maison blanche

La nouvelle donne

Donald Trump fait-il vaciller sa « base » ?

Il est un dogme qui semble se vérifier depuis que Donald Trump a été élu, son taux de popularité est faible mais stable, compris selon les époques et les différents instituts de sondages entre 35 et 40 %. Et rien ne semble faire bouger ce socle de supporters inconditionnels. Donald Trump lui-même l’avait théorisé en expliquant qu’il pourrait tuer quelqu’un sur la 5e avenue de Manhattan et que rien ne se passerait. Malheureusement cette idée se vérifie mois après mois. D’ailleurs ce n’est pas tant Donald Trump qui pose problème mais plutôt les citoyens américains qui valident ses choix, ses propos et ses idées et qui lui apportent un soutien sans faille.

De son côté, Donald Trump sait jouer avec sa base et lui donner le carburant dont elle a besoin régulièrement pour fonctionner. Ces derniers mois, on peut citer les propos qu’il avait tenu après les événements de Charlottesville, lorsqu’il avait accordé la grâce au Sheriff Arpaio, ou plus récemment la critique des joueurs de la NFL qui osent s’agenouiller pendant que l’on joue l’hymne national.

Cette méthode de diversion permanente a été théorisée par le journaliste Bob Scheiffer sous le principe du « dead cat » (voir en fin de l’article).

C’est également ce qu’écrit Hillary Clinton dans son livre What Happened : « He (Donald Trump) understood the needs and impulses of the political press well enough that if gave them a new rabbit every day, they’d never catch any of them. So his reckoning never came ».

Mais dans les diverses théories, il y a aussi celle de « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». A force d’insulter, de vilipender, de rabaisser, de critiquer tout le monde, y compris ses alliés républicains, il s’aliène de plus en plus de monde. Et de proche en proche, ses plus ardents défenseurs ou soutiens perdent la foi. D’autant que les résultats se font attendre. Défaire ce qui a été construit par son prédécesseur en signant des Executive Orders n’est pas très difficile. Il suffit d’un stylo et de savoir signer. Travailler avec les membres de son parti (lequel en fait ?) pour les faire voter de nouvelles lois en est une autre. Il est en de même travailler avec son cabinet dans la mise en œuvre d’une politique cohérente. Les couacs avec son Secrétaire d’Etat ou son ministre de la défense sur l’affaire nord-coréenne ou l’accord iranien constituent un exemple.

Donc la théorie d’une base solide et immuable pourrait atteindre ses limites si l’on juge par la dernière enquête d’opinion réalisée par l’institut AP-NORC, 32 % seulement des Américains approuvent la manière avec laquelle Donald Trump assume sa fonction – ils étaient 42 % en mars et 35 % en juin – et 67 % désapprouvent. Deux Américains sur trois, c’est beaucoup. Chez les Républicains, le taux d’approbation est de 67 %, il était de 80 % en mars.

Au-delà de la simple personne de Donald Trump, même s’il emplit l’espace médiatique ; 24 % des Américains considèrent que le pays va dans la bonne direction (37 % en mars et 34 % en juin). Quant à sa personne, l’avis est plutôt tranché : 23 % le juge honnête, 26 % le considère comme un « strong leader » et 16 % qu’il a de la hauteur de vue. Sur ce dernier point, on ne sera pas surpris, il suffit d’écouter ses rares échanges avec les journalistes ou ses tweets pour en être convaincu.


The Dead Cat Theory

 Bob Schieffer, the long time of moderator of Face the Nation, retired some months ago, but recently reappeared on the CBS Morning News, and will be a guest commentator on the national campaign and election.

 His theory of Donald Trump is that he is running a “dead cat”campaign. The way this works is that if a group of people are sitting aroung having a conversation, and someone throws a dead cat into the middle of the table, everyone will imediately begin talking about the dead cat and forget whatever they were talking about before. This approach has certainly worked for Trump. Amost everyone who sees things differently provides an excellent dead cat distration, as do any other issues he can construct. You can make your own current list and watch to identify more such critters as time goes on.


 

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9 octobre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Donald Trump interviewé par Mike Huckabee : « It’s About Me Stupid ! »

Pour sa première interview sur la chaîne chrétienne TBN où les évangélistes sont très actifs de sa première émission, Mike Huckabee – qui se présente comme un soutien inconditionnel de Trump – a reçu Donald Trump. Une interview où l’indécence le dispute à la vacuité du propos. On imagine les cris d’orfraie que n’auraient pas manquer de pousser les Républicains si un président démocrate avait osé une telle mascarade en répondant à des questions d’un ex-politicien reconverti dans les médias aussi bienveillant. Cela nous ramène à ce fameux « conseil des ministres » où chaque membre du cabinet déclarait sa flamme pour le chef et lui exprimait sa reconnaissance de pouvoir travailler pour lui (Hommage au chef !).

Première question : Tell me how good is your press secretary ? Il est vrai que c’est le sujet le plus important du moment. Il faut préciser que Sarah Huckabee est la fille de l’intervieweur.

Deuxième question : « You had a tough week », demande Mike Huckabee à son interlocuteur qui est allé à Porto Rico et Las Vegas. On se demande qui a eu une semaine difficile. Et Mike Huckabee fait état de ce jeune homme blessé à la jambe qui a voulu se tenir debout son président et non resté allongé.
« A fine young man » répond le président qui ajouter que partout où il va, ses interlocuteurs font part de la même ardeur.

Tous les malheurs du monde sont arrivés cette semaine, combien est-il difficile de jouer de rôle de consolateur en chef alors que l’on n’y était pas préparé ?

DT : « C’est une super question. C’est vraiment chouette, car vous pouvez aider les gens et vous avez le sentiment d’être un meilleur manager. Partout où je suis passé, en Floride, au Texas, à Porto Rico, à Las Vegas, on m’a réservé le meilleur accueil ».

Concernant Porto Rico pour lequel sa réponse a été « pitch perfect » et où il a été accueilli comme une « rock star », dixit Mike Huckabee, Donald Trump explique qu’en fait la situation de l’ile était déjà mauvaise avant l’ouragan. Et le discours est sur le mode We versus them, comme si les Portoricains n’étaient pas de vrais Américains. Donald Trump en profite pour régler ses comptes avec la Maire de San Juan qui est « a lone voice » et « she is running for governor but she is not a capable person ».

Sans transition, Mike Huckabee aborde les questions importantes, la réforme de l’assurance maladie, la réforme fiscale, les relations avec les autres gouvernements. Du lourd donc.

« J’ai hérité d’une pagaille. Mais heureusement ça va déjà beaucoup mieux », rassure le président Trump.

Et là, après près de la moitié de l’interview, les questions majeures et les réponses magistrales fusent. Pêle-mêle :
– Concernant la Corée du Nord, Mike Huckabee demande à Donald Trump s’il compte faire appel à Dennis Rodman (photo ci-contre datant de 2001), l’Américain qui connaît sans doute le mieux Kim Jong Un. Rex Tillerson appréciera ;
– Il rappelle qu’il était contre la guerre d’Irak (les faits prouvent le contraire) mais que Barack Obama n’aurait jamais dû se retirer du pays comme il l’a fait ;
– La paix entre Israël et la Palestine est très importante. Et nous travaillons sur un plan ;
– L’accord avec l’Iran est un désastre. Vous saurez bientôt ce que j’ai décidé (méthode the Apprentice : vous le saurez dans notre prochain épisode) ;
– La réforme fiscale : ce sera la plus importante baisse d’impôts jamais réalisée dans l’histoire des Etats-Unis : « on va libérer beaucoup d’argent qui va permettre aux gens d’acheter des produits ».
– A cause de quelques républicains qui m’ont beaucoup déçu, les lois ne sont pas votées. Au passage, Mitch McConnell en prend pour son grade ce qui ne va sans doute pas améliorer les relations entre les sénateurs républicains et le président ;
– On n’a que 52 sénateurs républicains, il faut donc supprimer la règle du filibuster.

On pense toujours avoir touché le fond de l’indécence, voire de l’obscénité ou atteint le sommet du ridicule et du grotesque. Mais on le sait, les records sont faits pour être battus. Et Donald Trump est un champion toutes catégories. Il faut dire que Mike Huckabee l’a un peu, beaucoup, tremendously aidé pour réaliser cette performance (aux sens anglais et sportif). Il met notamment en lumière la dimension narcissique de Donald Trump (voir le nouveau livre The Dangerous Case of Donald Trump: 27 Psychiatrists and Mental Health Experts Assess a President qui pose la question : is he crazy like a fox or crazy like crazy et dans lequel deux douzaines de psychiatres et spécialistes de la santé mentale considère que Donald Trump est : « dangerously mentally ill and that he presents a clear and present danger to the nation and our own mental health »).

On se souvient de la fameuse déclaration de James Carville conseiller de Bill Clinton, pour identifier la question majeure pour l’élection présidentielle de 1992 contre George H.W. Bush : It’s about the economy stupid. Dans le cas de Donald Trump, it is about me, stupid! Donald Trump se plaint de tous les talk shows (Jimmy Kimmel, SNL et quelques autres) qui le traitent mal. Il est vrai que la tâche est très dure car caricaturer ce qui est déjà une caricature n’est pas chose aisée. Et a défaut de voter des lois, Donald Trump s’applique à détricoter l’ouvrage de Barack Obama en signant des Executive Orders qui suppriment des réglementations dans tous les domaines.

 

8 octobre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Politique étrangère : bouffonnerie ou tragédie ?

Le langage policé n’est pas la principale force de Donald Trump. Ce ne serait pas si grave si sa pratique régulière de l’invective et de la menace permanente était efficace (ça reste à prouver) et si son discours s’inscrivait dans une pensée cohérente et une stratégie claire. Pendant l’été, Donald Trump a procédé à des échanges nombreux avec le leader Nord-Coréen par voie de presse et de tweets qui ont plus à voir avec les conversations de cour de récréation que d’échanges entre dirigeants de pays. Le seul problème est que l’un comme l’autre peut déclencher le feu nucléaire. Pour Kim Jong Un, l’arme atomique est son assurance vie qui lui permet de penser qu’il ne disparaitra pas comme Saddam Hussein ou Kadhafi. Il ne va donc pas se gêner d’utiliser la menace nucléaire.

Il est vrai que la voie diplomatique engagée par les prédécesseurs de Donald Trump n’a pas donnée grand-chose et a permis à la Corée du Nord de développer sa maîtrise de l’arme atomique. Faut-il l’abandonner pour autant et adopter la violence verbale ? C’est ce que pense Donald Trump qui a remis le couvert à la tribune des Nations Unies en augmentant d’un ou deux cran le volume face à Little Rocket Man. Qui en a évidemment profité pour continuer le cycle infernal.

En fait, les saillies verbales de Trump marquent son échec à faire bouger la Chine qui détient sans doute la clé du problème. On se souvient des déclarations dithyrambiques mais totalement ridicules de Donald Trump après avoir rencontré Xi Jinping dans sa propriété privée de Mar-a-Lago de Palm Beach (Floride). Le dirigeant chinois n’était-il devenu son meilleur ami. Peut-on imaginer une seconde que la Corée du Nord, un pays sous-développé, sans grand moyen ait pu développer cette technologie sans l’aide d’un grand voisin, la Chine sûrement, la Russie peut-être. De son côté, la Chine n’a certainement pas envie de voir disparaître la Corée du Nord et ainsi perdre cette zone tampon entre son territoire et celui d’un voisin sous influence américaine. Il faut se souvenir que la Chine a plus de 1400 kilomètres de frontières avec la Corée du Nord alors que celle entre les deux Corées n’est que de 240 km.

Mais la séquence suivante mettant en scène les dissensions entre Donald Trump et son secrétaire d’Etat tient plus de l’opérette ou du vaudeville que de la politique. Dans un tweet daté du 1er octobre, Donald Trump contredit Rex Tillerson en déclarant qu’il gaspille son temps a essayé d’ouvrir des canaux diplomatiques avec la Corée du Nord et Little Rocket Man… On imagine assez bien la réaction du ministre qui se voit ainsi reprendre par son patron, aussi incohérent que déloyal. Difficile pour lui d’être pris au sérieux par ses interlocuteurs

Puis peu après, les quotidiens révélèrent que Rex Tillerson avait été très proche de la démission en juillet et surtout qu’il avait traité Donald Trump de « moron » (stupide) et rapporté la colère de Donald Trump qui s’en est suivie. Tout ceci reste dérisoire jusqu’au moment où elle fait la Une des médias. Et dans cette affaire, c’est sans doute plus Trump que Rex Tillerson qui est en position de faiblesse. Donald Trump ne peut se permettre de perdre une autre pièce majeure de son cabinet (après la démission forcée de Tim Price suite au scandale des voyages aux frais des contribuables). Quoi que ? D’autant que Rex Tillerson aurait signé une sorte de pacte avec le ministre des finances Steven Mnuchin et le ministre de la défense Mattis selon lequel la démission (ou départ forcé) de l’un entraînerait automatique celui des deux autres. De son côté, d’après les médias, Rex Tillerson n’aime pas son nouveau travail où il doit être le subordonné de quelqu’un pour lequel il aurait peu de considération. Suite à cette révélation, il a convoqué une conférence de presse, ce qu’il ne fait que très rarement, pour dire qu’il n’avait jamais pensé démissionner et lire sur son papier que son patron était « intelligent » :

To address a few specifics that have been erroneously reported this morning, the Vice President has never had to persuade me to remain the Secretary of State because I have never considered leaving this post. I value the friendship and the counsel of the Vice President and I admire his leadership within President Trump’s administration to address the many important agendas of President Trump, both from a foreign policy perspective and a diplomatic – I’m sorry, a domestic objective.

Let me tell you what I’ve learned about this President, whom I did not know before taking this office. He loves his country. He puts Americans and America first. He’s smart. He demands results wherever he goes, and he holds those around him accountable for whether they’ve done the job he’s asked them to do. Accountability is one of the bedrock values the President and I share.

 Ce passage lui a-t-il été dicté ? On peut se poser la question. A la question précise sur le qualificatif de « moron », il a esquivé sans affirmer qu’il avait utilisé ce mot pour qualifier Donald Trump laissant en parallèle le soin à sa porte-parole de dire que ce mot ne faisait pas partie de son vocabulaire.

Et en parallèle, Donald Trump a publié un tweet le 5 octobre, dans une sorte de « pas de deux », affirmant que Rex Tillerson n’avait jamais pensé démissionner. Fake News! Le tweet indiquant que l’on ne lui avait pas demandé conformation. On imagine assez bien la question/réponse :
– Le journaliste : Monsieur le président, est-ce Rex Tillerson vous a traité de moron ?
– Donald Trump : non, tout ceci n’est que fake news de la part de dishonnest medias et de low reporting

 On est rassuré. Pendant ce temps, la crise avec le Corée du Nord continue son cours ! Et Donald Trump s’apprête à dénoncer unilatéralement l’accord multilatéral avec l’Iran laissant le soin au Congrès de se dépatouiller avec les conséquences de cette décision.

7 octobre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Gun Control, l’impossible réforme ?

« We are not going to talk about that today » répondait Donald Trump interrogé lors de sa visite à Las Vegas à la suite de la tuerie de masse (mass shouting) la plus meurtrière de l’histoire moderne des Etats-Unis : 58 morts, plus de 500 blessés. L’Amérique en a connu 275 en 273 jours rappelle Philippe Labro dans sa chronique hebdomadaire du quotidien Cnews matin.

A chaque tuerie de masse, des voix s’élèvent pour réglementer de manière stricte et plus sévère la vente des armes à feu, en particulier des armes de guerre. La réaction immédiate de ceux qui ne souhaitent que la situation évolue est de répondre que ce n’est pas le moment, qu’il faut respecter la douleur des victimes. Et si l’on insiste un peu, qu’il n’est pas question de revenir sur le deuxième amendement qui donnerait la liberté totale pour vendre des armes à feu, que c’est là la liberté fondamentale des Américains de posséder des armes à feu, que « la meilleure réponse à un mauvais gars armé est un bon gars armé » (Wayne La Pierre), qu’une maison où il y a une arme à feu est une maison sécurisée. Sans oublier le droit des Américains de disposer d’une arme pour aller chasser. Ah, il y a aussi l’idée que si l’on réglemente plus strictement la vente des armes à feu, les bons citoyens qui respectent les lois seront désavantagés face aux mauvais qui de toute façon trouveront bien le moyen de se procurer les armes qu’ils souhaitent. Un peu comme si l’on disait qu’il est inutile de fermer la porte de sa maison à clé car cela ne gênera en rien les cambrioleurs d’y rentrer.

Bref qu’il y a urgence à ne rien faire. Dans tous ces arguments, le deuxième amendement est celui qui veut faire autorité, doit s’imposer à tous et couper court à toute discussion comme s’il s’agissait de la vérité révélée. A supposer même que les rédacteurs de la Constitution l’ait pensé comme il est interprété – ce qui est assez peu probable – serait-il incongru de s’y pencher pour essayer de comprendre s’il est toujours adapté au temps où les armes à feu sont cent fois, mille fois plus puissantes, plus rapides que celles de l’époque.

Dans un éditorial intitulé : « How long Until We Debate Real Gun Laws », le New York Times fait le décompte du nombre de jours après le massacre de Las Vegas, mais aussi celui des précédents : Las Vegas : 4 jours, Orlando : 481 jours, San Bernardino : 678, Roseburg : 735 jours, Charleston : 841 jours… Sandy Hook : 1 756 jours et la liste est bien longue. Depuis le tragique massacre de Sandy Hook qui avait ému l’Amérique entière en supprimant la vie à une vingtaine d’enfants de l’école élémentaire du même nom, deux douzaines d’états ont passé des lois qui facilitent l’achat ou la détention d’armes rappelle David Frum dans un article du magazine The Atlantic.

Les Républicains défendent becs et ongles le deuxième amendement et toute idée de le questionner serait presque « unamerican ». Il faut reconnaître que les Américains ont une relation particulière vis-à-vis de cette question qui les distingue de tous les autres pays occidentaux. Posséder une arme est au cœur la société américaine, quatre foyers sur dix en possèdent une. Il y a plus de magasins d’armes à feu aux Etats-Unis que de restaurants McDonald’s. En 2000, 67 % des Américains étaient favorables une réglementation plus stricte des armes à feu, 29 % étaient contre selon l’institut Pew Research Center. En 2106, 46 % seulement y étaient favorables, 52 % défavorables.

Contrairement à son habitude, la NRA a publié un communiqué dans laquelle elle admettait qu’il fallait réglementé les dispositifs appelés « bump stocks » (dispositifs qui permettent au détenteur de l’arme semi-automatique de tirer encore plus vite mais tout en intimant le Congrès d’admettre que chaque état devait respecter les lois des autres états. Autrement dit qu’une réglementation au niveau fédéral n’était pas envisageable.  Que penser de la NRA lorsque, devant la baisse des ventes d’armes à feu, elle lance une campagne de promotion pour les armes comme un accessoires de mode pour les femmes ?

De leur côté, les Républicains sont opposés à toute réglementation plus stricte sur les armes autant qu’ils sont opposés au droit à l’avortement. Comprennent qui pourra. Le New York Times a publié la liste des donations de la NRA aux sénateurs et membres de la Chambre des représentants. Dans les premiers récipiendaires de la Chambre, 95 sont républicains.

Bref, être contre la libre circulation des armes à feu est être contre la liberté. Comment peut-on être contre la liberté ?  Questionner le deuxième amendement c’est remettre en question la Constitution des Etats-Unis. Est-ce possible, voire même envisageable ?

6 octobre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Hillary s’entraine face au Fake Donald

Dans son livre What Happened, Hillary raconte comment elle s’est préparée pour les trois débats face à Donald Trump. Jusqu’ici, rien que de très normal. C’est Philippe Reines, alias Philippe-as-Trump, consultant politique et conseiller d’Hillary Clinton lorsqu’elle était Secretary of State qui jouait le rôle de sparring partner. Mais plus surprenant, Hillary Clinton s’est entraîné pour faire face à l’éventualité où le macho Donald Trump aurait tenté une accolade en début de débat dans l’idée de montrer « je suis un homme, tu es une femme ».

 

5 octobre 2017 Posted by | Elections 2016 | Laisser un commentaire

Roosevelt Island : Best Kept Secret

A une encablure de la bourdonnante Manhattan, on découvre les deux rives de L’East River depuis un téléphérique improbable avant de fouler la calme Roosevelt Island et son parc Four Freedom dédié à Franklin Delano Roosevelt où sont inscrites les fameuses quatre libertés énoncées par le président du New Deal dans son discours sur l’état de l’Union prononcé au Congrès le 6 janvier 1941 :

In the future days, which we seek to make secure, we look forward to a world founded upon four essential human freedoms.

    The first is freedom of speech and expression—everywhere in the world.

    The second is freedom of every person to worship God in his own way—everywhere in the world.

    The third is freedom from want—which, translated into world terms, means economic understandings which will secure to every nation a healthy peacetime life for its inhabitants—everywhere in the world.

    The fourth is freedom from fear—which, translated into world terms, means a world-wide reduction of armaments to such a point and in such a thorough fashion that no nation will be in a position to commit an act of physical aggression against any neighbor—anywhere in the world.

    That is no vision of a distant millennium. It is a definite basis for a kind of world attainable in our own time and generation. That kind of world is the very antithesis of the so-called new order of tyranny which the dictators seek to create with the crash of a bomb.

Roosevelt Island c’est aussi le lieu qu’avait choisi Hillary Clinton le 13 juin 2015 pour déclarer sa candidature à l’élection du président des Etats-Unis.  Dans son livre What Happened, Hillary Clinton écrit que « It’s a picturesque spot with a striking of the New York Skyline. Announcing my candidacy there felt right ». Il ne fait aucun doute que la vue de New York est magnifique, sans doute plus impressionnante que celle que l’on peut observer de l’autre côté du pont de Brooklyn. Car on y admire Manhattan sur presque tout sa longueur avec une vue imprenable sur le siège des Nations Unies.

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5 octobre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Drain the swamp à la mode Trump.

Suite au hacking russe et aux fuites divulguées par Wikileaks, Hillary Clinton avait été attaquée de manière continue par Donald Trump pour avoir utilisé son compte de messagerie personnel pour échanger des messages liés à son activité de ministre des affaires étrangères. Cela lui a valu une enquête du FBI, fermée dans un premier et rouverte une dizaine de jours avant les élections, lui coûtant sans doute l’élection. De nombreux officiels de la Maison Blanche, dont la fille de Donald Trump et son gendre viennent d’être pointé du doigt pour des pratiques similaires.

Tom Price, le ministre de la santé vient d’être démissionné par Donald Trump pour avoir utilisés des vols privés et militaires à l’occasion de divers voyages personnels et professionnels alors pour la majorité d’entre eux des vols commerciaux auraient fait l’affaire. L’ardoise est plutôt salée puisque le magazine en ligne Politico évalué à près de 1 millions de dollars le montant dépensé. Pendant trois jours, les médias ont surexposé l’information mettant Tom Price dans une situation embarrassante repassant en boucle un discours pendant lequel il s’était totalement déchainé contre les démocrates pour des pratiques similaires. Sous la pression, Le ministre a déclaré qu’il rembourserait en partie les dépenses occasionnées en faisant le calcul du coût pour son seul ticket. Un raisonnement stupide car il reconnait implicitement les pratiques douteuses et il ne correspond à rien puisque l’avion a été mobilisé pour lui seul.

Donald Trump a fait savoir qu’il n’était pas du tout content de cette affaire mais un tel jugement ne pèse pas très lourd car lui-même a occasionné des dépenses démesurées pour ses week-ends en Floride ou dans le New Jersey pour jouer au golf, plutôt pour « travailler sur ses terrains de golf ». N’avait-il pas déclaré que lorsqu’il serait président, il resterait à la Maison Blanche et consacrerait toute son énergie à son travail.

En fait, Donald Trump a utilisé ce prétexte pour faire payer son ministre en charge de la réforme de l’assurance maladie qui a échoué à faire passer une nouvelle loi. Steven Mnuchin sont également dans le collimateur pour des pratiques comparables. Bref, sous la présidence Trump, le cabinet swamp se porte plutôt bien.

30 septembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire

Elire le président à la majorité des voix populaires

Le système des élections du président des Etats-Unis est compliqué. Tous les quatre ans, il fait le délice des médias et des consultants qui déroulent leur expertise pour commenter l’élection. L’héritage historique et la dimension fédérale dans laquelle les petits Etats valent les grands sont souvent les raisons invoquées pour justifier le système et le résultat. Et pourtant, il va à l’encontre d’un principe qui constitue le fondement de la démocratie : un citoyen, une voix. Déjà la répartition des sénateurs pose un sérieux problème : quelle raison permet de justifier que la Californie avec ses 40 millions d’habitants en ait le même nombre que le Wyoming qui compte moins d’un million d’âmes.

Jusqu’à une date récente, les résultats des votes populaires et du collège électoral aboutissaient au même résultat malgré de sérieuses distorsions. Mais ils ne changeaient pas le résultat final. Et puis en 2000, l’élection de George W. Bush face à Al Gore malgré ses 500 000 voix d’avance a soulevé des questionnements sur le bien-fondé du système. D’autant qu’il a fallu attendre au moins un mois, l’intervention de la Cour Suprême de Floride et de la Cour Suprême des Etats-Unis pour élire le président.

En 2016, la faille du système a été encore plus béante : Donald Trump l’a emporté alors qu’il avait près de 3 millions de votes populaires que son opposante Hillary Clinton. Ce qui a d’emblée posé question sur sa légitimité d’autant que l’intervention des Russes favorables à Donald Trump est toujours dans son investigation. Ce qui n’a pas empêché Donald Trump d’affirmer urbi et orbi qu’il l’avait largement emporté et n’hésitant pas à mettre en doute l’organisation même des élections qui auraient autorisé selon lui des fraudes massives : au moins 3 millions comme par hasard.

La remise en cause de ce système électoral indirect a repris des couleurs mais pas pour très longtemps, sans doute la force de l’habitude. D’autant qu’amender la Constitution pour changer le système nécessite un véritable tour de force ; il faut les deux tiers du Congrès (du Sénat et de la Chambre des représentants) et le soutien de 38 états. 13 état peuvent donc bloquer le vote.

Et pourtant, il existe un moyen simple qui permettrait de faire coïncider en toutes circonstances les voix du collège électoral et les voix populaires. Ce moyen a été décrit par Robert Bennet, professeur de droit de l’Université de Northwestern à Chicago et a reçu l’appellation National Popular Vote Interstate Compact. Le principe est simple : au lieu d’attribuer leur voix à celui des candidats qui a gagné dans leur état selon la règle du Winner takes all, ils la donnent à celui qui a remporté le vote populaire au niveau national.

Les avantages de ce mode de scrutin sont qu’il ne remet pas en cause le collège électoral, élit toujours le candidat qui a le plus de voix populaire et ne nécessite pas d’amender la Constitution.

Et l’idée fait son chemin. A ce jour, dix Etats plus le District of Columbia représentant 165 grands électeurs ont rejoint le mouvement. Il suffirait donc de quelques états représentant 105 voix de grands électeurs pour atteindre le seuil fatidique de 270. Mais c’est là où le bât blesse. Jusqu’ici ce sont seulement des états fortement démocrates qui se sont déclarés. Aucun état républicain ou swing states n’est prêt à adhérer. Les premiers ont bien conscience que cela changerait le cours des choses en faveur des républicains comme cela est arrivé à deux reprises pour George W. Bush et Donald Trump, les seconds perdraient en influence. Les républicains ont perdu le vote populaire 6 fois sur les 7 dernières élections. Le combat n’est donc pas gagné, il n’est pas insurmontable.

30 septembre 2017 Posted by | Général | Laisser un commentaire