maison blanche

La nouvelle donne

Et pour 750 dollars de moins !


Donald Trump aurait payé 750 dollars – la première lecture de l’article, je pensais avoir lu 750 000 dollars – en impôts sur le revenu en 2016 et 2017 (Il a payé 129 000 dollars pour que Stormy Daniel pour acheter son silence ; en moyenne, un foyer américain paie 12 000 dollars en impôts sur le revenu). Et il n’a pas payé d’impôt sur le revenu sur les 11 des 18 dernières années grâce à des manipulations fiscales.

C’est ce que publie le New York Times, a une date qui n’a certainement pas été laissée au hasard puisqu’elle se situe deux jours avant le premier débat présidentielle avec Joe Biden. « Fake News » a-t-il balayé d’un revers de main. En gros, circulez, il n’y a rien à voir. Sauf que cette fois, on va peut-être y regarder à deux fois. Pour contredire ces faits, rien de plus simple, il lui suffit de publier ses déclarations. De toute façon, comment penser que le New York Times ait pu inventer tous ces chiffres ? Et on comprend mieux – même si on s’en doutait fortement – pourquoi il ne voulait pas les rendre publiques.

Donald Trump promet depuis cinq ans de publier ses déclarations de revenus mais il ne peut pas le faire car ses comptes sont en cours d’audit. C’est une pratique depuis Richard Nixon où chaque président en arrivant à la Maison-Blanche publie ses déclarations de revenus. Et concernant Donald Trump, la démarche était d’autant plus attendue que son passé d’homme d’affaires est assez trouble avec des banqueroutes en cascades et des rebonds étonnants. Et que le conflit d’intérêt entre Donald Trump, homme d’affaires et Donald Trump président des Etats-Unis n’a jamais été aussi grand.

L’article du New York Times est d’une lecture aride pour tous ceux qui n’ont un diplôme de comptable mais il n’y a pas besoin d’être un expert pour comprendre que Donald Trump a tiré du système tout ce qu’il pouvait. Avec des détails où le burlesque le dispute à l’insoutenable : qu’il ait défrayé en frais professionnel 70 000 dollars en un an pour soigner sa coiffure, payé sa fille 700 000 dollars sen dépenses de conseil alors qu’elle est déjà salariée de la Trump Organisation. Qu’il a récupéré 70 millions de dollars en trop versé au fisc. Il avait assuré que, tant qu’il serait président, il ne ferait pas d’affaires à l’étranger. Or on y apprend qu’il a signé des affaires en Turquie ou au Philippines.

Y a-t-il des pratiques illégales ? C’est ce qu’une action en justice pourra déterminer.

Mais ce pour quoi les Américains devraient s’inquiéter le plus est que Donald Trump a plus de 400 millions de dollars de dettes à rembourser dans les trois ou quatre ans à venir. Pour l’heure, on ne connaît pas les créanciers. Sont-ce des organisations étrangères ou des institutions américaines ? Dans les deux cas, cela pose des problèmes de conflit d’intérêt évident et place Donald Trump dans une position de faiblesse, notamment vis-à-vis d’un groupe étranger qui pourrait l’utiliser comme un argument de pression.

En 2016, Donald Trump avait fait campagne plus comme un moyen de faire la promotion de ses activités que pour être élu président des Etats-Unis. Il espérait enfin pouvoir signer un deal pour la construction d’une Trump Tower à Moscou, un contrat qu’il convoitait depuis de longues années. Bob Woodward confirme cette motivation dans son livre Rage.

En 2020, il cherche à tout prix à être réélu car c’est désormais une question de survie. Qui oserait attaquer le président des Etats-Unis même s’il a des centaines de millions de dollars de dettes ? Et s’il n’est pas élu, les enquêtes en cours pourront alors se dérouler plus librement.

Au final, il va devoir choisir entre deux positions : soit c’est un businessman hors pair, comment se fait-il qu’il paie aussi peu d’impôts, ou s’il paie aussi peu d’impôts, il n’est finalement pas le businessman hors pair qu’il prétend être.

Cette nouvelle affaire va-t-elle émouvoir sa « base » ? Ce n’est pas sûr quand on voit les interviews de ses supporters qui soutiennent pleinement l’idée que si Donald Trump n’est pas réélu, c’est que les élections sont truquées. Mais il suffira peut-être de quelques dixièmes de points pour transformer une défaite au point en véritable KO.

En tous cas, voilà un sujet de discussion pour le premier débat.

Al Capone a été condamné pour une simple affaire fiscale. Donald Trump va-t-il finalement être sanctionné dans les urnes ? Si oui, son avenir comme ex-président devenu simple citoyen est certainement très incertain. Et Joe Biden n’aura pas d’obligation à faire comme Gerald Ford en accordant son pardon à Richard Nixon suite à l’affaire du Watergate.

 

Quelques commentaires parmi les plus de 4000 publiés par le NYT

La lecture des commentaires des lecteurs est toujours intéressante. Même dans le New York Times, certains d’entre eux, peut-être des anti anti-trumpers, n’hésitent pas à faire entendre leur voix. Toutefois, sur cet article, les soutiens sont plus rares mais pas inexistants.

  • Jeff Bezos paid zero tax in 2018 and 2019 and negligible tax before that. No one asked him why?
  • Biden & Co. got rid of Sanders, whose message wasn’t more socialist than president Roosevelt in the 1940s, and now he is opportunistically embracing radical protest as a mass-distraction weapon.
  • There’s nothing wrong with tax « avoidance ». There is something wrong with tax « evasion ».  The article does not articulate what tax evasion has taken place. I routinely plan to lower my taxes – make charitable contributions and real estate taxes (doubling up each other year, due to the new tax rules), contribute to an HSA, contribute to my children’s 529 plans, have a Roth IRA, etc.  Nothing wrong with avoiding taxes.
  • Tax avoidance is legal, every person and business does it, tax evasion is not legal.
  • First, I’ll wait for the audit to conclude. The IRS’ rulings are being contested.  The IRS does not always prevail. Second, yes, losses are a good thing when it comes to paying taxes.  Very common in real estate.  My guess is that journalists don’t know what a depreciable asset is.
  • You can criticize Mr Trump for being a poor businessman and making losses; or you can criticize him for making profits and not paying taxes; but it is not sustainable to criticize him for both making losses and not paying taxes.
  • I honestly don’t want to defend Trump, however this article is incredibly light on actual sources, where most of the linked articles were to NYT articles themselves. To me, until we see actual documents (hopefully Trump or the IRS releases it themselves), I personally treat this report with a huge amount of scepticism.
  • I see two problems here.
  • First, the source documents cannot be verified, therefore the story will be dismissed by many as « fake news ». Second, the timing is very suspect.
  • There’s a big difference between a tax bill and a balance sheet. Trump has stated he’s under-leveraged and I don’t doubt it, especially if he has a large equity stake in the many properties mentioned here. For all those saying « I pay more in taxes » I would ask how many people do you employ? If you were to look at all of Trump’s holding companies globally he’s probably employing over 50,000 people, with many in the US.  That’s a lot of income tax being paid to the Treasury.

28 septembre 2020 - Posted by | Elections 2020

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