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La nouvelle donne

Bannon glisse sur une peau de banane

On l’attendait, c’est arrivé (Petits meurtres à la Maison Blanche).  Le communiqué de la Maison Blanche laisse la place à toutes les interprétations : « White House Chief of Staff John Kelly and Steve Bannon have mutually agreed today would be Steve’s last day ». Evidemment, on pourrait continuer la phrase « Et si Steve Banon n’accepte pas cet accord mutuel, il sera viré ». Mais peu importe la manière.

Deux questions se posent suite à ce renvoi :

  1. Pourquoi a-t-il été chassé ?
  2. Comment va se comporter Steve Bannon qui va retourner à la direction de Breitbart News ?

Il est curieux que cette mise en congé intervienne quelques jours après que le comportement de Donald Trump à l’occasion des faits tragiques de Charlottesville (La relation d’équivalence de Donald Trump : Alt-left = Alt-right). Rappelons les faits : La première déclaration de Trump qui met dos-à-dos les deux opposants : les Alt-right, KKK, suprémacistes blancs et autres néo-nazis dont les seules motivations sont la haine de l’autre, de celui qui est différent et de l’autre, les contre-manifestants qui s’opposent à leur projet de société.

Le lundi, deux jours plus tard, Donald Trump, lit ou plutôt ânonne un communiqué qui lui fait dénoncer par leur nom ces groupes haineux. Mais on perçoit assez clairement qu’il a été poussé à lire un tel texte dont il donne clairement l’impression qu’il ne partage pas les idées. Effectivement, le lendemain, à la Trump Tower, à l’occasion d’une conférence de presse sur les projets d’infrastructure, Donald Trump revient sur ses vieux démons et répète ce qu’il a dit trois jours plus tôt, mettant sur le même plan les deux groupes. Cette nouvelle saillie qui lui vient du plus profond soulève alors un mouvement de réprobation, y compris dans le rang des républicains. Alors que jusqu’ici, ils avaient fait preuve d’une retenue étonnante – couardise ou patience ? -, nombre d’entre eux ont fait des déclarations non équivoques.

La raison du renvoi a-t-elle à voir avec le rôle éminent un peu trop visible de Steve Bannon. Donald Trump supporte peut-être que quelqu’un lui donne des conseils pour autant qu’il n’ait pas à les suivre. Et surtout que ce conseiller fasse plus parler de lui que son patron. Est-elle liée à cet épisode très controversée des événements de Charlottesville, Donald Trump voulant donner quelques gages ? Ou encore a-t-elle à voir avec l’interview qu’a donnée Steve Bannon dans le magazine progressiste The American Prospect (Steve Bannon, Unrepentant) où il critique clairement le patron dans sa gestion des affaires nord-coréennes ou chinoises ou dans laquelle il donne l’impression qu’il dirige la boutique. Il s’est dit que Donald Trump était furieux à la lecture de cette interview.

Cet épisode dramatique de Charlottesville sera-t-il le tipping point comme disent les Américains qui fera résolument basculer les républicains dans une opposition active au président. D’autant que ce dernier a réservé quelques tweets de condamnation de quelques têtes de proues du Congrès dont Mitch McConnell, chef de la majorité au Sénat.

Dans ce retour en arrière de Donald Trump, beaucoup y voit l’influence de Steve Bannon (Steve Bannon, Raspoutine de la Maison Blanche ?).

Comment va se comporter désormais Steve Bannon qui retourne à ses affaires journaleuses de Breitbart News : sera-t-il toujours un conseiller de l’ombre de Donald Trump, le mauvais génie du président ou, humilié par cette révocation, va-t-il devenir un opposant féroce et actif de Donald Trump. C’est là une question assez importante car le pouvoir de nuisance de Steve Bannon est assez puissant et pourrait nuire à son ancien patron qui n’en n’a pas besoin et dont le nombre d’opposants augmente chaque jour.

Le nettoyage continue à la Maison Blanche avec une liste de départ qui s’allonge chaque jour. Dans le camp des sympathisants d’extrême-droite, il reste Steve Miller et Sebastian Gorka. Mais ce sont là des seconds couteux qui ne font de l’ombre à personne, certainement pas à Donald Trump.

C’est donc une Maison Blanche remaniée et réorganisée par John Kelly, le nouveau Chief of Staff, général quatre étoiles, qui est en train de se mettre en place. C’est positif et pourrait donner quelques espoirs pour les mois qui viennent. Mais en fait, le problème principal est que le trublion en chef est toujours en place. Une idée exprimée par Al Franken, sénateur démocrate du Minnesota :

D’ailleurs, combien de temps supportera-t-il cet ordre et cette chaîne de commandement. De l’ordre oui mais seulement pour les autres. Le comportement erratique du patron dans les affaires nord-coréenne ou de Charlottesville montre bien qu’il est illusoire de penser changer ce septuagénaire qui n’a jamais eu de contre-pouvoirs autour de lui, seulement des béni-oui-oui.

19 août 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

L’économie va bien, va mieux… Merci qui ?

A peine était-il entré à la Maison Blanche que l’économie américaine se portait-elle mieux et le Commander in Chief n’avait aucun scrupule à en revendiquer la paternité. D’ailleurs, sa seule élection n’avait-elle pas réveillé une économie stagnante et moribonde ? Le 15 janvier, 5 jours avant de prêter serment, le président élu d’alors se félicitait déjà des résultats obtenu grâce à lui.

« With all the jobs I am bringing back home ». Ensuite ce ne fut que louanges que l’hôte de la Maison Blanche n’hésitait pas à s’adresser. Le nombre de tweets sur le sujet est à ce propos impressionnant. Et les chiffres du chômage qui ne valaient rien sous le mandat Obama devenaient tout à coup magnifique, merveilleux. Obama par le biais de la politique monétaire de la FED avait créé une « économie artificielle » et la croissance continue de la bourse n’était qu’une « bulle spéculative ». En décembre 2016, Donald Trump déclarait que la bonne situation de l’emploi n’était que « totale fiction ». Et tout à coup, sous un coup de baguette magique sans doute activée par Merlin L’enchanteur, plus rien de tout cela.


Donald Trump a de très grands problèmes avec les faits et chiffres et plus généralement avec la vérité. Depuis 7 mois, le chômage a baissé, la bourse a explosé, les emplois reviennent aux Etats-Unis, etc. etc. Sauf que tout cela s’inscrit dans une réactivation continue de l’économie depuis 2009 et que les premiers de mandats de Donald Trump sont plutôt moins performants que les mois précédents de son prédécesseur. Lorsque le niveau de chômage a franchi la barre de 5 % dans le bon sens en atteignant 4,9 %, les vrais chiffres étaient, selon le président, de 28, 35 voire 42 %. Des chiffres totalement stupides n’ayant aucun rapport avec la réalité. Mais Donald Trump n’en avait cure et seuls les effets de manche et de menton comptent. Car il y aura toujours des supporters pour le croire. Lorsqu’on se souvient que plus d’un quart des électeurs pensaient toujours en 2016 qu’Obama était musulman.

En juin 2017, le taux de chômage atteignait son plus faible niveau de 4,4 % depuis bien longtemps. En décembre 2016, il était de 4,7 % et en février 2009 il était de 8,3 %. Tous ces chiffres sont fournis par le Bureau of Labor Statistics, un organisme au-dessus de tout soupçon comme peut l’être l’INSEE en France, sauf quand il publie de « mauvais chiffres ».

Maintenant l’économie ou plutôt la bourse. Lorsque Barack Obama a pris ses fonctions, le Dow Jones qui est censé représenté la bourse américaine et la santé des entreprises était de 8000. Quand il a quitté la Maison Blanche, il avait atteint 20 000. Il a simplement poursuivi son ascension pour atteindre les 22 000 points.

Il y a quelques semaines, Donald Trump s’égosillait sur le taux de croissance du PIB qui avait atteint 2,6 % sur un trimestre. Il a annoncé d’ailleurs qu’avec lui le taux de croissance atteindrait 4 %. On attend avec impatience. Sous Barack Obama, la croissance américaine avait dépassé ce seuil sur 13 trimestres. Entre 2010, le moment l’économie américaine repartait à la grande crise gentiment laissée par George W. Bush à son successeur, et la fin du mandat de Barack Obama, la croissance s’est établi au niveau moyen de 2,1 %. Pas si mal.

Quant aux retours des emplois, l’épisode de Carrier est plus que symptomatique. A force de millions de dollars, la filiale de United Technologies qui fabrique notamment des systèmes de climatisation était revenu sur sa décision d’envoyer des emplois au Mexique. Plus d’un millier d’emplois était sauvé grâce à un seul tweet de Donald. D’abord les chiffres d’emplois sauvegardés avaient été largement enflés. Et plus récemment, Carrier a annoncé qu’elle supprimait quasiment tous les emplois qu’elle s’était dite prête à sauvegarder. Le cas récent de Foxconn est tout aussi significatif. Le constructeur chinois a annoncé qu’il allait implanter une usine aux Etats-Unis et créer ainsi 3000 emplois. Mais l’état du Wisconsin qui a voté pour Donald Trump est prêt à débourser 3 milliards de dollars en incitations diverses et variées. Et pour Trump une annonce correspond à une réalité ce qui est loin d’être souvent la réalité. La même compagnie avait fait des promesses comparables en Pennsylvanie il y a quatre ans qui ne sont pas matérialisées.

L’échange dans la vidéo ci-dessous entre des journalistes économiques de la Chaîne MSNBC et Brad Thomas, conseiller économique de Donald Trump, illustre bien le travers systématique des supporters de Donald Trump.

Bref, sur le plan économique, Donald Trump a hérité d’une situation relativement positive. Mais rendre à César ce qui appartient à César n’est pas pensable dans l’esprit de Trump. « Ce qui est à César m’appartient et à Dieu aussi » pourrait être un des principes de 45e président des Etats-Unis. Ne l’a-t-il pas affirmé à plusieurs reprises : il a fait plus en quelques mois que tous ses autres prédécesseurs, sauf peut-être Abraham Lincoln. La bonne nouvelle est que Donald Trump sait qu’Abraham Lincoln a existé.

18 août 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Les maires se rebiffent

Non content de ne pas participer à la cérémonie en hommage d’Heather Hayer, tuée à Charlottesville par un jeune fou néo-nazi, Donald Trump poursuit ses « rallyes » post-électoraux dont le seul intérêt est de rassembler des supporters qui lui donnent l’illusion que tout le pays est derrière lui. Ces meetings étaient déjà difficilement supportables pendant la campagne, ils sont totalement insupportables aujourd’hui d’autant qu’ils n’ont plus d’objet.

Le prochain doit se tenir à Phoenix (Arizona, l’Etat dont John McCain est sénateur) le 22 août prochain. Donald Trump en fait l’annonce sur son blog par un tweet qui donne même le lien pour acheter les billets. Le choix du lieu n’est sans doute pas un hasard après que John McCain a voté contre la loi sur la santé faisant capoter le projet de suppression de l’Obamacare.

Mais le maire de Phoenix, Greg Stanton, a publié un communiqué dans lequel il indique clairement qu’il préfèrerait que Donald Trump reporte cette manifestation.

De son côté, la maire de la ville de Baltimore, Catherine Pugh, a pris la décision d’enlever toutes les statues symboles des Confédérés. Cette opération commando s’est déroulée pendant la nuit et a été décider pour éviter toute manifestation du type de celle qui a eu lieu à Charlottesville.

 

Cette attitude de résistance des maires à l’Exécutif s’était déjà manifestée après la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord de Paris et à l’occasion des Travel Bans en établissant des villes sanctuaires.

17 août 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Petits meurtres à la Maison Blanche

La Maison Blanche, une « fine tuned machine », c’est ce que prétend Donald Trump à longueur de tweets, de discours et d’assez rares conférences de presse en réponse au « Fake News Medias » qui rapporte jour après jour le chaos qui règne au 1600 Pennsylvania Avenue. Qui croire ? Les « Fake News » ou la « Pathological lyer » ?

Les événements de la dernière semaine de juillet donnent sans conteste raison aux premiers. La semaine de tous les dangers. En temps normal, la situation est assez compliquée avec un aréopage de communicants, les uns ajoutent aux excès du patron de la Maison Blanche, les autres essayant tant bien que mal d’en corriger les incohérences.

Ce jour-là, le porte-parole (Sean Spicer) prenait la porte tandis qu’Anthony Scaramucci, un financier de Wall Street, responsable dans un hedge fund basé à New York, était nommé directeur de la communication. Celui-ci marquait d’emblée son territoire avec des déclarations fracassantes. Par exemple, que désormais tous les bavards seraient virés ou encore sans crainte d’être ridicule, déclarer sans retenue son « amour pour le président ». Il faut préciser que le hedge fund dont il est responsable est en train d’être acheté par un groupe chinois et que la transaction pourrait lui rapporter des dizaines de millions de dollars. Et que dans cette transaction, le feu vert de la Maison Blanche ou plutôt l’absence de feu rouge, pourrait lui rapporter gros. Mais à peine arrive-t-il à la Maison Blanche qu’il pousse dehors le secrétaire général (Chief of Staff) Reince Preibus. Pourtant humilié et rabaissé au rang de serpillière, ce dernier s’épand sans retenue dans les médias exprimant son plus grand respect pour le président qui vient de le virer et maintient qu’il fera toujours partie de la Trump Team.

Son remplaçant John Kelly, un général quatre étoiles, jusqu’ici Secretary of Homeland Security (ministre de la sécurité intérieure) bénéficiant de la considération des démocrates comme des républicains, remet d’emblée les pendules à l’heure en affirmant haut et fort que tout le personnel de la Maison Blanche, y compris la fille et le gendre, devront en passer par lui et non plus s’adresser directement au président.

Il ne fait alors qu’une bouchée de Mooch (Anthony Scaramucci) dont il obtient la tête moins de deux semaines après son entrée à la Maison Blanche. Ce dernier aura donc été le plus bref directeur de la communication.

Evidemment la question est combien de temps, Donald Trump va-t-il supporter ce général qui entend instiller laws and order à la Maison Blanche. On notera à nouveau la forte présence des généraux dans l’entourage immédiat de Donald Trump là où l’autocrate en chef n’a été capable que d’organiser chaos et désolation. Ce mouvement correspond d’ailleurs à l’idée que le président n’a de respect que pour deux catégories de personnes : les généraux, plus généralement les militaires, et les businessmen qui ont réussi mieux que lui.

Ces mouvements que tout le monde attendait ne sont-ils que le début d’un grand chambardement ou la conclusion des six premiers mois plutôt incohérents ? Les récents événements de Charlottesville en Virginie pourraient bien poursuivre le mouvement. Les déclarations de Donald Trump qui renvoient dos-à-dos les actions de l’Alt-right et l’Alt-left et les met un pied d’égalité ont été faites sous l’influence de la branche droit nationaliste présente à la Maison Blanche en la personne de Stephen Bannon, Stephen Miller – un jeune roquet insupportable – et Sebastian Gorka, un porte-parole qui a l’oreille du président qu’il défend sans aucune réserve. Ces trois âmes damnées pourraient bien en faire les frais. D’ailleurs sur le premier, le Raspoutine de la Maison Blanche, qui est aucun doute le plus important, Donald Trump a déjà laissé planer quelques incertitudes.

Une des questions est donc bien de savoir si John Kelly va pouvoir mettre un peu d’ordre dans l’entourage du président. Rien n’est moins sûr tant Donald Trump semble être totalement incontrôlable, y compris par lui-même puisqu’il n’a aucun surmoi qui lui permettrait une certaine réserve bien utile dans de nombreux domaines. L’épisode des événements de Charlottesville sont, à cet égard, concluant. Une première déclaration de Donald Trump où établit une équivalence entre les deux parties, les mouvements de blancs suprémacistes et néo-nazis et les mouvements libéraux. Un seconde, normalisée, où il lit un communiqué préparé par son entourage. Une troisième où, poussé par les journalistes, il revient à des vœux démons et reprend son attitude du politiquement incorrect et des déclarations tapageuses et horrifiantes.

 

Précision : Stephen Bannon n’est plus membre de droit du NSC

 

17 août 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

La relation d’équivalence de Donald Trump : Alt-left = Alt-right

Prétextant le démontage d’une statue du Général Robert E Lee, des suprémacistes blancs (White Supremacists) ont manifesté lors du rassemblement Unite the right et se sont affronté violemment à des contre-manifestants. Résultat, Heather Heyer, une jeune femme tuée et une vingtaine de blessés après qu’un néo-nazi a foncé dans la foule avec sa voiture.

Dans une première déclaration, Donald Trump n’a pas voulu nommé les responsables – alors qu’il a le tweet accusateur facile dans d’autres circonstances – et renvoyé dos-à-dos les manifestants racistes et néo-nazis et leur opposant. Les responsables politiques de deux bords – démocrates et républicains – ont quasi-unanimement critiqué les déclarations de Donald Trump en condamnant sans hésitation les actions des suprémacistes et autres factions de la droite alternative dont l’idée de base est aussi simple que détestable : rendre à l’Amérique sa blancheur, un projet en résonance avec le Make America Great Again de Donald Trump.

La Maison Blanche a d’abord procédé à la publication d’un communiqué rectifiant le tir et Donald Trump s’est fendu le lundi (plus de 2 jours après les événements) d’une déclaration dans la laquelle il condamnait explicitement le Ku Klux Klan, les suprématistes blancs et la droite alternative. Certains responsables politiques se sont alors contentés de cette déclaration, d’autres ont considéré qu’elle intervenait trop tard. Par ailleurs, lorsque l’on écoute Donald Trump, on voit clairement qu’il lit son texte du bout des lèvres. La suite a montré qu’il ne croyait pas vraiment ce qu’il lisait.

Mardi 15 août, lors d’une conférence de presse a priori consacré aux projets d’infrastructure, largement pressé sur le sujet de Charlottesville, il a pu revenir sur ses déclarations du lundi et à nouveau renvoyer dos-à-dos les deux forces en présence. La critique des suprémacistes blancs n’est pas la tasse de thé de Donald Trump car ces derniers constituent les forces vives de sa « base ». D’ailleurs, pour les responsables comme David Duke qui participait à ces violences, la neutralité affichée par Donald Trump est considérée comme une victoire et une confirmation du bien-fondé de leurs idées.

Il serait sans doute excessif d’affirmer que Donald Trump est directement responsable de ce qui est arrivé ce week-end à Charlottesville. En revanche, les discours haineux et les tweets vengeurs de Trump ont incontestablement libéré la parole et les actes de forces nuisibles. Et les forces de l’extrême droite américaine ont largement apporter leur concours à l’élection de Donald Trump.

On aurait pu penser qu’avec l’élection de Barack Obama, les Etats-Unis avaient franchi une étape majeure dans la coexistence des différentes communautés raciales américaines. Les événements du week-end dernier montrent le contraire. Et les semaines à venir laissent craindre le pire. Neuf rassemblements comparables à celui de Charlottesville sont prévus dans les semaines à venir. Les braises de la Guerre de Sécession ne seraient-elles pas éteintes ? En février dernier, un rapport du Southern Poverty Law Center recensait plus de neuf cents groupes haineux actifs aux Etats-Unis. On le voit, les événements de Charlottesville ne sont pas dus au hasard. Le FBI et le ministère de la sécurité intérieure (DHS) ont indiqué en mai dernier dans un rapport « White Supremacist Extremism Poses Persistent Threat of Lethal Violence » que les forces suprémacistes blanches ont réalisé plus d’attaques que n’importe quel groupe extrémiste ces 16 dernières années.

Donald Trump avait une occasion de réunir le pays, il l’a complètement raté. Mais ce n’est pas vraiment un hasard c’est tout simplement le résultat d’une pensée déstructurée et immédiate incapable de prendre du recul. Au contraire, il a continué à utiliser les mêmes procédés par des tweets insignifiants de stupidité. Par exemple, suite à la démission de Kenneth Frazier, CEO de Merck, du Manufacturing Council, Donald Trump a contre-attaqué avec un tweet lamentable totalement hors propos et à côté de la plaque.

Le départ de Kenneth Frazier a été suivi de celui du patron de Walmart, du président du syndicat de l’AFL-CIO, de Brian Krzanich CEO d’Intel… Mais Donald Trump ne se dit pas impressionné par ces départs car nombreux sont ceux qui voudront intégrer ce conseil affirme-t-il.

Cet épisode est fâcheux et s’ajoute à la longue suite des déclarations calamiteuses, des contre-vérités, des mensonges lâchés par Donald Trump. Mais c’est là un terrain très dangereux qui pourrait faire l’unanimité contre lui et les forces suprémacistes qu’il semble vouloir protéger.

16 août 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Collusion, quelle collusion ?

Donald Trump avait pu s’échapper du Swamp pendant quelques heures, invité par Emmanuel Macron pour assister aux cérémonies du 14 juillet pour fêter le 100e anniversaire de l’entrée en guerre des Etats-Unis pendant la Première Guerre mondiale. Lors de la conférence de presse, la première des 4 questions autorisée à la presse a évidemment concerné cette affaire. La réponse de Donald Trump qui a répété que son fils était « bon garçon » (au passage, il a le même âge qu’Emmanuel Macron) et que la plupart des personnes impliquées dans un campagne électorale à qui on aurait proposé des informations contre la partie adverse les auraient acceptées. Donald Trump a par ailleurs présenté Natalia Veselnitskaya comme une avocate « privée » sans aucun lien avec le Kremlin.

Interviewé par Sean Hannity sur la chaîne « amicale » Fox News, Donald Junior a évidemment diminué l’intérêt et l’importance de cette réunion qui s’est tenu dans la Trump Tower le 9 juin 2016. Et a affirmé qu’il était prêt à coopérer et à dire toute la vérité. Sauf que le lendemain, on apprenait qu’une cinquième personne assistait à cette réunion, un russo-américain probablement impliqué dans des affaires de contre-espionnage. Et la liste n’est sans doute pas close. Pendant ce temps, Jared Kushner a modifié pour la troisième fois, le formulaire qu’il avait rempli pour avoir accès aux informations sensibles. L’avocat de Donald Trump a affirmé que le président n’a pris connaissance de cette réunion que le week-end dernier.

Ce que confirme des conversations « off-the-record » avec la presse (Source : Washington Post). Mais on peut se demander raisonnablement comment trois des plus importants collaborateurs de Donald Trump pendant la campagne ont pu participer à une réunion pour obtenir des informations pouvant nuire à Hillary Clinton sans en parler à leur chef. Ce n’est pas vraiment crédible. Par ailleurs, juste après cette réunion, Donald Trump avait indiqué lors d’un meeting de campagne qu’il serait en mesure de révéler des informations très compromettantes sur Hillary Clinton quelques jours plus tard.

Pour de nombreux commentateurs conservateurs, la coupe est pleine : George Will, Charles Krauthammer (Bungled collusion is still collusion), William Kristol qui s’est fendu d’un tweet assez drôle (voir ci-dessous), Bill Shepard Smith… Mais les Sénateurs ou les Représentants républicains n’ont pas encore beaucoup bougé. Les premiers sont trop occupés à la loi santé dont le vote encore très incertain devrait intervenir mardi. Si cette loi est votée et dont les conséquences décrites par le CBO sont plutôt désastreuses, la machine à célébration va se mettre en marche et Donald Trump ne va pas se gêner pour lancer la propagande. Le vote a été reporté d’une semaine car John McCain doit subir une intervention chirurgicale et les républicains ne peuvent pas se permettre de perdre une seule voix.

Parmi les autres affaires qui viennent d’être mis au grand jour et qui font l’objet d’une enquête, il est question de savoir si Jared Kushner, conseiller spécial et gendre de Donald Trump, responsable pendant la campagne du digital, a utilisé l’aide des russes pour cibler des messages anti-Hillary sur des zones particulièrement stratégiques. Il faut se souvenir que dans trois états – traditionnellement démocrates dans la Rust Belt, le Wisconsin, La Pennsylvanie et le Michigan, Donald Trump avait rallé toutes les voix des grands électeurs avec seulement 77 000 voix populaires de plus qu’Hillary Clinton. Ces grands électeurs avaient donné la majorité à Donald Trump et donc la présidence. Avec près de 3 millions de voix de moins qu’Hillary Clinton, il faudra toujours le rappeler.

Quid des explications sophistiquées des « petits blancs col bleu en colère », laissés-pour-compte de la mondialisation, wall people contre web people ; Elles restent toujours d’actualité et doivent être prises en compte. Mais l’explication majeure du résultat serait alors beaucoup plus simple : nombre d’électeurs se seraient fait manipulés par de fausses informations diffusées par des réseaux sociaux alimentés par des russes et ciblés par l’équipe de campagne de Donald Trump. Pour l’heure rien n’est avéré, mais l’enquête est en cours.

La barque commence à être bien chargée !

 

16 juillet 2017 Posted by | Elections 2016 | Laisser un commentaire

Trump à Paris : Who is Jim ?

Finalement Donald Trump n’a pas suivi le conseil de son ami Jim, il est allé à Paris. Alors que son ami Jim lui avait bien dit pourtant : Paris n’est plus Paris. Mais finalement qui est ce Jim ? Existe-t-il vraiment même si, selon Donald Trump, ce Jim est un « very substantial guy », dans l’esprit de Donald Trump cela signifie qu’il est au minimum milliardaire.

 

13 juillet 2017 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire

Dans la famille Trump, je demande le fils.

Qui sème le vent récolte la tempête ! Des trois critiques majeures dont fait l’objet Donald Trump depuis qu’il a prêté serment – conflits d’intérêt, népotisme et intelligence avec la Russie, un pays qui ne compte pas parmi les amis des Etats-Unis – c’est la dernière qui tient la corde et vient de connaître un développement majeur. On sait aujourd’hui que la Russie a interféré dans les élections présidentielles sans être sûr à 100 % qu’elle ait atteint son objectif même si on peut avoir de sérieux doutes. Sans cette intervention, Donald Trump aurait-il été élu ? Probablement pas mais on n’en n’a pas la certitude. On sait seulement qu’il a été élu avec près de 3 millions de voix de moins et que quelques milliers dans les trois états de la Rust Belt auraient changé le cours des choses. La question majeure à ce jour était de savoir si l’équipe de campagne de Donald Trump dont ce dernier est le responsable en dernier ressort a sollicité des informations auprès des responsables russes – liés à Poutine – pour nuire à l’équipe adverse.

On en a la preuve aujourd’hui. C’est le Fake News New York Times qui a révélé l’information. Donald Trump Jr a répondu favorablement à la proposition d’une avocate dans le giron de Poutine via une chaîne de connexions multiples pour avoir des informations sur l’équipe d’Hillary Clinton. Dans cette affaire comme dans tant d’autres, le mensonge est roi. Le fils de Donald Trump a d’abord affirmé haut et fort qu’il n’avait jamais rencontré d’officiels russes pendant la campagne – comme tant d’autres, Paul Manafort, ex-directeur de Campagne, Jeff Sessions, aujourd’hui ministre de la Justice, Jared Kushner, le gendre de Donald Trump et quelques autres  -, pour ensuite dire qu’il s’agissait d’une réunion sans importance portant sur un autre sujet, pour ensuite être obligé de concéder  d’admettre qu’il avait assisté à cette réunion pour obtenir des informations permettant de nuire à Hillary Clinton.

Selon le New York Times, Donald Trump Jr a publié ses échanges de mail avec ses contacts russes après que le quotidien l’a contacté pour lui indiquer qu’il allait publier ces mails et recueillir des commentaires. Alors que s’on interlocuteur lui indiquait qu’elle détenait des informations compromettantes sur Hillary Clinton, il écrit : « I love it ». Il n’y a donc aucune ambiguïté sur la démarche du fils de Donald Trump. Interrogés sur les chaînes de télévision qui reprennent l’information en boucle, tous les spécialistes affirment que dans un tel cas, il faut appeler immédiatement le FBI pour lancer une enquête.

A cette réunion qui a lieu le 9 juin 2016 assistaient Jared Kushner, aujourd’hui conseiller spécial de Donald Trump, et Paul Manafort. L’affaire est grave pour Donald Trump Jr mais il faut se souvenir qu’il n’est qu’un simple citoyen au regard de la loi et n’a aucune fonction officielle. En revanche, elle est beaucoup plus problématique pour Jard Kushner qui lui fait partie de l’administration et a signé un formulaire très précis sur états de services et sur ses faits et gestes. Ce qui lui donne accès à des informations sensibles. Et de proche en proche, c’est très problématique pour Donald Trump. Après être relativement silencieux, le président s’est fendu d’un tweet pour défendre son fils et attaquer la presse. Car le soir-même, Donald Trump indiquait qu’il allait tenir une conférence de presse pour donner quelques informations « croustillantes ». Ensuite, il n’y a pas eu un seul meeting sans qu’il fasse allusion aux mails d’Hillary Clinton.

L’heure est grave. D’ailleurs, la déclaration du Vice-Président Mike Pence est assez significative. Il indique qu’il n’était pas encore dans le circuit à cette époque-là.

Les Républicains sont, dans leur majorité, restés relativement silencieux à part quelques exceptions comme Lindsey Graham ou John McCain. Mais on sent que le vent est en train de tourner. Les questions posées par les membres de la commission judiciaire ce jour pour confirmer le nouveau directeur du FBI Christopher Wray le montrent assez clairement. Et pour l’instant, on n’a pas encore de retours de l’enquête menée par Robert Mueller. Bref on semble se rapprocher d’août 1974.

12 juillet 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire