maison blanche

La nouvelle donne

Blue States, Red States : pourquoi pas un Bluexit ?


La carte des résultats des dernières élections est simple : bleu sur les bords et rouge à l’intérieur avec quelques exceptions par ci par là. Sachant, qu’il faut le rappeler sans cesse, Donald Trump a été élu alors qu’il avait près de 3 millions de moins que sa concurrente Hillary Clinton. Toujours bon à rappeler car Donald Trump fait croire, encore aujourd’hui, qu’il a gagné haut la main.

Lorsqu’on observe la carte, on a l’impression d’une véritable vague rouge mais la carte reflète la surface des Etats et non leur population. Quand on les représente à proportion de leur population, on a une impression différente (voir les deux cartes ci-dessous).

Dans une lettre adresse à ses compatriotes républicains des états ayant voté en large majorité républicain (Dear-State Trump voter), le journaliste Kevin Baker tente de partager son amertume et ses désillusions. Depuis plus de 80 ans, commence-t-il dans sa lettre, les Etats bleus qu’il surnomme « The United States of We Pay our own Damn Way » a contribué pour plus à l’Union qu’ils n’ont reçu d’elle. Dans ces conditions, il appelle au « Bluexit » et il propose une sorte de sécession virtuelle des Etats-Unis dans une nouvelle entité fédérale qui serait réduite au minimum, qu’il baptise de New Federalism.

Le constat est simple. Les Etats rouges sont en moyenne deux fois plus financièrement dépendants du gouvernement central que les Etats bleus. Sur les 12 Etats qui ont reçu le moins en aide fédérale, 10 ont voté Hillary Clinton. Les deux restants sont le Michigan et le Wisconsin qui ont basculé Trump alors qu’ils votaient traditionnellement démocrates. A l’inverse, 20 des 26 états les plus dépendant de cette manne fédérale ont voté Donald Trump. Ceux-là même qui réclame en permanence toujours moins d’Etat.

Et de prendre l’exemple du Mississippi, 49e sur 50 dans à peu près tous les classements. Plus de 40 % des revenus de l’état proviennent de l’Etat fédéral tout comme un tiers de son PIB. Pour chaque dollar versé en taxes fédérales, il reçoit 4,70 dollars. Que deviendrait-il si d’un seul coup il ne bénéficiait plus de cette aide indispensable. Et c’est pourtant ce que ces élus réclament à cor et à cris. Parmi les phrases de Ronald Reagan que les républicains aiment à rappeler, il y a celle-ci bien connue : « Dans cette crise actuelle, l’État n’est pas la solution à notre problème ; l’État est le problème. De temps en temps nous avons été tentés de croire que la société est devenue trop complexe pour être contrôlée par la discipline de chacun, que le gouvernement par une élite était supérieur au gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Eh bien, si personne parmi nous n’est capable de se gouverner lui-même, alors qui parmi nous a la capacité d’en gouverner un autre ? »

Certes Hillary Clinton n’a remporté que 487 comtés, beaucoup moins que Donald Trump, mais ils représentent les deux tiers de l’activité économique des Etats-Unis.

Dans ces conditions, l’auteur propose simplement que chaque partie aille de son côté :

You go your way, we go ours.

We give up. You win. From now on, we’ll treat the animating ideal on which the United States was founded—out of many, one—as dead and buried.

We give up. You win. From now on, we’ll treat the animating ideal on which the United States was founded—out of many, one—as dead and buried. Federalism, true federalism, which you have vilified for the past century, is officially over, at least in spirit. You want to organize the nation around your cherished principle of states’ rights—the idea that pretty much everything except the U.S. military and paper currency and the national anthem should be decided at the local level? Fine. We won’t formally secede, in the Civil War sense of the word. We’ll still be a part of the United States, at least on paper. But we’ll turn our back on the federal government in every way we can, just like you’ve been urging everyone to do for years, and devote our hard-earned resources to building up our own cities and states. We’ll turn Blue America into a world-class incubator for progressive programs and policies, a laboratory for a guaranteed income and a high-speed public rail system and free public universities. We’ll focus on getting our own house in order, while yours falls into disrepair and ruin.

Peut-être les Républicains rétorqueront que c’est précisément cette aide qui a maintenu ces Etats dans leur condition, ce qui serait pour les individus ne le serait-il pas pour les Etats.

A l’inverse, les Etats rouges pourront continuer la politique qu’ils souhaitent ardemment mettre en œuvre : toujours moins de taxes, de réglementations qui freinent la croissance et l’emploi. Tous les services sociaux – écoles, universités, hôpitaux, police… – seront financés par sur des bases privées et que chacun se débrouille

On le sait Donald Trump est un maître dans la manipulation des informations, en fait du mensonge tout simplement. Mais de l’autre côté, les citoyens peuvent aussi prendre la peine de s’informer et pas seulement croire ce qu’ils ont envie de croire. Dans les Etats rouges, parmi les électeurs de Trump, deux-tiers pensent le taux de chômage augmenté pendant les deux mandats d’Obama, seulement 17 % croient que l’Obamacare a réduit le nombre de citoyens non couvert par une assurance maladie.

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1 avril 2017 - Posted by | Général

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