maison blanche

La nouvelle donne

Conflits d’intérêt ? Quels conflits d’intérêt ?


Au-delà des questions politiques et des problèmes liés à la personnalité son comportement, Donald Trump pose deux défis majeurs : les affaires judiciaires en cours et à venir dans lesquels il est impliqué e les conflits d’intérêt contre ses affaires et sa nouvelle fonction qui ont, tous deux, une dimension sans précédent. Plus d’une centaine d’entreprises dans 18 pays parmi lesquels l’Arabie Saoudite, l’Indonésie, l’Inde, Panama, la Turquie, le Japon… Un courrier resté sans réponse à ce jour.

A plusieurs reprises, il avait indiqué qu’il confirait ses affaires à un blind trust qui serait dirigé par ses enfants. Un tel trust n’aurait évidemment rien de blind. Déjà, depuis l’élection, des cas concrets se sont posés. Une demande à Nigel Farage parce que des éoliennes pourraient gêner la perspective d’un golf en Ecosse. Quelques jours après l’élection, il reçoit des promoteurs indiens à qui il a cédé la licence de son nom pour la construction de deux tours dans la ville. Et les exemples de ce type se multiplient.

« La loi est entièrement de mon côté. Le président ne peut avoir de conflit d’intérêt » n’avait pas hésité à affirmer Donald Trump lors de son interview on the record avec le New York Times. Comme Donald Trump procède par affirmation sans preuve – mais à quoi servent les preuves – ou quelconque fondement (Hillary Clinton a été élu grâce aux voix de millions d’illégaux !) ou par raisonnement tautologiques (Clinton est coupable parce qu’elle a fraudé, Donald Trump ne peut avoir de conflit d’intérêt car le président ne peut avoir de conflit d’intérêt et Donald Trump est président).

Et pourtant il n’est pas besoin d’être spécialiste en éthique pour comprendre facilement que la situation à venir est sans précédent et qu’elle est la porte ouverte à un niveau de corruption jamais connu.

Car comment ne pas imaginer qu’il pourrait prendre des décisions concernant des pays étrangers en tenant compte de ses intérêts personnels. La Chine ou la Russie qui détiennent une partie importante de sa dette.

Dix-sept représentants démocrates de la commission House Oversight Comittee ont envoyé lundi dernier un courrier à son président Jason Chaffez pour lui demander d’examiner la question et s’assurer que le président n’enfreignait pas la loi. En août dernier, Chaffez avait promis une rigueur parfaite dans sa démarche de contrôle quel que soit le président. Les solutions ne sont pas simples mais même le Wall Street Journal milite pour qu’il se défasse des toutes ses activités. Il est peu probable qu’il le fasse.

Dans un éditorial, Paul Krugman explique pour la corruption est une notion importante. Pas seulement pour des raisons morales même si c’est là déjà un argument de poids mais parce que cette collusion d’intérêt peut avoir un impact sur les politiques intérieures ou étrangères. Concernant cette dernière, ce n’est pas tellement dans les pays où l’état de droit et la liberté de presse existent mais des pays comme la Russie où de tels contre-pouvoir n’existent pas. Quelle sera la malignité des effets de l’ère de corruption à venir demande Paul Krugman ? « Sans pire que ce que vous imaginez » conclut-il.

L’idée que le président est au-dessous des lois n’est pas fondée et a été prévu par la Constitution dans ce qui est appelé l’« émoluments clause » qui interdit au président de recevoir quoi que ce soit d’un gouvernement étranger.

No title of nobility shall be granted by the United States: and no person holding any office of profit or trust under them, shall, without the consent of the Congress, accept of any present, emolument, office, or title, of any kind whatever, from any king, prince, or foreign state.

Certains sophistes pourraient dire qu’il est déjà tellement riche que rien ne peut le corrompre. Malheureusement, les riches ont toujours envie d’être encore plus riche. « Greed is good » nous dit Gordon Gecko.

 

 Dans un tweet (11 tweets dans la journée du 29 novembre), Donald Trump annonce une conférence de presse le 15 décembre lors de laquelle il présentera les mesures qu’il compte prendre pour résoudre ce problème. Attendons de voir mais avec beaucoup de scepticisme.

30-interet1

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30 novembre 2016 - Posted by | Général

Un commentaire »

  1. […] Tout simplement parce que ce n’était pas possible. Evidemment, il reste l’Emolument Clause (Conflits d’intérêt ? Quels conflits d’intérêt ?) qui le menace dès qu’il aura prêté serment le 20 janvier […]

    Ping par Bon appétit, messieurs ! « maison blanche | 8 janvier 2017 | Répondre


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