maison blanche

La nouvelle donne

Retour sur des élections perdues


Lors des dernières élections présidentielles, Hillary Clinton a largement remporté le vote populaire avec près de 3 millions de voix d’avance sur son concurrent. C’est là une situation qui es arrivé très rarement, 5 fois seulement depuis le début de l’histoire des Etats-Unis. En 1876, 1888, 2000 et 2016. On le sait, moins de 80 000 voix dans trois états ont fait la différence : Wisconsin, Michigan et Pennsylvanie (Et pour 77 000 voix de plus !)

Dans un article récent, le politologue reconnu Charlie Cook (How Analytics Models Failed Clinton) explique que des erreurs techniques (au-delà des positionnements politique et de l’aversion d’une grande proportion des Américains pour la candidate) dans la gestion de la campagne.

Le politologue critique les méthodes utilisées par les démocrates et le développement de l’utilisation de ce que l’on appelle aujourd’hui le big data. Il est vrai que les méthodes de sondage traditionnelles rencontrent des difficultés importantes. Le nombre d’enquête de télémarketing lassent les particuliers qui sont de moins en moins enclins à répondre aux enquêtes. D’autant que les systèmes de caller ID (indentification de l’appelant) et les systèmes de réponse vocale leur permettent de le faire plus facilement. Ainsi le nombre d’appels qui aboutissent réellement sont de plus en plus faible. Ils sont passés de 40 % il y a deux décennies à moins de 10 % aujourd’hui. De telle sorte que les sondeurs ont de plus en plus de difficultés à constituer de véritables échantillons et doivent utiliser des correctifs en se basant sur des hypothèses par toujours simples à établir. Sachant qu’en plus les lignes fixes sont de moins en moins utilisées et que les fichiers de téléphones portables sont plus compliqués à constituer.

Face à ces difficultés et pour des raisons de productivité, les sondeurs automatisent les opérateurs en utilisant les méthodes de type Interactive Voice Response connue sous l’appellation robo-polls et de sondage en ligne. Selon Charlie Cook, ces méthodes sont moins fiables que les méthodes traditionnelles.

L’autre tendance sur laquelle Charlie Cook est critique est l’utilisation croissante de ce qu’on appelle l’analytics qui intègre des nombreuses données provenant de sources variées (US Census bureau, études de marchés, élections passées…). Les premiers pas de l’analytics remontent dans les années 70 par les deux camps, démocrates et républicains. Ces différentes méthodes s’appuyaient sur le système Claritas basé sur des données géographiques et démographiques analysant les données liées au style de vie, de segmentation par quartier… Claritas a été racheté depuis par Nielsen.

C’est Barack Obama qui a été le premier candidat à faire une utilisation poussée et à grande échelle de ces outils, en 2008 et en 2012. Et le succès de son élection ces deux années-là ont conduit à penser que les méthodes étaient adaptées. Hillary Clinton a repris l’utilisation de ces outils. L’équipe d’Hillary Clinton était si confiante qu’elle a décidé de ne pas faire réaliser de sondage le dernier mois dans certains états comme le Michigan et le Wisconsin et ainsi n’a pas vu la détérioration des soutiens à la candidate démocrate pendant cette période. Et a dépensé des efforts inutiles (pub TV) dans certains états comme l’Arizona ou la Géorgie au lieu de se concentrer sur quelques états clés en grandes parties responsables de la défaite.

Les enquêtes au niveau national ne se sont pas si trompés. La moyenne réalisée par The RealClearPolitics donnait un avantage de 3,3 % à Hillary Clinton, d’autres médias comme ABC News, CBS News NBC News ou même Fox News allaient jusqu’à 4 %. Rappelons que le résultat final est de 48,2 % pour Hillary Clinton et 46,1 %. On reste donc dans la marge d’erreur. En 2012, les sondages étaient plus éloignés du résultat mais on ne s’en pas vraiment aperçu dans la mesure où le résultat était conforme au sondage.

Au niveau des Etats, la situation est tout autre. Charlie Cook indique que la qualité des sondages varie considérablement selon les Etats. Peu d’institutions et d’organisations dépensent les montants nécessaires pour un travail de qualité comme c’était le cas dans le passé. Trop de sondages sont sous-traités à des officines n’ayant aucune expérience dans les questions politiques.

Bref, l’élection de 2016 restera dans les annales de la politique mais aussi des techniques de campagne. Espérons que les démocrates retiendront la leçon pour 2020. Car Donald Trump parle régulièrement des huit prochaines années comme si son élection de 2020 était déjà acquise.

 


It depends on whom you ask

In 1936, a magazine called The Literary Digest ran one of the biggest opinion polls of all time. It asked 2.4 million people whether they planned to vote for the incumbent Democratic, Franklin D. Roosevelt, or his Republican challenger, Alfred Landon.
It trumpeted this prediction:polls1

  • Landon: 57%
  • Roosevelt: 43%

The poll must have had one of the smallest margins of error in polling. But it was dead wrong.
Error margins apply only to the population a pollster is sampling.
This is what actually happened in the election:

  • Roosevelt: 62%
  • Landon: 38%

The Literary Digest fell prey to selection bias. That massive sample was made up of its subscribers and members of groups and organizations that tended to skew wealthier than the average American.

(Source : Business Insider)


 

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4 janvier 2017 - Posted by | Elections 2016

Un commentaire »

  1. […] s’empêcher de s’appesantir sur le fait que 3 à 5 millions d’illégaux avaient pu voter (Retour sur des élections perdues). Le chiffre de 3 millions étant choisi totalement au hasard et correspond au déficit de voix de […]

    Ping par Le président minoritaire « maison blanche | 25 janvier 2017 | Répondre


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