maison blanche

La nouvelle donne

Paris ne vaut pas un accord sur le climat


Il ne peut s’empêcher de se mettre en scène en annonçant par tweets interposés son annonce sur l’accord de Paris. La présidence vue comme une émission de téléréalité.

Si Paris vaut une messe, il ne vaut pas un accord sur le climat ! C’est un discours dont la rhétorique est relativement simple : « l’accord de Paris est mauvais pour les Etats-Unis, il va nous coûter de la croissance et des emplois. C’est un accord défavorable aux Etats-Unis qui nous impose des contraintes alors qu’autres pays – la Chine suivez mon regard – ne sont pas autant pénalisés et continue leur concurrence déloyale. Pittsburgh, Detroit, Youngstown avant Paris ». Et dans son discours mêlant propagande et nationalisme, la question de l’environnement est restée totalement secondaire et n’a quasiment pas été abordée. Pourtant, c’est de ça dont il est question. Mais Donald Trump l’avait bien écrit dans un tweet : le réchauffement climatique est une blague des Chinois pour défavoriser les travailleurs américains.


La réaction de Barack Obama

“The nations that remain in the Paris Agreement will be the nations that reap the benefits in jobs and industries created,” Obama said. “I believe the United States of America should be at the front of the pack. But even in the absence of American leadership; even as this Administration joins a small handful of nations that reject the future; I’m confident that our states, cities, and businesses will step up and do even more to lead the way, and help protect for future generations the one planet we’ve got.”


Pour l’anecdote, le maire de Pittsburgh a publié un tweet pour dire que sa ville se conformerait aux accords de Paris. Elon Musk le patron de Tesla a indiqué qu’il se retirait du Conseil économique et Jim Inmelt, le patron de GE a indiqué qu’il regrattait cette décision. Mais dans la forme, c’est un Donald Trump agressif qui en veut à la Terre entière et qui est presque menaçant. Un discours du président précédé d’une introduction de Mike Pence et complété d’un petit mot du patron de l’EPA, tous les deux à la gloire du chef.

Cette décision intervient après le sermon fait aux autres membres du G7 et aux chef d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’OTAN. Les Etats-Unis veulent-ils se mettre à l’écart du monde ? Avec Trump aussi violent et virulent, ils en prennent le chemin. « Aimables avec nos adversaires et inamical avec nos alliés, telle est la formule ramassée utilisée par David Brooks pour décrire la position de Donald Trump lors de sa tournée internationale mais qui résume assez bien la posture de l’hôte actuel de la Maison Blanche. Donald Trump vit dans les années 60 et n’a pas intégré que nous vivons aujourd’hui dans un monde interconnecté et intégré. Une telle attitude aussi exacerbée pourrait s’avérer dangereuse. Surtout quand elle s’appuie sur des idées fausses et non des faits.  Quant au plan B auquel a fait allusion Donald Trump, il n’existe pas et lui-même ni croit pas en affirmant « si on signait un nouvel accord, très bien, sinon ce n’est pas un problème.

Sur le sujet du dérèglement climatique, il faut reconnaître que Donald Trump n’a pas changé d’avis et a toujours fait preuve d’un total scepticisme, voire d’une complète dénégation du phénomène. Les tweets publiés depuis plusieurs années montrent bien que Donald Trump ne croit pas dans le phénomène du réchauffement qui fait désormais la quasi-unanimité des spécialistes sur le sujet.

Le président des Etats-Unis est sans doute adepte du principe de Claude Allègre selon lequel la science n’avance pas sur l’unanimité et qu’un scientifique peut avoir raison contre tous ses pairs. Il est vrai que souvent les découvertes scientifiques. Sauf qu’ici il s’agit d’étudier un phénomène et non de découvertes scientifiques. Par ailleurs, Donald Trump n’est pas un scientifique. On se demande donc sur quoi il fonde son propre jugement si ce n’est sur sa propre ignorance.

Il avait déjà indiqué dans son contrat avec les électeurs qu’il annulerait les milliards pour les programmes de changement climatique mais sans préciser l’accord de Paris.

Parmi les arguments avancés au fil du temps par Donald Trump, on peut citer :

– D’abord le dérèglement climatique est le nouveau nom donné au réchauffement climatique qui n’a pas marché ;
– En 2013, il affirme qu’il faisait beaucoup plus chaud dix ans plus tôt ;
– En 2014, il a fait très froid à New York, preuve s’il en est que ce dérèglement climatique n’existe pas. Là, on croirait entendre la publicité diffusée sur les ondes il y a quelques mois.

 

– Prendre des mesures contre le dérèglement climatique est mauvais pour les emplois des Américains.

Quant au dernier tweet des Etats-Unis à minuit heure locale, comprenne qui pourra.
L’ironie de cette décision est qu’elle prendra effet le 4 novembre 2020, le lendemain de la prochaine élection du président des Etats-Unis.

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2 juin 2017 - Posted by | Général

Un commentaire »

  1. the beauty of a Republic. If Pittsburgh or California want to spend their taxpayer funds on this accord, they are free to do it. I do not have to pay for it.

    Commentaire par fs247stewart | 8 juin 2017 | Réponse


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