maison blanche

La nouvelle donne

Les élus républicains dominent localement

En 2020, les républicains ont perdu la Maison Blanche et le Sénat – d’extrême justesse, il faut le reconnaître – et n’ont pas réussi à regagner la Chambre des Représentants. Les démocrates ont donc les mains relativement libres pour gouverner. On vient de le voir avec la loi sur le plan de relance de 1 900 milliards de dollars votée sans les voix des républicains. Après avoir été votée par la Chambre des Représentants, puis par le Sénat, la loi va retourner à la Chambre des Représentants et pourra être soumise à la signature du président dans la semaine. Au Sénat, cette majorité est la plus faible possible (50-50) puisqu’elle nécessite l’implication de la vice-présidente pour départager en cas d’égalité du vote. Elle suppose aussi aucune défection dans le rang des démocrates, mais aussi dans celui des républicains. Le vote du plan de relance est exemplaire à cet égard : La vice-présidente Kamala Harris a dû voter sur la motion pour continuer (on the motion to proceed). En revanche, elle n’a pas été impliquée dans le vote final car un des sénateurs républicains a fait défection – Dan Sullivan (R-AK) est retourné dans son état pour assister aux obsèques d’un membre de sa famille – et n’a pas voté.

Mais qu’en est-il au niveau des États ? La situation est assez différente et donne un avantage aux républicains tant au niveau des gouvernorats que des assemblées locales.

Concernant les gouvernorats, les démocrates ont perdu un siège, portant ainsi à 27 le nombre de postes de gouverneurs aux républicains et donc à 23 pour les premiers.

Sur les 99 assemblées existantes dans les 50 états, 86 ont organisé des élections en novembre 2020. Seulement deux chambres ont changé de majorité, la Chambre des représentants et le Sénat du New Hampshire.

Aujourd’hui, les républicains détiennent 4002 sièges dans les sénats et les chambres des états (54 %) et les démocrates 3315 (45 %). Une situation qui donne une majorité aux républicains dans 61 % des chambres et aux démocrates dans 37 %. On constate donc une certaine distorsion entre nombre de sièges et majorité favorable aux républicains. C’est une évolution radicale depuis dix ans car en 2010 la situation était exactement inversée avec une assez large majorité pour les démocrates. La Chambre de l’état d’Alaska est gouvernée par une coalition.

En fait, ce sont les élections de 2012 qui ont été calamiteuses pour les démocrates avec une perte de 800 sièges dans les chambres locales, une véritable bérézina dans laquelle Barack Obama avait réussi à sauver sa peau et à déjouer la stratégie de Mitch McConnell, le leader de la majorité au Sénat de l’époque : faire d’Obama un « one term president ». Barack Obama avait été élu avec seulement 51,1 % contre 52, 9 % des voix populaires et 332 contre 365 de voix de grands électeurs. Un recul peu glorieux pour un président en exercice.

Peu après le résultat des élections, les États ont profité de ces nouvelles majorités pour engager des réformes du droit de vote. En réponse au Big Lie lancé par Donald Trump et savamment entretenu par ses groupies, les assemblées législatives des États ont agressivement pris des mesures pour limiter les avancées réalisées notamment en raison de la crise sanitaire. Selon le bon principe que si « tu perds les élections, tu changes le mode de scrutin ».

Selon le Brennan Center For Justice, ces mesures visent à rendre le vote plus difficile et ciblent souvent les minorités. Au 19 février 2021, 43 états avaient introduit 250 lois pour restreindre les possibilités de voter, en limitant le vote par correspondance – qui a été décisif lors de la dernière élection présidentielle – et en imposant des contrôles plus stricts sur le contrôle d’identité. Et, cela ne surprendra personne, les états qui ont été les plus actifs sont ceux qui ont permis l’élection de Joe Biden, mais sont contrôlés par des assemblées locales républicaines : L’Arizona (19 lois), la Pennsylvanie (14 lois), la Géorgie (11 lois) et le New Hampshire (10 lois). Le cas du New Hampshire est un peu marginal, une victoire assez large de Joe Biden et un nombre de grands électeurs très limité. La mauvaise foi des législateurs qui prétendent qu’il s’agit d’assurer l’intégrité des élections est en fait une attaque contre la démocratie en rendant le vote plus difficile.

Cette offensive a été tellement ouvertement menée qu’en Arizona, des entreprises comme Prudential Financial et Union Pacific, qui sont des contributeurs financiers des élus locaux, ont fait savoir qu’elles ne soutenaient pas ces réformes. Ce qui n’est pas sans poser un double problème : l’influence des entreprises dans les campagnes électorales et l’influence de l’argent dans la politique. Même si dans ce dernier cas, elles font preuve de civisme. Mais, des initiatives opposées sont également à noter, comme en Géorgie où des entreprises ont annoncé leur soutien aux élus dans cet effort législatif visant à « réduire la large et systémique fraude ». Sachant que la Géorgie est sans doute l’état où les comptes et recomptes ont été les plus nombreux et n’ont donné aucun résultat significatif.

10 mars 2021 Posted by | Elections 2020, Général | Laisser un commentaire

Le schisme du GOP : le cas d’Adam Kinzinger

La polarisation entre les démocrates et les républicains est très forte, cela n’est pas nouveau mais a atteint un niveau sans précédent. Aujourd’hui, la polarisation entre les Pro-Trump et les anti-Trump est peut-être encore plus intense. Elle se manifeste au grand jour depuis le deuxième Impeachement avec les 10 Représentants qui ont voté la procédure en destitution et les 7 sénateurs qui ont voté la condamnation du président Trump.

Après le vote du Sénat samedi dernier acquittant le président, la majorité des deux tiers n’ayant pas été atteinte, Donald Trump est reparti en croisade et ne cache pas sa volonté de briser ceux qui ont « osé » s’opposer à lui. Parmi ses opposants, le premier qui est visé est Mitch McConnell, le leader de la minorité au Sénat qui juste après avoir voté l’acquittement a fait une déclaration sans nuance condamnant l’ex-président et affirmant sa responsabilité dans l’attaque du Capitole le 6 janvier dernier. La déclaration publiée par Donald Trump dans laquelle il le rend responsable de la perte des élections pour les deux postes de sénateurs de Géorgie (avec Trump c’est toujours de la faute des autres) révèle clairement ses intentions :

« Mitch is a dour, sullen, and unsmiling political hack, and if Republican Senators are going to stay with him, they will not win again. He will never do what needs to be done, or what is right for our Country. Where necessary and appropriate, I will back primary rivals who espouse Making America Great Again and our policy of America First. We want brilliant, strong, thoughtful, and compassionate leadership ».

Déclaration qui s’accompagne toujours d’attaques personnelles : « McConnell has no credibility on China because of his family’s substantial Chinese business holdings. He does nothing on this tremendous economic and military threat ». Rappelons que Mitch McConnell est marié à Elaine Chao, ex-ministre des Transports de l’administration et d’origine taïwanaise et fille d’un homme d’affaires de Shanghai qui a émigré aux Etats-Unis au début des années 60.

Au-delà du cas Mitch McConnell, Donald Trump projette donc d’organiser des primaires républicaines de candidat MAGA c’est-à-dire soutenant Donald Trump sans retenue.

Comme toujours, les membres de la famille Trump seront en première ligne dans ce combat très personnel. On a déjà mentionné les noms de Lara Trump pour succéder à Richard Burr en Caroline du Nord ou d’Ivanka Trump face à Marco Rubio en Floride dans les élections sénatoriales de 2022. Mais tous les candidats qui se seront opposés au maître auront du souci à se faire. Adam Kinzinger, élu de la Chambre des représentants depuis 2010 fera sans doute partie de la liste. Il est un anti-trumper de longue date et est un des dix députés à avoir voté la procédure en destitution : « There is no doubt in my mind that the president of the United States broke his oath of office and incited this insurrection » ajoutant que « if the president’s actions “are not worthy of impeachment, then what is an impeachable offense? »

Il est devenu un ennemi public numéro un dans son parti, mais aussi un paria dans sa propre famille. Non seulement il a voté le lancement de la procédure de destitution de Donald Trump mais il a également voté pour l’exclusion de l’élue de Géorgie Marjorie Taylor Greene de ses postes dans deux commissions. Sa cousine Karen Otto a donc payé 7 dollars pour envoyer un courrier recommandé au père d’Adam Kinzinger. Ce courrier signé de plusieurs membres de sa famille et qui a été rendu public est assez représentatif de la cassure au sein même des familles.

Cette condamnation dans les cercles politiques et familiales intervient alors qu’Adam Kinzinger se présente comme un réel conservateur. S’il n’a pas voté pour Donald Trump en 2016 – ni pour Hillary Clinton -, notamment pour des désaccords en matière de politique extérieure, il a voté dans la majorité des cas en concordance avec le président sur les quatre années qui ont suivi. Mais il s’est totalement détaché du président après les événements du 6 janvier et a voté la procédure en destitution ce qui a motivé ce véritable bannissement par ses pairs. Tous les députés ou sénateurs vont être confrontés aux mêmes attaques, soit au sein du parti républicain soit lors des prochaines élections par la présence d’un candidat MAGA à l’occasion des primaires.

« The Republican party has lots his way »

19 février 2021 Posted by | Elections 2020, Général | Laisser un commentaire

Impeachment : acquitté malgré l’évidence

Aussi vrai que le carré de la longueur de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés, la seule façon de perdre les élections est qu’elles sont frauduleuses. C’est ce que l’on appellera le théorème de Trump.

On ne saurait faire boire un âne s’il n’a pas soif, dit-on. Ici, il s’agit du parti de l’éléphant.

Il n’est même pas sûr que, même si Mike Pence avait été pendu comme certains manifestants souhaitaient le faire, un nombre suffisant de sénateurs républicains voteraient la condamnation de Donald Trump.

Donald Trump est le seul président à avoir fait l’objet d’une procédure d’impeachment à deux reprises.
« Voyez bien qu’il s’agit de la pire chasse aux sorcières de l’histoire » disent les républicains ;
« C’est bien la preuve irréfutable qu’il était ”unfit for the office” »leur répondent les démocrates.

Joe Biden a eu la clairvoyance de ne pas s’impliquer dans cette procédure d’impeachment. Il a néanmoins publié une déclaration après le vote (Statement by President Joe Biden on the Senate Vote in the Trial of Donald Trump) dans laquelle il considère que Donald Trump a été acquitté en dépit des preuves mais qu’il est bien responsable de ce qui est arrivé, reprenant les propos de Mitch McConnell, leader de la minorité républicaine au Sénat : « Donald Trump was guilty of a “disgraceful dereliction of duty” and “practically and morally responsible for provoking” the violence unleashed on the Capitol. » Et en appelant pour finir à la réconciliation.

Donald Trump s’est lui aussi fendu d’un communiqué qui reprend les arguments de son équipe d’avocats (en fait c’est plutôt l’inverse) et qui montre qu’il se projette bien dans l’avenir : « Our historic, patriotic and beautiful movement to Make America Great Again has only just begun. In the months ahead I have much to share with you, and I look forward to continuing our incredible journey together to achieve American greatness for all of our people. There has never been anything like it!

We have so much work ahead of us, and soon we will emerge with a vision for a bright, radiant, and limitless American future ».

Voir en fin d’article la déclaration complète.

Impeachment II

1er jour

Est-il possible de juger en destitution un président qui n’est plus en exercice ? Ironiquement, on pourrait répondre oui puisque Donald Trump ne reconnaît pas le résultat et se considère toujours président. Tout comme une partie des élus républicains et 70 % des Américains qui déclarent appartenir à ce parti.

Le premier jour, qui visait à démontrer la constitutionnalité de l’impeachment n’a pas fait beaucoup bouger les lignes par rapport au vote intervenu il y a quelques jours à la suite de la motion présenté par Rand Paul. Ceux qui étaient convaincus le sont restés et ceux qui ne l’étaient pas n’ont pas changé d’avis. Seul Bill Cassidy, sénateur de Louisiane, a changé d’opinion et rejoint les rangs des 5 sénateurs républicains votant avec les démocrates. Résultat : 56 votes pour, 44 contre. Un sénateur qui pense que l’impeachment est inconstitutionnel ne devrait pas en toute logique condamner Donald Trump. D’un autre côté, puisque cette question a été tranchée, il devrait normalement se ranger à la majorité et voter sans se poser cette question de la constitutionnalité.

Jaimie Raskin, représentant du Nebraska, chef de la délégation des House managers en charge de présenter le cas devant les sénateurs, a commencé par un film présentant le déroulement des événements (vidéo introductive de l’impeachment II). Un film qui n’a pas besoin de commentaires ou d’explications et qui parle pour lui-même. Il a ensuite passé le relais à Joe Neguse, représentant du Colorado, qui a puisé dans les textes des Pères fondateurs, dans la jurisprudence et dans les opinions de nombreux spécialistes en droit constitutionnel et démontrer assez clairement le point.

Globalement, les démocrates ont été excellents dans leur présentation. Bruce Castor, l’un des deux avocats de Donald Trump, l’a lui-même reconnu au début de son intervention. Ce qui, d’après ce qu’en ont rapporté les quotidiens, a mis l’ex-président hors de lui. Il faut reconnaître que les propos de Bruce Castor étaient plutôt incohérents et surtout ne se sont à aucun moment attachés à démontrer le point de légalité. Au contraire, il s’est lancé dans une digression selon laquelle l’impeachment était une manœuvre politique menée par les démocrates qui ont tout simplement peur de lui en 2024. « C’est donc le seul moyen de le mettre hors circuit » expliquait-il en substance.

 

Les arguments de l’équipe Trump sont simples :

  1. L’Impeachment est inconstitutionnel ;
  2. Les démocrates voulaient destituer Donald Trump dès qu’il a été élu ;
  3. Ils ont lancé cette procédure car ils ont peur que Donald Trump se représente en 2024 ;
  4. Donald Trump n’a pas dit explicitement à ses supporters de faire ce qu’ils ont fait.

Mais de l’avis de la majorité des observateurs, quel que soit leur bord politique, que leur prestation avait été médiocre.

C’est cette médiocrité qui a motivé Bill Cassidy a changé d’avis. A se demander si, comme une équipe qui sait qu’elle est déjà qualifiée pour une finale ne pousse pas son talent et joue uniquement en défense. Les avocats de Donald Trump savent que leur client ne sera pas condamné – il faut 17 sénateurs républicains pour atteindre la majorité des deux tiers – et donc il leur suffit de faire le service minimum. Ou si l’on prend la métaphore sportive, de jouer la défense.

2e jour

Toujours aussi sobre, concis et efficace, l’équipe des house managers qui instruisent le cas se sont attachés à replacer les événements dans leur chronologie et à utiliser les nombreux documents à leur disposition : vidéos, tweets, titres d’articles de journaux. Une matière tout aussi efficace que celle du premier jour qui sonne aujourd’hui comme une évidence contre laquelle, seule la mauvaise foi ou la mauvaise volonté. Avec des vidéos prises par les caméras de vidéosurveillance qui n’avaient jamais été montrées. Et qui visaient à toucher personnellement les sénateurs. Ils se sont attachés à démontrer toujours de manière chronologique le déroulement des événements et le lien entre les déclarations, tweets et autres communications de Donald Trump et les événements du 6 janvier. Avec certains points troublants comme une interdiction de se rendre de l’Ellipse – lieu de la manifestation Save America – au Capitole soudainement levée ou des forces de police peu nombreuses alors que les autorités disposaient de toutes les informations pour être prêtes.

3e jour

C’est toujours l’équipe des représentants instruisant le dossier qui est à la manœuvre et qui a montré de nouvelles vidéos provenant des circuits de vidéosurveillance qui n’avaient jamais été présentées et qui montrent Mitt Romney, sénateur républicain de l’Utah, faire brusquement demi-tour pour échapper à la meute des assaillants ou Mike Pence se précipiter dans un lieu sûr entouré de ses gardes du corps dont celui chargé de porter la valise détenant les codes nucléaires (un double de la valise qui porte avec lui le président).

Renowned GOP Lawyer Ted Olson: “I Would Vote to Convict [Trump]” | Amanpour and Company

4e jour

Les sénateurs acquittent Donald Trump (57-43) ne parvenant pas à la majorité des deux tiers. Mais un sénateur républicain de plus – Richard M. Burr, Caroline du Nord – que lors du vote du premier jour a voté pour condamner Donald Trump. Si le vote était anonyme, il est probable que la majorité aurait été plus large. C’est la quatrième fois qu’un président est acquitté dans une procédure d’impeachment.

“The president promoted unfounded conspiracy theories to cast doubt on the integrity of a free and fair election because he did not like the results (…) “The evidence is compelling that President Trump is guilty of inciting an insurrection against a coequal branch of government and that the charge rises to the level of high crimes and misdemeanors.”
Richard Burr

Mitch McConnell déclare juste après le vote que Donald Trump était bien coupable mais qu’il ne pouvait pas voter dans ce sens car l’impeachment était inconstitutionnel : “There is no question – none – that President Trump is practically and morally responsible for provoking the events of the day.” Une manière de jouer sur les deux tableaux :

– Voter non pour se prémunir contre la colère de Donald Trump et de sa base
– Mais affirmer qu’il est coupable pour préserver sa probité et son intégrité.

Les représentants démocrates apportent encore des éléments nouveaux montrant que non seulement Donald Trump a incité l’insurrection mais qu’il n’a rien fait pour l’arrêter.

See what Mitch McConnell said after Trump’s acquittal

 


Déclaration complète de Donald Trump

“I want to first thank my team of dedicated lawyers and others for their tireless work upholding justice and defending truth.

“My deepest thanks as well to all of the United States Senators and Members of Congress who stood proudly for the Constitution we all revere and for the sacred legal principles at the heart of our country.

“Our cherished Constitutional Republic was founded on the impartial rule of law, the indispensable safeguard for our liberties, our rights and our freedoms.

“It is a sad commentary on our times that one political party in America is given a free pass to denigrate the rule of law, defame law enforcement, cheer mobs, excuse rioters, and transform justice into a tool of political vengeance, and persecute, blacklist, cancel and suppress all people and viewpoints with whom or which they disagree. I always have, and always will, be a champion for the unwavering rule of law, the heroes of law enforcement, and the right of Americans to peacefully and honorably debate the issues of the day without malice and without hate.

“This has been yet another phase of the greatest witch hunt in the history of our Country. No president has ever gone through anything like it, and it continues because our opponents cannot forget the almost 75 million people, the highest number ever for a sitting president, who voted for us just a few short months ago.

“I also want to convey my gratitude to the millions of decent, hardworking, law-abiding, God-and-Country loving citizens who have bravely supported these important principles in these very difficult and challenging times.

“Our historic, patriotic and beautiful movement to Make America Great Again has only just begun. In the months ahead I have much to share with you, and I look forward to continuing our incredible journey together to achieve American greatness for all of our people. There has never been anything like it!

“We have so much work ahead of us, and soon we will emerge with a vision for a bright, radiant, and limitless American future.

“Together there is nothing we cannot accomplish.

“We remain one People, one family, and one glorious nation under God, and it’s our responsibility to preserve this magnificent inheritance for our children and for generations of Americans to come.

“May God bless all of you, and may God forever bless the United States of America.”


 

14 février 2021 Posted by | Elections 2020, Général | Laisser un commentaire

Les vidéos de l’impeachment II

House managers present video evidence in first day of impeachment trial

 

 

13 février 2021 Posted by | Elections 2020 | Un commentaire

Trois mercredis qui ont changé l’histoire

Mercredi 6 janvier 2021, mercredi 13 janvier 2021, mercredi 20 janvier 2021, trois mercredis qui constitueront dans les livres d’histoire les trois actes du transfert de pouvoir entre Donald Trump et Joe Biden.

Mercredi 6 janvier

Save America Rally

Lors d’un rassemblement baptisé Save America Rally organisé sur l’Ellipse à Washington, Donald Trump demande à ses supporters de se rendre au Capitole pour stopper la certification des votes des Grands électeurs sous le prétexte fallacieux, mais répété depuis des semaines que les élections lui avaient été volées. Quelques moments plus tard, une foule d’extrémistes et de white supremacists prennent d’assaut le Capitole et hurlent des messages de haine et entendre en découdre avec les élus qui osent remplir leur mission, dont le premier d’entre eux, le vice-président Mike Pence qu’ils veulent lyncher : « I hope Mike you will do the right thing ». 

« We will never give up, we will never concede. Now it is up to Congress to confront this egregious assault on our democracy. After this, we’re going to walk down and I’ll be there with you. We’re going to walk down. We’re going to walk down, any one you want, but I think right here. We’re going walk down to the Capitol, and we’re going to cheer on our brave senators, and congressmen and women. We’re probably not going to be cheering so much for some of them because you’ll never take back our country with weakness. You have to show strength, and you have to be strong. »

L’assaut du Capitole

Encouragés par Donald Trump, les partisans du président Trump prennent d’assaut le Capitole, obligeant le Congrès à suspendre les travaux pour confirmer l’élection de Joe Biden à la présidence. L’émeute a tourné au meurtre lorsqu’une femme qui a été abattue par la police est décédée. Le déclenchement du chaos a conduit à une journée historique en Amérique. Ci-dessous une chronologie de la violation du Capitole, de l’émeute qui a suivi et de la manière dont les législateurs américains sont revenus pour confirmer la victoire de Joe Biden au collège électoral. Malgré les événements, plus de 130 représentants n’ont pas voté la certification des votes des grands électeurs.

 

Mercredi 13 janvier

La Chambre des représentants vote le lancement de la procédure de destitution avec la contribution du votes de 10 élus républicains. Un seul article : incitation à l’insurrection. Du jamais vu. C’est la seconde fois que Donald Trump fait l’objet d’une telle procédure. Du jamais vu.

 

Mercredi 20 janvier

Joe Biden prête serment et devient le 46e président des Etats-Unis en présence de trois anciens présidents : Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama.

22 janvier 2021 Posted by | Elections 2020, Général | Laisser un commentaire

L’inauguration à la Une : « Democracy has prevailed »

Les Unes des quotidiens américains ont retenus deux messages.

D’abord la démocratie a été préservée. L’idée n’est pas excessive car les attaques répétées de Donald Trump depuis le 3 novembre qui se sont terminées par l’assaut du Capitole le 6 janvier lors de la certification des voix des grands électeurs par Mike Pence ont révélé une certaine fragilité de la démocratie américaine.

Ensuite, l’unité d’un pays profondément divisé qu’il va falloir réconcilier avec lui-même.

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21 janvier 2021 Posted by | Elections 2020, Général | Laisser un commentaire

Ils avaient prévenu

Ils avaient prévenu en 2015 sur ce qui arriverait si Donald Trump était élu. Ce ne sont pas des leftists radical, des socialists voire même des communists mais des soutiens actifs ou des membres de son administration.

12 janvier 2021 Posted by | Elections 2020 | Laisser un commentaire

Unfit for Office

Imaginons un instant que Donald Trump ait été réélu.

Unfit for Office, c’était là l’une des critiques développées par les opposants de Donald Trump, dès la campagne des élections de 2016, pour expliquer qu’il ne devait pas s’installer dans le Bureau ovale. La semaine qui vient de s’écouler aux Etats-Unis le montre et le démontre. Mais dans ce drame qui ne s’est pas jouée en un jour, mais est le point d’orgue de quatre années erratiques, il y a d’autres acteurs qui ont permis que tout cela arrive, interagissant mutuellement : l’environnement proche de Donald Trump, à commencer par famille, le parti républicain et les élus de ce parti au Congrès et ceux qui constituent ce que l’on appelle la base des supporters inconditionnels, sans oublier certains médias comme Fox News, OAN, Newsmax et des commentateurs radiophoniques d’extrême-droite comme Rush Limbaugh. Ce sont ces différents éléments qui ont contribué à l’émergence de ce que l’histoire retiendra comme une attaque contre démocratie dans un pays considéré comme l’un de ses inventeurs et premiers expérimentateurs.

Ivanka, Jared, Donald Trump Jr, Eric, Laura sont les plus actifs du premier cercle. Ils ont bénéficié des prébendes et des largesses de leur père ou beau-père depuis longtemps, bien avant la présidence. Quand celui est entré à la Maison-Blanche, ils ont donc continué dans cette voie se voyant attribuer des responsabilités pour lesquelles ils n’avaient aucune compétence ni expérience. Ils n’avaient donc aucun intérêt à s’opposer et ne l’ont donc jamais fait. Le népotisme n’est pas un phénomène nouveau, même aux Etats-Unis, mais il ne s’était jamais aussi bien incrusté dans l’appareil d’état aux Etats-Unis et à une telle dimension.

Le drapeau confédéré à l’intérieur du Capitole

Deuxième acteur important dans cet enchaînement mortifaire, le parti républicain et une importante partie de ses élus au Sénat et à la Chambre des représentants. Les plus zélés, ceux que l’on appelle les Trumpoblicains, sont les12 sénateurs et les 140 représentants qui ont signé pour objecter la certification des votes des grands électeurs, sachant pertinemment que cette initiative ne pouvait aboutir et qu’elle était fondée sur des mensonges. Ils ont une grande part de responsabilité dans ce qui est arrivé ce mercredi 6 janvier à Washington. Les autres, ceux qui font partie de l’establishment du parti ont signé une sorte de pacte faustien avec Trump en supportant ses extravagances et sa démagogie en échange de baisses d’impôts, de nominations de juges conservateurs, de dérégulations visant à déliter un peu plus le bien commun et à piller l’environnement. Mais ce faisant, ils ont perdu leur âme et les élections. Vae Victis !

Le dernier cercle qui a autorisé cette situation est la base de supporters, ceux qui ne changeront pas d’avis sur leur leader même « si ce dernier tuait quelqu’un sur la 5e avenue ». Bien sûr, tous n’ont pas la même responsabilité. Mais comment comprendre que plus de 7 Américains républicains pensent que les élections n’ont pas été justes et qu’il y a eu de nombreuses fraudes alors que l’équipe Trump a perdu tous ses recours en justice (plus de 60) et que leurs arguments ont le plus souvent été considérés comme ne passant même pas le cours de première année de droit constitutionnel. A leur décharge, il faut reconnaître qu’ils ont été bombardés de fausses infos plusieurs mois durant.

Mike Pence certifie les comptes des grands électeurs

Pendant des mois avant les élections, Donald Trump a répété à l’envi que s’il perdait les élections, c’est qu’elles étaient truquées. Le soir même de l’élection alors que le dépouillement n’était pas terminé, il s’est précipité, comme prévu, en organisant une intervention dans laquelle il s’est autoproclamé vainqueur. Et dès que la presse – comme il est de coutume, a annoncé le vainqueur le vendredi après-midi, Donald Trump a commencé sa besogne de sape encore fondée sur des mensonges, des affabulations, des impostures, des théories complotistes et répété que la victoire lui avait été volée. « Un mensonge répété mille fois se transforme en vérité » aurait dit Joseph Goebbels.  C’est sans aucun doute ce qui s’est passé.

Comment expliquer et interpréter que 70 % des républicains pensent que les élections ont été truquées et ne reconnaissent pas Joe Biden comme président-élu, après la date limite du Safe-Harbor le 8 décembre, après le vote des grands électeurs dans leur état respectif le 14 décembre, après le 6 janvier date à laquelle les votes des grands électeurs ont été comptés au Congrès ?

Il y a eu aussi une interaction négative entre les élus et la base. C’est d’ailleurs le raisonnement spécieux, repris par Ted Cruz dans ses 5 minutes dans l’hémicycle du Sénat, lorsqu’il fonde son objection de la certification des votes et une demande de création d’une commission pour faire un audit parce qu’il n’est pas sain d’adouber Joe Biden alors que plus de 30 % des Américains – principalement les républicains – pensent que les élections ont été truquées. Jamais, il ne pose la question de savoir pourquoi les Américains se sont forgé une telle idée.

Dans ce cocktail explosif, il ne faut pas oublier une certaine presse – Fox News, OAN, Newsmax et des incendiaires d’extrême-droite comme Rush Limbaugh qui ont propagé, de manière répétitive, de fausses informations et construit un discours de division et de haine. Sans oublier l’influence des réseaux sociaux qui permet la création de bulles idéologiques et ne fait que renforcer les citoyens dans leurs convictions et créer une sorte d’addiction selon laquelle il faut une dose toujours forte d’adrénaline complotiste et destructrice.


Même Mike Pence qui a soutenu Donald Trump de manière obséquieuse pendant quatre ans s’est attiré les foudres de son patron dès qu’il n’a fait que son devoir.
Mike Pence didn’t have the courage to do what should have been done to protect our Country and our Constitution, giving States a chance to certify a corrected set of facts, not the fraudulent or inaccurate ones which they were asked to previously certify. USA demands the truth!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) January 6, 2021


Les événements du 6 janvier sont « sidérants, stupéfiants, sans précédent, impensables, inouï » (Assaut du Capitole : insurrection, putsch, exorcisme ?, , La Revue des deux Mondes), mais mais certainement pas surprenants. On avait eu droit à une répétition lors de la prise du Capitole de l’état du Michigan en mai dernier après que la gouverneure avait eu pris des décisions pour maintenir l’épidémie du Covid. L’assaut du Capitole de Washington est une réplique fédérale. Après ce que l’on peut qualifier d’insurrection et de sédition, la grande majorité des élus républicains eux ont persévéré et voté contre la certification des votes des grands électeurs (voir ci-dessous). De leur côté, certains membres du cabinet du président et de la haute administration ont donné leur démission. Bien tard pour se présenter du bon côté de l’Histoire.

Quant aux supporters, il semble qu’il leur en faut plus pour les ébranler dans leurs certitudes. Un sondage réalisé par la plate-forme YouGov montre que 45 % des républicains déclarent soutenir cet assaut du Capitole alors qu’un tiers seulement le condamnent. Ils considèrent les assaillants comme des patriotes ayant fait leur prise de la Bastille alors qu’ils ne sont que terroristes white-suprémacistes.

Les 7 infâmes sénateurs

Josh Hawley, Missouri, Ted Cruz, Texas, Tommy Tuberville, Alabama, Cindy Hyde-Smith, Mississippi, Roger Marshall, Kansas, Cynthia Lummis, Wyoming and Rick Scott, Florida.

La galerie des portraits de la honte : les représentants républicains qui ont voté contre la certification des votes après la saccage du Capitole

Comme le compte twitter de Donald Trump a été suspendu, provisoirement d’abord puis définitivement, c’est Dan Scavino, Adjoint au chef de cabinet de la Maison-Blanche depuis 2020, qui été contraint à publier un communiqué sur son compte twitter.

9 janvier 2021 Posted by | Elections 2020, Général | Laisser un commentaire