maison blanche

La nouvelle donne

Trump président élu semaine 1


Après avoir totalement sonné par l’élection de Donald Trump, il faut reprendre ses esprits et prendre acte de la décision des électeurs Américains. Il faut remarquer en passant que les résultats officiels n’ont toujours été publiés. Au niveau des grands électeurs, le Michigan est toujours dans le gris – ni rouge, ni bleu – et ses 16 grands électeurs n’ont pas encore été affectés à l’un ou l’autre des deux candidats. Mais l’élection de Donald Trump est assurée puisqu’il a passé la barre fatidique des 270 grands électeurs. Il faut néanmoins rappeler qu’en voix populaires, l’écart entre les deux candidats augmente en faveur d’Hillary Clinton.

Le New York Times (Presidential Election Results: Donald J. Trump Wins) comptabilise 62 391 335 voix soit 48.0% pour Hillary Clinton et 61 125 956 votes (47.0%) pour Donald Trump. Il faut se souvenir qu’après les élections on parlait de seulement 200 000 voix. Si dès la publication des résultats, un tel écart de plus de 1,2 million de voix avait été avancé, il aurait sans doute marqué plus les esprits. Et d’ailleurs, il devrait continuer de se creuser.

Le site The American Presidency Project qui constitue une référence attribue 62 638 346 (47.8%) à Hillary Clinton et 61 419 832 voix (46.9%) soit également 1,2 million de voix de différence. Après son premier discours lendemain de sa défaite, une sorte de figure imposée, Hillary Clinton est revenue sur sa défaite dans une adresse plus personnelle où elle montre bien que le coup a été dur. Mais au-delà du fond, on ne peut qu’être surpris par la forme – plus naturelle et sincère, et la différence entre l’avant et l’après : Hillary Clinton semble avoir pris dix ans e, dix jours. Il est vrai qu’après une campagne de 18 mois, la candidate a des raisons d’être fatiguée, physiquement et psychologiquement.

Cette première semaine pleine d’après les élections du 8 novembre aura été consacré aux premières nominations. Annoncée le 11 novembre, l’équipe de transition est présidée par Mike Pence, le Vice-Président, assisté de Ben Carson, Chris Christie, Newt Gingrich, Michael Flynn, Rudy Giuliani et Jeff Sessions, tous nommés Vice-Présidents. A noté que les 16 membres qui constituent cette équipe, on compte Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, et Donald Jr, Eric et Ivanka, ses trois enfants. Le népotisme en marche ? (Dans la famille Trump, je demande le gendre !).

Quelques heures plus tard, exit Chris Christie, une information qui n’est pas relayée sur le site officiel du président élu greatagain.gov. Cette éviction est le résultat d’une lutte intestine qui opposait le gouverneur du New Jersey – empêtré dans l’affaire du Bridgegate – au gendre de Donald Trump. Le différend (Kushner vs. Christie: The nasty Trump transition fight that goes back a decade) remonte à 2004 et opposait Chris Christie, alors ministre de Justice du New Jersey, et Charles Kushner, le père de Jared (la colère est un plat qui se mange froid). Mike Rogers, proche de Chris Christie, et ex National Security Adviser, est également contraint à la démission dans une sorte d’effet collatéral. L’émission politique Morning de la chaîne MSNBC décrit comme plutôt bénéfique l’influence de Jared Kushner sur Donald Trump.

L’équipe de transition doit donc nommer les futurs responsables du cabinet et superviser la nomination des 4000 postes clés de l’administration Trump. C’est le fameux Spoil System qui constitue à nommer et remplacer les titulaires les plus importants de l’administration. C’est Andrew Jackson qui a été le premier à mettre en œuvre le Tenure Office Act qu’avait fait adopté en 1820 son prédécesseur James Monroe. L’idée est simple : il faut des fonctionnaires loyaux pour appliquer une nouvelle politique et le renouvellement limite les risques de corruption. Le site du président élu a publié un communiqué au titre surprenant sur le sujet (Help Wanted: 4,000 Presidential Appointees) comme si le futur locataire de la Maison Blanche a été surpris par cette tâche.

Il y est rappelé qu’il existe 4 types de positions : des nominations du président qui doivent être approuvé par le Sénat (Presidential Appointments with Senate Confirmation ; 1212 postes) et qui n’ont pas besoin de l’être (Presidential Appointments without Senate Confirmation ; 352 postes), des nominations de Non-career Senior Executive Service (680 postes) et des Schedule C Appointments (1403 postes). Soit un total de 3647 nominations à réaliser de préférence avant le 20 janvier date d’entrée en fonction du président élu.

Les premières nominations de cette semaine donnent déjà une tonalité. Reince Priebus, ancien président du parti Républicain et soutien de longue date contre son parti de Donald Trump qui est nommé Chief of Staff et Steve Bannon, nommé Chief Strategist et Senior Counselor to the President. Si la forme compte, c’est ce dernier qui est cité en premier dans le communiqué qui précise néanmoins qu’ils travailleront « as equal partners to transform the federal government ». Steve Bannon avait été nommé CEO de la campagne en même temps que Kellyanne Conway, devenait la troisième campaign manager. Trump avait dû reprendre ses vieux réflexes de The Apprentice : « You are fired ». Steve Bannon est le président du site de droite ultra-conservatrice Breitbart News très controversé pour ses positions de White Supremacist et antisémitiques.

Soutien de longue date de Donald Trump, le général trois étoiles Michael Flynn est nommé conseiller à la sécurité nationale (National Security Adviser), un poste très important qui ne fait pas parti du cabinet mais est très influent sur la politique du Département d’Etat, du Pentagone et d’autres agences. Pour sa part, Michael Flynn avait fait des déclarations également très polémiques, non politiquement correctes dirait Donald Trump. Autre nomination importante, celle de Mike Pompeo à la tête de la CIA.

Après quelques déclarations conciliantes, Elisabeth Warren, Sénateur du Massachusetts et porte-drapeau de l’aile droite du parti démocrate a repris sa position très offensive et comme d’habitude ne mâche ses mots.

1-semaine-1Parmi les curiosités de la semaine, Henry Kissinger qui prévoyait plutôt la victoire d’Hillary Clinton (The Lessons of Henry Kissinger) a rencontré Donald Trump. Ce dimanche, c’est au tour de Mitt Romney de rencontrer le président élu. Donald Trump qui ne voyait en Mitt Romney qu’un loser est-il prêt à composer ? De son coté, malgré ses propos incendiaires dans son discours de Salt Lake City, Mitt Romney est donc prêt à discuter. Est-ce juste pour prendre la température, pour accepter un poste (on parle du poste de Secretary of State) ou dire au futur président qu’il faudra compter sur lui pour 2020 ?

1-semaine-2

 

Le discours de Mitt Romney sur la campagne et sur Donald Trump
(the Hinckley Institute of Politics at the University of Utah)

Comment après avoir une telle déclaration anti-trump et contre sa politique,
Mitt Romney pourrait-il travailler avec lui ?

La réponse de Donald Trump

Dernière curiosité de la semaine, dans la class action qui l’opposait aux étudiants qui se fait floués par les mirages de la Trump Université, Donald Trump a accepté de payer 25 millions de dollars pour éviter le procès qui allait s’ouvrir dans une dizaine de jours à San Diego. Ce qui l’évite de l’embarras d’être inculpé dans un procès quelques jours seulement après son élection (Donald Trump Agrees to Pay $25 Million in Trump University Settlement). Donald Trump a dû modifier une de ses règles de conduite : ne changer rien concéder. L’affaire de Bill Clinton avec Monica Lewinsky parait bien légère à côté. Elle lui a pourtant valu le lancement d’une procédure d’Impeachment. Cette affaire est donc réglée mais il en reste bien d’autres et Donald Trump n’est peut-être pas au bout de ses peines (How 75 pending lawsuits could distract a Donald Trump presidency).

1-semaine-3

Parmi les sujets d’inquiétude, il y a la remise en cause du changement climatique qui a été vu comme une intoxication des chinois (Chinese hoax) mais il y a aussi la volonté exprimée par l’équipe Trump de revenir sur la loi Dodd-Frank que Barack Obama avait fait votée (Donald Trump’s Transition Team: We Will ‘Dismantle’ Dodd-Frank) et notamment la règle Volcker qui vise à limiter les investissements spéculatifs des banques. Mais comme Donald Trump avait dit aussi qu’il voulait revenir sur la Glass-Steagall Act qui séparait les banques d’affaires et les banques de dépôt, on ne sait pas trop à quoi s’en tenir.

Le slogan de campagne Make America Great Again de Donald Trump étant sans doute plus percutant que le Stronger Together un peu bisounours d’Hillary Clinton. Mais Jon Stewart fait remarquer que personne n’a demandé au président élu de définir ce qui fait que l’Amérique est Great. Car pour redevenir Great il faut bien l’avoir été. CQFD.

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19 novembre 2016 - Posted by | Général

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