maison blanche

La nouvelle donne

Les 100 jours de Donald Trump


Les cent jours de Napoléon, c’est une seconde vie pour l’empereur, peut-être une troisième si l’on compte celle de Bonaparte, mais c’est aussi le début de la fin. Un faux espoir qui s’est mal terminée pour lui et pour la France. Les cent jours de Donald Trump sont le début de son premier mandat et aucune fin n’est en vue car les faux espoirs de certains ont peu de chances de se réaliser. Pourtant, certains l’ont déjà prédit juste après. C’est le cas d’Allan Lichtman, Professeur à l’American University qui avait prédit aussi l’élection de Donald Trump comme celles de ses prédécesseurs depuis 1984 (voir la vidéo à la fin de l’article).

Depuis Franklin D. Roosevelt, tous les présidents sont évalués sur ce qu’ils ont fait pendant cette période si courte de 100 jours mais qui parait si longue depuis que Donald Trump est entrée à la Maison Blanche comme le fait remarquer Christine Ockrent qui animait le débat de ce petit déjeuner organisé par la French-American Foundation sur « les 100 jours du président Trump : que nous dit l’Amérique ? ».

De gauche à droite : Julien Vaulpré, Taddeo, Laure Mandeville, Le Figaro, David Frum, The Atlantic, Christine Ockrent, Laurence Nardon, Ifri

Cette première évaluation qui remplit les médias et les esprits n’est évidemment qu’un indicateur qui est loin d’être définitif. Plusieurs exemples le démontrant. Bill Clinton par exemple. Néanmoins, il donne une impression sur la manière de gouverner du président et, de toute façon, c’est devenu une figure imposée. Conforme à son habitude, Donald Trump, lui-même, a changé d’avis sur le sujet. Au début, il serait le président ayant accompli le plus de choses pendant ses 100 premiers jours. Mais l’échéance s’approchant et le bilan étant plutôt maigre, il est fendu d’un tweet indiquant que c’était là une mesure totalement artificielle.

Pour David Frum, Senior Editor du magazine The Atlantic, ne mâche pas ses mots et dresse un véritable réquisitoire de l’action de Donald Trump. Pourtant, ce n’est pas franchement un liberal, ni une aficionado d’Elisabeth Warren ou de Bernie Sanders. C’est un républicain et a eu l’occasion de l’exprimer puisqu’il a été un des rédacteurs de George W. Bush. « Si l’on retient ce qui a été réellement accompli, c’est le pire résultat que l’on n’a jamais vu, commence-t-il en dressant un bilan qui s’apparente à un véritable réquisitoire. L’administration n’est pas encore en place, il n’y a toujours pas Deputy Secretary responsable pour l’Europe ou pour l’Asie, le Pentagone est vide, le président créé des crises quotidiennes, aucune loi n’a été voté par le Congrès, l’Obamacare est un échec, la soi-disant réforme fiscale ne n’est qu’une petite note sur une feuille de papier qui ne donne aucune indication sur le chiffrage. Nous avons en face de nous des gens qui mentent sur tous les sujets, parfois sur des sujets futiles ou stupides, parfois sur des sujets importants. Il n’y a aucune transparence. Le président peut apparaitre fort parce que tout ce qu’il y a autour est faible. Sans parler des problèmes d’éthique ou de transparence – Il n’a toujours pas publié ses déclarations de revenus – des conseillers qui peuplent la Maison Blanche qui ne devraient y être, la mise en place de membres de sa famille ». Pour affiner le jugement, David Frum pose deux questions : Quelle est la situation de l’Amérique dans le monde aujourd’hui ? Quelle est la force de notre Constitution et des institutions ? Faible dans les deux cas, y répond-il simplement.

Laure de Mandeville, grand reporter au Figaro, a un jugement plus nuancé et nettement moins catégorique. « C’est un personnage qui a cassé tous les codes en termes de style, d’idées, il est imprévisible, narcissique, colérique et pourtant il a été élu. Il suscite une détestation absolue et une opposition générale. On avait dit tant de choses avant qu’il soit élu et pourtant l’apocalypse n’a pas eu lieu. On avait sous-estimé le personnage, en le traitant de clown. On avait surestimé le danger en parlant d’une quasi-dictature lorsqu’il serait élu. On l’a dépeint comme une marionnette du Kremlin, les faits ont démenti cette affirmation. Les psychiatres ont dit qu’il était fou (…). Mais les Républicains sont dépourvus car ce qui pose problème ce n’est pas tant Trump que le Trumpisme qui a engagé une remise en cause profonde de l’ordre libéral qui doit faire réfléchir qui est toujours une ligne de partage entre les républicains et les démocrates ».

Pour Laurence Nardon, responsable du programme Amérique du Nord à l’Ifri, « Donald Trump a réussi à faire la synthèse entre deux populismes qui semblaient irréconciliables, le populisme de droite qui oppose le peuple aux étrangers et celui de gauche qui oppose le peuple aux élites avec un programme de contestation vis-à-vis des républicains. Mais depuis son arrivée à la Maison Blanche, le parti a repris le dessus avec un « cabinet » (les différents ministres) républicains standards, des généraux, des anciens de Goldman Sachs. Les Etats-Unis n’allaient plus s’occuper d’être les gendarmes du monde avec la morale comme boussole et pourtant le naturel est revenu au galop avec les crises syrienne et nord-coréenne ».

« Le problème avec Donald Trump c’est Trump lui-même », poursuit David Frum. Quelle sera la difficulté la plus grande dans les semaines à venir : « être capable de gérer Donald Trump afin qu’il ne cause pas trop de dégâts », conclut-il en substance. « Il faut aussi que les démocrates fassent leur travail », conclut pour sa part Laure Mandeville.

Mais les démocrates sont pris entre deux feux : participer au gouvernement pour que l’Amérique réussisse malgré le président en place ou faire de l’obstruction systématique pour maintenir le cap sur leurs idées. La ligne de crête n’est pas simple à maintenir. Dans la précédente

Parallèlement à toutes ces questions, David Frum considère qu’une question doit être impérativement évacuée : le rôle de la Russie dans les élections et la possible collusion des équipes de campagne avec le gouvernement russe. Sur ce point les républicains du Congrès qui dirigent les enquêtes ne montrent pas beaucoup de dynamisme et la Maison Blanche fait tout pour ne pas approfondir l’investigation en cours, y compris celle du FBI.

 

L’analyse des médias sur les 100 jours :

FiveThirtyEight : TrumpBeat: 10 Lessons From The First 100 Days
US News : A Dim 100 Days
Vox : Donald Trump’s first 100 days have been a moneymaking success story
Washington Post : The 32-word history of Trump’s first 100 days
NBC News : Evaluating Trump’s First 100 Days – By the Numbers
NPR News : Conservatives Debate Where Things Stand After Trump’s First 100 Days

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28 avril 2017 - Posted by | Général

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