maison blanche

La nouvelle donne

C’est comme ça que commencent les dictatures !


Dans son meeting de Floride de ce week-end (Est-on toujours en campagne ?), Donald Trump s’en est pris une fois de plus à la presse ou plutôt à quelques médias [@nytimes, @NBCNews, @ABC, @CBS, @CNN] qu’il a qualifiés « d’ennemis du peuple américain ». Rien que ça. Son fil twitter a dépassé le nombre de 25 millions de followers que Donald Trump ne se manque pas d’abreuver de tweets vengeurs, rageurs, mensongers, insultants… Mais plus c’est gros et plus ça passe, c’est bien connu. Inventer un attentat terroriste en Suède – l’ancien Premier ministre suédois Carl Bildt se demande dans un tweet s’il n’a pas fumé – pourquoi pas si ça permet d’étayer une idée, aussi éloignée soit-elle de la réalité. Le président entend faire mentir la fameuse maxime : « On peut tromper une personne mille fois. On peut tromper mille personnes une fois. Mais on ne peut pas tromper mille personnes, mille fois ». Donald Trump voit grand puisqu’il s’agit de tromper de milliers de fois plus de 320 millions d’Américains.

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John McCain se présente de plus en plus comme un opposant frontal au président. Il est vrai que ce dernier n’y était pas allé de main morte en affirmant que John McCain n’était pas un héros puisqu’il avait été fait prisonnier par les Nord-Vietnamiens. Pendant la guerre du Vietnam, ces derniers avaient découvert qu’il était le fils d’un amiral et donc une très bonne monnaie d’échange. Résultat, il a passé cinq ans dans les geôles nord-vietnamiennes.

A 80 ans, John McCain vient d’être réélu Sénateur de l’Arizona avec une marge confortable de 13 points – ce qui devrait être son dernier mandat -et donc a toute latitude pour faire ce que bon lui semble. Déjà, lors de l’élection présidentielle de 2008 où il était le candidat républicain, il avait reçu le surnom de maverick (non conformiste, franc-tireur, dissident). Pendant la dernière campagne présidentielle, il avait soutenu la candidat Trump, refusé de participer à la charge de Mitt Romney et son Never Trump Mouvement pour changer d’avis au moment du scandale de la bande Access Hollywood.

Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, John McCain est particulièrement actif sur l’affaire russe qu’il prend très au sérieux, là au d’autres républicains préfèrent pousser leur propre agenda. John McCain est assez isolé dans sa demande d’une mise en place d’une commission bipartisane pour investiguer sur les liens entre l’équipe Trump et la Russie et pour faire pression auprès du ministre de la Justice pour nommer un procureur pour mener l’enquête, la seule manière pour enquêter au fond de l’affaire.

John McCain à l’émission Meet The Press sur NBC

Face à cette nouvelle saillie verbale contre la presse, John McCain a fait part de sa préoccupation sur les différentes prises de position de Donald Trump et certaines de ses obsessions comme la critique systématique des médias (lire l’interview) :

MCCAIN:A fundamental part of that new world order was a free press. I hate the press. I hate you especially. But the fact is we need you. We need a free press. We must have it. It’s vital. If you want to preserve- I’m very serious now- if you want to preserve democracy as we know it, you have to have a free and many times adversarial press. And without it, I am afraid that we would lose so much of our individual liberties over time. That’s how dictators get started.

TODD: That’s how dictators get started, with tweets like that?

MCCAIN: No. They get started by suppressing free press. In other words, a consolidation of power when you look at history, the first thing that dictators do is shut down the press. And I’m not saying that President Trump is trying to be a dictator. I’m just saying we need to learn the lessons of history.

Cette dernière attaque de Donald Trump contre la presse a même fait réagir Chris Wallace de la chaine Fox News qui cite Thomas Jefferson : « Entre un gouvernement sans presse ou une presse dans gouvernement, je choisis la dernière option ».

Chris Wallace de Fow News

De son côté, CNN rappelle que Richard Nixon est le seul président qui avait fait la même déclaration citant la presse comme ennemi. Carl Bernstein – l’un des deux journalistes du Watergate – considère que les attaques de Trump sont encore plus dangereuses. Celles de Nixon étaient faites en privé alors que celles de Trump sont publiques et faites pour atteindre le plus grand nombre. Ce sont juste des mots ? Peut-être mais des mots qui flattent sa base électorale qui se trouve renforcer dans ses jugements, divisent un peu plus le pays et commencent à inquiéter les Républicains du Congrès d’un glissement vers un régime autoritaire. Il s’agit d’intimider, intimider la presse, intimider les personnes qui parlent à la presse et ainsi couper le flux d’informations qui pourraient arriver jusqu’aux médias.

Pour sa part, Jeff Greenfield suggère de regarder de près ce que le président engage comme actions pour imposer un contrôle plus étroit comme par la cession des licences d’exploitation des télévisions.

Vous avez dit dictature ? La vidéo ci-dessous apporte une réponse  démesurée mais qui est bien faite et a un effet de persuasion très fort.

 

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20 février 2017 - Posted by | Général

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