maison blanche

La nouvelle donne

Faut-il un mur en béton ou en acier ?


Certains présidents des États-Unis furent confrontés à des difficultés historiques, d’autres ont proposé une vision ou un projet pour leur pays. Donald Trump discute de savoir si son mur pour protéger les États-Unis de l’invasion des violeurs mexicains et autres terroristes doit être en béton ou en acier.

Abraham Lincoln, premier président républicain et souvent considéré comme le plus grand président de l’histoire des États-Unis, fut confronté à la plus grande difficulté qu’a traversée le pays : la guerre de Sécession. « Le legs d’Abraham Lincoln fut celui d’une nation irrévocablement unifiée et à la liberté garante pour tous » écrit George Ayache intitulé Les présidents des États-Unis – Histoire et portraits. Cinq jours seulement après la fin officielle de la guerre, il fut assassiné par un comédien réputé pour ses sympathies confédérées.

La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

Après avoir résisté pendant des mois, Woodrow Wilson poussa les États-Unis vers la guerre « beaucoup moins dans une optique de représailles classiques que sur le terrain beaucoup plus noble, d’un idéalisme visant à défendre les principes de paix et de justice face à l’idéalisme face à l’égoïsme étatique comme au pouvoir autocratique » (ibid). Il fut à l’origine de la création de la Société des Nations dont le succès ne fut pas au rendez-vous, mais qui constitua sans doute les premiers pas d’une conscience internationale.

Nous grandissons avec des rêves. Les plus grands hommes sont des rêveurs.

Franklin D Roosevelt fut élu en 1932 et était confronté à la plus grande crise économique traversée par les Etats-Unis de toute son histoire. Son plan en cent jours, le fameux New Deal (la nouvelle donne), signe d’une détermination et d’une volonté sans faille ont permis de remettre le pays sur le chemin de la croissance. Mais la route fut longue. Alors que sa politique était plutôt orientée à l’intérieur, les circonstances l’ont poussé à se tourner à l’international. L’attaque sur Pearl Harbor précipita une intervention américaine dans un conflit devenu mondial.

La seule chose que nous ayons à craindre est la crainte elle-même.
Il est dur d’échouer ; mais il est pire de n’avoir jamais tenté de réussir.

Conseillé son Secretary of States George Marshall, Harry Truman décide de lancer un plan de reconstruction de l’Europe (23 pays ont été concernés) représentant une aide financière de plus 170 milliards en 1947 et 1951. Cet aide était bien sûr un intérêt réciproque bien compris des Américains : Une Europe rebâtie était une source de débouchés pour le commerce.

Dans un pays libre, on punit les gens pour leurs crimes, mais jamais pour leurs opinions.

Premier président catholique, John F. Kennedy (re)donnait aux États-Unis une image de vigueur et de dynamisme, même si son élection fruit le résultat d’un plan de longue haleine du patriarche peu glorieux Joe. Son programme, la « Nouvelle Frontière », visait la stimulation de l’économie, la lutte contre la pauvreté et de magnification de l’Amérique par l’innovation. Après le succès des Soviétiques en lançant le premier homme autour de la Terre, JFK lança le plan de conquête de l’espace visant à mettre un homme sur la Lune. Programme réussi le 20 juillet 1969. En pleine guerre froide, JFK fut confronté à la crise la plus aigüe des missiles de Cuba. Treize jours qui ont tenu le monde en haleine et qui ont redonné aux États-Unis un prestige sur le plan international.

Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays

Si Lyndon Johnson, suivant les traces de JFK, s’est embourbé dans une guerre qui a coûté la mort de plus de 50 000 soldats américains et de plus de Vietnamiens, il a mis en œuvre une politique sociale très ambitieuse en signant de nombreuses lois : Voting Rights Act, Civil Rights Act, Immigration and Nationality Act, Elementary and Secondary Eduction Act, mis en place des programmes Medicare et Medicaid.

Faire ce qui est juste n’est pas le problème. Le problème est de savoir ce qui est juste.

Richard Nixon dû démissionner à la suite du scandale du Watergate, mais il a néanmoins été à l’origine d’initiatives marquantes. D’abord, la création en 1970 de l’Agence de protection de l’environnement (EPA ou Environmental Protection Agency) prenant ainsi la mesure du changement climatique. Ensuite, l’ouverture vers la Chine. En 1971, Richard Nixon surprend le monde en annonçant sa visite à Pékin pour rencontrer Mao Zedong et Zhou Enlai.  L’objectif apparent est de développer les relations sino-américaines, celui moins transparent de rééquilibrer les relations entre les États-Unis et l’URSS. Avec cette dernière, il a développé une politique de détente avec la signature d’accord de réductions des arsenaux nucléaires.

L’homme n’est pas achevé quand il est vaincu, il est achevé quand il abandonne.

Dans une politique d’affrontement direct avec l’Union soviétique, Ronald Reagan réactiva la guerre froide en lançant les États-Unis dans la guerre des étoiles (Initiative de défense stratégique) et une politique de réarmement visant à « épuiser » (la théorie de l’épuisement) le monde soviétique. Déjà en grandes difficultés, l’URSS tenta avec Gorbatchev une politique de transformation de l’intérieur (La glasnost et la perestroïka) qui échoua avant de s’effondrer en 1991, deux ans avant la chute du mur de Berlin.

Dans cette crise actuelle, l’État n’est pas la solution à notre problème ; l’État est le problème.

En entrant à la Maison-Blanche, Barack Obama devient le premier président noir des États-Unis. A peine entré en fonction, il est confronté à la crise la plus importante depuis 2008, mais également à d’autres difficultés :

–          Deux guerres en Irak et en Afghanistan ;
–          Un conflit israélo-palestinien soudainement réactivé ;
–          Une des plus grandes crises financières, économiques et sociales depuis un siècle ;
–          Une image de l’Amérique dans le monde au plus bas ;
–          Une puissance des États-Unis déclinante, en raison notamment de la montée de la Chine ;
–          Une menace environnementale qui se précise et qui ne fait plus de doutes dans la communauté scientifique ;
–          Un monde instable et à la recherche d’un nouvel équilibre ;
–          La prolifération nucléaire dans des pays à risque comme l’Iran ou la Corée du Nord.

Il avait fait campagne sur le sujet, il misa toutes ses forces dans sa réforme de la santé pour élargir l’assurance maladie au plus grand nombre. Il a réussi à faire voter sa loi, mais les Républicains lui ont fait payer pendant six ans après la débâcle des élections de midterms

Il n’y a pas une Amérique progressiste et une Amérique conservatrice – il y a les États-Unis d’Amérique. Il n’y a pas une Amérique noire, une Amérique blanche, une Amérique latino et une Amérique asiatique, il y a les États-Unis d’Amérique.

Make America Great Again et America First, tels ont été les deux slogans répétés à l’envi par Donald Trump pendant sa campagne et depuis son élection. Le premier déjà utilisé par Ronald Reagan et Bill Clinton, le second donnant une vision des États-Unis se retirant du monde et mettant sur le même plan, les alliés et les adversaires. La première idée défendue par le candidat Trump est celle de l’immigration mexicaine et plus généralement sud-américaine.

When Mexico sends its people, they’re not sending their best. They’re not sending you. They’re not sending you. They’re sending people that have lots of problems, and they’re bringing those problems with us. They’re bringing drugs. They’re bringing crime. They’re rapists. And some, I assume, are good people.

Il développe alors le projet de construire un mur pour protéger les États-Unis de cet envahissement. Sam Nunberg, l’ancien conseiller de Donald Trump, rappelle qu’il utilisa cette idée du mur comme un moyen mnémotechnique permettant à Donald Trump de ne pas oublier le sujet pendant ses discours de campagne. Donald Trump l’a utilisé jusqu’à la corde faisant réagir les participants en leur demandant : who si going to pay for it ? Et la foule de répondre : Mexico, Mexico!

Le mur était devenu le hochet du président, mais paradoxalement, alors qu’il avait la majorité au Congrès, le sujet a été mis de côté pendant les deux premières années de son mandat. Et puis, depuis que les démocrates ont repris la majorité de la Chambre des représentants, le mur est revenu au premier plan. Et devant la détermination des démocrates à refuser le financement du hochet (5 milliards de dollars), Donald Trump décide de fermer le gouvernement (désormais le shutdown le plus long de l’histoire) et n’écarte l’idée de décréter une situation d’urgence nationale pour dégager le financement de son mur.

Alors que Donald Trump aura pu se saisir en profondeur de questions majeures (les sujets ne manquent pas) comme la montée en puissance de la Chine qui pose un réel problème aux Etats-Unis mais aussi au monde.  Aujourd’hui, la question fondamentale est de savoir si le « big beautiful wall » sera en béton ou en acier. Il est urgent de trouver la réponse.

Le discours de Donald Trump dans le bureau ovale

La réponse de Nancy Pelosi et de Chuck Schumer

12 janvier 2019 - Posted by | Général

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