maison blanche

La nouvelle donne

Quels régimes politiques les Français et les Américains préfèrent ?

Le Pew Research Center a mené une enquête dans 38 pays pour déterminer le type de régime politique – démocratie, régime militaire et autres systèmes politiques – que les citoyens de ces pays préféraient. Dans chaque pays sondé, plus de la moitié de la démocratie représentative est un moyen très ou plutôt bon de diriger leur pays. Mais l’enquête a également révélé une ouverture, à des degrés divers, à certaines formes de gouvernement non démocratiques.

La comparaison entre la France et les Etats-Unis ne pointe pas de grandes différences sur l’adhésion ou le rejet des différents régimes. Les Américains seraient plus nombreux à être favorables à un régime dirigé par un « leader fort » : 22 % contre 12 % en France. Etonnant car les Américains nous font régulièrement remarqué que les Français ont coupé la tête de Louis XVI.

Par contre, concernant le niveau de confiance et de satisfaction sur le fonctionnement de la démocratie dans leur pays, les Américains sont nettement plus positifs.

Publicités

31 octobre 2017 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire

Chateaubriand rend visite à George Washington

Dans ses Mémoires d’Outre-Tombe (Voyage en Amérique), Chateaubriand raconte sa visite à George Washington dans ce qui était à l’époque la « Maison du président » à Philadelphie. Rencontre qui a été mise en doute par certains observateurs (Lebègue, R. (1965) Le problème du voyage de Chateaubriand en Amérique. Journal des Savants). On a du mal à imaginer la scène lorsque l’on pense à la Maison Blanche aujourd’hui et à la sécurité qui l’entoure.

« Lorsque j’arrivai à Philadelphie, le général Washington n’y était pas ; je fus obligé de l’attendre une huitaine de jours. Je le vis passer dans une voiture que tiraient quatre chevaux fringants, conduits à grandes guides. Washington, d’après mes idées d’alors, était nécessairement Cincinnatus ; Cincinnatus en carrosse dérangeait un peu ma république de l’an de Rome 296. Le dictateur Washington pouvait-il être autre qu’un rustre, piquant ses bœufs de l’aiguillon et tenant le manche de sa charrue ? Mais quand j’allai lui porter ma lettre de recommandation, je retrouvai la simplicité du vieux Romain.
Une petite maison, ressemblant aux maisons voisines était le palais du président des Etats-Unis : point de gardes ; pas même de valets. Je frappai ; une jeune servante ouvrit. Je lui demandai si le général était chez lui ; elle me répondit qu’il y était. Je répliquai que j’avais une lettre à lui remettre. La servante me demanda mon nom, difficile à prononcer en anglais et qu’elle ne put retenir. Elle me dit alors doucement :  » Walk in, sir . Entrez, monsieur  » et elle marcha devant moi dans un de ces étroits corridors qui servent de vestibule aux maisons anglaises : elle m’introduisit dans un parloir où elle me pria d’attendre le général.
Je n’étais pas ému : la grandeur de l’âme ou celle de la fortune ne m’imposent point ; j’admire la première sans en être écrasé ; la seconde m’inspire plus de pitié que de respect : visage d’homme ne me troublera jamais.


Au bout de quelques minutes, le général entra : d’une grande taille, d’un air calme et froid plutôt que noble il est ressemblant dans ses gravures. Je lui présentai ma lettre en silence ; il l’ouvrit, courut à la signature qu’il lut tout haut avec exclamation :  » Le colonel Armand !  » C’était ainsi qu’il l’appelait et qu’avait signé le marquis de La Rouërie.
Nous nous assîmes. Je lui expliquai tant bien que mal le motif de mon voyage. Il me répondait par monosyllabes anglais et français, et m’écoutait avec une sorte d’étonnement ; je m’en aperçus, et je lui dis avec un peu de vivacité :  » Mais il est moins difficile de découvrir le passage du nord-ouest que de créer un peuple comme vous l’avez fait. – Well, well, young man ! Bien, bien, jeune homme  » s’écria-t-il en me tendant la main. Il m’invita à dîner pour le jour suivant, et nous nous quittâmes.
Je n’eus garde de manquer au rendez-vous. Nous n’étions que cinq ou six convives. La conversation roula sur la Révolution française. Le général nous montra une clef de la Bastille. Ces clefs, je l’ai déjà remarqué étaient des jouets assez niais qu’on se distribuait alors. Les expéditionnaires en serrurerie auraient pu, trois ans plus tard, envoyer au président des Etats-Unis le verrou de la prison du monarque qui donna la liberté à la France et à l’Amérique. Si Washington avait vu dans les ruisseaux de Paris les vainqueurs de la Bastille, il aurait moins respecté sa relique. Le sérieux et la force de la Révolution ne venaient pas de ces orgies sanglantes. Lors de la révocation de l’Edit de Nantes, en 1685, la même populace du faubourg Saint-Antoine, démolit le temple protestant à Charenton, avec autant de zèle qu’elle dévasta l’église de Saint-Denis en 1793.
Je quittai mon hôte à dix heures du soir, et ne l’ai jamais revu ; il partit le lendemain, et je continuai mon voyage. »

19 octobre 2017 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire

Trump à Paris : Who is Jim ?

Finalement Donald Trump n’a pas suivi le conseil de son ami Jim, il est allé à Paris. Alors que son ami Jim lui avait bien dit pourtant : Paris n’est plus Paris. Mais finalement qui est ce Jim ? Existe-t-il vraiment même si, selon Donald Trump, ce Jim est un « very substantial guy », dans l’esprit de Donald Trump cela signifie qu’il est au minimum milliardaire.

 

13 juillet 2017 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire

Barack Obama soutient Emmanuel Macron

On savait qu’Emmanuel Macron s’était entretenu avec Barack Obama il y a quelques jours. Cette fois, c’est l’ancien président américain qui apporte son soutien au candidat d’En Marche, une démarche relativement inhabituelle. Il y a sans doute une arrière-pensée de mettre un terme au mouvement populiste que l’on observe actuellement avecles  deux événements majeurs qu’ont été le Brexit et l’élection de Donald Trump. Et aussi, de répondre à Donald Trump qui a soutenu Marine Le Pen.

4 mai 2017 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire

Les élections françaises vues des médias américains

Cette année, les élections françaises suscitent un intérêt particulier dans les médias américains. D’abord, elles sont plus difficiles à défricher que par le passé où deux grands partis s’affrontaient, souvent comparés aux démocrates et aux républicains, auxquelles s’est durement ajouté l’extrême-droite. Ensuite, elles s’inscrivent dans une série d’élections fondues sous le double signe du nationalisme et du populisme. Il y a d’abord eu le Brexit qui mettait un coin dans la construction européenne et permettait aux Américains de voir dans le Royaume-Uni un allié revenant au bercail de l’alliance historique anglo-américaine. Puis quelque moins, l’élection de Donald Trump contre le souhait et toutes les prédictions de la quasi-totalité des médias américaines. Dans ces conditions, comment lire les élections présidentielles 2017 car les schémas habituelles droite-gauche ne sont plus suffisant pour comprendre les phénomènes ? Les Français vont-ils tomber dans le populisme de Marine Le Pen dont les médias ne se risquent pas affirmer qu’elle ne sera pas élue. Chat échaudé craint l’eau froide !

La candidate de l’extrême-droite Marine Le Pen attire l’attention du New York Times (Attack on Champs-Élysées Injects More Uncertainty Into French Vote ; A Guide to the French Vote (and How It Relates to ‘Brexit’ and Trump) en raison des thèmes défendus par le Front National et qui font écho à certains développés avec subtilité par Donald Trump : « Beaucoup de Mexicains qui viennent illégalement aux Etats-Unis sont des violeurs, il faut donc construire un mur et le faire payer par le Mexique ». Autant dire qu’il n’y aura pas de mur que de toute façon les Mexicains n’auraient pas financé.

Of the candidates, Ms. Le Pen has arguably drawn the most attention from journalists, because of her hard-line stance on immigration, her grim warning that a declining France is losing its identity and her party’s record with Jews and Muslims, among other communities.

Le quotidien ne peut évidemment pas faire l’économie s’interroger sur l’effet possible de l’attaque terroriste de jeudi soir sur les Champs-Elysées citant une déclaration de Marine Le Pen qui reprend un thème cher à Donald Trump :

“For 10 years, under the governments of left and right, everything has been done to make us losers,”

La grille de lecture du très sérieux Foreign Affairs (France’s Election Is Trump vs. Merkel vs. Modi vs. Corbyn ; The French are still undecided – and, increasingly, the rest of the world is, too) ne reprend pas le traditionnel clivage droite-gauche mais utilise un positionnement selon deux critères : l’identité nationale (cosmopolitan identity) et la mondialisation de l’économie (Globalized economy). Sur le quadrant politique à 4 cases qui couvre l’ensemble de l’échiquier politique, il positionne les 4 principaux candidats. Plus de place pour d’autres candidats donc. De fait, l’article ne mentionne pas Benoit Hamon, représentant du parti socialiste qui constitue l’armature de la gauche depuis près d’un demi-siècle. D’ailleurs, le candidat du PS qui représente le parti du président qui ne se représente pas – un première dans la 5e république –  et le parti du président en place va peut-être se retrouver au niveau historiquement bas (5 %) de Gaston Deferre et de la SFIO aux élections de 1969.

22 avril 2017 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire

Les élections françaises vues des Etats-Unis

Les commentateurs de l’émission Morning Joe sur MSNBC parlent en priorité des candidats de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche, Marine Le Pen (prononcé le Pein) et Jean-Luc Mélenchon et s’appesantissent sur la première en la comparant à son père. Mais plus qu’un séparation droite-gauche, ils font remarquer à juste titre qu’il s’agit plutôt d’une scission entre les pro et les anti européens. Les deux candidats suscités étant ceux qui représentent le mouvement anti-européen et les autres (parmi les 5 « grands ») sont ceux qui soutiennent l’Europe. Les soutiens de Le Pen feront remarquer qu’ils ne sont pas contre l’Europe mais contre cette Europe, contre l’Union européenne, contre Bruxelles, contre l’Euro, contre une quelconque construction pouvant évoluer vers une forme quelconque d’une Europe fédérale.

 

18 avril 2017 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire

Des intitulés ministériels fantaisistes ou rigoristes ?

On l’avait écrit dans un précédent billet (Les hommes doivent-ils s’adapter aux institutions ? Petite comparaison du cabinet américain et du gouvernement français), les intitulés de membres du cabinet ministériel sont quasi immuables ainsi que leurs rangs. Il y a eu quelques rares changements dont la plus marquantes avait été la création du ministère de la sécurité intérieure par George W. Bush après les événements du 9 septembre 2001 et qui regroupait plusieurs agences existantes précisément pour mieux organiser la communication entre celles-ci.

En France, l’intitulé et l’ordre change quasiment à chaque nomination d’un nouveau gouvernement. Et gouvernement de Valls II ne déroge pas à la règle. Où sont passées les bonnes résolutions de gouvernement restreint selon lesquelles il faut un former un groupe de combat contre un problème particulier : le chômage, la sécurité intérieure ou autre… Le dernier gouvernement regroupe 38 ministres et secrétaires d’état (19 /19 répartis équitablement entre les hommes et les femmes ; certains se sont émus du fait qu’aucune femme n’était à la tête d’un portefeuille régalien… Ce type de remarques sera désormais sans fin). Combat peut-être, gouvernement restreint, assurément non.

 


Le cabinet du président des Etats-Unis

  1. Ministre des Affaires Etrangères (Secretary of State)
  2. Ministre des Finances (Secretary of the Treasury)
  3. Ministre de la Défense (secretary of Defense)
  4. Garde des Sceaux (Department of Justice)
  5. Ministre de la Sécurité intérieure (Secretary of Homeland Security)
  6. Ministère de l’intérieur (Secretary of the Interior)
  7. Ministre de l’Agriculture (Secretary of Agriculture)
  8. Ministre du Commerce (Secretary of Commerce)
  9. Ministre du Travail (Secretary of Labor)
  10. Ministre de la Santé (Secretary of Health and Human Services)
  11. Ministre du Logement (Secretary of Housing and Urban Development)
  12. Ministre du Transport (Secretary of Transportation)
  13. Ministre de l’Energie (Secretary of Energy)
  14. Ministre de l’Education (Secretary of Education)
  15. Ministre des Anciens Combattants (Secretary of Veterans Affairs)

 

Maintenant l’intitulé et l’ordre. Concernant les premiers postes, les intitulés restent relativement standard et ne cèdent pas à la frivolité ou à la légèreté. On peut néanmoins remarquer au passage que le ministre du travail, de l’Emploi l’est aussi du dialogue social. Et que le ministre du logement est aussi celui du logement durable.

C’est sans doute au niveau des Secrétariats d’Etat que la créativité de nos gouvernements sont certainement les plus performants. Citons par exemple : Secrétaire d’État chargée de l’Égalité réelle (souvent les adjectifs affaiblissent la force du nom : notre devise va-t-elle devenir Liberté réelle, Egalité réelle, Fraternité réelle), Secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes, Secrétaire d’État chargée des Relations internationales sur le climat, chargée de la Biodiversité…

Maintenant, l’ordre. Le plus marquant est sans nul doute la rétrogradation au 13e rang d’Emmanuel Macron, ministre de l’économie. Derrière le ministère du logement attribué à une novice en expérience gouvernementale. Etonnant pour un gouvernement qui entend faire du chômage son principal combat. Mais la politique n’a pas les mêmes règles que l’économie.

21 Cabinet


Quelques suggestions pour les prochains remaniements

Ministère des travailleurs du dimanche,
Ministère des travaux finis,
Secrétaire d’Etat des lèves-tôt et couche-tard,
Ministère de l’Amour,
Ministère de la politique non politicienne,
Secrétaire d’Etat de la démocratie participative et collaborative
Ministère des droits à acquérir


 

21 février 2016 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire

Stephen Breyer : Le Droit avant tout

Si l’on avait oublié que les Etats-Unis mettaient avant toute chose le Droit comme moyen d’organiser la société, Stephen Breyer, l’un des neuf juges de la Cour Suprême des Etats-Unis, était là pour nous le rappeler.

On se sent flatté de voir ce grand francophile parler un français aussi impeccable sur les ondes françaises (7/9 de France Inter avec Patrick Cohen ou sur TV5 Monde) pour faire la promotion de son livre Cour La suprême, le droit américain et le monde que viennent de publier les éditions Odile Jacob. Etonnant d’entendre cet éminent juriste américain citer un passage de la Chartreuse de Parme décrivant la bataille de Waterloo qui faire dire à Fabrice Del Dongo « qu’il se passe quelque chose d’une grande importance mais je ne sais pas quoi » pour expliquer la situation que connaît le monde actuellement.

Stephen Breyer 2

A la remarque de Patrick Cohen de savoir s’il acceptait d’être cité comme faisant partie du « quatuor progressiste de la Cour Suprême », (il a été nommé par Bill Clinton en 1994), il répond simplement qu’il s’agit là d’une qualification faire par la presse sur laquelle il n’a pas d’avis.

Stephen Breyer rappelle qu’il a exprimé son désaccord sur nombre de décisions prises par la Cour Suprême (en particulier l’épisode fâcheux quand la Cour a validé l’élection de Floride et permis ainsi à George W. Bush de devenir président des Etats-Unis – sans doute le pire qu’ait connu le pays) mais cela ne l’empêche pas de réaffirmer sa totale croyance dans le Droit en brandissant une vieille Constitution des Etats-Unis présentée comme « la pensée des Lumières de la France figée dans ce document » dont la force tient dans sa concision, laissant la possibilité de l’interprétation, et dans sa stabilité. Les Etats-Unis ont gardé la même constitution en 200 ans en y portant seulement 27 amendements, là où d’autres pays se permettent de la changer « comme de chemise ».

Répondant à une question d’un auditeur sur l’importance du mensonge aux Etats-Unis et la non poursuite de George W. Bush qui a lancé la fâcheuse guerre d’Irak sur la base d’un mensonge qui a causé tant de morts, a totalement déstabilisé la région et dont on perçoit les effets aujourd’hui, il répond tranquillement par un argument de droit selon lequel les membres de la Cour Suprême sont des juges de siège et non de Parquet et donc pas des procureurs.

Stephen Breyer n’a pas vraiment répondu sur l’ingérence (exorbitante ?) du droit américain dans le monde d’aujourd’hui, notamment avec les énormes amendes infligées à plusieurs entreprises, il ne répond pas vraiment.

Sur le fameux article 2 selon lequel nombre d’Américains – en particulier la NRA – entendent bien défendre leur droit de porter des armes, il considère que la loi actuelle n’empêche pas une « réglementation raisonnable ». Il faut être optimisme. On le sait, c’est là une qualité largement partagée par les Américains mais il y a peut-être urgence à faire quelque chose. Car sur ce point, rien n’a vraiment changé pendant le mandat de Barack Obama alors que les « mass shooting » continuent d’intervenir régulièrement.

Stephen Breyer 1

22 octobre 2015 Posted by | France vs Amérique | Laisser un commentaire