maison blanche

La nouvelle donne

Donald Trump change de ton

La meilleure défense c’est l’attaque, la formule est bien connue. Mais la pire attaque n’est-elle pas la défense. Alors qu’il n’arrête pas de distribuer les mauvais points à la presse, aux institutions, aux agences de renseignements, aux « fuiteurs », aux syndicalistes, aux démocrates… Depuis qu’il est à la Maison Blanche, Donald Trump n’arrête pas de faire marcher la machine à tweets vengeurs, outranciers, démesurés, exagérés en tirant sur « tout ce qui bouge ».

Mais là la teneur de ces deux derniers tweets est différente : elle est sur le mode plaintif et geignarde ce qui ne correspond pas du tout à son habitude. Il se plaint d’être le président le plus maltraité de l’histoire. C’est possible mais peut-être devrait-il se poser la question pourquoi. Car casser les codes, les traditions, laisser libre cours à ses éructations verbales qui mélangent approximations et mensonges éhontés, appeler la foule à faire emprisonner son adversaire de la campagne fini peut-être par retomber sur son auteur. Quand on crache en l’air, il vaut faire attention au sens du vent.

« Alors que la campagne d’Hillary Clinton et que les mandats de Barack Obama ont été placés sous le signe de l’illégalité, aucun procureur n’a été nommé pour mener une enquête » se plaint-il dans un premier tweet. « C’est la plus grande chasse aux sorcières de l’histoire des Etats-Unis » dans un second. On peut évidemment avoir des réserves sur ce type d’affirmation chez un président qui osait affirmer qu’Andrew Jackson aurait pu arrêter la guerre de Sécession alors qu’il est mort seize ans avant qu’elle n’éclate.

Mais ce changement de ton n’est-il pas le signe que Donald Trump a pris conscience que les choses devenaient sérieuses, très sérieuses. Il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne. Et Donald Trump va s’absenter de Washington pendant quelques jours, de quoi laisser aux habitants du marigot d’affuter un peu plus leurs armes.

18 mai 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Un procureur pour aller au fond de l’affaire russe

Archibald Cox, Kenneth Star sont deux prestigieux prédécesseurs. Le premier a été renvoyé par Richard Nixon alors que le procureur général et le procureur général adjoint aient refusé de le faire eux-mêmes. On connait la suite… Quant à Kenneth Star, il n’a pas réussi à faire tomber Bill Clinton pour parjure sur la lamentable mais dérisoire affaire Monica Lewinksi alors qu’il n’avait pas ménagé ses efforts en faisant de cette mission une véritable croisade.

Robert Mueller, ex-directeur du FBI sous George W. Bush et Barack Obama, a donc été nommé par le ministre adjoint de la Justice Rod Rosenstein puisque Jeff Sessions s’était mis en retrait de cette affaire. Robert Mueller sera sous la responsabilité de celui qui l’a nommé et même de Donald Trump qui pourront théoriquement le renvoyer. Mais une telle hypothèse ne semble désormais plus envisageable étant donné les conséquences qu’elle entrainerait. Il sera indépendant et ses faits d’armes répondent sur le fait qu’il exercera cette indépendance.

Répondant à cette nomination, Donald Trump a maintenu sa position et renouvelé son esprit combattif mais nul n’est dupe car l’étau est en train de se resserrer :

“As I have stated many times, a thorough investigation will confirm what we already know — there was no collusion between my campaign and any foreign entity. I look forward to this matter concluding quickly. In the meantime, I will never stop fighting for the people and the issues that matter most to the future of our country.”

Mais Donald Trump ne confond-il pas se battre pour son pays et défendre ses intérêts personnels tant l’hôte de la Maison Blanche semble avoir du mal à faire la différence entre la gestion de sa PME familiale immobilière et la présidence des Etats-Unis.

La nomination de Robert Mueller et du comité spécial qui l’accompagne s’ajoute aux trois commissions existantes qui enquête sur cette affaire d’état : une dépendante de la Chambre des Représentants, une autre du Sénat et une troisième du FBI sous la direction de James Comey jusqu’à ce qu’il soit limogé le 9 mai par Donald Trump.

Les Américains sont largement favorables à la nomination d’un procureur et d’une commission indépendants. C’est ce qu’indiquait une enquête réalisée par Public Policy Polling la semaine dernière avant même cette nomination. Les Américains ont une image négative de Vladimir Poutine, pensent les Russes préféraient l’élection de Donald Trump à celle d’Hillary Clinton (60 % contre 16%). Une proportion importante (43 %) pensent que des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump ont collaboré avec des officiels russes pour favoriser l’élection de leur patron. Et si cette hypothèse s’avérait, alors 54 % des Américains considèrent que Donald Trump devrait démissionner. On peut s’étonner que cette proportion ne soit pas plus élevée.

18 mai 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire