maison blanche

La nouvelle donne

Donald Trump est-il raciste ou cynique ? Les deux ?


L’épisode de Charlottesville lors de l’été duquel « there were very fine people on both sides » a laissé des traces et renforcé l’idée que l’actuel président était un acteur défenseur des white supremacists. En tous ces derniers, se sont à de nombreuses reprises loués de sa présence à la Maison-Blanche. Il faut dire que l’historique de Donald Trump en matière de discrimination et d’actions racistes remonte à loin.

Le week-end dernier, un nouveau stade dans l’ignominie et l’abomination été franchi. Donald Trump s’en est vertement pris à quatre Congresswomen élues en 2018 avec un discours que l’on a souvent entendu dans des lieux publics lors d’une altercation entre des personnes dont certaines sont supposées être des immigrés ou issues de l’immigration. Mais jamais de tels propos n’avaient été prononcés ouvertement par un président des Etats-Unis. C’est d’ailleurs la marque de fabrique de Donald Trump de dire tout ce qui lui passe par la tête, sans aucune retenue ni la moindre gêne.

Qu’elles retournent d’où elles viennent si elles ne sont pas contentes aux Etats-Unis. Un propos absurde puisque trois d’entre elles sont nées aux Etats-Unis : Alexandria Ocasio-Cortez (N.Y.), Ayanna Pressley (Mass.) and Rashida Tlaib (Mich.). Quant à la quatrième, Ilhan Omar (Minn.), elle est arrivée aux Etats-Unis quand elle avait une douzaine d’années en tant que réfugiée.

Donald Trump prétend représenter l’Amérique, la vraie. Mais quelle est-elle donc ? Il est issu de l’immigration comme celle qu’il critique. Sa mère est née en Ecosse et son grand-père en Allemagne, en Bavière. Frederick Trump n’a d’ailleurs pas un cv irréprochable. Il a conduit des activités à la limite de la légalité comme des hôtels et des casinos dans la région de Seattle lors de la ruée vers l’or pour les pionniers à la recherche de la fortune. Des hôtels très particuliers. Lorsqu’il est retourné en Allemagne, à Kallstadt, les autorités allemandes le soupçonnent d’avoir quitté l’Allemagne pour échapper au service Impérial. Il est alors expulsé aux Etats-Unis (Send him back – schicke Ihn zurück).

La première femme de Donald Trump, Ivana Zelníčková (on imagine Donald Trump essayer de prononcer le nom) est née en Tchécoslovaquie et a émigré aux Etats-Unis en 1973 à 24 ans. Ce n’était pas une réfugiée politique. Sa troisième femme, Melanija Knavs, est née République socialiste de Slovénie, au sein de la Yougoslavie. Elle arrive aux Etats-Unis dans le milieu des années 90. Elle obtient une carte de résidente permanente aux États-Unis en 2001 et la nationalité américaine en 2006.

Send them back ?

Il est à remarquer que l’U.S. Equal Employment Opportunity Commission[1] prohibe explicitement ce genre de comportement qu’elle qualifie de potentiellement illégal.  Cette agence poursuit en justice des personnes qui ont ce genre de comportement sur leur lieu de travail.

Alors quelles différences entre les quatre congresswomen prises comme têtes de turc et les proches de Donald Trump et Donald Trump lui-même ? La différence n’est pas difficile à voir.

Quant aux républicains, ils restent bien silencieux en essayant de défendre coûte que coûte leur président ou alors d’en ajouter un peu sur le compte des quatre congresswomen. Interviewé par Chris Cuomo, Kris Kobach est un exemple du premier type comportement. Un des plus vives critiques de Donald Trump avant qu’il soit élu, Lindsey Graham, suit la deuxième voie.

 

 

« Nous sommes le parti de Lincoln », déclarait Kevin McCarthy, le leader de la minorité républicaine à la Chambre des représentants. Abraham Lincoln doit se retourner dans sa tombe.

Maintenant quel but poursuit Donald Trump avec ce type de discours ? A-t-il publié ces tweets et fait répéter la foule dans son meeting de Greenville en Caroline du Nord « send them back » par conviction ou par calcul ? Peut-être les deux, tout simplement. D’abord cette rhétorique ne tombe pas de nulle part, ne surprendra nulle part et s’inscrit dans une continuité qui remonte à loin.

Ensuite, le calcul politique est simple dans le cadre des élections de 2020. Il s’agit tout simplement d’enfoncer un coin dans le camp démocrate entre les modérés et les progressistes, pour pointer et amplifier la division et l’affaiblir. Il est donc urgent que le parti démocrate veille à rester uni tout en laissant s’exprimer les différentes tendances qui s’y exercent. Leur victoire est à ce prix.

 

___________
[1]
La Commission américaine pour l’égalité des chances dans l’emploi (EEOC) est une agence fédérale qui administre et applique les lois sur les droits civils contre la discrimination sur le lieu de travail. L’EEOC enquête sur les plaintes de discrimination fondées sur la race, les enfants, l’origine nationale, la religion, le sexe, l’âge, le handicap, l’orientation sexuelle, l’identité sexuelle, les informations génétiques et les représailles pour avoir dénoncé une pratique discriminatoire, et / ou s’être opposée à cette pratique.

18 juillet 2019 - Posted by | Elections 2020

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