé sur un autre théâtre d’opération, celui de l’Asie en larguant la plus grande bombe conventionnelle jamais fabriquée et baptisée du nom de la « mère de toute les bombes ». Là encore, un coup unique pour montrer au monde sa détermination. C’est le message qu’a porté Mike Pence en visite en Corée du Sud en déclarant que l’ère de la « patience stratégique » était finie et que « les Etats-Unis ont toujours été à la recherche de la paix via la force ». « Il ne faut pas tester la détermination de Donald Trump » a-t-il averti aux Nord-Coréens et peut-être par procuration aux Chinois.

Quelle serait donc la politique étrangère de DJT qui permettrait de suppléer la « patience stratégique » de son prédécesseur et l’échec qui l’accompagnerait ? Jusqu’ici on ne voit pas trop car sur tous les fronts, Trump a dit tout et son contraire, sur quasiment tous les sujets. Lors de la conférence conjointe avec le roi Abdullah de Jordanie, il s’est présenté comme quelqu’un de très flexible. Ce qu’on savait déjà si l’on en juge par son affiliation partisane changeante. DJT a été républicains, démocrates, indépendants, plusieurs fois. On a pu également s’en apercevoir par ses changements de pied sur tous les sujets majeurs : Chine, Russie, Syrie… Quand un journaliste lui demande lors de la conférence conjointe avec Netanyahu s’il est favorable à un Etat ou deux Etats, il répond de manière désinvolte « la solution qui conviendra le mieux aux deux parties ».

Alors qu’on s’approche du terme des 100 premiers jours (le 29 avril), il faut s’attendre à un tweet du style :

Qui ne fera que prolonger celui déjà publié au terme de ses 90 jours

La politique étrangère de DJT pourrait donc être résumé par le slogan : Frapper d’abord, réfléchir ensuite (éventuellement). Cette logique semble donc être en ligne avec l’opinions des Américains : 58 % approuvent la frappe sur le Syrie en réponse à l’usage des armes chimiques (contre 36 %) selon un sondage réalisé par le Pew Research Center mais 61 % pensent qu’il n’a pas de stratégie pour la Syrie (contre 32 %). La déclinaison républicain / démocrate est très différente : 77 % des républicains approuvent cette frappe contre 45 % des démocrates ; 61 % des républicains pensent qu’il a un plan contre 85 % des démocrates qu’il n’en n’a pas. Un sondage réalisé plus récemment par Yougov, 62 % des Américains pensent que DJT va commencer une guerre contre la Syrie.

Barack Obama avait hérité des deux guerres de George W. Bush et les avaient terminées (peut-être pas dans les meilleures conditions mais quelles étaient ses marges de manœuvre ?). On pourra donc de nouveau avoir un candidat républicain lancer les Etats-Unis à une nouvelle guerre, peut-être deux, et de laisser son successeur s’en débrouiller. Il est vrai qu’avec quatre généraux dans son cabinet, les chances sont encore plus élevées. Sachant que normalement le président doit avoir le soutien du Congrès. Mais Donald Trump s’en soucie-t-il le moins du monde ? Et les républicains du Congrès auront-t-il l’audace de critiquer le président sur ce point très sensible ? Pas sûr.

17 avril 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire